vendredi 24 juin 2011

Flotille pour Gaza: le héros belge se compare au déserteur de Boris Vian ...

"C'est vous dire ma mentalité. D'ailleurs, mon couteau suisse qui ne me quitte jamais, eh bien ! je le laisserai pour une fois à la maison." 

L'excitation du journal belge francophone Le Soir du fait que quatre Belges participent à l'héroïque flotille anti-israélienne de la "liberté" est à son archi-archi-comble.

L'Ecolo Josy Dubié (voir: Violence des 'colons': un ministre belge Louis Michel se retrouve à califourchon sur Mgr Gaillot à Gaza) en fait partie et Le Soir lui ouvre ses colonnes avec une très grande complaisance. Nous retenons deux phrases de Dubié:

"Je m'y rends dans un esprit pacifiste, évidemment. J'ai fait sept ans de marine marchande pour éviter de devoir faire mon service militaire (le service civil n'existait pas encore), c'est vous dire ma mentalité. D'ailleurs, mon couteau suisse qui ne me quitte jamais, eh bien ! je le laisserai pour une fois à la maison."

A l'Ambassadeur d'Israël, Mme Tamar Samash, il cite l'ONU, mais, tout comme Le Soir, "oublie" de préciser que son Secrétaire général Ban Ki-Moon réclame l’empêchement d’une flottille illégale pour Gaza... [1]  Dubié excelle dans le compassionnel, le larmoyant et le grandiloquent - des vertus bien écologiques:

"Madame l’Ambassadeur, votre gouvernement a annoncé qu’il empêcherait par la force notre flottille de rejoindre Gaza. Nous n’avons à vous opposer que "la force du Droit". Vous avez effectivement, vous, gouvernement israélien, le "droit de la force". Sachez cependant que, pastichant Boris Vian, dans sa célèbre chanson "Le déserteur":  "Prévenez vos gendarmes, que nous n’aurons pas d’armes et qu’ils pourront tirer !"

[1] "Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon a appelé les gouvernements des pays de la Méditerranée à tout faire pour empêcher l’envoi d’une flottille pour Gaza, expliquant que ces bateaux n’ont aucun intérêt humanitaire et ajoutant que pour envoyer de l’aide, il est possible de le faire à travers la route égyptienne ou les ports israéliens. Dans des lettres adressées aux gouvernements méditerranéens, Ban réaffirme que « toute l’aide humanitaire doit transiter dans les passages légitimes et les voix établies », par-là même d’où des milliers de tonnes de produits entrent à Gaza tous les jours : Israël. [...] Ban Ki-moon se dit particulièrement préoccupé par l’envoi d’une nouvelle flottille dans la mesure où la communauté internationale considère que ces activistes mènent une “action militaire contre Israël” (organiser quelque chose pour violer un blocus est “militaire”)."

jeudi 23 juin 2011

Elie Semoun: beaucoup de Juifs veulent "se tirer de France"

"J'entends beaucoup ça dans la communauté juive."

"C'est vrai que j'ai été à New York. Il y a des mecs qui sont en kippa dans la rue. Il y a des magasins juifs. Des quartiers juifs. Etc. Et ça c'est la paranoïa des Juifs".

Invité des Grandes Gueules sur RMC, l'humoriste Elie Semoun a déclaré que beaucoup de Juifs voudraient "se tirer de France" pour aller s'installer en Israël ou aux États-Unis.

Elie Semoun a constaté qu'il y a une "grosse parano" chez les Juifs, en d'autres termes une grosse peur. Parano dont il ne souffre pas car précise-t-il il se sent parfaitement à l'aise dans son pays et trouve que les Juifs français ne devraient pas céder à leur parano:

"Chez les juifs, il y a des gens qui sont complètements paranos et qui veulent se tirer de France parce qu'il y a beaucoup d'arabes ! Et tout d'un coup quand la parano s'installe, les Juifs veulent partir en Israël ou aux États-Unis pour vivre pleinement leur religion !"


"C'est vrai que j'ai été à New York. Il y a des mecs qui sont en kippa dans la rue. Il y a des magasins juifs. Des quartiers juifs. Etc.  Et ça c'est la paranoïa des Juifs".  

Le mérite de ses propos est de dévoiler qu'il y a un énorme malaise chez les Juifs français.  Mas pas seulement.  Il faudrait lire l'article du Grand Rabbin Jonathan Sacks pour se rendre compte que la situation en Europe devient préoccupante. (Un nouvel antisémitisme se répand comme un virus en Europe: subtil, sophistiqué, et terriblement efficace)  On est évidemment libre de parler de paranoïa.  Mais est-ce exact?

Vidéo: Elie Semoun: "Que les juifs arrêtent leur paranoïa..."  Cette vidéo a généré 111 commentaires sur le site Juif.org.  Un record.

New York: une manifestation géante de soutien à Israël (juin 2011)
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Un nouvel antisémitisme se répand comme un virus en Europe: subtil, sophistiqué, et terriblement efficace

"Il est subtil, sophistiqué, et terriblement efficace.  Il est conçu pour tromper, et cela marche. Des Juifs israéliens et américains le considèrent comme une menace à la communauté juive européenne, ce qu’il est, mais seulement en second lieu. La véritable cible, c’est Israël. C’est une attaque contre Israël là où il est le plus vulnérable, à savoir parmi les classes qui forgent l’opinion d’Europe. Si Israël est délégitimé à leurs yeux, cela ne laisse que l’Amérique, et le jugement judicieux des ennemis d’Israël est que, quand il s’agira de soutenir Israël, à long terme l’Amérique ne continuera pas seule."

Le Rabbin Jonathan Sacks rend compte de l'échec impitoyable sur ce qui se passe en Europe.  Et nous savons que ça ne s'arrêtera car les leaders de la communauté juive n'unissent pas leurs efforts pour combattre ensemble ce fléau.  Hélas, en matière d'antisémitisme, l'Europe ne suit pas l'exemple de l'Amérique.

L’avenir de la communauté juive européenne..., Jonathan Sacks, Grand Rabbin du Royaume-Uni et du Commonwealth

Ceux qui dénient aux Juifs ou à Israël leur liberté perdront, ou ne gagneront pas la leur. Pour les Juifs d’ Europe, cette époque est à la fois la meilleure et la pire. Prenons la communauté juive britannique comme exemple. Au cours de 20 dernières années, nous avons construit plus d’écoles juives qu’au cours des 355 années antérieures de notre histoire ici.

Culturellement, une communauté considérée comme moribonde il y a une génération, peut s’enorgueillir d’un centre culturel, d’un centre communautaire en construction, de semaines du livre juif, de festivals d’arts, de musique et de films, et d’un évènement éducatif pour les adultes – le Limoud – qui a inspiré des ramifications dans 50 autres centres à travers le monde juif.

Des Juifs sont proéminents dans tous les domaines. Des présidents de chambres parlementaires à la ‘Chambre des Communes’ et à la ‘Chambre des lords’ sont juifs. Nous avons eu ces dernières années, deux Présidents de la Cour suprême de Justice, et des dirigeants juifs à Oxford et Cambridge. Un rédacteur en chef juif du journal ‘The Times’ et des dirigeants juifs aussi bien dans les Partis Conservateur et Travailliste. Non seulement les Juifs sont-ils respectés, mais il en est de même pour le judaïsme. La voix morale juive est devenue une partie significative du dialogue national.

Voilà d’étonnantes réalisations. Mais elles sont assombries par le troublant phénomène d’un nouvel antisémitisme se répandant comme un virus à travers l’Europe. Cela exige une explication. Après tout, après l’Holocauste, s’il y avait une chose sur laquelle les gens de bonne volonté étaient d’accord à travers le monde, c’était: "Plus jamais ça".

Toute la culture d’après-guerre de l’Occident – du monde même – était orientée dans cette direction. Au-delà de la détermination qu’il ne devrait plus jamais y avoir un autre Holocauste, vint la Déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies, le concept de "crime contre l’humanité", l’idée que le racisme est un vice, le mouvement du dialogue interconfessionnel, et le changement historique de la Chrétienté connu sous le nom de Vatican II, Nostra Aetate.

mercredi 22 juin 2011

Pourquoi les parents de l'acteur Jason Isaacs ont fait leur alyah

Source: The Guardian (via Israelly Cool: Jason Isaacs On Why His Parents Moved To Israel)

Le célèbre acteur britannique Jason Isaacs, connu, entre autres, pour ses interprétations de Lucius Malefoy dans Harry Potter, a accordé un entretien passionnant au Guardian.

L'acteur raconte dans quelles circonstances il a appris récemment les véritables raisons qui ont poussé ses parents à quitter la Grande-Bretagne pour aller s'installer en Israël - le grand rêve de leur vie.

"Mon père était très malade et je me suis rendu avec mes frères à son chevet aux soins intensifs. Nous avons pensé qu'il allait mourir, mais il est rétabli maintenant, Dieu merci."

C'est à cette occasion qu'il a une conversation avec son père qui lui a confié que depuis son enfance il s'était accroché à son rêve d'aller vivre en Israël. Pourquoi?  Âgé d'à peine 11 ou 12 ans il se bat contre les chemises noires du mouvement nazi. A 13 ans, il découvre qu'il y avait eu un holocauste à quelques centaines de kilomètres de Liverpool. Enfin, l'existence après la guerre d'un mouvement nazi en Grande-Bretagne le bouleverse.

"Papa, tu confonds tout. Veux-tu dire qu'il y avait des nazis à Liverpool après la guerre?", lui demande Jason Isaacs. Et son père a répondu que c'était vrai.

Il faisait référence aux émeutes qui ont eu lieu à Liverpool et dans d'autres villes britanniques en 1947 après la pendaison de deux soldats britanniques par les militants de l'Irgoun dans la Palestine mandataire.  Son père avait dû se terrer avec sa famille dans leur appartement à Liverpool pendant que dehors la foule  brisait des vitres et criait: "Brûlez les Juifs! Brûlez les Juifs!"

Ces événements se sont passés chez lui après la guerre, quand il avait 16 ans.

La découverte qu'un pays avait été créé où il ne courrait pas le risque que ça lui arrive, où il ne risquerait pas qu'on l'arrache de chez lui pour l'envoyer dans une chambre à gaz, fut décisive. Lorsque que leur quatrième fils entra à l'université, ses parents sont partis en Israël.

Obama n'a pas perdu le soutien de la communauté juive américaine

Le Président Obama s'est adressé à des  donateurs de la communauté juive qui vont financer la campagne pour sa réélection.  Il a déclaré qu'Israël et les États-Unis doivent porter un "regard neuf" sur l'évolution que traverse le Moyen-Orient.

"Les États-Unis et Israël devoir regarder ce nouveau paysage avec des yeux neufs", a déclaré M. Obama lundi soir au cours d'une soirée de levée de fonds à Washington - pour y participer chaque couple devait verser un minimum de 25.000 dollars. "Il ne suffira pas de continuer comme avant et espérer que la situation va évoluer positivement. Nous allons devoir faire preuve de créativité et nous engager dans ce processus".

Il a rappelé qu'Israël est "le plus proche allié" des Etats-Unis et s'est engagé à ce qu'Israël affronte ces nouveaux défis à partir "d'une position de force". Le Président des États-Unis a souligné la proximité entre les "establishments" de la défense des deux pays et que sous son mandat l'aide militaire à Israël avait augmenté.

Le Président, qui est en désaccord avec gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou sur la question des constructions dans les implantations et des paramètres pour relancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens, a affirmé que dans les prochains mois "il se pourrait qu'il y ait des désaccords tactiques dans la façon ces problèmes difficiles seront abordés."

Les organisateurs ont appelé l'événement "Obama Victory Fund 2012 Dinner with the President in support of a strong U.S.-Israel relationship" (Le fonds pour la victoire d'Obama, soutien à une relation forte entre les U.S. et Israël). Après la brève allocution d'Obama, les reporters furent priés de se retirer car il a voulu s'entretenir avec franchise et en privé avec les donateurs. Les organisateurs ont récolté un million de dollars pendant la soirée.

Des supporters juifs d'Obama ont mené une campagne dans les journaux en faisant publier des éditoriaux infirmant l'idée que le Président aurait perdu le soutien de la communauté juive en raison de sa position sur les négociations israélo-palestiniennes.

Source: JTA (Obama to donors: Israel, U.S. need ‘fresh eyes’)

A l'ONU, contrairement à l'Europe, l'administration Obama soutient Israël: ONU: vote de la France contre Israël ... encore et encore.  C'est tout dire.

mardi 21 juin 2011

Violence des 'colons': un ministre belge se retrouve à califourchon sur Mgr Gaillot à Gaza

"Il y a quelques années, déjà à Gaza, j’étais en mission avec entre autres Louis Michel [ministre belge de droite très anti-israélien] alors ministre des Affaires étrangères; nous nous étions approchés d’une colonie juive d’où est soudain partie une rafale de mitraillette tirée juste au-dessus de nos têtes. Louis Michel s’est retrouvé à califourchon sur Mgr Gaillot! J’en ris mais c’est vrai, il y a des risques."

Le quotidien belge Le Soir rend hommage sur trois pages à Josy Dubié qui "s’embarque pour Gaza". Le Soir, un journal au pedigree anti-israélien impeccable, ne peut pas cacher l'énorme admiration que lui inspire Dubié, un anti-israélien médiatique. Une spécialité francophone car aucune personnalité médiatique flamande n'y participe. M. Dubié est un spécialiste du lobby juif et son mépris pour Israël est bien connu.  En 2001, il confiait à la presse:  "La Belgique est un Etat de droit, et moi, je m'interroge sur ce qui fait la démocratie en Israël. Nous au moins, nous n'avons pas de sang sur les mains [...] qui viole toutes les lois internationales" et dont le gouvernement est composé d'un "parti d'extrême droite, fasciste et raciste".

Extraits:

"Ces prochains jours, une flottille de solidarité pour Gaza lèvera l’ancre de Grèce et de Turquie. Parmi les quatre Belges sélectionnés pour faire partie de la flottille figure notre ancien confrère Josy Dubié, un baroudeur bien connu qui, à 71 ans, vit une retraite heureuse après une carrière bien remplie qui l’a vu travailler successivement à la RTBF puis aux Nations unies avant de terminer sa vie professionnelle par deux postes de sénateur puis député bruxellois..."

"Je connais assez bien le Proche-Orient pour y avoir été à de nombreuses reprises. J’ai d’ailleurs déjà fait partie de plusieurs missions pacifistes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. A chaque voyage, je dois dire, j’ai été choqué par le traitement infligé aux Palestiniens par les Israéliens – je parle évidemment des soldats et des colons –, un traitement marqué par la violence et l’humiliation qui atteignent des niveaux vraiment incroyables."

"[...[ la première fois remonte à 1968 ! Je suis allé une dizaine de fois en Israël/Palestine, dont trois ou quatre fois à Gaza, pour la RTBF ou pour l’ONU. J’ai toujours été sensible aux terribles conditions de vie imposées aux Gazaouis. Il n’y a pas de meilleure définition que l’expression célèbre : «prison à ciel ouvert»."

"Quant à ma motivation principale, elle réside dans mon respect pour le droit international humanitaire. La Quatrième Convention de Genève, de 1949, qui s’applique aux civils en zones de conflits, est claire : elle prohibe toute forme de punition collective infligée aux civils. Or la précarité dans laquelle vivent les Gazaouis, les difficultés qu’ils éprouvent à entrer et à sortir de ce territoire, à importer des matériaux de construction, à exporter leurs productions, à pêcher dans leurs eaux, tout cela constitue de manière nette une punition collective."

"Moi, je suis un non-violent et je condamne la violence d’où qu’elle vienne, et je me permets de rappeler qu’il existe aussi une violence qui est perpétrée par l’Etat d’Israël."

Baudouin Loos rappelle: "Justement, le 31 mai 2010, il y a de cela un an, une semblable expédition maritime de solidarité s’est soldée par un assaut militaire israélien et la mort de neuf militants turcs. Cela ne vous dissuade pas d’y aller ?

"Je sais pertinemment bien que ce voyage n’est pas dépourvu de dangers. Des dangers, j’en ai connu. Je me souviens notamment, il y a quelques années, déjà à Gaza, j’étais en mission avec entre autres Louis Michel alors ministre des Affaires étrangères; nous nous étions approchés d’une colonie juive d’où est soudain partie une rafale de mitraillette tirée juste au-dessus de nos têtes. Louis Michel s’est retrouvé à califourchon sur Mgr Gaillot! J’en ris mais c’est vrai, il y a des risques."

Voir cet autre exploit anti-israélien de Josy Dubié ICI

Les flotilleurs pourront loger dans cet hôtel cinq étoiles dans la "prison à ciel ouvert" de Gaza:
Ou dans celui-ci non moins luxueux:

 Et son magnifique restaurant ...

Le mouvement de boycott en Grand- Bretagne et la délégitimisation d’Israël, par Robert Fine

"Le syndicat n’exclut personne de la communauté universitaire mondiale, sauf les Israéliens. Pas antisémite, dit-on. Le syndicat invite un syndicaliste sud-africain à faire un tour en Grande-Bretagne pour appuyer le boycott – un syndicaliste qui était reconnu coupable de ‘discours de haine’ contre les Juifs par la Commission Sud-Africaine des Droits de l’Homme. Pas antisémite. Israël accusé de meurtre d’enfants. Pas antisémite. Israël contrôle la politique extérieure des Etats Unis. Pas antisémite. Les Juifs inventent l’antisémitisme uniquement pour invalider la critique d’Israël. Pas antisémite donc."

"On a converti la compassion pour les Palestiniens en une haine pour les Israéliens. On réserve toute compassion pour un parti et rien pour l’autre. Enfin la haine se substitue à la compassion et à la compréhension. Le but de ceux qui résistent à la délégitimation d’Israël doit rester l’antiracisme universel – en Israël, en Palestine, au Moyen-Orient et ici entre nous en Europe."



Source: Engage (Premier colloque européen de JCall, Le dimanche 19 juin, à la mairie du XIIIème, 1 Place d’Italie, Paris, de 9h30 à 18h), Robert Fine, Université de Warwick

D’abord je veux exprimer mon plaisir à assister à ce colloque européen de JCall et m’excuser pour mon français pénible.

Commençons par un rappel historique. Il y a six ans quelques activistes, longtemps antisionistes, ont réussi à gagner pour la première fois un vote dans notre syndicat, la Association of University Teachers, pour un boycott des universitaires israéliens. On a remis en question ce vote pour des raisons de procédure. Une assemblée spéciale a été convoquée par le syndicat. Beaucoup de délégués sont venus, y compris moi, et après un grand débat la proposition de boycott a été rejetée. Les opposants au boycott ont eu la majorité des voix et aussi à mon avis de meilleurs arguments.

Bien sûr un mouvement antisioniste a longtemps existé dans une fraction de la gauche. Dans les années quatre-vingts, le plus grand parti de la gauche radicale en Grande-Bretagne a appelé Israël ‘l’état illégitime’ et a refusé de reconnaître dans les universités les associations juives parce ce que l’on a pensé qu’elles étaient sionistes. Mais c’était la première fois que le mouvement antisioniste essayait de convaincre le syndicat de soutenir un boycott et il a perdu.

Pourquoi le parti du boycott a-t-il perdu à ce temps là? A mon avis il ne pouvait pas expliquer deux problèmes en particulier. D’abord, la question de ‘pourquoi Israël ?’ Il y avait beaucoup d’autres pays, bien sûr, où l’histoire de la violation des droits de l’homme était bien pire que les violations commises par Israël. C’est vrai que l’occupation du territoire palestinien mène nécessairement aux abus contre le peuple palestinien, mais le niveau des violations est quand même beaucoup moindre qu’en Chine ou au Sri Lanka ou en Syrie ou peut-être moindre que les abus commis par les forces Américaines et Britanniques en Iraq. Alors le premier problème: pourquoi sélectionner l’état juif ? Pourquoi exclure les universitaires israéliens et seulement les israéliens de la communauté scientifique mondiale? C’est sûr que ce n’était pas seulement une question de droits de l’homme.