dimanche 25 février 2018

Selon Amnesty, Israël 'tue' et 'torture' des enfants palestiniens en toute impunité

Traduction (à l'aide de Google) d'un article paru dans le Jerusalem Post intitulé "Amnesty report claims Israel ‘kills,’ ‘tortures’ Palestinian children":

Selon le récent rapport d'Amnesty International sur l'état des droits de l'homme dans 159 pays et territoires au cours de l'année 2017, Israël «tue» et «torture» des enfants palestiniens en toute impunité.

Sa critique d'Israël est plus importante et sévère que celles des pays connus pour être des 'bastions' en matière de violations des droits de l'homme, y compris la Syrie, l'Irak et le Yémen. (...)

Daniel Laufer, responsable des relations avec les médias étrangers pour NGO Monitor, a déclaré que les rapports annuels d'Amnesty véhiculent depuis longtemps des préjugés anti-israéliens flagrants.

"Le rapport 2017 d'Amnesty contient beaucoup de distorsions et propager des préjugés anti-israéliens entretenus depuis longtemps par le groupe", a-t-il déclaré jeudi. "Que la section consacrée à Israël soit plus longue que celles concernant la Syrie, l'Irak et l'Yémen, suggère que les problèmes liés aux droits de l'homme sont plus graves en Israël que dans ces pays".

Lire l'article complet @ The Jerusalem Post


samedi 24 février 2018

Les terroristes du Bataclan disaient "Tiens espèce de sale juif’!" avant d'assassiner


Véronique Chemla, journaliste:
"Le 13 novembre 2017, lors de l'émission Les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris, a déclaré: "Nous avons un enregistrement complet de ce qui s'est passé au Bataclan... Les terroristes du Bataclan disaient, avant d'assassiner, de tirer au coup par coup : "Tiens espèce de sale juif’ !" Chez ces gens venus de Molenbeek ou passés par le circuit Grèce, on a un antisémitisme latent aussi dans l'affaire du Bataclan. Il n'y a pas que l'Hypercacher"."
Lire l'article complet @ Véronique Chemla

Gilles-William Goldnadel, avocat, écrivait en 2016:
"Je ne sais si Alain Marsaud, député républicain et ancien responsable du parquet antiterroriste, a raison de pointer l'inefficacité et la lenteur de la police belge et de ses services de renseignements dans l'arrestation d'un terroriste qui planquait sa barbe sous leur nez. Ce que je sais, c'est que le gros poisson a vécu longtemps paisiblement dans l'eau de Molenbeek. Ce que je sais c'est que la Belgique, qui a brutalement fermé ses frontières il y a quelques semaines, c'était encore hier la France xénophile, en pire. Je conseille à celui qui s'agace devant certains éditoriaux de notre vespéral parisien de lire le Soir de Bruxelles. Je conseille également à celui qui s'énerve devant le monolithisme latéral de l'audiovisuel de service public français de regarder la RTBF. La dernière fois que j'ai tenté douloureusement cette expérience masochiste, un islamiste expliquait gentiment à son intervieweuse qu'il espérait voir prochainement la charia appliquée en Belgique. À aucun moment la dame ne l'a interrompu ni ne s'est étonnée. Le propos semblait relever de la banalité. Ce que je sais encore, c'est que pendant la capture de ce poisson, dont on ne sait encore si il est pilote ou poltron, les policiers belges ont été insultés ou caillassés. Mais dès le lendemain, l'air de la stigmatisation était redevenu un refrain à la mode et un article de Libé titrait joyeusement, contre l'évidence aveuglante, qu'à en croire une élue écolo du cru: «Salah Abdeslam n'a pas de soutien à Molenbeek». Vous ne sentez pas l'odeur de poisson de la capitulation des esprits?"
Lire l'article complet @ Figaro Vox

Lire également:
Les commerçants juifs de Molenbeek à Bruxelles ont été chassés

L'ancien maire de Molenbeek, Philippe Moureau, a accusé les Juifs de vouloir nuire aux Musulmans (2008)



vendredi 23 février 2018

Jean-Claude Milner: "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Le programme hitlérien concernait les ashkénazes. Pour autant que je puisse voir, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem; c’est à lui ou à ses semblables qu’il serait revenu de régler le problème s’il y avait eu victoire. Comment cela se serait passé, personne ne peut le savoir, mais en tout cas le souci immédiat de purification de l’Europe, ça concernait les ashkénazes.  
Et ça les concernait (comme Freud le dit quelque part) non pas en tant qu’ils étaient très différents des Européens, mais en tant qu’ils n’étaient pas très différents. Le point crucial, si j’ose dire, c’était justement qu’ils étaient si peu distinguables. Et cela, grâce aux Lumières. En fait, le programme nazi n’a rien à faire du shtetl. Son ennemi principal, c’est en vérité le juif des Lumières, parce qu’on ne le reconnaît pas, parce qu’on pourrait ne pas le reconnaître. C’est justement en ce point du peu de différence, du trop peu de différence, qu’intervient le racial. La race permet de faire passer le tranchant d’une séparation essentielle entre des êtres qui se ressemblent absolument. Plus les Lumières accomplissaient leur programme, plus on eut recours à l’en-deçà des Lumières, au plus obscur du somatique. Le discours racial est l’ombre noire que projette l’assimilation et qui la suit, d’autant plus nettement dessinée que la lumière est plus vive."
Passages, 1er trimestre 2004, par Cyril Veken, Marc Darmon et Jean-Jacques Tyszler - L’Europe est-elle antisémite?

Lire également:
Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"

jeudi 22 février 2018

Réaction de Simon Leys à l'assassinat d'Ilan Halimi

Alexandre Devecchio, journaliste pour Le Figaro:
Ils sont tous soudés par l'obsession morbide du tout, tout de suite », écrivait Morgan Sportès à propos du « gang des barbares » dans son livre consacré à l'affaire Ilan Halimi
Après la lecture de cette oeuvre, Simon Leys, qui fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la Révolution culturelle chinoise, «Existe-t-il encore une civilisation européenne?»  
Bendaoud est le visage de la désintégration de certaines banlieues. Le pantin déculturé de l'ère du vide."
Lire l'article complet @ Le Figaro

Lire également:
L'exode des juifs de banlieue qui "craignent désormais pour leur vie" (Alexandre Devecchio)

mercredi 21 février 2018

Alain Destexhe: "Modérés" ou "conservateurs", seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem

Alain Destexhe, sénateur et député bruxellois:
Après des années de tensions, jamais Israël et l’Iran n’ont été si proches d’une confrontation directe. Le régime iranien constitue désormais la principale menace pour Israël, avec lequel il n’a pourtant pas de frontières, mais dont il a juré la destruction. Outre la perspective que les ayatollahs se dotent un jour de l’arme nucléaire, des missiles balistiques classiques peuvent peut-être déjà atteindre l’Etat hébreu. La quasi-victoire de Bachar el-Assad donne la possibilité à ses alliés du Hezbollah et aux milices chiites, sous tutelle iranienne, de se concentrer sur l’ennemi de toujours, le «serpent» israélien. Sur le versant syrien du Golan, une confrontation directe n’est pas exclue. Pour la première fois dans l’histoire tumultueuse d’Israël, un pays hostile a non seulement l’intention affichée de le détruire, mais est en train d’en acquérir la capacité.

Récemment, j’étais dans le nord d’Israël à la frontière libanaise. Sur place, la géographie permet de mieux comprendre les craintes de l’Etat juif. Sur la route qui longe en partie la frontière, on peut encore voir les fortins de la ligne Sykes Picot qui détermine toujours aujourd’hui la limite entre Israël et le Liban. Le contraste est grand entre les deux pays. Côté israélien, l’habitat est clairsemé, la région a été boisée et une agriculture intensive est pratiquée par endroits. Le côté libanais est beaucoup plus peuplé et dépourvu de végétation. Ce sont des maisons et de petits immeubles qui s’étendent à perte de vue, un peu partout, sans aucun plan d’aménagement. Nombre de ces édifices, dont certains sont tout proches de la zone de séparation, semblent inhabités ou en construction. Selon l’armée israélienne, beaucoup abriteraient des armes, des lance-roquettes et des missiles. Du petit kibboutz de Misgav Am situé en hauteur, on voit flotter en face au moins trois drapeaux du Hezbollah, le parti d’Allah. Des soldats observent à la jumelle et au téléobjectif le côté libanais. Un grand camp des Nations-unies, les «UN, United Nothing» comme les appelle notre guide, est aussi tout proche. Cette frontière est calme depuis 2006, mais tous nos interlocuteurs craignent un conflit cette année auquel ils se préparent. (...)

Les conflits impliquant Israël durent depuis tellement longtemps que l’Union européenne a tendance à penser que la sécurité du pays, qui bénéficie toujours d’une écrasante supériorité militaire, est garantie. Il n’en est rien. De Gaza et du Liban, le Hamas et le Hezbollah peuvent d’une heure à l’autre déclencher une pluie de missiles sur Israël, obligeant ce dernier à une forte riposte, des centaines de milliers de civils à se terrer dans des caves et déclenchant une grave crise internationale. Dans ces conditions, Israël ne peut tolérer que l’Iran, qui livre déjà des milliers de missiles au Hezbollah, construise une usine pour les fabriquer au Liban ou en Syrie, comme l’affirment les services de renseignements israéliens et, surtout, que l’ex-Perse soit capable d’ouvrir un troisième front à partir de la Syrie.

L’Europe doit cesser d’aborder l’Iran sous le seul prisme du maintien de l’accord nucléaire, que Trump menace d’ailleurs de ne plus respecter. (...)

«Modérés» ou «conservateurs», seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem. Damas, Sanaa et Beyrouth sont déjà sous la coupe de Téhéran. L’expansionnisme perse est une réalité que le président Macron et l’Union européenne doivent reconnaître. Depuis quand un Etat qui appelle ouvertement à la disparition d’un autre et qui s’y prépare est-il traité comme un acteur normal des relations internationales? Depuis les printemps arabes et la création de l’Etat islamique, pas un pays n’a été épargné par des changements majeurs. Une nouvelle recomposition politique est en cours dans la région. Et l’Orient n’a jamais été aussi compliqué.
Lire l'article complet @ Causeur


mardi 20 février 2018

Gilles-William Goldnadel: Le Monde et "le recours au juif de l'extrême-gauche morale"

Gilles-William Goldnadel, avocat et essayiste:
"Mais c'est sans doute dans ses comparaisons oiseuses avec le nazisme que la gauche morale aura fait montre de sa bêtise la plus ignominieuse. La semaine, sur ce point, aura été fructueuse.

Zeev Sternhell, tout d'abord, dans le Monde des idées du 18 février. Pour lui, en Israël «pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts» compte tenu de l'attitude de l'État juif à l'égard tant des Palestiniens que des migrants illégaux africains. Il faut dire que l'homme et le journal sont coutumiers du fait. Avec les mêmes ingrédients: le recours au juif de l'extrême-gauche morale.

Il y a quelques années, Edgar Morin fut mobilisé pour écrire dans le Monde (du 4 juin 2002) que les Juifs prenaient plaisir à humilier les Palestiniens, et pour inventer un massacre imaginaire à Jénine dont il reconnut par la suite la fausseté. Celui-ci s'est depuis reconverti à l'écriture à quatre mains de livres harmonieux avec Tariq Ramadan.

Quant à Zeev Sternhell, c'est sa marque de fabrique obsessionnelle de voir le fascisme partout. Citons notamment Raymond Aron à propos de son livre Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France dans lequel Sternhell considérait que la quasi-totalité des idées du fascisme étaient nées dans notre pays: «Son livre est le plus totalement a-historique qui se puisse concevoir. L'auteur ne remet jamais les choses en contexte. Il donne du fascisme une définition tellement vague que l'on peut l'y rattacher à n'importe quoi» .

On pourrait évidemment rire de ces nouvelles fadaises islamo-gauchistes qu'on aurait pu croire remisées après les massacres de 2015 en France, mais je gagerais que les milieux antisionistes radicaux feront de cet article leur miel avant que d'en tirer plus tard, qui sait, un fiel criminel. 
Je laisse dans ce cas les hommes du Monde à leur conscience morale de gauche."
Lire l'article complet @ Figaro Vox

lundi 19 février 2018

Raphael Lemkin, dont la famille était accoutumée aux pogroms mais ne croyait pas qu’elle pouvait être anéantie


France Inter, La Marche de l'Histoire:
"L’histoire de Lemkin est d’abord celle d’un enfant élevé en yiddish, dont la famille était certes accoutumée aux pogroms mais qui ne parvenait pas à croire qu’elle pouvait être entièrement anéantie. Son travail est commandé par un changement permanent d’échelle : d’un côté, les interrogations sur son frère, sa belle-sœur, ses amis, et, de l’autre, l’interrogation du crime absolu. On ne peut saisir l’inédit sans le mettre en rapport avec la poche de réalité dont on est familier.

En accumulant et en traitant sa documentation sur le régime nazi, Lemkin cherchait sans doute un soulagement à son chagrin personnel. Mais son but, en inventant le mot nouveau de génocide, était de raisonner en termes de groupes -humains, nationaux, religieux, voire politiques. Et de les placer sous la protection d’un droit international renouvelé."
L'invitée de Jean Lebrun est Annette Becker, historienne, professeur des universités à Paris Ouest Nanterre La Défense.  Pour écouter l'émission, Raphael Lemkin, la définition et la punition du génocide, veuillez cliquer ICI.

Philippe Sands, avocat franco-britannique:
"Lemkin, a practical idealist, believed that proper criminal laws could actually prevent atrocity.  In his view, the minorities treaties were inadequate, so he imagined new rules to protect 'the life of the peoples': to prevent 'barbarity', the destruction of groups, and to prevent 'vandalism', attacks on culture and heritage."
East West Street: On the Origins of Genocide and Crimes Against Humanity, Weidenfeld & Nicolson, 2016, p. 157.

dimanche 18 février 2018

François d'Orcival: "Israël, seul point fixe dans la région, revient au centre du jeu, pour empêcher le pire"


François d'Orcival, éditorialiste et homme de presse :
La guerre va-t-elle succéder à la guerre ? La défaite militaire de l’État islamique n’est pas la paix ; elle allume de nouveaux foyers. La fuite des djihadistes signe le retour des puissances. À preuve, cet épisode qui vient de se dérouler dans le ciel israélien et pourrait être le prologue d’une nouvelle confrontation.

À l’aube du samedi 10 février, un drone iranien, copie d’un appareil américain, armé de ses caméras de renseignement, pénètre dans l’espace israélien par le Golan. Jusque-là ces appareils étaient interceptés avant d’avoir atteint la frontière ; cette fois, il passe. Localisé par les radars israéliens, il est vite détruit par un hélicoptère Apache. Pourquoi les Iraniens se livrent-ils à une telle provocation, un jour de shabbat, dans un pays champion de la fabrication des drones ? Est-ce pour des motifs de politique intérieure ou pour brouiller les cartes ? (...)

Ce qui est intéressant, c’est l’attitude des puissances. Les États-Unis soutiennent leur allié qui a défendu son espace aérien; les Russes ne le condamnent pas — il est vrai que Nétanyahou s’est beaucoup dépensé en visites et coups de téléphone auprès de Poutine. Tous implorent les Israéliens: surtout, de la retenue! Pas d’escalade! Que ferait l’Iran si… L’agressé est prié de s’en tenir là — et d’être responsable pour deux, pour lui-même et pour les autres! Si on le demande à Israël, c’est parce qu’il est gouverné par des gens raisonnables, ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs. Or Israël s’est beaucoup renforcé, et pas seulement depuis l’élection de Trump: il a traité avec Chypre (pétrole en mer), noué une alliance de fait avec l’Arabie (contre l’Iran), et il rend service à l’Égypte du maréchal Sissi en rasant les positions djihadistes du nord du Sinaï… (...)

C’est que, dans le même temps, dans le nord de la Syrie, tout le monde se bat avec tout le monde : Russes, Syriens, Iraniens, Turcs, Américains, Kurdes, chiites, sunnites… (...)

Voilà pourquoi Israël, seul point fixe dans la région, revient au centre du jeu, pour empêcher le pire.

Lire l'article complet @ Valeurs Actuelles

vendredi 16 février 2018

Oxfam-Belgique et le poster sexy et coquin pour son huile "vierge" palestinienne

La récente divulgation de scandales sexuels (voire pédophiles) impliquant Oxfam (Oxfam avait été avertie du comportement de Roland van Hauwermeiren), il convient de rappeler qu'il s'agit d'une puissante ONG qui consacre une partie des fonds qui lui sont généreusement versés pour mener des campagnes de dénigrement d'Israël.

En 2005-2006, Oxfam-Belgique lançait une campagne de "conscientisation" au moyen de posters dont certains véhiculent de lourds sous-entendus sexuels.  Des personnalités connues se sont fait photographer dans différentes poses - mais ce ne sont que les femmes jeunes et jolies qui se dénudent. Les hommes ne sont ni jeunes, ni particulièrement beaux.  Bravo le féminisme chez Oxfam.

L'un des posters, très suggestif, met en scène une jeune (bien entendu) et jolie (bien entendu) nonette très aguichante si chère aux fantasmes de certains hommes.  La coquine porte du rouge à lèvres rouge vif et soulève la jupe de son habit religieux dévoilant des chaussures très sexy rouges.   La fringante bonne soeur vante les mérites de l'huile d'olive palestinienne "extra vierge" qu'Oxfam commercialise bien entendu dans ses magasin très éthiques. Que ne ferait-on pas pour la Palestine quand on est Oxfam-Belgique?  Et pour diaboliser Israël (voir: Les Juifs et le sang: thème cautionné par Oxfam-Belgique?) N'est-ce pas M. Stefaan Declercq, patron d'Oxfam-Belgique?  N'est-ce pas M. Pierre Galand, ex-patron d'Oxfam-Belgique?

D'autres "coquineries" d'Oxfam-Belgique "Erotica Express" et "Oxfam Fatale".
Pour en savoir plus, veuillez cliquer sur ce lien.

jeudi 15 février 2018

Une synagogue devient un café branché en Slovaquie

Contexte:
Le triste sort des anciennes synagogues en Europe devenues des piscines, magasins, commissariats de police

Source: Alliance Française
82% des Juifs résidant à Trnava, en Slovaquie, ont été assassinés dans l'Holocauste, annihilés avec leur héritage juif ancien remontant au 12ème siècle. Les synagogues de la ville ont également été démolies - ou converties à d'autres fins. Le voyageur israélien Meir Davidson a trouvé l'une de ces synagogues, reconvertie en café.

Au cours de ses voyages à Trnava - surnommée la "Rome de Slovaquie" en raison de la prolifération des églises - Davidson est tombé sur un café bondé qui tentait de se fondre dans l'espace architectural qu'il occupait sans l'éradiquer totalement.

"La rue principale avait une maquette de la ville contenant deux synagogues près de la basilique locale", a déclaré Davidson à Ynet. "Nous les avons cherchées et nous avons été choqués de trouver un café en activité, rempli de yuppies locaux."

La direction de la cafétéria, a-t-il ajouté, n'a fait aucun effort pour déguiser la désignation précédente de la structure comme lieu de culte et l'a même déclaré explicitement - le café s'appelle Synagóga Café et "l'histoire de la synagogue était imprimée au menu".

Le propriétaire du café était fier du fait que la structure - apparemment une synagogue appartenant à la dénomination Status Quo Ante et construite en 1897 - avait été classée monument historique parmi 18 autres édifices religieux. (...)

Davidson, qui a fait la visite vendredi dernier, a ajouté cyniquement: "Je dois dire que je n'ai pas apprécié l'accueil du shabbat dans une synagogue depuis longtemps. Des sentiments certainement mitigés, car la communauté locale ne s'est pas contentée de disparaître".

"C'est vraiment assez complexe, une génération entière qui connote le mot "synagogue" et les lettres et symboles hébraïques avec des expériences agréables est apparue aujourd’hui. La nourriture dans le café n'est pas casher, cependant, et les étagères sont surchargées de centaines de livres qui n'ont rien à voir avec le judaïsme."
Lire l'article complet @ Alliance Française

mercredi 14 février 2018

Le triste sort des anciennes synagogues en Europe devenues des piscines, magasins, commissariats de police

Le quotidien israélien Haaretz a consacré un article à une réalité rarement évoquée - la disparition des lieux de culte et de vie des communautés juives en Europe depuis la Shoah et qui se poursuit en raison du déclin de la population juive due à des départs et à son vieillissement.  Le Président du Parlement européen Antonio Tajani lançait cette alerte en 2016: "Leur nombre [de Juifs], qui était de 2 millions en 1991, a considérablement chuté à 1,4 million en 2010".   Plusieurs milliers de Juifs continuent de quitter l'Europe tous les ans - certains partent en Israël d'autres aux Etats-Unis, au Canada, en Australie.  Et l'antisémitisme continue sa progression.
Swimming Pool, Furniture Shop and Police Station: The Sorry Fate of Europe's Old Synagogues After the Holocaust and the subsequent emigration of many of Europe's Jews, synagogues were transformed for other uses. A Hungarian-Israeli photographer set out to document them

Europe’s Jewish population has declined from about 10 million on the eve of World War II to about 2 million today. The main reason of course is the Holocaust, followed by emigration and assimilation afterward.

As the Jews disappeared, many of their synagogues were transformed for other uses. Hungarian-Israeli photographer Bernadett Alpern has traveled around 15 European countries documenting these relics. Her work features grand buildings in famous cities as well as countryside shuls.

In some countries the old synagogues now play a cultural role, while in others they’re used for trivial purposes. They remain a silent reminder of a civilization that was part of the European fabric for many generations.
Lire l'article complet @ Haaretz


mardi 13 février 2018

L'ex-patron d'Oxfam-Belgique honore un chanoine pédophile et Israël-basher féroce

Alors que les scandales sexuels (voire pédophiles) secouent Oxfam (une ONG qui consacre une partie des fonds qui lui sont versés pour mener des campagnes de dénigrement d'Israël), il convient de rappeler que l'ancien patron d'Oxfam-Belgique, Pierre Galand, est également l'initiateur du pseudo tribunal Russell sur la Palestine.  Or parmi les parrains du dit "tribunal" on trouve le nom du chanoine antisioniste François Houtart, qui a reconnu avoir commis des actes de pédophilie.  Ces faits sont bien connus en Belgique et visiblement ne gênent pas l'ancien patron d'Oxfam Pierre Galand.  Il est vrai que selon Le Vif, les "aveux de pédophilie du chanoine Houtart ont suscité une indignation molle en Belgique francophone".   Sept ans après, le nom de François Houtart, décédé en 2017, figure toujours sur le site du dit "tribunal". Une belle continuité avec les révélations de ces derniers jours - notamment celles concernant le Belge Roland van Hauwermeiren (Scandale sexuel : l'organisation caritative Oxfam épinglée).  


Capture d'écran (12/02/2018) (Tribunal Russell sur la Palestine de Pierre Galand)

Article posté le 25/07/2011:


“Combattants Juifs dans les Armées de Libération”, de Georges Brandstatter

Georges Brandstatter: “Témoigner, c’est voyager dans le passé.”
Ce livre nous transporte dans le passé héroïque de la Seconde Guerre mondiale et nous emmène sur les traces de ces hommes et femmes qui ont risqué leur vie pour combattre la barbarie de l'Allemagne nazie. Georges Brandstatter nous invite à découvrir un pan méconnu de cette histoire: celui des combattants juifs pour la Libération. Si cet ouvrage témoigne en creux de la Shoah, il conjure également le cliché qui ramènerait l'ensemble des populations juives à un stade uniquement victimaire. Pourquoi s'engager? A quels risques? Et dans quelles conditions? Ce livre, somme de témoignages classés et commentés, entend répondre à ces questions. Que ce soit sur le front de l'Est, dans les Balkans ou en Afrique du Nord, pendant la bataille de Koursk ou la campagne de Tunisie, au sein des armées alliées, des FFI ou de la Jewish Brigade, que ce soit contre le nazisme ou pour la création d'Israël, ces hommes et femmes ont pris les armes. Ils prennent maintenant la parole.


De même que les Français n’étaient pas tous des collaborateurs ni tous des résistants, les Juifs n’ont pas tous été des victimes passives.

Fruit de six années de recherches, Combattants Juifs dans les Armées de Libération, de Georges Brandstatter, livre à travers les témoignages d’une cinquantaine de personnes qui se sont battus contre la barbarie nazie entre 1939 et 1948 un pan méconnu de l’Histoire, et un colossal travail de mémoire. 
Divisé en sections – Combattants Juifs de France, de Belgique, d’Europe de l’Est, Brigade Juive de Palestine, Afrique du Sud… -, cet ouvrage comporte également les témoignages émouvants d’hommes du Ma’hal, combattants volontaires de l’étranger pour l’indépendance de l’Etat d’Israël, d’anciens résistants ou encore de survivants de la Shoah.

On y retrouve entre autre des interviews de Jacques Prelman, ancien combattant des FFL (Forces Françaises Libres) et vice-président de l’association des anciens combattants français en Israël, engagés volontaires non Juifs venus défendre l’Etat hébreu en mai 1948 – représentant environ 4.000 volontaires issus de 38 pays – , ou encore Serge Ravanel, chef des FFI (Forces Françaises de l’intérieur) de la région de Toulouse, entré en résistance en mars 1941. Serge Ravanel intégrera le mouvement appelé Libération sur les conseils d’un ancien préfet Juif révoqué par Vichy, Jacques Braunswig. Arrêté en mars 1943, il sera emprisonné avec vingt autres résistants et partagera sa cellule avec Raymond Aubrac et Maurice Criogel. Côtoyant de nombreux Juifs dans les mouvements de Résistance, cette dernière s’est en effet considérablement enrichie de cet apport, comme ce fut le cas par exemple pour la Compagnie Juive de Gamzon.

lundi 12 février 2018

Un musulman vandalise 20 mezuzot et harcèle des Juifs à Anvers (vidéo)

Via Joods Actueel/JTA/Times of Israel


Un réfugié de 24 ans qui serait musulman a été brièvement placé en détention par la police belge pour crimes de haine antisémites. Il aurait notamment détruit 20 mezuzot à Anvers, ont déclaré les Juifs locaux.

Ces dernières semaines, le même homme avait été filmé à Anvers en train de détruire au moins 20 mezuzot – des objets religieux contenant un parchemin sur lequel est écrit un texte biblique – que les Juifs placent à leurs portes. Il avait également vandalisé plusieurs institutions juives, a fait savoir le mensuel juif Joods Actueel dimanche.

Il a été placé pendant 12 heures en détention vendredi sur la base de ces enregistrements des caméras de surveillance.

Il aurait également placé un Coran à proximité d’une synagogue et a été filmé en train de renverser le chapeau d’un juif orthodoxe dans la rue (vidéo). Il a crié à l’intention du passant juif: "C’est notre terre, la Palestine!" et "On vous montrera!"
Filmé en train de renverser le chapeau d’un juif orthodoxe



dimanche 11 février 2018

A. Finkielkraut: Le "crime" des Juifs "n'est plus la double allégeance, mais le défaut d'altérité"

Alain Finkielkraut, philosophe:
"À la fin du XXe siècle, la division entre les partisans et les adversaires du processus d'Oslo me paraissait insurmontable.  Aujourd'hui je dis: "Nous, les Juifs" parce que tous - observants ou laïques, progressistes ou conservateurs, Juifs à temps plein ou intermittents identitaires - nous sommes désormais dans le même bateau.  Ce qui fait de nous autre chose et davantage qu'un agrégat d'individualités, c'est l'accusation dont nous sommes l'objet pour peu que nous refusions le lâcher Israël.  Accusation monstrueuse et qui ferait presque regretter le bon vieux temps du préjugé antisémite.  Notre crime, en effet, n'est plus la double allégeance, mais le défaut d'altérité.  Nous ne sommes plus de mauvais Français, de mauvais Allemands, de mauvais Européens, mais de mauvais Juifs, des Juifs ratés, des Juifs traîtres à eux-mêmes et déméritant de leur histoire.  Nos nouveaux procureurs nous condamnent pour absence de sensibilité juive."
Alain Finkielkraut et Peter Sloterdijk, Les battements du monde, Fayard, 2003, p. 42.


Lire également: Alain Finkielkraut: nos enfants et petit-enfants devront peut-être faire leurs valises et quitter la France (2015)

vendredi 9 février 2018

La Shoah en Roumanie, une barbarie indescriptible (Rees, Kaplan, Hilberg)


Alors qu'on se focalise sur l'extermination de la population juive en Pologne, celle perpétrée en Roumanie est rarement évoquée.

Lawrence Rees, historien britannique:
"À la suite de l'invasion de l'URSS, les Roumains tuèrent plus de 100.000 Juifs sur le territoire de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord.  La brutalité des Roumains était telle que même les Allemands se plaignirent de leur comportement.  Le général von Schobert déplorera que les Roumains n'enterrent pas les cadavres de ceux qu'ils tuaient et l'Einsatzkommando leur reprocha de ne pas organiser correctement leurs massacres." 
Robert D. Kaplan, journaliste et écrivain américain:
"In 1941 and 1942, Antonescu oversaw the deportation of 185,000 Jews from Bessarabia and the northern tip of Moldavia (also recently liberated from the Russians) to Transdniestra, were forward units of the Romanian army were setting up the only non-German-run extermination camps in Europe.  From late 1941 until the middle of 1942, in this obscure and remote theatre of the war, the Romanian army murdered every one of these people, stripping them naked, and shooting them in subzero temperatures.  On a few occasions, when soldiers were low on bullets, they shot only the adults and buried the children alive.

It was too much even for Adolf Eichmann, the SS officer in charge of carrying out the extermination of European Jewry.  In early 1942, Eichmann pleaded with Antonescu to halt the killings temporarily so that the job could be done more cleanly by Einsatzgruppen (special mobile SS murder squads) after the Nazis completed the conquest of Ukraine, which Eichmann assumed would take only a few more months.  But the Romanians were in a killing frenzy."

"The historian Raul Hilberg, who documented the Holocaust in Romania in his 1961 book, The Destruction of the European Jews, asserted that in no other country during World War II, except Germany itself, did national character play such a role in determining the fate of the Jews as in Romania."
Lawrence Rees, Holocauste, Albin Michel (voir l'article de Paul François Paoli: Holocauste, de Laurence Rees: au cœur des ténèbres @ Le Figaro Littéraire qui cite le passage ci-dessus).

Robert D. Kaplan,  Balkan Ghosts,A Journey Through History, 2005, Picador, p.p. 128-129.

mercredi 7 février 2018

Jean Bricmont: On voulait "empêcher Tariq Ramadan d'énoncer des vérités déplaisantes sur Israël"


Jean Bricmont, physicien et essayiste belge, professeur émérite de physique théorique à l'université catholique de Louvain et membre de la très prestigieuse Académie royale de Belgique:
"Que lui reproche-t-on? De proposer un moratoire en matière de lapidation. (...) on se moque éperdument de la situation des femmes lapidées et (...) on veut simplement sauter sur la première excuse venue pour empêcher Ramadan d'énoncer des vérités déplaisantes sur Israël." (p. 45)
La journaliste française Aude Lancelin ne mâche pas ses mots à propos de l'académicien, très respecté en Belgique (Marianne, 2014):
"La France a l'air barbare, vue de près. Mais allez en Belgique et vous deviendrez moins sévère pour votre pays», écrivait un poète qui ne se souciait pas trop d'amitié entre les peuples. On s'était gardés de faire autre chose que sourire à cette sortie de Baudelaire jusqu'à la découverte de l'existence du dénommé Jean Bricmont et du leadership qu'il entend assumer désormais dans la défense de toute la quincaillerie extrémiste, antisémite et négationniste qui prospère à nouveau dans notre pays à la faveur des moyens de propagande démultipliés du Web, du vide politique, de l'oubli aussi."
Autres citations de Jean Bricmont:
"Les victoires politiques et militaires du Hamas ainsi que la résistance héroïque des Palestiniens montrent que la voie de la soumission poursuivie par des dirigeants palestiniens depuis Oslo a pris fin." (p. 42)

"... ne pourrait-on pas, en s'attaquant à la religion musulmane, inverser le rôle de l'agresseur et de l'agressé, (...) en les provoquant, les "immigrés" et retarder ainsi leur intégration inévitable et, surtout, pouvoir facilement changer de sujet lorsqu'on parle d'Israël?" (p. 43)

"... on prend des grands airs de défenseur de la liberté d'expression (sans jamais dire un mot, bien sûr, des victimes des lois réprimant le négationnisme, dont la liberté d'expression est réellement brimée par l'État, contrairement aux gens qui insultent l'islam et qui sont, comme il se doit, protégés par l'État." (p. 44)

"N'est-il pas humiliant pour les laïques d'assister au spectacle suivant: d'une part, un "fanatique religieux" comme Ahmadinejad ose affronter ses adversaires sionistes à l'université de Columbia, alors que les "défenseurs de la laïcité" n'arrivent pas à débattre avec un intellectuel musulman poli et acceptant la discussion?" (p. 45)
"Pour une série de raisons sionisto-pétrolières en Asie centrale, ce que nous voulons au Moyen-Orient, comme d'ailleurs chez les "immigrés", c'est la soumission. Nous ne l'aurons pas." (p. 46)

"Il est absolument tragique de voir que tant de soi-disant défenseurs de ce qui a de meilleur en Occident, la tradition issue des Lumières et la laïcité, se transforment en idiots utiles du sionisme et de l'impérialisme américain, et adoptent une posture d'intolérance et de mépris, qui, dans le passé, a heureusement été l'apanage des Églises et qui a tant fait pour les discréditer." (p. 47)
Source: Sous la direction de Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso, le livre "Du bon usage de la laïcité", Ed. Aden, Bruxelles, 2008. Y ont contribué: Jean Bricmont, Dan Van Raemdonck, Henri Goldman, Radouane Bouhlal, Géraldine Brausch, Alec De Vries, Paul Delmotte, Malika Hamidi, Paul Löwenthal, Bernadette Mouvet et Christophe Page.

mardi 6 février 2018

France’s Jewish population has good reason to feel afraid (Gavin Mortimer)

Gavin Mortimer @ The Spectator:
(...) But it’s France that remains the most dangerous European country for Jews. This week saw another violent attack, when an eight-year-old boy wearing a Jewish skullcap was beaten by two teenagers in a northern suburb of Paris, the same suburb that was ransacked during a pro-Palestine rally in 2014. In response to this latest outrage, president Emmanuel Macron tweeted that ‘every time a citizen is attacked because of their age, appearance or religion, the whole republic is attacked’. It was a facile tweet, one that will do nothing to assuage the growing fear among France’s diminishing Jewish population.

As I wrote after the Marseille attack, around 7,000 French Jews emigrated to Israel in 2014, while an estimated 8,000 took the same route in 2015, (more than four times the number who emigrated in 2011). That number had dropped to 5,000 in 2016, largely because of the reassuring security presence outside Jewish schools and synagogues following the Islamist terror attacks that included the killing of four people in a Kosher supermarket, but that still adds up to more than 20,000 Jews who fled France in three years. It is a statistic that has drawn little honest analysis from politicians. (...) 
In the last couple of years the number of attacks may have diminished slightly, but the level of violence is on the increase. Prime Minister Edouard Philippe admitted as much to parliament on Wednesday, although he couldn’t bring himself to name those responsible, merely pointing to a ‘new brutal form of anti-Semitism’.
Lire l'article @ The Spectator

lundi 5 février 2018

Albert Memmi: "Une pléiade de grands philosophes juifs contemporains, et pourtant les juifs n'avaient ni Etat ni pouvoir politique"

Albert Memmi, écrivain et essayiste:
"Chaque fois que vous parlez avec un intellectuel arabe, il vous cite Averroès, qui est du XIIe siècle! (...) 
L'absence d'esprit critique est-elle vraiment inhérente à l'islam? 
A ce qu'il est devenu, oui, franchement, je le crains. Ainsi, les penseurs juifs ont connu le même obstacle. Seuls ceux qui ont osé contourner la tradition religieuse sont devenus grands; Spinoza et Freud furent des juifs laïques. Bien entendu, pour cela, ils furent soupçonnés et rejetés par leur communauté. Levinas, au contraire, qui ne s'est pas débarrassé des entraves de la tradition, fait toujours partie de l'héritage religieux juif. C'est cette liberté qui a permis l'émergence d'une pléiade de grands philosophes juifs contemporains, et pourtant les juifs n'avaient ni Etat ni pouvoir politique tandis que les Arabes disposaient des deux. Il est évident qu'il n'y a pas une pléiade de grands philosophes arabo-musulmans contemporains. Et cela, parce qu'ils se refusent à toucher à une virgule des textes sacrés. Je récuse, pour ma part, la notion de texte intangible! Cela n'existe pas. Les textes sont faits pour que nous les repensions constamment. Au cours de l'Histoire, nous ajoutons, nous retranchons, nous choisissons. La pensée libre se nourrit de cela.

L'islam a pourtant connu une vie intellectuelle très riche. Il est vrai que c'était au Moyen Age... Que s'est-il donc passé ensuite?  
Sur ce sujet, on devient rapidement suspect. Mais j'en prends le risque. Au fil des recherches, il m'est apparu que ce que l'on appelle la civilisation et les inventions arabes sont en fait le fruit d'une expansion militaire. Quand les nomades arabes - qui n'étaient ni pires ni meilleurs que les autres vagues de peuplement et qui, en tout cas, n'étaient pas nécessairement parmi les plus cultivés - sont arrivés en Perse, ils ont emprunté les savoirs qui y existaient. C'est vrai de l'enluminure, de l'art de la faïence ou du café. On verse au compte de la civilisation arabe ce qui fut en réalité une symbiose réussie entre conquérants et conquis. Cette donnée explique en partie pourquoi cette culture a culminé en un «âge d'or» mais n'a pas pu durer. Toujours est-il que ce passé, aussi bref que lointain, est devenu une dangereuse utopie. Puisqu'il y a eu deux sociétés mythiques, l'Andalousie et Bagdad, dans lesquelles tout est, rétrospectivement, supposé parfait, il suffit de s'en réclamer. Mais comme on ne peut pas faire resurgir le passé d'un coup de baguette magique, où retrouver ces sociétés parfaites? Dans le Coran, évidemment." 
Lire l'interview complète par Christian Makarian (2004) @ L'Express,

dimanche 4 février 2018

Anvers: un Juif orthodoxe et son fils échappent de justesse à une attaque présumée à la voiture-bélier (MàJ)

La Libre Belgique ajoute cette précision:
"Enfin, les origines allochtones du conducteur incitent la communauté juive d'Anvers à exiger une enquête sérieuse sur les motivations réelles du chauffard."
Via Joods Actueel et JTA:

Voir la vidéo:



La police belge a interpellé un homme qui est soupçonné d'avoir voulu renverser un Juif orthodoxe et son fils avec sa voiture à Anvers.

L'incident s'est produit samedi matin et a été filmé par des caméras de surveillance.

On voit le véhicule, une Seat Ibiza de couleur noire, qui circulait sur la Isabellalei, une rue dans le centre d'Anvers, monter sur la piste cyclable et le trottoir et se diriger à toute allure vers le père et son fils qui marchaient en sens contraire. Ils parviennent à éviter la voiture qui poursuit sa route.

Joods Actueel, un mensuel juif basé à Anvers, qui a rapporté les faits, précise que, selon des témoins oculaires, l'homme serait d'origine immigrée. Il comparaîtra devant un juge dimanche.

Joods Actueel:
Incident antisémite?
La plupart des juifs classent cet incident comme un incident anti-juif puisque les piétons étaient clairement reconnaissables en tant juifs. Cependant, il reste à voir ce que d'autres recherches révéleront. 
Soldats et caméras
Peut-être que la présence de soldats au coin de la rue a dissuadé l'agresseur, à la dernière minute, d'écraser les piétons. Le père du garçon a couru après la voiture et a alerté les soldats.

Cet incident montre également que l'investissement récent dans des caméras de surveillance et des portes blindées dans les institutions juives peut être utile dans la lutte contre l'antisémitisme.

samedi 3 février 2018

A lire absolument: 'La mort de Fernand Ochsé' par Benoît Duteurtre

"(...) puis de m'imaginer Fernand Ochsé en cet été 1944 sur le quai de la gare de Bobigny, aligné devant le train avec son épouse, tous deux réduits à rien et envoyés à la mort par une machine démente.  Voilà qui rend consternantes les discussions de comptables en regard de cette question lancinante: comment l'Europe civilisée a-t-elle pu sombrer dans cette barbarie?

Je n'aimerais pas, toutefois, que l'histoire de Fernand Ochsé se réduise à un épisode de la Shoah quand il avait consacré toute sa vie à la musique, à la littérature, à la peinture, aux joies de l'amitié et aux objets rares. Et je ne crois décidément pas que cet homme au sourire si doux eût aimé se voir réduit à une figure tragique.  C'est pourquoi j'ai voulu d'abord célébrer cette vie parisienne, cette légèreté et cette joie de vivre qui avaient donné un sens à sa vie: cet esprit qui ne l'a pas tué, mais qui a commencé à mourir avec lui."

Fernand Ochsé par Louise-Catherine Breslau

Présentation de l'oeuvre par Fayard:
"On a oublié combien Paris fut une ville heureuse : capitale des plaisirs où les plus grands artistes adoraient le café-concert, le music-hall et l’opérette aux mille succès repris dans le monde entier. 
De 1900 à 1940, Fernand Ochsé fut un personnage central de cette fabrique d'enchantements. Dandy proustien de la Belle Époque, tour à tour dessinateur, compositeur et décorateur, il allait contribuer à d'importantes créations théâtrales, mettre le pied à l'étrier du jeune Arthur Honegger, collectionner les tableaux rares et les objets étranges. 
Son goût de la douceur de vivre ne l'empêchera pas de se voir rattrapé par la brutalité de l'histoire et d'embarquer, comme juif, dans le dernier convoi pour Auschwitz. 
A travers son destin, c'est au basculement d'un monde que nous assistons. Basculement d’autant plus tragique que presque rien n'a subsisté de cette école de la légèreté souvent dédaignée dans la seconde moitié du XXe siècle. Artiste plein de charme dans l'ombre d'amis plus illustres, Fernand Ochsé est un guide idéal pour redécouvrir ces années modernes et joyeuses qui ont tant contribué au mythe parisien."
Lire un extrait

jeudi 1 février 2018

Survivante d'Auschwitz: "L'Allemagne a toujours été antisémite et cela n'a pas beaucoup changé"


Esther Bejarano
Esther Bejarano, survivante du camp d'extermination d'Auschwitz, âgée de 93 ans, a choqué les téléspectateurs de l'un des talk-shows politiques les plus populaires d'Allemagne, le "Anne Will Show" de la chaîne ARD.

Priée de comparer l'antisémitisme de l'époque nazie avec la situation qui prévaut de nos jours en Allemagne, Esther Bejarano a répondu: "Je pense que l'Allemagne a toujours été antisémite et cela n'a pas beaucoup changé".

Esther Bejarano a été réduite en esclavage et, pianiste talentueuse, forcée de jouer dans le tristement célèbre "orchestre des femmes" du camp d'Auschwitz.

Le constat de Mme Bejarano - que l'Allemagne reste profondément antisémite - est d'autant plus choquant car elle parle en connaissance de cause.  En tant que survivante de la Shoah, elle a pendant des décennies, partagé ses expériences avec des jeunes Allemands.  Visiblement cet effort de pédagogie n'a pas produit les résultats escomptés.

Le manque de connaissances et d'empathie pour les victimes de la Shoah reste un sérieux défi dans les écoles allemandes. Une étude menée l'année dernière par l'Institut Forsa et la Fondation Körber a révélé que 41% des élèves allemands de plus de 14 ans n'avaient jamais entendu parler d'Auschwitz.

Pour en savoir plus, lisez l'article de Ben Cohen @ The Algemeiner: ‘Germany Was Always Antisemitic, That Hasn’t Changed Much:’ Holocaust Survivor Stuns German TV Viewers With Candid Answer.

Elle n'est pas la seule à faire ce constat. Tuvia Tenenbom, directeur du Jewish Theater of New York, un petit théâtre juif en langue anglaise, et auteur de Allein unter Deutschen (Seul parmi les Allemands), affirmait en 2012 que l’antisémitisme est aujour­d’hui aussi fort en Allemagne qu’à l’époque de Hitler. "Ce qui frappe Tuvia Tenenbom au cours de son voyage en Allemagne est "l’obsession" allemande pour le judaïsme, entre culpabilité et ressentiments. Pas un jour au cours de son périple sans que soit évoqué judaïsme et antisémitisme. "Presque chaque discussion en Allemagne se termine de la même façon: 70% de l’argent dans le monde serait aux mains des Juifs. La crise financière? Causée par les Juifs, qui contrôlent Obama", etc."