mardi 21 avril 2009

La déportation des enfants de Korczak, poème de Wladyslaw Szengel

Janusz Korczak (né le 22 juillet 1878, décédé le 5 août 1942), de son vrai nom Henryk Goldszmit, était en Pologne, avant la Seconde Guerre mondiale, une des personnalités scientifiques les plus en vue et les plus respectées dans le domaine de l’enfance. Ami des enfants, médecin-pédiatre et écrivain, il est en particulier connu pour s’être laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner (voir le film d’Andrzej Wajda : Korczak, 1989).

"Le fait que Korczak ait volontairement renoncé à sa vie pour ses convictions parle pour la grandeur de l’homme. Mais cela est sans importance comparé à la force de son message", disait Bruno Bettelheim.
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La déportation des enfants de Korczak
Poème de Wladyslaw Szengel (Wladyslaw Szengel, qui ne survécut que de quelques mois à Korczak, a laissé un témoignage bouleversant et violent du départ de la Maison des Orphelins pour l’Umschlagplatz (l’orphelinat).)

"Aujourd’hui j’ai vu Janusz Korczak
Partir avec les enfants pour la dernière marche,
Les enfants proprement vêtus comme pour
La promenade au parc du dimanche.
Ils portaient leurs habits de fête -
Désormais on peut les salir -
En rang par cinq les orphelins traversaient la ville
Où se terraient les hommes traqués.
La ville avait un visage d’épouvante,
Masse étrangement écorchée et nue.
Elles regardaient la rue, les fenêtres creuses
Comme des orbites de mort.
Tantôt un cri comme un oiseau perdu
Payait le sonneur de la mort sans raison,
Indolemment passaient dans leurs rickshaws
Les messieurs de la situation.
Tantôt tohu-bohu, et tumulte, et silence.
A la volée fuyaient de furtives paroles,
Pétrifiée et muette d’horreur en oraison
Se dressait l’église de la rue Leszno.
Et là, par cinq, les enfants - calmement.
Nul n’essayait d’en tirer un du rang :
Des orphelins. Nul ne graissait la patte
Aux uniformes bleus.
Nulle intervention sur l’Umschlagplatz,
A l’oreille de Szmerling nul ne souffla mot,
Nul ne collecta les montres de famille
Au profit du soiffard Letton.

Janusz Korczak marchait, droit, quelques pas en avant
La tête nue, le regard sans frayeur,
Un enfant le tenait par la poche,
Lui-même portait deux petits dans ses bras.
Quelqu’un se précipita, un papier à la main,
Brailla nerveusement quelque explication :
- Vous pouvez revenir…. Il y a un ordre de Brandt.
Korczak en silence secoua la tête.
Il ne prit pas même la peine de leur expliquer,
A ces porteurs de la faveur allemande.
Comment faire entrer dans ces têtes sans âme
Ce que signifie laisser seul un enfant…
Tant d’années… sur cette route obstinée
Pour remettre à l’enfant le globe du soleil
Et maintenant le laisser atterré ?
Il ira avec eux… plus loin… jusqu’au bout…
Puis il pensa au roi Mathias
A qui le sort épargna malheur semblable,
Le roi Mathias sur l’île parmi les sauvages
Ne se fût pas conduit autrement.
Et déjà les enfants montaient dans les wagons
Comme pour une partie de campagne à Lagbaomer,
Et tel petit, avec son air hardi, aujourd’hui
Se sentait tout à fait "shomer".
J’ai songé en ce moment ordinaire,
Pour l’Europe un rien insignifiant, sans doute,
Que lui, pour nous, dans l’histoire, en ce même moment,
Inscrit là la plus belle page.
Que dans cette guerre aux Juifs, infâme,
Dans cette ignominie sans borne, ce chaos sans issue,
Dans ce combat pour la vie à tout prix,
Dans ces bas-fonds de tractations-trahisons,
Sur ce front où la mort est sans gloire,
Dans cette danse de cauchemar en pleine nuit,
Il y eu un unique héroïque soldat,
Janusz Korczak, tuteur des orphelins.
Est-ce que vous entendez, voisins de l’autre côté du mur,
Qui, au travers des barbelés, nous regardez mourir ?
Janusz Korczak est mort afin que nous
Aussi ayons notre Westerplatte*."

[Wladiyslaw Szengel (1914-1943),
Ce que j'ai lu aux défunts, Ghetto de Varsovie, 10 août 1942.

Traduit du polonais par Yvette Métral
*A Westerplatter (presqu'île de la baie de Dantzig), en septembre 1939, 180 soldats polonais
résistèrent pendant 7 jours au bombardement d'un cuirassé et des avions allemands.]

Source: Leblogdenoach

L'image en haut à gauche a été créée par Dzeni. Elle reprend le nom de 1.692 victimes de la Shoah, contenus dans la base de données d'Yad Vashem. L'image du garçon est inspirée de la célèbre photo prise en 1943 dans le ghetto de Varsovie.

Auschwitz et la croix - dans une même phrase

"(...) il faut se poser des questions sur la validité de la culture dont les valeurs illusoires étaient, ici, en Europe, enseignées à tous depuis la petite école, aussi bien aux tueurs qu’aux victimes."

"(...) des milliers d’enfants vont à l’école avec leurs cartables sur le dos pour se rencontrer à nouveau comme bourreaux et victimes dans les antichambres des fours crématoires, devant les fosses communes …"

"Apparemment, dès qu’on parle de la culture et des valeurs européennes, on aboutit à la question du meurtre."


Femmes et enfants juifs hongrois arrivent au camp d'extermination
d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944 pour y être gazés
.
"Mentionnerais-tu encore dans une même phrase Auschwitz et la croix ?

Plus que jamais. Puisque c’est justement dans ce contexte qu’est apparue l’importance fatale d’Auschwitz pour l’homme éduqué dans la culture éthique de l’Europe. Les lois de cette culture sont résumées dans les dix commandemants, dont l’un dit : Tu ne tueras point. Mais si les massacres peuvent devenir des activités ordinaires, voire un travail quotidien, il faut se poser des questions sur la validité de la culture dont les valeurs illusoires étaient, ici, en Europe, enseignées à tous depuis la petite école, aussi bien aux tueurs qu’aux victimes.

Tu esquisses une vision terrifiante : des milliers d’enfants vont à l’école avec leurs cartables sur le dos pour se rencontrer à nouveau comme bourreaux et victimes dans les antichambres des fours crématoires, devant les fosses communes … Nous en sommes arrivés là, c’est donc cela, le sujet de notre conversation ?

Apparemment, dès qu’on parle de la culture et des valeurs européennes, on aboutit à la question du meurtre."

Imre Kertész, Dossier K., Actes Sud, 2008, (p. 178)
Imre Kertész a reçu le Prix Nobel de littérature en 2002.

Femmes et enfants juifs hongrois arrivent au camp d'extermination
d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944 pour y être gazés

lundi 20 avril 2009

Evian 1938 - Genève 2009, Tomas Sandell

"... en 1938 le monde était divisé en deux camps : les nations où les Juifs ne pouvaient pas entrer et celles qui voulaient les expulser. La patrie juive promise n'était pas envisagée dans une optique de réinstallation, car on estimait qu’elle provoquerait davantage de tensions dans la Palestine sous mandat britannique. Quelques années plus tard, il y avait six millions de Juifs en moins à caser, mais la communauté internationale prenait enfin conscience de l’urgence de la création d'une patrie juive. Mais le prix qu’il a fallu payer était beaucoup trop élevé."

Traduction libre d'un texte de Tomas Sandell repris du site du Jerusalem Post

"Genève est à moins de trois quarts d’heure en voiture de la petite ville d’Evian-les-Bains située sur la rive française du lac Léman. Ce qui fait défaut à Evian en taille et en importance politique est compensé par son histoire et son style architectural. Cette ville, plutôt endormie mais prospère, au pied des Alpes peut être fière de ses hôtels fin de siècle, parmi les plus beaux du genre, et de l’eau minérale qui porte son nom.

Mais Evian a un côté moins amical qui a laissé des traces dans l'histoire. Il suffit de chercher le mot "Evian" sur Internet pour trouver des références à une station thermale, à de l'eau minérale et à une conférence que certains historiens que certains historiens ont surnommée "le feu vert d’Hitler pour le génocide." L'année dernière a marqué le 70e anniversaire de la conférence d'Evian sur les réfugiés juifs, mais elle fut effectivement oubliée alors que cette année-là la France assurait la présidence de l'Union européenne.

La dernière chose que la France voulait c’est qu’on parle de l’Evian de 1938 alors que le président Nicolas Sarkozy présidait la conférence censée inaugurer une nouvelle ère de coopération avec les pays du pourtour méditerranéen. On ne peut pas la blâmer. Evian est l’un des chapitres les plus sombres de l'histoire européenne moderne à une époque où l'apaisement était à la mode du jour et ceux qui ne croyaient pas à "la paix pour notre temps" étaient simplement considérés comme des bellicistes.

Ce n’est pas seulement la proximité géographique entre les deux villes qui frappe, mais également le Zeitgeist qui présidait à Evian en 1938 comme à la conférence des Nations unies contre le racisme de cette année. Considérant que la conférence des Nations unies contre le racisme qui s’est déroulée à Durban en 2001 a inexorablement dérapé en raison de son obsession avec la Judenfrage ("la question juive"), rien ne garantit qu’on n’assistera pas cette année à une réédition de Durban I. Les gouvernements européens se sont engagés, pour la forme, à se retirer de la conférence si la moindre suggestion du déferlement de haine de 2001 venait à se produire, mais ces mots ne pèseront pas lourd lorsque la détermination des nations occidentales à rester fidèles à nos valeurs universelles sera mise à l’épreuve.

Revenons à Evian en 1938. Alors qu’Hitler avait annexé l'Autriche et que des centaines de milliers de réfugiés juifs cherchaient un refuge sûr en dehors des zones contrôlées par les nazis, le monde libre savait qu’il fallait agir. Ce fut finalement le président américain Franklin Roosevelt qui convoqua une conférence pour tenter de trouver une issue au problème des réfugiés juifs. Trente-deux nations furent invitées à participer. On s’est vite aperçu que la conférence n’allait rien résoudre. Les pays, l'un après l’autre, déclarèrent qu’on se trouvait face à un problème humanitaire de grande envergure auquel il convenait de trouver une issue, mais tous s’empressèrent d’ajouter que leurs pays respectifs ne pourraient rien faire. D'autres adoptèrent un langage moins diplomatique.

"Notre pays n'est tout simplement pas assez grand pour accueillir tous les réfugiés juifs," assura le représentant du Canada. Quand on lui demanda combien de réfugiés le Canada pourrait recevoir, il répondit: "Un seul serait de trop." "L'Australie n'a pas de problème racial et nous ne désirons pas en importer un," cette citation figure aujourd'hui à Yad Vashem à Jérusalem.

Mais la liste des obscénités ne s'arrête pas là. Une proposition pour que dix pays accueillissent 25.000 Juifs chacun fut catégoriquement rejetée. Au moment même où ces décisions tragiques étaient prises, et qui, à terme, allaient affecter la vie de millions de Juifs, quelques historiens racontent que les croisières sur le lac Léman étaient très prisées par les délégués, qui aimaient également jouer au tennis et au golf à l’air frais des montagnes environnantes.

C’est peut-être à nouveau l’attrait cosmopolite de Genève et le même paysage montagneux qui font que les diplomates occidentaux rechignent à dire simplement non à une conférence des Nations unies qui se focalise sur un seul pays, Israël, considéré comme l'unique état raciste dans le monde et comme pratiquant une politique d’"apartheid". Ce qui rend cette conclusion encore plus surréaliste est le fait que le comité chargé de la rédaction du projet de résolution est composé de champions des droits de l'homme tels la Libye, l'Iran et Cuba. Le contenu du texte du projet de déclaration est jugé inacceptable pour beaucoup, et pourtant la décision de se retirer semble difficile à prendre. À l'heure actuelle, seuls Israël et quelques pays ont décidé de boycotter la conférence, à savoir les États-Unis, le Canada, l'Australie, les Pays-Bas et l'Italie.

Une chose est claire. La conférence des Nations unies à Genève, qui débute aujourd'hui pour finir vendredi, ne sera pas un lieu convivial pour tous ceux qui ont de la sympathie pour la cause juive. Mais la situation pourrait être pire. On considère qu’en 1938 le monde était divisé en deux camps : les nations où les Juifs ne pouvaient pas entrer et celles qui voulaient les expulser. La patrie juive promise n'était pas envisagée dans une optique de réinstallation, car on estimait qu’elle provoquerait davantage de tensions dans la Palestine sous mandat britannique. Quelques années plus tard, il y avait six millions de Juifs en moins à caser, mais la communauté internationale prenait enfin conscience de l’urgence de la création d'une patrie juive. Mais le prix qu’il a fallu payer était beaucoup trop élevé."

Il est bien entendu ironique qu’une conférence consacrée à la lutte contre le racisme, précisément la maladie qui a conduit à la Shoah perpétrée par Hitler, ouvre la voie à la légitimation de la haine des Juifs et à la stigmatisation d’Israël dans le monde entier.

Espérons que cette fois-ci le monde comprendra la leçon. Quand un seul pays dans le monde est pointé comme étant raciste, nous nous approchons dangereusement de l’esprit d’Evian de 1938.

Le deuxième jour de la conférence des Nations unies, le mardi 21 avril, coïncide avec le jour du souvenir de la Shoah. Une commémoration aura lieu dans la petite synagogue de la ville qui a accueilli la conférence fatidique en 1938."

L’auteur est directeur et membre fondateur de l'European Coalition for Israel (a Christian initiative promoting European-Israeli Cooperation)

Durban I : l'auteur du tract glorifiant Hitler identifié

"Le monde est décidément tout petit ..."

Tract à la gloire d'Adolphe Hitler distribué à Durban I:
"Que se serait-il passé si j’avais gagné?
Les bonnes choses:
Il n'y aurait pas eu d'Israël ni de sang palestinien versé.
Je vous laisse deviner le reste.
Les mauvaises choses:
J'aurais empêché la création de la nouvelle coccinelle.
Je vous laisse deviner le reste."

Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont retrouvé l'auteur du tract glorifiant Hitler. (Source: Charlie Hebdo, 15.4.2009)
.
"Il s'appelle Yusuf Deedat et milite à l'Islamic Propagation Centre International de Durban. Un centre islamique qui devait s'appeler à l'origine le Centre Ben Laden.
.
Le numéro 1 d'Al-Quaida étant l'un des principaux mécènes de l'association jusqu'en 2001 ... Le Centre est dirigé par le père de l'auteur du tract sur Hitler, Ahmed Deedat, un théologien recommandé par le centre islamique de Genève ... Le Q.G. des Frères musulmans en exil, dirigé par Hani Ramadan, et dont Tariq Ramadan est toujours administrateur. Le monde est décidément tout petit ...
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Après le 11 septembre, Ahmed Deedat a continué à soutenir Ben Laden en rappelant qu'il était un ami de la famille et un homme qui a beaucoup fait pour "purifier" l'islam sud-africain. En l'occurence, Ben Laden a chargé la famille Deedat de convertir les Zoulous à l'islam, notamment grâce à un Coran traduit en zoulou.
.
Yusuf Deedat poursuit l'oeuvre de son père. Il a dernièrement distribué des DVD incitant à la haine envers les Hindous et invité les fameux Neturei Karta à une réunion contre Israël. Il diffuse aussi les textes de Tariq Ramadan."

dimanche 19 avril 2009

Durban II: les Pays-Bas et l'Australie boycotteront la conférence

"Moi qui ai subi l'expérience des horreurs de la Shoah, j'affirme que Durban a été la manifestation la plus haineuse et la plus discriminatoire contre les Juifs depuis la période nazie." (Tom Lantos (1928-2008), Président démocrate de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants et seul survivant de la Shoah élu au Congrès américain. Membre de la délégation américaine à la conférence de Durban en 2001.)

Durban II boycotté

Les USA, le Canada, Israël, l'Italie, la Hollande et l'Australie ont décidé de boycotter la Conférence internationale de l'Onu sur le racisme qui s'ouvre lundi à Genève. Cette conférence avait tourné au tribunal anti-israélien et antisémite, en 2001, lors de sa première édition.
Source : Guyen News

Holland, Australia boycott 'Durban II'

Les dix citations de la semaine (5)


"Moi qui ai subi l’expérience des horreurs de la Shoah, j’affirme que Durban a été la manifestation la plus haineuse et la plus discriminatoire contre les Juifs depuis la période nazie." (Tom Lantos (1928-2008), Président démocrate de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants et seul survivant de la Shoah élu au Congrès américain. Membre de la délégation américaine à la conférence.)

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"Il faut avant tout cesser d’être culpabilisés par l’holocauste. L’immense majorité de la population européenne n’était pas née pendant la guerre et elle n’a pas à se sentir éternellement coupable pour des crimes qu’elle n’a pas commis. C’est également vrai pour les Allemands ou pour l’Eglise catholique qui continuent à être particulièrement culpabilisés." (Jean Bricmont, professeur à l'Université Catholique de Louvain)

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"L’antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l’indifférence; la persécution, la forme naturelle du désoeuvrement; le déni de l’antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l’opinion raisonnable." (Jean-Claude Milner, Les Penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003)

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"Nier à l'Etat d'Israël le droit de vivre, d'exister, est devenu une tendance à la mode. C'est la forme moderne de l'antisémitisme. Le Parlement européen devrait ainsi clarifier de façon très précise sa position sur cette question." (Silvana Koch-Mehrin, Eurodéputé allemande)

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"La pompe de ces Salomons parvenus heurte notre goût (contemporain) pour la sobriété. Ils parlent toujours à haute voix, comme s'ils étaient en pays vaincu. Et que ce soit dans un restaurant à Londres ou à Berlin, il n'y a rien de plus intolérable que le caquetage sémitique. Ils sont couverts de bijoux, les garnitures de leurs calèches sont en or, et ils aiment le luxe grossier. Tout cela irrite." (Eça de Queirós (1845–1900), diplomate et écrivain portugais, 1880)

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"Il [Moses Hess] disait aux Juifs allemands des choses qu'ils n'aimaient pas entendre. Par exemple: "Pourquoi les Allemands ne vous aiment-ils pas? Ce n'est pas parce qu'ils n'apprécient pas votre religion, ou vos écrits ou votre conduite économique. Ce qu'ils n'aiment pas, ce sont vos nez, vos cheveux frisés, parce qu'ils considèrent qu'ils ne sont pas allemands, ce que vous prétendez être. Et cela, vous ne pouvez le changer." (Sir Isaiah Berlin, philosophe et historien, En toutes libertés, entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Le Félin)

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"Je suis né à l'âge de La Libre Parole de Drummond (ne pas confondre avec Druon) et de La France Juive : l'hitlérisme a réveillé mon inconscient d'enfant. Entre Vienne 1900 et Paris, il y eut, alors, un antisémitisme européen." (Paul Morand, 18.8.1974, Journal Inutile, t. II, 1973-1976)

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"[...] on ne construira pas le bien vivre ensemble en Europe sur la délégitimation de la noble idée du Sionisme et l’exigence faite aux Juifs de renier leur droit imprescriptible à disposer, eux aussi, d’un Etat. Mais on aura certainement contribué à construire le bien vivre ensemble quand, partout, de l’est à l’ouest et du nord au sud de notre espace européen, les synagogues et les écoles juives n’auront enfin plus besoin de cette protection policière qui, depuis que j’ai ouvert les yeux sur le monde, défigure leurs abords et marginalisent ceux qui y prient ou y étudient." (Joël Rubinfeld, Président du CCOJB)

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"Pas plus que n’importe qui, les juifs n’ont à expliciter l’antisémitisme, l’anti-judaïsme, ou encore l’anti-sionisme. C’est aux auteurs de tels propos, de tels actes écrits à en dire leurs raisons, ce qui implique qu’ils disent les avoir dits, et d’où ils proviennent. C’est là une nécessité éthique minimale à tout débat possible sur de tels enjeux, c’est l’exigence que tout débat se supporte d’un tel pacte de fonds au départ. Car l’antisémitisme quel qu’il soit, avoué ou non, su ou non, peut être le prélude à bien plus grave, chacun le sait aujourd’hui." (Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste)

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"Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens." (Eric Marty, écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot)

Les dix citations précédentes: (1), (2), (3), (4)

samedi 18 avril 2009

Olivier-Thomas Venard, un dominicain français, fustige le "culot" des Israéliens

"[...] la chutzpah, ou "culot", qui est une vertu sociale en Israël." (Olivier-Thomas Venard, religieux dominicain)

"Liberté se dit en allemand Freiheit. Dans notre proposition, cela devient Frechheit = culot, impudence. C’est l’équivalent exact du mot hébreu/yiddish chutzpah, le fait d’être insolent, mot hébreu/yiddish chutzpah, le fait d’être insolent, effronté, bref de ne pas manquer d’air. La chutzpah semble bien être la caractéristique principale des sionistes." (Fausto Giudice, auteur d'une devise en allemand avilissante pour Israël)

"Israël a déjà fait ce qu'il fallait pour démontrer que, même avec le pharisien Madoff en prison, les Etats-Unis doivent garder foi en Israël, et ce malgré tous les crimes contre l'humanité commis." (Bento Domingues, religieux dominicain)

Il est regrettable que deux religieux dominicains aient tenu récemment dans la presse des propos injurieux envers les Juifs et Israël. On préfère ne pas imaginer ce qu'ils disent en privé !

A l'occasion de la prochaine visite du Pape Benoît XVI en Israël, Olivier-Thomas Venard (théologien, professeur de Nouveau Testament à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, membre de la Commission sur les relations avec les juifs au Patriarcat latin) a publié dans La Vie un long texte critique sur Israël.

Menahem Macina (qui a repris l'article Les vrais enjeux d'un voyage de Benoît XVI en Israël dans le site UPJF, en mettant "en rouge les termes et phrases inutilement hostiles et blessants") écrit à propos d'Olivier-Thomas Venard : "Les sentiments anti-israéliens de cet ecclésiastique me sont bien connus. Tout ce qu’il dénonce n’est pas faux, mais sa hargne et sa dépréciation systématique de l’administration israélienne disqualifient ce que certaines de ses analyses peuvent avoir de recevable."

En effet, que penser lorsqu'un théologien catholique rejoint dans le sarcasme et la hargne un sinistre farceur nommé Fausto Giudice pour mettre en évidence le supposé "culot" des Israéliens pour l'un, et des sionistes pour les autres ?

"Le moment est peut-être venu, pour la diplomatie vaticane, de la nécessité de parler au personnel politique de l’État d’Israël un langage qu’il comprenne. Or, celui qu’ils pratiquent est la chutzpah, ou "culot", qui est une vertu sociale en Israël."

Pour le duo Giudice-Heine : culot/chutzpah : "[...] est l’équivalent exact du mot hébreu/yiddish chutzpah, le fait d’être insolent, effronté, bref de ne pas manquer d’air. La chutzpah semble bien être la caractéristique principale des sionistes."
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En janvier c'était le tour du dominicain portugais, Frei Bento Domingues O.P., de s'en prendre dans une chronique religieuse à la fameuse "clique" coupable de toutes les turpitudes morales :

"Ayant passé huit années à nous faire croire aux tricheries de George Bush et de sa clique, ainsi qu'aux honteuses pratiques de Wall Street, on essaye à présent de faire passer Barack Obama pour le sauveur de la super-puissance et par conséquent qu’il deviendra le sauveur le monde. C'est normal que chaque groupe essaye d'attirer le Président dans son camp et il n’y a aucun doute que ce sont les moins puissants qui l'ont élu. Ce sont, néanmoins, les plus puissants qui, au nom des virtualités de l'économie de marché et de son dynamisme, vont détourner l'attention d'Obama des plus pauvres dans les Amériques, en Afrique et en Palestine. Israël a déjà fait ce qu'il fallait pour démontrer que, même avec le pharisien Madoff en prison, les Etats-Unis doivent garder foi en Israël, et ce malgré tous les crimes contre l'humanité commis."
Source: Ver
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Européen cultivé et savant, Giudice a également étudié de près les "vertus sociales" des sionistes, dont le fameux "cutot".

"Un oubli réparé - Une devise pour Israël", texte de Fausto Giudice

"Chaque État a sa devise, comme il a son drapeau, son hymne national ou sa Constitution. Mais un État se singularise: l’État d’Israël. D’ailleurs, quelle est la forme de cet État? Monarchie? République? Nul ne peut répondre, puisque cet État, s’il a un drapeau et un hymne national n’a ni Constitution ni devise. Il est aussi le seul État membre des Nations unies à ne pas avoir déposé une carte de ses frontières auprès de l’ONU. Nous avons donc voulu réparer l’oubli des pères fondateurs de l’État d’Israël et nous leur proposons donc une devise. Cette devise est en allemand, elle sera donc facilement comprise par une grande partie des citoyens israéliens. Pour ceux qui ne comprennent pas l’allemand, voici une petite explication:

Liberté se dit en allemand Freiheit. Dans notre proposition, cela devient Frechheit = culot, impudence. C’est l’équivalent exact du mot hébreu/yiddish chutzpah, le fait d’être insolent, effronté, bref de ne pas manquer d’air. La chutzpah semble bien être la caractéristique principale des sionistes.

Égalité se dit en allemand Gleichheit. Dans notre proposition, cela devient Gleichgültigkeit = indifférence. En effet, l’autre caractéristique des sionistes est leur indifférence au sort de ceux qui, à leurs yeux, ne sont pas juifs, sont des goyim (Gentils) ou des "juifs se haïssant eux-mêmes" (ils définissent ainsi tout juif un tant soi peu critique à l’égard d’Israël).

Fraternité se dit en allemand Brüderlichkeit. Dans notre proposition, cela devient Unbarmherzigkeit = cruauté, qui vient de unbarmherzig = sans compassion, impitoyable. Sur ce caractère impitoyable, inutile d’épiloguer: il suffit de contempler les 60 ans d’histoire de l’État sioniste. Le dessinateur Ben Heine a donc, à partir de cette proposition, dessiné une "Myriam" sioniste, dans laquelle on reconnaitra la Marianne de Delacroix [...].

Voici donc un oubli réparé: l’État d’Israël a désormais une devise. Nous nous attellerons prochainement à l’écriture d’une Constitution sur mesure pour cet État, directement inspirée du Décalogue, les 10 Commandements transmis par Yahwé à Moïse sur le Mont Sinaï."