jeudi 9 juillet 2009

Belgique: appel à boycotter les dattes israéliennes à l'occasion du ramadan

S'agit-il d'une première en Europe ? INTAL, une ONG de Belgique - pays de tradition chrétienne - mène une campagne ciblant spécifiquement des Musulmans pour qu'ils boycottent des produits israéliens pendant la fête religieuse du ramadan. Se proposant même d'aller le jeudi 16 juillet au marché à 5 heures du matin ...

Boycottons les dattes israéliennes - Action de sensibilisation à l'occasion du Ramadan

Après la tristement célèbre orange saignante israélienne d'Oxfam Belgique en 2003 (voir ci-dessous), des dattes saignantes israéliennes font leur apparition en Belgique en 2009, mais dans un cadre politico-religieux.

"Le responsable de l'action portera un T-Shirt "Boycott Israël - Palestine Vivra""

Comme on sait certains veulent faire croire qu'Israël ne produit que des oranges, des avocats et des dattes ... (Voir 200 raisons qui plaident contre le boycott d'Israël)

C'est le cas d'INTAL, une ONG belge, qui lance une "action de sensibilisation à l'occasion du Ramadan". INTAL va faire campagne auprès des Musulmans de Bruxelles (qui représentent environ 30% de la population de la capitale de l'Europe) pour qu'ils boycottent les "grosses dattes" israéliennes (sous-entendu achetez le petites car elles ne sont pas israéliennes). Seuls les quartiers réputés à forte densité de population musulmane sont visés.

"Cet été, la COBI, "Coordination pour le Boycott d'Israël", dont fait partie intal, organise une action de promotion du boycott des dattes israéliennes, et ce à l'occasion du mois de Ramadan qui débutera le 20 août.
Des tracts et des t-shirt appellant à ne pas acheter les dattes en provenance d'Israël ont été créés, nous appellons tous ceux qui le désirent et le peuvent à participer à cette action de sensibilisation. Venez nous aider à avertir le publique :
Le Vendredi 10 juillet, à l'occasion du marché de Schaerbeek, RDV à 11h00 au coin de la rue Royale Sainte Marie et de l'Avenue Rogier
Le samedi 11 juillet, dans la Rue du BrabantRDV à 16h00 à l'arrêt du tram de la Place Liedts
Le dimanche 12 juillet, à l'occasion du marché du Midi, RDV à 10h00 au Café Avenida, au coind du Blvd Lemmonier et du Blvd du Midi.
Le Dimanche 12 juillet, à l'occasion du marché des abbattoires, RDV à 12h00 place Clémenceau
Le jeudi 16 juillet, au Marché MatinalRDV à 5h00 (du matin, oui, 5h00 du matin) à la station d'essence quai des usines
Le jeudi 16 juillet, aurpès des grossistes de fruits secs,RDV à 8h00 au coin du Blvd Dixmude -Ypres
Le lundi 20 juillet, dans la chaussée de Gand, RDV à 16h00 au coin entre le canal et la chaussée de Gand
Le responsable de l'action portera un T-Shirt "Boycott Israël - Palestine Vivra"
Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter Jan Drezen :
jan.dreezen@gmail.com"


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Déjà en 2003




Affiche reprise le 9 septembre 2008 du site de la très influente Association Belgo-Palestinienne (Bruxelles-Wallonie), qui l'a entre-temps retirée tout en continuant à appeler au boycott d'Israël et qui soutient INTAL. L'affiche fut créée par Oxfam Belgique en 2003. Cet appel au boycott fut fermement condamné par le Centre Simon Wiesenthal et souleva une vague d'indignation. Oxfam International désavoua publiquement Oxfam Belgique.

Lettre envoyée à Oxfam International dans le cadre de l'action contre la campagne de boycott d'Israël menée par Oxfam Belgique :

"Mr. Ian Anderson
Chairman, Oxfam International Secretariat
Dear Mr. Chairman:
As an international NGO, the Simon Wiesenthal Center is well aware of the important humanitarian work that Oxfam performs on behalf of the needy of the world. However, the boycott effort against Israeli agricultural products, which we reached through the main Oxfam website, violates your provisions against ethnic and racial discrimination. Further, this political campaign violates Oxfam's mission statement.
Mr. Chairman, in the 1930s, Europeans were urged by the Nazis and their Belgian Rexist allies to boycott Jewish businesses. What started as economic discrimination ultimately led to racial laws and Genocide in the 40s. Never again should any European, especially those who proclaim their leadership in the field of human rights, aid and abet another effort to harm the rights of the Jewish people to a secure life and future. We urgently request your direct intervention to expunge any link of this campaign to Oxfam International and that Oxfam International instruct its Belgium operation that this boycott of Israeli farmers violates Oxfam's mission statement and should therefore be terminated immediately.
Signed,"

Quelques-unes des activités anti-israéliennes d'INTAL :
- Belgique: Baudouin Loos, INTAL et l'action "Dexia hors d’Israël"
-
Belgique: Baudouin Loos fait la pub pour une ONG qui accuse Israël d'apartheid
-
Le Zan Studio de Ramallah
- Boycot van Israëlische dadels

L'Union Europénne se rétracte et présente ses excuses

L'ambassadeur Ron Kouriel a déclaré que le rôle de la Commission est de "coordonner l'aide avec les Palestiniens, et non de critiquer Israël avec arrogance". (Ynet)


Un nouvel exemple de la cacophonie européenne.

"Le Commissariat européen, qui avait accusé les "colonies juives" d’étrangler l’économie palestinienne, présente ses excuses.

Suite à ces accusations portées contre Israël, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, Rafi Barak, avait convoqué l’ambassadeur de l’UE en Israël Ramiro Cibrian Uzal pour lui faire part de son indignation et lui dire qu’elles n’étaient nullement fondées. De son côté, l’ambassadeur d’Israël à Bruxelles, Ran Curiel , a rencontré mercredi soir un représentant de la Commission européenne de soutien technique à l’Autorité palestinienne pour régler la question.

Le ministère des Affaires étrangères a fait part de sa satisfaction quant aux résultats de cet entretien."

Source: article de Claire Dana-Picard dans Arouts 7 (merci à Joel d'avoir signalé cet article)

- Le représentant de l’UE en Israël convoqué au ministère à la suite de déclarations sur les implantations
- EU retracts statement on settlements
- EU apologizes for statements against settlements

Le représentant de l’UE en Israël convoqué au ministère à la suite de déclarations sur les implantations

Plutôt que de demander aux Palestiniens de renoncer à la violence et à la corruption (rappelons la fortune d'Yasser Arafat), l'UE lance une nouvelle offensive verbale contre Israël. Quel contraste avec les propos du Président des Etats-Unis !

Pour comprendre cette nouvelle tirade anti-israélienne :
- Shimon Peres exhorte l'Europe à cesser de soutenir le Hamas
et
- Tonnerre d'applaudissements pour Mahmoud Abbas au Parlement européen

JERUSALEM (EJP)--- Le chef de la délégation de l'Union Européenne en Israël a été convoqué mercredi au ministère israélien des Affaires étrangères par un responsable qui a protesté contre les déclarations contenues dans un rapport européen sur les implantations.

L'ambassadeur Ramiro Cibrian Uzal a été convoqué à la suite d'une déclaration de l'Union Européenne affirmant que les implantations "étranglent l'économie palestinienne" et "maintiennent les Palestiniens dans un état de dépendance vis-à-vis des pays donateurs", selon un communiqué du ministère.

"Ce sont les contribuables européens qui payent principalement le prix de cette dépendance”, indiquait le rapport. Un haut responsable du ministère, Rafi Barak, a rejeté ces déclarations en soulignant qu'elles outrepassaient le mandat de la Commission européenne de soutien technique à l’Autorité Palestinienne et qu'elles étaient "infondées".

"Elles ignorent le fait que la question des implantations doit, selon un accord entre les parties, être traitée parallèlement au respect des autres obligations, notamment les obligations des Palestiniens concernant la sécurité", a ajouté le ministère."Ce qu'il y a d'encore plus troublant, c'est que ces déclarations impliquent que les mesures de sécurité prises par Israël en Cisjordanie ne sont pas nécessaires et mêmes illégales, tout en ignorant totalement le fait que ce sont les groupes terroristes palestiniens qui rendent ces mesures nécessaires", a-t-il poursuivi.

Source: article de Maud Swinnen dans EJP

- Au nom des contribuables européens, l'UE lance une offensive contre Israël

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Mais qui contrôle donc l'argent que les Palestiniens reçoivent ?



Une bombe humaine palestinienne prête au martyre déclare à la télévision du Hamas: "... et nous savons qu'il n'y de sang qui nous est plus doux que le sang des Juifs."

mercredi 8 juillet 2009

La Finlande : un pays où on aime Israël

"Il y a des églises où le drapeau israélien côtoye celui aux couleurs nationales finlandaises et où tous les paroissiens récitent le "Hatikva" d'abord en hébreu et ensuite en finnois. Littéralement, des dizaines de Finlandais m'ont abordé pour me faire part de leur fierté d'avoir travaillé comme volontaires dans des écoles et des hôpitaux ou des kibboutz en Israël. Ils ont exprimé leur grande inquiétude face aux ambitions nucléaires de l'Iran. Beaucoup prient quotidiennement pour le bien être d'Israël."

Bien que très favorable à Israël par rapport aux autres pays européens, tout n'est pas rose en Finlande non plus. Les médias sont plutôt hostiles et le journal de tendance écologiste, Vihrea Lanka, a même publié une caricature où l'étoile de David était assimilée à la croix gammée.

"Tucked away in a far corner of northern Europe, the tranquil and resourceful nation of Finland often gets unjustly overlooked. Flanked by a swaggering and increasingly quarrelsome Russia to the east and its larger and blonder Swedish neighbor to the west, the Finns seem to receive neither the attention nor the consideration that they rightly deserve.

Indeed, despite being beset by harsh winters and a dearth of arable land, as well as enjoying the dubious distinction of being the European Union's most sparsely populated country, Finland has nonetheless built one of the most pleasant and peaceful societies on the entire continent. There is little crime and virtually no political corruption, and public places are spotlessly clean, bordering on the pristine. It is akin in many ways to Switzerland, except that the Finns are nice.

But there is something else that distinguishes Finland, setting it apart from much of the rest of contemporary Europe, and that is the deep-seated love and admiration for Israel that exists among large sectors of the public.

On a recent trip to the country, which included a lecture tour in six towns and cities, I found what can only be described as a remarkable level of support for the Jewish state, one that cuts across religious and regional boundaries. From the capital of Helsinki to Tampere, Finland's third largest city, to the small town of Ikaalinen in the western part of the country, hundreds of non-Jews in each locale came out to demonstrate their solidarity.

There are churches where the Israeli flag is proudly displayed side-by-side with the Finnish national colors, and where entire Christian congregations recite "Hatikva" first in Hebrew and then in Finnish.

Literally dozens of Finns approached me to recount how proud they were to have spent periods of time volunteering in Israel at schools and in hospitals or on kibbutzim. They voiced great concern over Iran and its nuclear ambitions, and many pray for Israel and its welfare daily.

In Helsinki, Pastor Seppo Seppala approached me and, much to my surprise, engaged me in conversation in fluent Hebrew. He has been to Israel dozens of times, and continues to bring groups of Finnish tourists. And he is not alone. Without exception, after every speech I gave, there were always several non-Jews who came up to me and addressed me in Hebrew. Many take part in weekly private Hebrew classes, taught by fellow non-Jews, simply out of a love for the language and the people of Israel.

PARTICULARLY NOTEWORTHY is the fact that Finnish Christian support for the Jewish state is not the province of any one particular denomination, but rather it includes such diverse groups as Baptists, Pentecostals and Lutherans. However much they might disagree over theological or doctrinal issues, when it comes to Israel they stand united. This was most evident at a day-long meeting I attended on June 14 in Heinola, a town in the south-central part of the country. Organized by the dynamic Finnish branch of the International Christian Embassy-Jerusalem (ICEJ) under the leadership of Juha Ketola, it brought together dozens of pro-Israel community leaders from across the country to discuss efforts to promote and support aliya.

For the past two decades, the Finns have been actively involved in helping Jews from the former Soviet Union to move to Israel, and Helsinki served as a gateway to Zion after the fall of communism. On March 10, 1990, the indefatigable Kaarlo and Ulla Jarvilehto, a former member of the Finnish parliament who headed the ICEJ Finland branch at the time, teamed up with the Jewish Agency to help the first Soviet Jewish family go through Helsinki on its way to Tel Aviv. Since then, the Finns have sponsored the aliya of well over 17,000 Russian Jews.

As I sat and listened to the proceedings with the aid of a translator, an extraordinary exchange unfolded. The representatives discussed contingency plans in case there was a crisis and large numbers of Jews had to leave for Israel via Finland at a moment's notice. They then began to argue with one another - politely, of course - over which Finnish towns or cities would welcome the Jews, with each one wanting to make sure that his or her community was not left out.

I couldn't help but marvel at the fact that after centuries in which Europeans often vied with one another to get rid of Jews, here were Finns competing for the right to host them.

What accounts for this phenomenon? To some extent, it is based on certain parallels between Finland and Israel, both of which are small countries which had to fight for independence and whose historically ravenous neighbors have occasionally coveted their land. But in many instances, it is because Finnish Christians feel a profound religious and spiritual obligation to champion Israel due to God's promise to Abraham that "I will bless those who bless you" (Genesis 12:3).

OF COURSE, not all is rosy in Finland. In January, for example, the Finnish Green League's paper Vihrea Lanka published a cartoon strip in which the Star of David was compared to a swastika. The paper's editor offered a peculiar justification for the caricature, asserting that "it is quite clearly the flag of Israel featured in the strip and not just any Star of David," as if that somehow makes it OK. And the general Finnish media, like much of the mainstream press throughout Western Europe, is often biased and slanted in its coverage of the Middle East.

Nonetheless, it is refreshing to see that there is a place in Europe where Israel is truly loved. So much of our focus is on our foes and those who hate us, that we often don't pay enough attention to our friends.

This needs to change, and Israel and world Jewry must do more to cultivate relations with Helsinki, where the ground is fertile for deepening the bonds of friendship between the two countries. For at a time when anti-Semitism and anti-Israel sentiment are on the rise, it is comforting to know that in at least one corner of Europe, there are countless thousands of good and decent people with a warm place in their hearts for the Jewish state."

Source: article par Michael Freund paru dans le JPost

Photo:
Théâtre National (Wikipédia)

C'est officiel: Free Gaza fut un fiasco complet

Nous avons maintenant la confirmation qu'effectivement Le mouvement Free Gaza a fait pschitt pschitt pschitt. Les six "déportés" britanniques arrêtés par les "pirates" de la marine israélienne sont bien arrivés à Heathrow le 6 juillet. Les hautes instances du mouvement Free Gaza avaient convoqué les médias : aucun n'a répondu présent à part une chaîne iranienne qui fut prestement remballée par la police britannique.

Quant aux militants, Dov, qui y était par hasard et qui a pris ces photos, en a compté une douzaine - le calcul est simple: deux militants par "déporté" = service minimum. On est loin de la mobilisation escomptée et qui n'existe que dans l'imagination fertile de ces aimables farceurs. Le Free Gaza movement en est tellement gêné qu'ils n'en disent pas un mot dans leur blog. Ce qui ne les empêchera pas bien entendu de comptabiliser ce nouveau flop comme une victoire éclatante.

Voir le reportage complet: Free Gaza returnees arrive at Heathrow.

mardi 7 juillet 2009

PS bruxellois: boycott d'Israël comme argument de campagne électorale

"En 2002, c'est le PS bruxellois qui a obtenu la suspension de l'accord de coopération avec l'Etat d'Israël, contre l'avis du MR bien sûr"

Avec une population musulmane estimée à 30% à Bruxelles, le PS francophone n'a pas hésité à importer le conflit israélo-palestinien (tout en stigmatisant officiellement une pareille transposition) pendant la campagne pour les élections du Parlement bruxellois. Sans, hélas, que les médias ne réagissent.

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SMS de campagne envoyé en français, le 8/1/2009 (le scrutin a eu lieu le 7 juin ...) :

"GAZA: le PS solidaire des Palestiniens aujourd'hui comme hier !

Stop à la campagne d'intoxication !

En 2002, c'est le PS* bruxellois qui a obtenu la suspension de l'accord de coopération avec l'Etat d'Israël, contre l'avis du MR bien sûr [...]"

Source: La Libre Belgique : "Belgique, la campagne électorale chez les allochtones" (4/7/2009)
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* En réalité ce sont le PS, le CDH (Centre Démocrate Humaniste) et Ecolo contre l'avis du MR (Mouvement Réformateur) qui s'opposent à la signature des accords de coopération avec Israël (tout comme les parlements de la Communauté française et de la Région wallonne qui opposent également leur veto) ... Fort heureusement, la Belgique, la Flandre, ainsi que tous les autres pays européens et l'Union européenne ont conclu des accords de coopération avec Israël.

Alors que c'est précisément le MR qui a obtenu les meilleurs résultats électoraux à Bruxelles, ce sont les trois partis qui prônent le boycott d'Israël qui sont en pourparlers pour former le nouveau gouvernement ... Le boycott a donc de beaux jours devant lui.

200 raisons qui plaident contre le boycott d'Israël

Voir également :
- Le Parlement bruxellois va-t-il continuer à boycotter Israël ?
- Belgique: Elio Di Rupo sur le maintien du boycott scientifique et culturel d'Israël par Bruxelles et la Wallonie
- Elio Di Rupo: des milliers d'enfants et des milliers de femmes tués par Israël à Gaza
- Parti socialiste belge: traîner le gouvernement israélien devant les tribunaux internationaux
- Belgique: le CCOJB appelle les partis à condamner la résurgence de l'antisémitisme
- Belgique: la colère de la Communauté juive

Anti Boycott Israel blog

Knut Hamsun: la Norvège veut honorer un écrivain nazi

"Hamsun avait beaucoup écrit sur son soutien aux théses nazies, il avait même pu rencontrer Adolf Hitler en Bavière, ainsi que Josef Goebbels [...]. Après la guerre et la découverte des horreurs de la Shoah, Hamsun ne s’était aucunement retracté, et avait même adhéré au parti fasciste norvégien "Nasjonal Samling".

Il n’est pas exclu que l’attitude hostile envers Israël adoptée par les Etats scandinaves trouve l’une de ses raisons profondes dans un antisémitisme viscéral allant jusqu’à l’admiration face aux idées nazies. Finalement, les beaux blonds aux yeux bleus bien bâtis étaient semblables aux grands vikings, et l’idéologie nazie s’est bâtie autour de vieux mythes nordiques. Pour cela, il suffit de se référer au livre édifiant de C. Kamenetsky, "Existentialisme nordique: mythe et philosophie dans la politique littéraire de l’Allemagne nazie".

Cette fois-ci, c’est la Norvège qui crée le scandale en voulant honorer sur le plan national l’écrivain Knut Hamsun, un sympathisant notoire du régime nazi, au point de décréter l’année 2009 comme "Année Hamsun" ! Hamsun, né il y 150 ans, a été l’un des partisans de l’occupation allemande de la Norvège, et le gouvernement a fait contruire un centre culturel qui portera son nom dans la ville d’Hamaroy où il avait vu le jour.

Hamsun avait beaucoup écrit sur son soutien aux théses nazies, il avait même pu rencontrer Adolf Hitler en Bavière, ainsi que Josef Goebbels, qui pour le remercier de son soutien avait fait imprimer 100.000 exemplaires de ses livres en Allemagne. Dans ses mémoires le chef de la Propagande nazie avait décrit sa rencontre avec l’écrivain norvégien "comme l’une des plus fascinantes de sa vie". Après la guerre et la découverte des horreurs de la Shoah, Hamsun ne s’était aucunement retracté, et avait même adhéré au parti fasciste norvégien "Nasjonal Samling".

A l’annonce de cette nouvelle, les réactions n’ont pas tardé en Israël. Ephraïm Zurhoff, Directeur du Centre Wiesenthal de Jérusalem, déclarait que "cette décision risquait de mettre à plat tous les efforts déployés en Europe pour lutter contre le négationnisme et pour maintenir la mémoire de la Shoah auprès de le jeunesse". Manfred Gerstenfeld, Directeur du Jerusalem Center for Public Affairs, estimait quant à lui, que "cette affaire ‘Hamsun’ n’était que la partie émergée de l’iceberg antisémite qui revient au galop en Norvège".

Face aux réactions en Israël et dans les milieux juifs américains, le futur directeur du Hamaroy Hamsun Center, Bodil Borsen, avait tenté d’apaiser la polémique dans les colonnes de l’un des grands quotidiens norvégiens, Aftenposten: "Knut Hamsun a écrit une magnifique littérature, mais il a également manifesté son admiration pour Hitler. Peut-on concilier les deux choses? Je serais heureux d’en discuter avec Zurhoff et Gerstenfeld l’an prochain dans le cadre des activités du Centre Culturel"! Ce qui lui a attiré les foudres des concernés qui exigent d’intervenir avant le point de non-retour. Ephraïm Zurhoff se demande "si Borsen considère que le soutien d’Hamsun au nazisme est contrebalancé par le fait qu’il ait été un écrivain de qualité?". Le chasseur de nazis demande une réunion urgente des parties concernées, d’autant plus que la Norvège doit prochainement assurer la présidence de la "Task Force for International Cooperation on Holocaust Education", organe qui comprend 26 pays.

Le ministre norvégien des Affaires Etrangères, Jonas Gahr Støre, a tenu à préciser "que le passé nazi ne serait pas omis dans l’éventail des manifestations qui célébreront l’écrivain, et que cela servira d’outil pédagogique"! Même style d’argument chez Bjørn Svenungsen, du ministère norvégien des Affaires Etrangères, qui considère que "la célébration du rôle capital d’Hamsun dans la littérature norvégienne et européenne ne signifie pas forcément une adhésion à ses idées".

Certaines réactions ont aussi été relevées en Norvège même. Il y deux semaines, la statue de l’écrivain pro-hitlérien, récemment érigée à Grimstad, dans le sud du pays, a été flanquée d’un drapeau nazi par des inconnus. Mais le maire a vivement condamné cet acte qu’il a qualifié "d’infâme"…

Source: article de Shraga Blum dans Arouts 7

- La tragédie des Juifs norvégiens, Tom Segev
- Norvège: réflexions d'une mère juive
- Quel rapport entre les fjords norvégiens et la haine d'Israël ?
- Ministre norvégien: l'art subtil de décrédibiliser Israël
- Norvège: l'"énigme" de Knut Hamsun, le prix Nobel de littérature pro-nazi
- "Row grows over Norway honor for pro-Nazi Nobel laureate" (Norway, Israel and the Jews)
- Row grows over Norway honor for pro-Nazi Nobel laureate (Haaretz)
- Norwegian Nobel Laureate, Once Shunned, Is Now Celebrated (NYT)