mardi 19 février 2013

Un auteur roumain accusé d’antisémitisme est nominé pour le prix Nobel de littérature

Meteor: Une association d’écrivains en Moldavie aurait nommé Paul Goma, un auteur roumain accusé d’avoir écrit des textes antisémites, pour le prix Nobel de littérature. [Selon Wikipédia il vivrait en France.]

"Les revendications qui ont rendu Paul Goma célèbres ne sont que la négation de l’Holocauste, la falsification de faits historiques et d’attaques antisémites", s’offusque Iosif Belous, vice-président de l’Association des anciens prisonniers de ghettos et des camps de concentration d’Europe de l’Est. Belous a réagi à la nomination du nationaliste roumain Goma de l’Union des auteurs moldaves au prix Nobel de littérature, selon Adevarul, un quotidien basé à Bucarest.

Marco Maximillian Katz, directeur du Centre pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme en Roumanie, a écrit que Goma a exprimé "un antisémitisme féroce et haineux", qui suggère que "les Juifs sont coupables de l’Holocauste".

Selon son analyse des écrits de Goma, l’auteur roumain suggérait en 2002 que le pogromme de 1940 à Dorohoi au cours duquel 53 personnes ont été assassinées était une vengeance des troupes roumaines contre les juifs et "une réponse à une agression, œil pour œil".
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"Goma’s writings have been branded antisemitic, not least because they identify Jews as the “real” oppressors; culpable for bringing communist rule to Romania. Indeed, the author of a report on the extent of antisemitism in the country published in 2002 commented: “I do not think that there exists, in the production of the cultural post-communist elite, any writings that could be compared with the tireless hate of this former dissident”. Despite such pronouncements Goma has been awarded several civic accolades including honorary citizenship of the town of Timisoara in the west of the country." (REWRITING HISTORY: Holocaust revisionism today, by David Williams)

1 commentaire :

Gilles-Michel DEHARBE a dit…

Selon un compte-rendu, l'Union des Auteurs de la Moldavie a annoncé sa décision le jour-même où la Moldavie marquait la dernière Journée Internationale de l'Holocauste, avec la participation du Président du Parlement et de l'ambassadeur israélien dans le pays.

Dans son ouvrage "La Semaine Rouge", Goma avait accusé les juifs de Serbie de leur holocauste, prétendant que les juifs avaient commencé la guerre contre la Roumanie et avaient porté atteinte à l'armée roumaine alors que celle-ci se retirait de la Moldavie, suite à l'accord Ribbentrop-Molotov en 1940. Il refuse avec constance de revenir sur ses affirmations antisémites et continue à prétendre que les juifs doivent présenter leurs excuses, et non pas le contraire.

Force est de constater que les écrivains eux-mêmes, plutôt que de prendre leurs distances en manifestant de la compassion pour les « autres » et en portant un regard critique sur leur propre camp, s’engagent parfois à leur tour dans cette concurrence mémorielle.

Personne ne sort gagnant ni grandi de ce genre de concurrence sinon ceux qui cherchent à instrumentaliser les malheurs du passé. Il est pour le moins choquant de voir comment le témoignage d’un Paul Goma et celui d’un Norman Manea non seulement sont incompatibles mais s’ignorent complètement.

L’ancien dissident, qui n’a plus la même emprise sur les générations devenues adultes après 1989, est une source d’embarras non seulement sur le plan interne mais aussi international.