mardi 17 septembre 2019

Il est illusoire de chercher partout la main des Maçons, des Jésuites, des Juifs (Jacques Chastenet de Castaing, 1949)


Jacques Chastenet de Castaing (1893-1978), est un historien, diplomate, journaliste et académicien français:
"'Dynasties bourgeoises'.  L'expression est de M. Beau de Loménie.  Dans des ouvrages d'ailleurs intéressants, cet historien soutient que derrière un décor à l'usage de la foule, toute la politique de la IIIe République a été dirigée par un petit nombre de familles industrielles ou financières.  Cette thèse, comme toutes les thèses absolues, comporte, à côté d'une part de vérité, une part supérieure d'erreur.  Que quelques familles tenant un grand rôle dans la vie économique du pays se soient souvent servies de leurs moyens d'influence - et notamment des intérêts qui les liaient à de grands organes de presse - pour défendre certains de leurs intérêts, c'est peu contestable.  Que cette action ait été prépondérante, c'est inexact.  La Franc-Maçonnerie, l'Eglise, l'Armée, l'Université, les Comités politiques, les Associations de fonctionnaires, les Syndicats ouvriers exerçaient sur la vie politique une pression au moins comparable.  L'Argent n'est pas le seul moteur des actions humaines: il y a aussi l'Ambition, la Peur, l'Entraînement collectif, voire l'Idéalisme et il est aussi illusoire de chercher partout la main de la Ploutocratie que d'y découvrir uniquement la main des Maçons, celle des Jésuites ou celle des Juifs.  La vérité est qu'il y avait alors en France - comme il y aura toujours dans les pays non soumis à une dictature - des oppositions de forces.  C'est cette opposition, jointe au contrôle que ces forces exercent les unes sur les autres, qui assure la liberté."

1949, La France de M. Fallières (Fayard)

dimanche 15 septembre 2019

Kafka: ce que la situation des Juifs avait d'intenable, harcelés et sans défense (Max Brod)

Max Brod:
"L'aspect négatif de la question, ce que la situation des Juifs a d'intenable, apparaît clairement dans la dernière oeuvre que Kafka ait achevée - et qu'il destinait à l'impression -, le récit: Josefine, die Sängerin, oder das Volk der Mäuse.  Il n'est pas besoin de désigner expressément le peuple auquel se rapporte la description des bandes de souris harcelées et sans défense.  Voyez par exemple comme la vanité de la vedette, du littérateur, de la "personnalité" dirigeante s'affirme même au cœur des soucis les plus pressants que puisse connaître le peuple: ce tableau du protagoniste persuadé que le monde n'a attendu que lui, sa venue libératrice, sa parole irremplaçable, s'applique malheureusement aussi à une situation très commune dans les milieux politiques et littéraires du judaïsme, celle de l'homme qui se croit seul élu et ne prend pas la peine de considérer ce que font et disent les autres, rejetant leurs conseils avec une suffisance sarcastique et dédaigneuse."
Franz Kafka, Souvenirs et Documents, traduit de l'allemand par Hélène Zylberberg, NRF Gallimard, 1945

Lire également sur Kafka

vendredi 13 septembre 2019

Il faut se préparer aux pogroms (Franz-Olivier Giesbert)


Frans-Olivier Giesbert interviewé par Bosco d'Otreppe @ La Libre Belgique:
"Dans un éditorial du mois de février que vous avez signé dans l'hebdomadaire "Le Point", vous laissez entendre qu'il faut se préparer aux pogroms.  Est-on vraiment sur une telle pente glissante?

Dès qu'il y a des problèmes, c'est vers les juifs que l'on se tourne pour désigner un responsable.  On observe clairement que l'antisémitisme se cache de moins en moins aujourd'hui, qu'il est en ascension et en progression dans beaucoup pays d'Europe.  La seule solution, c'est de stigmatiser, de dénoncer le discours antisémite, d'expliquer les choses."
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mardi 10 septembre 2019

Le Nouveau Sionisme Catholique (Gavin D’Costa)


Gavin D’Costa, professeur de théologie catholique à l'Université de Bristol, en Grande-Bretagne:
Most people, if asked to reflect on the state of relations between Christians and Israel, will instinctively mention the ardently pro-Israel and pro-Zionist sentiments not of Catholics but of evangelical Protestants: sentiments that in several instances have helped to shape British and American politics.

And people would be right to do so. Thus, when asked in a 2013 Pew survey of American religious attitudes whether God gave Israel to the Jewish people, more white evangelical Christians (55 percent) than Jews (40 percent) answered in the affirmative. Of that same group of evangelicals, 72 percent sided exclusively with Israel on the Israel-Palestinian dispute, compared with 49 percent of the general U.S. public.

These solidly pro-Israel opinions reflect a biblically-grounded phenomenon that sports a long pedigree and that has been called, simply, Christian Zionism. In its British version, it is associated historically with such “restorationist” figures as the Earl of Shaftesbury in the early 19th century and Foreign Secretary Arthur Balfour and Prime Minister David Lloyd George in the second decade of the 20th century. In 1917, this deep-seated impulse played a role in the issuance of the Balfour Declaration that, without “prejudice to the civil and religious rights” of non-Jewish communities in the land, promised British government support for “the establishment in Palestine of a national home for the Jewish people.” […]

If this is one face of Christian Zionism—a Protestant face—the Catholic Zionism that I am about to describe presents a different face. It, too, views the foundation of Israel in 1948 as part of the biblical promise of land to God’s chosen people, and views the ingathering of that people as a sign of God’s fidelity to His promises. But the maximalist beliefs held by some conspicuous forms of Protestant Zionism, as in their envisioning of the end times and their recruitment of Jews and “Israel” as instruments toward that vision’s fulfillment, are eschewed in the Catholic conception.

It may be asked: on what basis do I claim that the Church is in fact heading toward such a specifically Catholic form of Zionism? I claim it on the basis of evidence pointing in that direction and in repudiation of a long history of Catholic anti-Jewishness. 
I also claim that this development is of great significance and should be of deep interest not only to the state of Israel and its worldwide supporters, Jewish and Gentile alike, but to all individuals and governments attentive to trends in public opinion relating to religious and political affairs. In addition, in a Europe threatened—haunted—by the return of anti-Semitism, it is nothing short of countercultural in the most auspicious sense of that word. Despite undeniable turmoil within Catholicism itself today, the Church is still home to over a billion souls, and what it thinks and says matters. 
The gestation of this new approach begins in 1965 and gets a special push forward in 1980. Since then the process, which still awaits its full unfolding, has continued to gain traction. The evidence for it is to be found scattered in official Church documents that few read and that fewer, other than professional theologians like myself, are equipped to place in context or assess for their weightiness. But the evidence is both remarkable and unmistakable; as for the theological development to which it attests, that, in my view, is unstoppable.
Lire l'article complet @ Mosaic Magazine

lundi 9 septembre 2019

"La fabrique des salauds": Petit-fils de S.S, avec Chris Kraus


Akadem - conférence:

http://www.akadem.org/magazine/2019-2020/petit-fils-de-s-s-avec-chris-kraus-28-06-2019-112619_4852.php


PLAN DE LA CONFÉRENCE:
Elevé dans le nazisme
"Mon grand-père S.S était vu comme un héros" (5 min)
Un monstre sympathique
Un déni familial (4 min)
Venu du monde de la mort
Tuer les gens qu'on aime (4 min)

jeudi 5 septembre 2019

Scènes d'horreur à Auschwitz (Tadeusz Borowski)


Tadeusz Borowski, né le 12 novembre 1922 à Jytomyr en Ukraine et mort le 3 juillet 1951 (à 28 ans) à Varsovie, est un écrivain et journaliste polonais, survivant des camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau.

"Mesdames, Messieurs, au gaz, s'il vous plaît", Le Monde de Pierre (écrit en 1946 à 24 ans).
"Dispersés dans les coins, parmi les excréments et les montres perdues, il y a des bébés étouffés, piétinés, des petits monstres nus aux têtes énormes et aux ventres gonflés. On les attrape comme des poulets, plusieurs à la fois."
"On traîne un vieillard en frac, avec un brassard. Le vieillard heurte le gravier, les cailloux, de la tête; il gémit et répète sans relâche, comme une litanie: "Ich will mit dem Herrn Kommandanten sprechen, je veux parler avec le commandant." Il répète cette phrase tout au long du chemin, avec un entêtement sénile. Lancé sur un camion, piétiné, étouffé, il geint encore: "Ich will mit dem…" 
- Calme-toi, bonhomme, ah mais! lui crie un jeune SS qui part d'un rire sonore. Dans une demi-heure tu causeras avec le commandant suprême! Et n'oublie pas de lui dire "Heil Hitler!"

D'autres portent une fillette qui a perdu une jambe. Ils la tiennent par les bras et par la jambe qui lui reste. Des larmes lui coulent sur le visage, elle murmure plaintivement: "Messieurs, ça fait mal, ça fait mal..." Ils la jettent sur le camion, parmi les cadavres. Elle brûlera vive avec eux."
"Et il fit siffler sa cravache sur nos dos. J'attrapai un cadavre: une main s'enroula convulsivement autour de la mienne. Je me dégageai en poussant un cri et m'enfuis. Je fus pris tout à coup de nausées. Je vomis, accroupi sous le wagon. Titubant, je me glissai près des rails."

mardi 3 septembre 2019

L’"agrément" de la France à la terreur palestinienne


Shmuel Trigano, professeur des universités:
L’événement de l’été le plus important pour les Juifs français, c’est la révélation du Parisien concernant le deal que le gouvernement socialiste a passé au lendemain de l’attentat de la Rue des Rosiers avec la faction terroriste palestinienne, Abou Nidal, en vertu duquel celle-ci s’abstiendrait de commettre en France des actes terroristes, en échange de quoi les terroristes pourraient aller et venir en dans le pays sans être inquiétés et même visiter deux complices dans une prison française (ce qui requit l’aval du Ministère de la justice). Ces quelques lignes témoignent déjà de l’immense scandale de la chose. 
Cette attitude peu glorieuse pour un Etat qui a une haute idée de lui même et qui assène de toutes parts les "droits de l’homme" constitue objectivement une forme de coordination inquiétante avec le terrorisme palestinien qui vise uniquement à ce que la France puisse retirer son épingle du jeu. Au lieu de combattre et réduire ce terrorisme qui attaque les Juifs sous tous les cieux, elle consent à ce que ses citoyens juifs soient les victimes collatérales de sa sécurité interne. Cette politique annonçait ce qui allait se passer au début des années 2000 lorsque 500 agressions antisémites émanant de milieux islamistes restèrent non dénoncées, non nommées, non jugées, non combattues ni punies par le gouvernement Jospin à l’époque de la cohabitation avec Chirac. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Vaillant révéla quelques années plus tard qu’il y avait là un choix du gouvernement afin de "de ne pas jeter de l’huile sur le feu".  En somme, la France assurait sa "paix publique" en sacrifiant ses citoyens juifs auxquels il fut demandé de mettre la pédale douce et de pratiquer le "dialogue" inter-religieux. Et comme "il ne se passait rien" en France, ce que confirmèrent les médias, on accusa naturellement Israël d’être à la cause des problèmes (un "conflit importé"! ) avec "ce qu’il faisait aux Palestiniens" (se souvenir du mot d’Hubert Védrines, ministre des affaires étrangères alors) mais on accusa aussi de racisme (!), d’islamophobie les Juifs français qui appelaient "au secours" et tentaient par tous les moyens d’alerter l’opinion française et la classe politique. Sans succès.
Cet abandon des citoyens juifs français sur le plan national fait système, au plan international, avec le soutien à la "Cause palestinienne" de toutes les agences officielles françaises qui répercutent dans le discours médiatique français le narratif palestinien, du Hamas comme du Fatah, en ignorant consciemment leurs objectifs de guerre. On peut penser que la France pense ainsi se concilier les bonnes grâces du monde islamique au plan du monde arabe mais surtout de la société française. Cette attitude d’ailleurs va de pair avec le silence "politiquement correct" sur la provenance et la qualification des actes antisémites commis en France.
Lire l'article complet @ Desinfos (A partir d’une chronique sur Radio Koulam, lundi 1er septembre 2019)