mercredi 30 janvier 2008

Hitler devient Chancelier d'Allemagne (30 janvier 1933)

A midi, des éditions spéciales, imprimées à la hâte, font connaître officiellement que Hitler a été nommé Chancelier. Le Führer regagne son hôtel, en proie à une émotion visible. Désormais, il n’est plus seulement le Führer du national-socialisme, il est le Führer du Reich. Treize ans d’efforts acharnés, d’idée fixe, de tension de la volonté, de dépense nerveuse, de résistance aux épreuves les plus diverses, treize ans d’audace, de patience et de ruse reçoivent, en cet instant, leur récompense, leur consécration! Hitler est arrivé à ses fins. Sa plus ancienne prédiction s’accomplit. Le vagabond, le raté d’avant 1914, l’homme de liaison, le "soldat inconnu" de la Grande Guerre, l’orateur à demi dérisoire des brasseries munichoises de l’après-guerre, l’adhérent d’un parti qui ne comptait que 7 membres est, aujourd’hui, au pouvoir et, avec lui, le mouvement qu’il a créé et qui groupe 13 millions d’Allemands. Il semble qu’une protection naturelle puisse, seule, expliquer cette prodigieuse fortune.

Hindenburg et les têtes légères qui l’ont influencé connaissent-ils bien l’homme aux mains duquel ils ont remis les destinées du Reich? Savent-ils quels sentiments, quelles ambitions, quelle moralité recouvrent cette figure aux traits si vulgaires, ces yeux opaques, ce front barré d’une mèche ridicule? Ils ne tarderont pas, en tout cas, à s’apercevoir qu’il a derrière lui des forces autrement puissantes que celles d’une sociale-démocratie sans ardeur, d’un Casque d’Acier poussiéreux ou d’une Bannière d’Empire essoufflée.
Souvenirs d'une ambassade à Berlin, André François-Poncet, Flammarion, 1951

Bravo l'artiste?, Blognadel

Paru dans Blognadel, le blog de Gilles William Goldnadel

Ce qui vient de se passer à Gaza devrait servir de cas d'école pour tous ceux qui souhaitent étudier la situation politique et médiatique dans laquelle se trouve aujourd'hui plongé Israël.

Voilà un pays démocratique gouverné par une équipe qui a reconnu le fait national arabe palestinien et a accepté la création d'une structure étatique palestinienne sur une partie du territoire historique.

Voilà un pays démocratique attaqué depuis sept ans par un groupe terroriste qui a pris le pouvoir par les urnes et par la force sur une portion de ce territoire évacuée sans contrepartie.

Voilà un état qui réplique par des moyens militaires contenus et ciblés visant à épargner une population civile qui pourtant fait très largement cause commune avec les terroristes qu'elle a élus, et qui accepte docilement de servir de boucliers humains pour des attaques qui partent parfois du cœur de ses maisons et de ses écoles.

Voilà un État démocratique qui, de guerre lasse, a commencé un blocus limité du territoire hostile.

Voilà cette entité terroriste qui, de manière surréaliste, orchestre elle-même grossièrement sa victimisation cousue de fil blanc en aggravant les mesures de rétorsion, en se coupant l'électricité et en envoyant devant des caméras complaisantes des femmes et des enfants, bougies à la main, hurler leur colère et leur humiliation habituelles.

Voilà une population qui force le blocus avec l'assistance d'autorités égyptiennes pourtant chargées dans le cadre d'accords conclus avec l'État démocratique de surveiller la frontière de l'entité terroriste.

Et voilà à présent une communauté médiatique décrivant avec empathie "l'exode" de la population prétendument affamée en faisant fi du contexte politique, des menées terroristes, et de la détresse de la population des villes bombardées sans relâche.

À première vue, on serait tenté d'applaudir la performance.

Mais serait-ce vraiment manquer de sportivité que de considérer qu'il y a peu de mérite à remporter la partie lorsque l'arbitre est défaillant et le public acquis d'emblée ?

mardi 29 janvier 2008

Lorsque Mearsheimer et les experts de l’école de politique internationale "réaliste" se trompent, par Judeosphere

Le blog Judeosphere a constaté que dernièrement plusieurs éditorialistes avaient réclamé que soit reconnue la "complicité" des analystes qui se sont prononcés en faveur de l’intervention militaire en Irak.

Justin Logan propose même dans le National Interest ce qu’il considère comme une solution pratique: la mise au point d’une méthode d’évaluation de prévisions erronées. En raison de la rapide circulation des nouvelles et de la courte attention qui leur est dispensée, les experts ne sont jamais sanctionnés, prétend-il. Editorialistes et experts pourront en toute impunité avancer n’importe quelles prévisions sur l’évolution de la situation en Irak au cours des prochains six mois, puisque à l’échéance plus personne ne se souviendra de ce qu’ils ont prédit. Qu’ils aient eu tort ou raison n’a donc aucune espèce d’importance. Justin Logan est analyste au Cato Institute, affilié à la Coalition for a Realistic Foreign Policy - John Mearsheimer et Stephen Walt figurent parmi membres fondateurs de celle-ci.

Judeosphere estime qu’il serait opportun que les experts de l’école "réaliste" en matière de politique internationale soient également soumis au test de cette base de données prédictive. Mais dès à présent, on peut se faire une idée de la fiabilité prédictive de certains de ces experts:

John Mearsheimer: le peu de fiabilité des analyses de cet universitaire est si flagrant que s’il avait rempli la fonction d’astrologue royal (bien entendu à une époque temps où les mœurs étaient moins douces que les nôtres) notre expert aurait été décapité. Voyons donc. Paru dans l’Atlantic Monthly en 1990, son essai intitulé "Pourquoi nous raterons bientôt la guerre froide" pronostiquait avec assurance que le déclin de l’Union Soviétique ouvrirait la voie à une nouvelle course aux armements en Europe et que certaines nations - en particulier l’Allemagne - se hâteraient de fabriquer de l’armement nucléaire. Dans un éditorial dans le New York Times paru en 1990, Mearsheimer se disait favorable à la première guerre du golfe et prédisait "une victoire rapide qui réduirait les pertes humaines des deux côtés". (Bilan des victimes irakiennes : 40.000 soldats morts et plus de 140.000 civils tués). En 1993, il déclarait que la dissuasion nucléaire ukrainienne était "inévitable" car l’Ukraine ne restituerait jamais les têtes nucléaires à la Russie. (En 1995, l’Ukraine rendait tout son armement nucléaire à la Russie.) Ensuite, en 1998, Mearsheimer affirmait que le traité de paix conclu au Kosovo était "voué" à l’échec car "ni Albanais ni Serbes ne le respecteraient". (Un après après, Milosevic acceptait de retirer ses troupes du Kosovo, et l’Armée de Libération du Kosovo consentait à désarmer.)

Leon Hadar: Dans son célèbre essai de 1992, "Le Péril Vert", Hadar déclarait que les mouvements islamistes fondamentalistes ne posaient aucun danger à l’Occident. (En matière d'analyse politique on fait rarement mieux!)

Ted Galen Carpenter, Vice-Président de Defense and Foreign Policy Studies au Cato Institute: Cet homme a prédit de si nombreuses guerres qu’il est étonnant que sous l’effet des bombardements nous ne soyons pas retournés à l’âge du bronze. Dans les huit dernières années, il a prévu une prochaine guerre avec la Chine; une prochaine guerre de la Turquie contre la Grèce; la prise de pouvoir par une junte de narcotraficants/marxistes en Colombie; et la guerre avec la Corée du Nord.

Steven Clemons, Senior Fellow à la New America Foundation: En 1998, Clemons prévoyait tout simplement que le Japon serait prochainement frappé par un "tsunami économique" et que celui-ci entraînerait dans son sillage l’Amérique et l’économie mondiale.

Et Judeosphere de conclure: "Et voici, mes amis, ce que valent nos experts "réalistes". N’hésitons pas à soumettre leurs analyses à la "base de données prédictive", afin que tous puissent déterminer objectivement quelle est leur valeur". Instructif, en effet.

dimanche 27 janvier 2008

ONU: Le Canada ne participera pas à Durban II

Éditorial de Mario Roy - La Presse, Canada
"Le dommage que cette affaire va encore une fois causer à la crédibilité de l’ONU est incommensurable. Le Canada ayant annoncé qu’il ne participera pas à Durban II, c’est-à-dire à la deuxième conférence mondiale contre le racisme, en 2009, cela ne peut faire autrement qu’attirer l’attention sur le bilan immédiat des Nations unies en matière de défense des droits de l’homme.
Voici.
D’une part, l’ONU s’apprête à parrainer une réédition de la "Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée" qui, en septembre 2001, s’était précisément transformée en foire raciste, discriminatoire, xénophobe et intolérante.
D’autre part, le nouveau Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui a succédé en 2006 à la Commission du même nom devenue un "caucus de bourreaux", selon Human Rights Watch, roule très exactement sur les mêmes rails.
Tout cela constitue une véritable catastrophe.
Le gouvernement Harper manifeste un courage certain en devenant le premier à retirer la caution de ses administrés à Durban II, qui s’annonce comme un autre "cirque". C’est le terme utilisé par le secrétaire d’État au Multiculturalisme et à l’Identité canadienne, Jason Kenney.
Il faut espérer que d’autres pays feront de même.
De fait, une quarantaine de nations ont déjà manifesté une certaine impatience en refusant de fourguer sept millions de dollars supplémentaires à la préparation de l’événement. Cette agitation pré-partem est notamment placée sous la responsabilité de la Libye, de Cuba et de l’Iran, États réputés pour leur santé démocratique et éthique (les deux premiers sont classés parmi les huit pires au monde par Freedom House).
Cela étant, on est tenté d’aller voir ce qui se passe au nouveau Conseil des droits de l’homme, commanditaire de l’événement.
Or, il arrive ceci.
À sa première année d’existence, entre juin 2006 et juin 2007, l’organisme a consacré 14 de ses 19 résolutions ou décisions, ainsi que trois séances extraordinaires, à blâmer Israël ; autrement, seul le Soudan, où on est à 200 000 morts et un million de réfugiés, a timidement émergé sur son écran radar.
... le conflit israélo-palestinien est devenu depuis longtemps le seul sujet de préoccupation des instances droits-de-l’hommistes de l’ONU. Et il est jugé toujours dans le même sens. Cette fixation sur l’État hébreu est déplorable en soi. Mais il y a pire. Cette monomanie tient pour négligeables toutes les autres abominations faisant ailleurs sur la planète des victimes... qui n’ont pas la chance d’être opprimées par Israël.
Il s’agit d’un véritable kidnapping de l’ONU, qui y consent de bonne grâce, faut-il croire, en une sorte de syndrome de Stockholm.
Une catastrophe, il n’y a pas d’autres mots."

ONU: Malgré l'opposition des Etats-Unis "Durban II" aura lieu - le budget a été approuvé

samedi 26 janvier 2008

vendredi 25 janvier 2008

Selon F. Frattini, Commissaire européen à la sécurité, l’Europe n’a pas été équitable envers Israël, M. Macina

Menahem Macina : "... Il va de soi que tout le discours du Commissaire européen n’est pas, tant s’en faut, consacré à un mea culpa européen, ni à une reconnaissance des torts de l’UE envers Israël, il n’en témoigne pas moins d’un revirement significatif d’attitude de la part de cette importante institution. En témoigne cette phrase : "L’Europe est mieux préparée à prendre elle-même des risques réels, à investir gros sur le plan politique et à assumer les problèmes et les intérêts israéliens, d’une manière qui ne figurait pas à notre ordre du jour dans les premières années de l’Intifada". On pourra objecter que l’empathie, dont fait preuve Frattini pour l’Etat juif, n’est pas forcément partagée par les hautes instances de l’UE. Mais quiconque lit attentivement ce texte aura tôt fait de se convaincre qu’il ne s’agit pas d’un discours d’apparat, ni de formules diplomatiques aimables, mais d’un exposé succinct des grandes lignes d’un vrai projet de synergie politique entre l’Union et Israël. On notera, à ce propos, que l’orateur parle de "l’Etat juif d’Israël", une formulation qui n’est certainement pas innocente, si l’on en juge par les tentatives, irritées et réitérées à plusieurs reprises ces dernières semaines, des dirigeants palestiniens - dont le Président de l’AP, Mahmoud Abbas lui-même - pour la récuser."

Extraits du discours de Franco Frattini prononcé à Herzliya le 22 janvier:

"Nous avons également réitéré notre engagement de longue date en faveur du droit de l’Etat juif d’Israël à vivre en paix et en sécurité.

… il y a eu beaucoup d’incompréhension entre l’Europe et Israël au cours des récentes années.
Israël s’est plaint de l’Europe durant des années - et non sans raison, quelquefois. Trop longtemps, l’opinion publique européenne et quelques-uns de ses dirigeants ont fait porter à Israël une trop grande part de la responsabilité de l’échec du processus de paix.

Trop longtemps, nous avons négligé les inquiétudes et les préoccupations légitimes d’Israël concernant le terrorisme, le fanatisme et le refus de groupes importants, au sein du monde arabe, d’accepter l’existence d’Israël, sans parler de sa légitimité.

Trop longtemps, le fâcheux état de la sécurité d’Israël a dépassé notre compréhension et a été rejeté comme le prétexte d’une inaction diplomatique.

Au lieu de cela, nous aurions dû comprendre plus tôt les préoccupations d’Israël, car votre situation difficile face au terrorisme est la même que la nôtre. Cela ne veut pas dire que le bilan d’Israël est sans tache. … trop souvent, notre critique n’a pas réussi à reconnaître au moins les dilemmes auxquels Israël était confronté. Nous avons demandé à notre ami de prendre des risques, mais nous ne lui avons pas toujours offert des garanties qu’en prenant ces risques Israël ne se retrouverait pas sans aide.

Durant les trois années de la seconde Intifada palestinienne, beaucoup, en Europe, hésitaient à reconnaître que la tendance croissante et insidieuse de la haine que la violence au Moyen-Orient a déchaînée pouvait être appelée "antisémitisme". Cette maladie européenne a développé de nouvelles racines et pris de nouvelles formes. Mais les choses ont changé. Des gouvernements ont pris note et ont agi davantage. Cette attitude préjudiciable, cette prise de position à l’égard d’Israël et des Juifs n’a pas de place et ne doit pas en avoir dans l’Europe d’aujourd’hui. Qu’on les présente comme les effets indésirables d’injustices politiques ne change rien. C’est tout simplement injustifiable. Point.

L’antisémitisme est la forme la plus laide et la plus hideuse de la haine raciale, qui aboutit à maltraiter nos concitoyens juifs. Les Européens n’ont pas besoin qu’on leur rappelle à quoi cela peut mener. Quand Israël nous rappelle l’antisémitisme en Europe aujourd’hui, nous devons prendre la chose au sérieux, car ce terrible préjudice, si on s’abstient de l’affronter, constitue une grave menace pour l’édification de nos sociétés démocratiques. …

Israël n’est pas seulement un partenaire-clé pour l’Europe, il est aussi notre partenaire naturel. Israël vit et existe selon les mêmes traditions et les mêmes valeurs que les citoyens européens. J’espère développer notre coopération dans un avenir proche. …

Israël combat les mêmes menaces terroristes que l’Europe, mais à une beaucoup plus grande échelle. Nous sommes témoins de l’existence de groupes terroristes nationaux. On constate, en Israël, une radicalisation extrême et une transformation très mobile de groupes islamiques violents, qui agissent dans les territoires occupés et au Liban. …

La sécurité n’est pas un cadeau et je crois que, grâce à une meilleure interaction entre partenaires publics et privés, grâce à une meilleure coopération entre l'Europe et Israël et d’autres partenaires du Moyen-Orient, nous pourrions améliorer considérablement la sécurité de nos citoyens, ainsi que celle de nos intérêts communs.

Je m'engage, à titre personnel et à titre institutionnel, à aider Israël et le peuple israélien, dans les années à venir, en vue de réaliser notre objectif commun de paix et de prospérité dans cette région."
Traduction de Menahem Macina sur le site upjf.org

jeudi 24 janvier 2008

Masarat: "de muur" et "le mur de la ségrégation"

Présentation du spectacle de l’Ecole de Cirque de Palestine sur le site de l'Agenda Culturel Officiel de Belgique : en néerlandais il est question de "muur", mais en français de "mur de la ségrégation"… On se saurait être plus clair.
Agenda.be - DE OFFICIËLE CULTURELE AGENDA
Circus Behind The Wall.
"Circus Behind the Wall inspireert zich op de dagelijkse realiteit van de Palestijnen die door de muur zijn afgescheiden van hun water, hun grond, hun verleden en hun verwanten."
za 09.02 - 20u30, 7 €, Hallen van Schaarbeek
Agenda.be - L’AGENDA CULTUREL OFFICIEL
Circus Behind The Wall.
"Circus Behind the Wall s’inspire de la vie réelle de Palestiniens séparés de leur eau, leur terre, leur passé, leurs proches par le mur de la ségrégation."
sam 09.02 - 20h30, 7 €, Halles de Schaerbeek
Sur Bruxelles Wallonie Palestine 2008 (Masarat):
"Le mur de la ségrégation" - Masarat Palestine 2008
et
Le Zan Studio de Ramallah
Voir également (en février 2008):
Crimes de guerre israéliens au Liban jugés à Bruxelles