samedi 20 janvier 2018

Appel du poète allemand Heinrich Heine aux antisémites (19e siècle)

"Ich, ich dulde dass du rasest, Du, Du duldest dass ich atme", écrivit Heinrich Heine [1797-1856] au sujet des relations entre non-Juifs et Juifs en Europe au 19e siècle.  Le poète "tolérait" la haine mais demandait qu'on "tolère" qu'il respire, qu'il puisse vivre. On sait ce qui est arrivé au 20e siècle et ce qui se passe aujourd'hui.  Pour David Goldman (alias Spengler) la différence entre les années 30 et aujourd'hui réside dans le fait que de nos jours les Juifs portent des armes et ne sont plus à la merci de leurs tourmenteurs. 

David P. Goldman @ Pajamas Media:

Heinrich Heine
[...]  For half a century the horror of a million Jewish children murdered by the Nazis stopped the mouths of the anti-Semites, but that memory has worn off. [...]

Ich, ich dulde dass du rasest, Du, Du duldest dass ich atme, wrote Heinrich Heine of the relationship between Gentiles and Jews in 19th century Europe: I tolerate your rage, and you tolerate my breathing. Things have changed. The crime of the Jews today is to breathe, and especially to breathe the air of their own country. As the body count rises, enlightened opinion once again will blame the Jews for breathing. Muslims will continue to engineer humanitarian disasters (as in the last Gaza War) to solicit Western sympathy, and European governments will attempt to placate their growing Muslim populations by blaming Israel.

The difference between today and the 1930s, to be sure, is that Jews are armed rather than defenseless. I am weary of excusing myself for breathing. Let them hate us as long as they fear us.
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jeudi 18 janvier 2018

G. Bensoussan: "Il y a en Europe une 'part juive' impossible à assumer depuis toujours"


Georges Bensoussan, historien spécialiste d'histoire culturelle de l'Europe des XIXe et XXe siècle et, en particulier, des mondes juifs (histoire culturelle du sionisme et de la Shoah):
"Il y a en Europe une "part juive" impossible à assumer depuis toujours et qui est devenue une impossibilité d'assumer l'Etat d'Israël.  Face aux vraies menaces génocidaires qui viennent du Proche-Orient contre Israël, il semble bien que l'Europe trouvera toutes les raisons du monde pour ne pas lever le petit doigt en cas de danger extrême.  Ce ne sera pas cette fois un génocide en acte, mais une non-assistance à peuple en danger.

Sur ce plan-là, les choses vont plutôt dans le mauvais sens.  Il y a plusieurs raisons à cela.  D'abord, quelque chose de très anciennement ancré dans la culture européenne et qui est à l'origine du génocide.  Il y a ensuite un facteur lié à la culpabilité née de la Shoah, laquelle n'a pas seulement induit une attitude faite d'empathie et de compassion, mais a aussi provoqué une culpabilité que l'on pourrait qualifier de "vengeresse".  Pour reprende une formule célèbre tirée d'un film d'Axel Corti: "Ils ne nous pardonneront pas le mal qu'ils nous ont fait".

Derrière les grandes manifestations de compassion chaleureuse organisées autour du 27 janvier, il me semble que nous sommes en présence, en Europe, d'une sourde culpabilité qui peut parfois se transformer en agressivité.  Celle-ci ne se focalise pas forcément sur les Juifs en Europe, mais bien davantage sur l'Etat d'Israël, lequel représente aujourd'hui un facteur-clé de l'identité juive, même pour des gens qui ne sont pas sionistes.

mercredi 17 janvier 2018

Une candidate Labour instrumentalise les victimes de la Shoah pour attaquer Israël

Source: Harry's Place

Michelle Harris a été présélectionnée pour être candidate du parti travailliste (Labour) dans la circonscription de Hastings et Rye.

Le compte @GnasherJew qui traque les propos antisémites des cadres du parti travailliste -  depuis la nomination de Jeremy Corbyn à la tête du parti - rapporte qu'en 2014 Michelle Harris a partagé un post de l'ancien joueur de football David Icke (*) se référant à "Rothschild Zionist Israel".  Disons que Rothchild/Sionisme/Manipulation/Domination/Argent c'est du classique.

Là où l'affaire devient proprement révoltante c'est quand Michelle Harris partage un autre post qui prétend que les victimes de l'Holocauste ont, selon elle, vécu leur propre extermination dans la dignité (!) et qu'elles se retourneraient dans leur tombe (!) si elles voyaient les horreurs que les Juifs commettent au nom du judaïsme.  Cette femme ignare ignore que les Juifs exterminés n'ont pas de tombe - si ce n'est des fosses communes - et que beaucoup furent tout simplement gazés, brûlée et leurs cendres jetées.

"J'ai souvent dit que les victimes de l'holocauste qui sont mortes dans la dignité doivent se retourner dans leurs tombes en raison des horreurs commises au nom du judaïsme: Gaza est un ghetto en train d'être bombardé"

Sarah AB de Harry's Place s'indigne:

La plupart des gens seraient d'accord pour dire que le parallèle implicite entre les Nazis et les Israéliens est antisémite. Sa référence aux victimes de l'Holocauste est également choquante de par sa vacuité morale: sa caractérisation vide de sens de leur mort, sa présomption insultante qu'elle peut dire comment ils - absolument tous - jugeraient un conflit complexe, ainsi que son instrumentalisation de leur extermination comme arme pour attaquer les Israéliens.

Face à tant de bassesse, il est important d'écouter ce que des intellectuels comme Elias et Rabinovitch ont à nous dire sur l'extermination des Juifs et l'antisémitisme:

Norbert Elias:

"Le chemin qui mène aux chambres à gaz en est un autre. Des femmes et des enfants, des hommes jeunes et vieux y furent poussés vers la mort, nus, par des êtres humains qui avaient brisé tout sentiment d'identité, de compassion. Et comme ces êtres que l'on poussait vers la mort, impuissants, avaient été rassemblés la plupart du temps de façon tout à fait arbitraire et ne se connaissaient pas entre eux, chacun d'entre eux, dans la foule des autres êtres humains, était dans une solitude totale.

Cet exemple extrême peut nous rappeler à quel point la signification des êtres humains pour d'autres humains est fondamentale et irremplaçable. En même temps, il montre ce que cela veut dire, pour des mourants, que de devoir éprouver ce sentiment - alors qu'ils sont encore en vie - qu'ils sont déjà exclus de la communauté des vivants par les vivants eux-mêmes."
Wladimir Rabinovitch:
"Non, jamais plus nous serons comme les autres. Nous ne pouvons oublier. Nous n'oublierons jamais. Nous avons été "la balayure du monde". Contre nous chacun avait licence. Et c'est cela, mes amis, qui nous sépare de vous dans la liberté retrouvée, comme nous avons été séparés de vous sous l'Occupation. Nous sommes, désormais, des SÉPARÉS. Et nous sommes aussi les martyrs, c'est-à-dire les témoins, les témoins de l'abjection humaine."

(*)  A propos de David Icke, Wikipédia nous apprend qu'il "est un joueur de football professionnel, journaliste sportif à la BBC et ancien membre du parti vert britannique. Il est connu depuis 1990 pour être devenu, selon ses propres dires, « enquêteur à plein temps sur ceux qui contrôlent vraiment le monde ». Il explique en particulier comment des reptiles humanoïdes domineraient secrètement le monde."

mardi 16 janvier 2018

Kafka réagit aux émeutes antijuives à Prague en 1920


Kafka exprime sa révolte suite aux émeutes antisémites qui se déroulèrent à Prague en 1920:

"L'autre jour, j'ai entendu quelqu'un traiter les Juifs de 'race galeuse'. N'est-il pas naturel de quitter un lieu où l'on est si détesté? (Le sionisme ou le sentiment national n'est pas nécessaire pour cela.) L'héroïsme de rester n'est cependant que l'héroïsme des cafards qui ne peuvent pas être exterminés, même dans la salle de bains."

Cité par Iris Bruce: Of Devils and Demons and Absent Talmudists: Franz Kafka’s Struggle with Philosophical Antisemitism in Hans Blüher’s 'Secessio Judaica'. Dans Alain Goldschläger & Clive Thomson (Hg.): Le Discours scientifique comme porteur de préjugés? / Scientific Discourse as Prejudice-Carrier. University of Western Ontario 1998, p.p. 181-200.

lundi 15 janvier 2018

Viktor Orbán: "Les Juifs peuvent se promener à Budapest en portant la kippa sans être importunés. Où est-ce encore possible ailleurs en Europe?"

Viktor Orbán, Premier ministre de Hongrie:
"En Hongrie, nous appliquons une politique de tolérance zéro en matière d’anti-sémitisme. L’an dernier, pour la première fois depuis des décennies, un Premier ministre israélien est venu en visite officielle en Hongrie. Les critiques à l’encontre du gouvernement hongrois sont totalement infondées. Les Juifs peuvent se promener pendant des heures à Budapest en portant la kippa sans être importunés. Où est-ce encore possible ailleurs en Europe?"
Le Soir

Netanyahu et Orban réfutent les critiques d'antisémitisme visant la Hongrie

samedi 13 janvier 2018

Israël, "ce petit pays de merde", selon l'ambassadeur de France à Londres (2001)

Le Président Trump aurait qualifié certains pays de "pays de merde", provoquant un tollé généralisé et suscitant des accusations de racisme (Le Soir titre aujourd'hui "Un raciste à la Maison Blanche"). Or en 2001, l'ambassadeur de France à Londres aurait confié à Conrad Black, dont l'épouse est juive, qu'Israel est un "petit pays de merde".  La "gaffe" a tout simplement fait rire et ricaner...  (Merci à R.R. qui a attiré notre attention sur cet article du Guardian.)

Libération rapportait l'affaire en 2001:
"«Une gaffe diplomatique met en émoi les salons conservateurs.» C'est du moins ce qu'affirme le quotidien The Times qui montre du doigt le gaffeur: Daniel Bernard, ambassadeur de France à Londres. Décrit comme «les yeux et les oreilles du président Chirac en Grande-Bretagne», Bernard aurait eu la mauvaise idée de se confier à son ami et hôte, lord Black of Crossharbour, lors d'une soirée qui réunissait le gratin médiatique et politique du Londres conservateur. Il lui aurait assuré que la crise internationale actuelle avait été déclenchée par Israël, «ce petit pays de merde». Mais voilà, lord Black est non seulement propriétaire du Daily Telegraph, mais son épouse, l'écrivain Barbara Amiel, tient une rubrique dans le journal. Sans révéler l'identité de Bernard, elle a parlé de «l'ambassadeur d'un grand pays de l'Union européenne». Les représentants de la communauté juive de Grande-Bretagne semblent avoir lu entre les lignes et se sont plaints officiellement des propos de l'ambassadeur. Bernard assure ne pas s'en souvenir et le Quai d'Orsay a qualifié l'attribution de cette phrase à l'ambassadeur de France d'insinuations malveillantes."

vendredi 12 janvier 2018

Frédéric Encel: Plus des deux tiers des citoyens américains approuvent la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël

Frédéric Encel, docteur en géopolitique, maître de conférences à Sciences-Po Paris et à la Paris School of Business, a reçu le Grand Prix 2015 de la Société de Géographie:
"Côté américain, dire que Trump n'en fait qu'à sa tête et que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël était une promesse de campagne ne suffit pas; d'une part il a déjà trahi d'autres promesses (l'alliance avec la Russie notamment), d'autre part son tempérament impulsif et imprévisible répond quand même à une certaine rationalité. Trump sait parfaitement le poids grandissant des sympathisants des églises évangéliques - plus de 75 millions d'Américains, pour ne mentionner que les États-Unis - et la ferveur messianique et pro israélienne de nombre d'entre eux. Il a donc pu vouloir élargir et fidéliser cette part de l'électorat qui ne lui était pas toujours acquise. Lui-même ne s'est manifesté comme ami d'Israël que très récemment. Or la décision présidentielle a été approuvée par plus des deux tiers des citoyens américains, sachant que les juifs parmi eux ne constituent que 1,8% de la population... Par ailleurs, à l'extérieur, Trump a certes été critiqué par la plupart des chancelleries, mais au final assez mollement (y compris dans le monde arabe), et sans qu'un seul État ne fasse de menaces."
Source: Figaro Vox