dimanche 24 mai 2015

La citation du jour - Isaiah Berlin (17)

Isaiah Berlin:
"Il [Moses Hess] disait aux Juifs allemands des choses qu'ils n'aimaient pas entendre. Par exemple: "Pourquoi les Allemands ne vous aiment-ils pas? Ce n'est pas parce qu'ils n'apprécient pas votre religion, ou vos écrits ou votre conduite économique. Ce qu'ils n'aiment pas, ce sont vos nez, vos cheveux frisés, parce qu'ils considèrent qu'ils ne sont pas allemands, ce que vous prétendez être. Et cela, vous ne pouvez le changer."

Sir Isaiah Berlin [1909-1997], philosophe et historien. En toutes libertés, entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Le Félin

Citations précédentes

Michel Houellebecq

"[...] depuis quelques semaines on reparlait d'un projet vieux d'au moins quatre ou cinq ans concernant l'implantation d'un réplique de la Sorbonne à Dubaï (ou au Bahrein? ou au Qatar? je les confondais).  [...]  Dans cette perspective, certainement prometteuse d'opportunités financières réelles pour un jeune maître de conférences, envisageait-il de se mettre sur les rangs en affichant des positions antisionistes?  Et pensait-il que j'avais intérêt à adopter la même attitude?" 

"L'accord comportait-il une clause interdisant l'accès de la fac aux organisations juives?  Là encore ce n'était qu'un bruit, difficilement vérifiable, mais le fait est que l'Union des étudiants juifs de France n'était plus représentée, depuis la dernière rentrée, sur aucun campus de la région parisienne, alors que la section jeunesse de la Fraternité musulmane avait, un peu partout, multiplié ses antennes."

Michel Houellebecq

""Je suis régulièrement insulté sur des sites par des organisations pro-palestiniennes", a ajouté Michel Houellebecq. Avant son arrivée [en Israël], il avait affirmé souhaiter à l'Etat d'Israël une "longue vie du fond de mon coeur"."

 David Aaronovitch 

"There is a deeply controversial phrase perhaps too often used by some Jews about other Jews, which is that they are "self-hating".  Down the long years of pamphlets and pogroms, antisemites have always been able to cite a Jew somewhere saying, well yes, Jews are just as bad as you say they are.

But though such a person might be motivated by self-loathing, it has gradually dawned on me that, more likely, it is other Jews they really hate.  Themselves they love."

samedi 23 mai 2015

Il y a 70 ans - suicide de Heinrich Himmler

Heinrich Luitpold Himmler, né le à Munich, mort par suicide le à Lunebourg, est l'un des plus hauts dignitaires du Troisième Reich. Il est Reichsführer-SS, le maître absolu de la SS, Chef der Deutschen Polizei, chef de la police allemande, dont la Gestapo et, à partir de 1943, ministre de l'Intérieur du Reich et Chef der Heeresrüstung und Befehlshaber des Ersatzheers, commandant en chef de l'armée de terre de réserve de la Wehrmacht et responsable de l'armement de l'armée de terre. Criminel de guerre, il est considéré comme le Jahrhundertmörder, le « meurtrier du siècle », comme le désignent certains auteurs allemands. Il se suicide le 23 mai 1945 pour échapper à tout jugement ultérieur.

Himmler porte la responsabilité la plus lourde dans la liquidation de l'opposition en Allemagne nazie et dans le régime de terreur qui a régné dans les pays occupés. Les camps de concentration et les camps d'extermination dépendaient directement de son autorité et il a mis en œuvre la Shoah. (Wikipédia)

Les citations du jour - Michel Houellebecq (16)


Michel Houellebecq:

"[...] depuis quelques semaines on reparlait d'un projet vieux d'au moins quatre ou cinq ans concernant l'implantation d'un réplique de la Sorbonne à Dubaï (ou au Bahrein? ou au Qatar? je les confondais).  [...]  Dans cette perspective, certainement prometteuse d'opportunités financières réelles pour un jeune maître de conférences, envisageait-il de se mettre sur les rangs en affichant des positions antisionistes?  Et pensait-il que j'avais intérêt à adopter la même attitude?" 

"L'accord comportait-il une clause interdisant l'accès de la fac aux organisations juives?  Là encore ce n'était qu'un bruit, difficilement vérifiable, mais le fait est que l'Union des étudiants juifs de France n'était plus représentée, depuis la dernière rentrée, sur aucun campus de la région parisienne, alors que la section jeunesse de la Fraternité musulmane avait, un peu partout, multiplié ses antennes."

Soumission, Flammarion, 2015.  (Première citation p.p. 30-31; seconde citation p. 34.)

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""Je suis régulièrement insulté sur des sites par des organisations pro-palestiniennes", a ajouté Michel Houellebecq. Avant son arrivée [en Israël], il avait affirmé souhaiter à l'Etat d'Israël une "longue vie du fond de mon coeur"."
L'Express, 2011

Citations précédentes

 David Aaronovitch 

"There is a deeply controversial phrase perhaps too often used by some Jews about other Jews, which is that they are "self-hating".  Down the long years of pamphlets and pogroms, antisemites have always been able to cite a Jew somewhere saying, well yes, Jews are just as bad as you say they are.

But though such a person might be motivated by self-loathing, it has gradually dawned on me that, more likely, it is other Jews they really hate.  Themselves they love."


Jean-François Chemain

"L’antisémitisme, c’est comme le cholestérol: il y a le «bon» et le «mauvais». Chacun peut en effet constater que le discours antisémite est, aujourd’hui, complètement banalisé. Un grand quotidien du soir s’émouvait, pas plus tard qu’hier, de la cohabitation, au sein de la «Génération Gaza#», de «trentenaires n’ayant jamais manifesté», de «bobos muslims» et de «vieux antisémites». Touchant spectacle, en effet. Dans les dîners en ville, comme dans les salles des profs, on se lâche, ainsi qu’au bon vieux temps.

On nous ressert pourtant toujours, ad nauseam, des discours convenus sur «les heures les plus sombres de notre Histoire», l’époque de l’Occupation, de Pétain et de Xavier Vallat. Sans oublier, bien sûr, l’affaire Dreyfus… En quoi, diantre, l’antisémitisme de ces temps-là différait-il de celui du nôtre? J’interroge, naïvement, on me répond, doctement et un brin agacé: «il ne faut pas confondre antisémitisme et antisionisme!». Il y aurait donc de bonnes raisons de détester les Juifs, et de mauvaises? Que ne leur a-t-on pas reproché, aux Juifs! «Déicides» (les catholiques, jadis), «capitalistes» (l’extrême-gauche, au XIXe siècle), «apatrides» (l’extrême-droite, fin du XIXe siècle et début du XXe), «inférieurs et parasites» (les nazis), et maintenant «sionistes». Voltaire, notre icône nationale, leur attribuait tous les défauts, sauf un: «Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre» (Dictionnaire philosophique, article «anthropophagie»)."

vendredi 22 mai 2015

La citation du jour - David Aaronovitch (15)

 David Aaronovitch:
"There is a deeply controversial phrase perhaps too often used by some Jews about other Jews, which is that they are "self-hating".  Down the long years of pamphlets and pogroms, antisemites have always been able to cite a Jew somewhere saying, well yes, Jews are just as bad as you say they are.

But though such a person might be motivated by self-loathing, it has gradually dawned on me that, more likely, it is other Jews they really hate.  Themselves they love."

David Aaronivitch est écrivain, journaliste et chroniqueur au Times.  Extrait d'une chronique parue dans l'édition du Times du 30/04/2015.

Citations précédentes

Jean-François Chemain

"L’antisémitisme, c’est comme le cholestérol: il y a le «bon» et le «mauvais». Chacun peut en effet constater que le discours antisémite est, aujourd’hui, complètement banalisé. Un grand quotidien du soir s’émouvait, pas plus tard qu’hier, de la cohabitation, au sein de la «Génération Gaza#», de «trentenaires n’ayant jamais manifesté», de «bobos muslims» et de «vieux antisémites». Touchant spectacle, en effet. Dans les dîners en ville, comme dans les salles des profs, on se lâche, ainsi qu’au bon vieux temps.

On nous ressert pourtant toujours, ad nauseam, des discours convenus sur «les heures les plus sombres de notre Histoire», l’époque de l’Occupation, de Pétain et de Xavier Vallat. Sans oublier, bien sûr, l’affaire Dreyfus… En quoi, diantre, l’antisémitisme de ces temps-là différait-il de celui du nôtre? J’interroge, naïvement, on me répond, doctement et un brin agacé: «il ne faut pas confondre antisémitisme et antisionisme!». Il y aurait donc de bonnes raisons de détester les Juifs, et de mauvaises? Que ne leur a-t-on pas reproché, aux Juifs! «Déicides» (les catholiques, jadis), «capitalistes» (l’extrême-gauche, au XIXe siècle), «apatrides» (l’extrême-droite, fin du XIXe siècle et début du XXe), «inférieurs et parasites» (les nazis), et maintenant «sionistes». Voltaire, notre icône nationale, leur attribuait tous les défauts, sauf un: «Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre» (Dictionnaire philosophique, article «anthropophagie»)."

Ulrich Beck (2003)

Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."


jeudi 21 mai 2015

La citation du jour - Jean-François Chemain (14)

Jean-François Chemain
"L’antisémitisme, c’est comme le cholestérol: il y a le «bon» et le «mauvais». Chacun peut en effet constater que le discours antisémite est, aujourd’hui, complètement banalisé. Un grand quotidien du soir s’émouvait, pas plus tard qu’hier, de la cohabitation, au sein de la «Génération Gaza#», de «trentenaires n’ayant jamais manifesté», de «bobos muslims» et de «vieux antisémites». Touchant spectacle, en effet. Dans les dîners en ville, comme dans les salles des profs, on se lâche, ainsi qu’au bon vieux temps.

On nous ressert pourtant toujours, ad nauseam, des discours convenus sur «les heures les plus sombres de notre Histoire», l’époque de l’Occupation, de Pétain et de Xavier Vallat. Sans oublier, bien sûr, l’affaire Dreyfus… En quoi, diantre, l’antisémitisme de ces temps-là différait-il de celui du nôtre? J’interroge, naïvement, on me répond, doctement et un brin agacé: «il ne faut pas confondre antisémitisme et antisionisme!». Il y aurait donc de bonnes raisons de détester les Juifs, et de mauvaises? Que ne leur a-t-on pas reproché, aux Juifs! «Déicides» (les catholiques, jadis), «capitalistes» (l’extrême-gauche, au XIXe siècle), «apatrides» (l’extrême-droite, fin du XIXe siècle et début du XXe), «inférieurs et parasites» (les nazis), et maintenant «sionistes». Voltaire, notre icône nationale, leur attribuait tous les défauts, sauf un: «Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre» (Dictionnaire philosophique, article «anthropophagie»)."

Jean-François Chemain est professeur d'histoire en ZEP. A quarante ans, il quitte ses fonctions de consultant international et passe l'agrégation d'histoire. Il a publié Kiffe la France (éditions Via Romana) et Une autre histoire de la laïcité chez le même éditeur.

Citations précédentes

Ulrich Beck (2003)

Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."


Jean-Claude Milner

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."

La seule innovation des Nazis fut la chambre à gaz d'Auschwitz et l'Église catholique avait préparé le terrain


Auschwitz: juifs prêts à être gazés.
L'étoile jaune a été empruntée par les nazis à l'Église catholique.
L'Eglise catholique (évidemment pas les fidèles) reste pareille à elle-même dans son hostilité envers les juifs depuis des siècles... comme le rappelle Imre Kertész en s'adressant à un "cher ami catholique":
"[...]  Ne connaîtriez-vous pas l'histoire de votre Église, l'Église catholique? Ne connaîtriez-vous pas les pénitences, les exclusions, les persécutions, les inquisitions physiques et abstraites dont le résultat fut la destruction des juifs d'Europe?

Ne sauriez-vous pas que toutes les étapes de ce processus, toutes ses lois et ordonnances, depuis l'étoile jaune jusqu'à l'exclusion et l'isolement sociaux organisés (cela s'appelle un ghetto, mon ami), ont été empruntées par les nazis à l'Église catholique, leur innovation "se limitant" à la chambre à gaz d'Auschwitz (au lieu du bûcher et du pogrome).  [...]

Ne sauriez-vous pas que cet "homme fragile" ce corps astral, votre pape a, pour ainsi dire, demandé pardon pour "l'Holocauste", mais que l'Agneau de Dieu n'a pas endossé le péché?"
Sauvegarde, Journal 2001-2003, Actes Sud, (p. 28)

Voir également:
- Les Juifs sont prêts à mourir pour Jérusalem. Combien de Chrétiens sont prêts à mourir pour Jérusalem?, Spengler
- Des canonisations palestiniennes à forte odeur politique, Menahem Macina
- Le Pape François ou l'art de s'asseoir sur les droits des Juifs et des Chrétiens de la région… , Blog Extrême Centre
- Le Pape reçoit l’«ange de la paix», Shmuel Trigano
- John LaFarge, le Jésuite américain qui voulait que le Pape dénonce le régime nazi

mercredi 20 mai 2015

La citation du jour - Ulrich Beck (13)


Ulrich Beck (2003):
"Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."

Ulrich Beck (1944-2015) était professeur de sociologie à l’université de Munich.

Citations précédentes
 
Jean-Claude Milner

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."

L'instrumentalisation et la banalisation de Shoah à des fins politiciennes est en effet une ignominie et d'une grande "hypocrisie":

Chantal Delsol

"Un maire [Robert Ménard] a averti qu'il comptait les musulmans dans les classes. Il a tort, parce qu'un élu doit respecter la loi, qui l'interdit. Il est possible aussi que la loi en l'occurrence ait tort.

Pourquoi cette interdiction? On nous raconte qu'on ne veut plus de listes parce que cela fait penser aux listes de Juifs, parce que cela sent le génocide futur, cela rappelle une période sinistre. Pourtant les Canadiens, et bien d'autres, qui listent leurs citoyens par particularités ethniques, religieuses ou autres, n'ont aucune pensée génocidaire.  On a le devoir d'être prudent mais on n'a pas le droit d'être idiot, ni surtout de nous prendre pour des idiots. [...]

Caractéristique principale de la vertueuse France, d'après Theodore Zeldin: l'hypocrisie."

Imre Kertész

"Je crois que les juifs d'Europe commettent une erreur suicidaire quand, sous prétexte de critiquer Israël, ils s'étouffent d'indignation avec les intellectuels et hauts fonctionnaires européens qui drapent le vieil antisémitisme dans un nouveau langage, et qui hier encore voulaient les exterminer; pourquoi donc auraient-ils changé leurs intentions?

Je voudrais poser une question à ces juifs pieux et stupides qui se renient eux-mêmes et qui vomissent des insultes contre Israël: "En quoi est-ce que ça te gêne, espèce de crétin? Tu vis en Suisse, en France, au Danemark ou ailleurs, alors pourquoi [...] l'effroyable arrivée au pouvoir du néonazisme européen [ne te dérange-t-elle pas]? Tu as beau te déguiser, crétin, as-tu déjà oublié que la Suisse a exigé qu'un J soit apposé dans ton passeport, que les Français t'ont enfermé dans un camp et t'ont livré aux assassins nazis, que l'Europe tout entière a regardé avec complaisance les derniers soubresauts des déportés juifs dans les chambres à gaz d'Auschwitz?"

J'en arrive à conclure que le juif d'Europe est effectivement un personnage nuisible qui déteste voir des armes de défense entre les mains de juifs et voir dans sa propre extermination l'unique solution à sa vie vécue avec une conscience abjecte et confuse. Il n'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas atteint son but, tant qu'il n'aura pas été déporté dans un nouvel Auschwitz, battu, dépouillé, tant qu'il n'aura pas creusé sa propre tombe, etc.: tout cela l'étonnera à nouveau, comme autrefois." (Imre Kertész, prix Nobel de littérature et survivant d'Auschwitz)