samedi 25 octobre 2014

A Genève, sur les traces du premier ghetto juif d’Europe

Ce n’est pas Venise qui a créé le premier ghetto juif comme le veut l’historiographie classique, mais Genève, près d’un siècle avant la Sérénissime. Ce n’est pas pour se vanter…

Les Observateurs.ch via Un Swissroll

Les lecteurs de Jean Plançon, historien autodidacte qui autopsie l’histoire des juifs de Genève depuis de longues années, le savent. Pour les autres, approcher ce thème au cours d’une visite guidée dans la Vieille Ville avec ce passionné a un charme particulier. Ce dimanche 18 mai [2014], c’est à l’initiative du GIL, communauté israélite libérale de Genève, qu’une quarantaine de curieux ont parcouru deux facettes de l’histoire genevoise, celle du ghetto et celle de l’université.

Au cours du 13e siècle, des juifs arrivent à Genève, petite ville concentrée sur sa colline. Ils sont de passage et paient un droit d’entrée plus lourd que les autres voyageurs: pour les hommes quatre deniers, pour les femmes enceintes, huit.

Le concile du Latran de 1215 a étendu les restrictions imposées aux juifs, dont l’obligation de porter une marque distinctive: chapeau à bout pointu en Allemagne, rouelle en France, un signe destiné en particulier à éviter que des chrétiens puissent sans le savoir avoir des relations charnelles avec des juifs.

Un début prometteur

C’est en 1396 qu’une présence juive est relevée à Genève. Les arrivants s’installent librement sur la colline. La communauté compte d’abord une quinzaine de familles qui se regroupent entre la place du Grand Mézel et la rue de l’Ecorcherie (les abattoirs). Parmi les hommes, des médecins, des maîtres d’enseignement, des banquiers, «des familles opulentes qui vont acheter des maisons, reconstruire des granges et financer le réaménagement des rues», raconte Plançon.

Cette réussite suscite bien sûr une certaine jalousie. Pierre de Magnier, responsable de la paroisse de Saint-Germain sise dans le quartier de «la juiverie», adresse une supplique au Comte de Savoie afin qu’il oblige les juifs à porter un signe distinctif … sous prétexte toujours d’éviter l’épouvantable perspective de relations sexuelles avec des chrétiens. Le Comte n’obtempère pas. En 1406, on compte une trentaine de familles, entre 100 et 200 personnes.

C’est en 1428, sous la pression des commerçants, que le Conseil de Genève décide par décret d’assigner à résidence les juifs durant la nuit. Deux nouvelles portes sont construites afin de fermer le quartier.

L’ancêtre de tant d’autres

C’est le premier ghetto d’Europe, ancêtre de ceux qui se multiplieront au XVIe siècle. Il ne s’appelle pas ainsi, le mot n’apparaîtra qu’en 1516 avec le ghetto de Venise. On l’appelle le «Cancel», qui signifie bornes, limites, barrières.

Les familles juives sont expropriées et doivent payer un loyer à leurs nouveaux propriétaires.

Pétain et les églises face au "problème juif", témoignage lucide de Louis Noguères (1955)

Source: Louis Noguères, Le Véritable Procès du Maréchal Pétain, Ed. Fayard, 1955, p.p. 292-292.  On constatera l'attitude cynique des représentants des églises qui se plaignaient toutes du "problème juif" dont la "solution" devait être trouvée "dans un esprit de justice et de compréhension".  On connaît la solution du "problème juif" voulue par les nazis, finale.  Louis Noguères était le père d'Henri Noguères.

"C'est, dans la lettre du Conseil de la Fédération protestante de France, 27 juin 1942, la phrase qui affirme:
"l'unanime désir des protestants de France de voir rechercher, dans un esprit de justice et de compréhension, la solution du problème juif, dont aucun de nous ne méconnaît l'importance".
C'est dans la lettre de Mgr Deloy, évêque de Marseille, 6 septembre 1942, cette observation:
"Nous n'ignorons pas que la question juive pose des difficiles problèmes nationaux et internationaux.  Nous reconnaissons bien que notre pays a le droit de prendre toutes mesures utiles pour se défendre contre ceux qui, en ces dernières années surtout, lui ont fait tant de mal, et qu'il a le droit et le devoir de punir sévèrement tous ceux qui abusent de l'hospitalité qui leur fut si libéralement accordée."
C'est dans le communiqué du cardinal Gerlier, le 6 septembre 1942, ce paragraphe:
"Nous n'oublions pas qu'il y a pour l'autorité française un problème à résoudre, et nous mesurons les difficultés auxquelles doit faire face le gouvernement."
Ne peut-on souligner avec surprise que ce soit en 1942, alors que les lois raciales essentielles avaient été promulguées, par le gouvernement de Vichy, que l'on trouve, dans des déclarations à la générosité certaine, des restrictions que le dossier m'obligeait à souligner.

La raison n'en saurait être cherchée ailleurs que dans le désir, sans cesse exprimé par les personnalités religieuses, - de toutes confessions - de ne pas porter atteinte à l'autorité du maréchal Pétain.  Mais n'est-ce pas précisément cette autorité qu'il a voulue, et qu'il a obtenue, totale, qui entraînera, au regard de l'Histoire, la responsabilité du maréchal Pétain?

Que l'on ne s'y trompe pas: sur la noblesse exaltante, mais vaine, des adjurations épiscopales, l'emportera le mot ce ce préfet rapporté par un simple prêtre:
"Il faut obéir au Maréchal.""

jeudi 23 octobre 2014

Ian Buruma: "La conduite et la rhétorique des dirigeants israéliens ressemblent à celles des antisémites européens d’antan"

Il n'y a pas un jour où l'on ne lit pas dans la presse belge, francophone et néerlandophone, des articles dénigrant Israël et ses habitants juifs.  La Libre Belgique a publié sur deux pages pleines il y a quelques jours (c'est courant) une de ces photos très scénarisés où un enfant palestinien jette une pierre contre des implantations.  Elle a également publié un article d'Ian Buruma prétendant analyser l'antisémitisme et l'antisionisme mais qui termine par une charge furieuse contre Israël.  Il faut reconnaître que nombreux de ces articles sont écrits par des Juifs très médiatisés, ce qui de nos jours est considéré comme du génie - c'est le cas de Buruma.  Ce qui frappe évidemment c'est l'obsession et la répétitivité des accusations. (Signalé par PDS que nous remercions.)

Capture d'image.
Israël, antisionisme et antisémitisme (extraits):

"Or aujourd’hui c’est à droite – et même à l’extrême droite – que l’on trouve certains des plus fervents admirateurs d’Israël. Nombre d’entre eux appartiennent à des partis politiques profondément enracinés dans l’antisémitisme [...]

Cela peut s’expliquer par leur hostilité à l’égard de l’islam. Les politiciens populistes de droite considèrent l’islam comme la principale menace qui pèse sur l’Occident. Aussi applaudissent-ils le gouvernement israélien qui réprime les Arabes. Ainsi que Wilders le formule, les Israéliens “mènent le même combat que nous. Si Jérusalem tombe, Amsterdam et New York suivront”. Mais la principale raison de cette nouvelle solidarité entre politiciens populistes de droite en Occident et Israël tient peut-être à leur commune aversion à l’égard de l’islam.  [...]

Mais la conduite et la rhétorique des dirigeants israéliens d’aujourd’hui ressemblent plutôt à celles des antisémites européens d’antan. Les juifs israéliens sont fermement établis sur leur territoire national, mais l’idéologie dominante n’a plus rien de socialiste; c’est une forme de nationalisme ethnique très militarisé. Il n’est donc pas étonnant que les admirateurs d’Israël se recrutent maintenant essentiellement dans les milieux de tendance autoritaire. Ils traduisent davantage la tendance majoritaire de l’opinion publique que les gauchistes antisionistes. [...] Il est paradoxal de voir Israël – un Etat nation construit par un peuple méprisé pour son cosmopolitisme – devenir un symbole majeur de cette tendance inquiétante."

Voir également: Professeur belge: la Shoah est "pompe à finance et religion planétaire"

mardi 21 octobre 2014

Professeur belge: la Shoah est "pompe à finance et religion planétaire"

Qu'on ne me dise pas que cette religion [la Shoah] n'est pas "utile"

Si vous voulez être au courant des saloperies, des bassesses et des crimes dont les Juifs sont capables de commettre eux-mêmes et de faire commettre aux autres, il vous suffit de consulter la page Facebook de Jean Bricmont, professeur à l'Université catholique de Louvain et membre de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique.   Le fait est que personne à l'UCL ou à l'Académie royale n'émet la moindre objection sur ce type de propos.  Les dirigeants juifs ne disent rien non plus... Faut-il s'étonner que pour des étudiants de l'Université de Liège la Shoah devient l'objet de grosses rigolades et de folklore?  On critique les étudiants mais pas les professeurs!

Il est clair que François Fillon en prononçant ce discours, qui n'a pas échappé à la vigilance et à la perspicacité du professeur Bricmont, ne peut avoir que les motifs les plus bas et les plus opportunistes... Aucun politicien belge ne prononcerait un tel discours. Quel soulagement...

Jean Bricmont @ Facebook:
"Qu'on ne me dise pas que cette religion n'est pas "utile":
François Fillon déclare en substance: «J’ai toujours été passionné par le destin d’Israël (..) Je me souviens de la guerre des Six-Jours. J’avais 13 ans. L’oreille collée à la radio, je suivais les événements où l’on parlait d’un chef militaire à l’oeil bandé – Moshé Dayan – et je sentais que l’Histoire était là-bas brûlante. (…) Pendant la guerre du Kippour, j’ai tremblé pour Israël. Le souvenir de la Shoah fait partie de votre âme, mais elle fait aussi partie de notre conscience européenne, et même universelle. Ce qui vous touche nous touche, ce qui vous tourmente nous tourmente, car il existe entre Israël et la France, entre Israël et l’Europe, un lien moral et historique.»"
Capture d'écran

Commentaire d'un internaute: "Les salafistes se masturbent le cerveau avec le même genre de rhétorique."

"Juif" est l'insulte N° 1 dans les cours de récréation en Norvège

Quand on ne se moque pas des Juifs on les insulte...

Le quotidien Aftenposten rapporte que l'insulte la plus courante dans les écoles norvégiennes est "Juif".  Les autres étant "pédé" et "pute".

La direction des établissements scolaires et les enseignants font preuve d'indifférence et les enfants ont peur d'afficher leur affiliation religieuse. Il y a environ 1300 juifs en Norvège, dont 160 enfants.

Pour plus de détails voir: “Jew” is the most common swear word in Norwegian schoolyards @ Norway, Israel and the Jews

samedi 18 octobre 2014

Belgique: le témoin principal d’une importante affaire de blanchiment d’argent imputée au Hamas et au Jihad islamique vit à Liège

Contexte: Death_of_Daniel_Wultz et 2006 Tel Aviv shawarma restaurant bombing

Un témoin-clé d'un méga-procès aux Etats-Unis retrouvé à Liège

Des avocats new-yorkais ont retrouvé en Belgique, à Liège, le témoin principal d’une importante affaire de blanchiment d’argent imputée au Hamas et au Jihad islamique, une affaire très médiatisée qui a suscité pas mal de remous diplomatiques entre les Etats-Unis, la Chine et Israël, a appris "La Libre Belgique".

Le 14 octobre, après avoir été déboutés par une procédure en référé à Liège, ces avocats ont demandé à la justice américaine d’entamer une procédure d’entente judiciaire avec la Belgique pour pouvoir entendre ce témoin dans notre pays, a également appris "La Libre".

Said Al-Shurafa vit à Liège, à deux pas des brasseries Jupiler, avec son épouse et leurs quatre enfants. Il a obtenu l’asile (dit de "protection subsidiaire") en Belgique où il vit depuis 2011. Il affirme sous un compte Facebook ouvert sous le nom d’emprunt " Zayed Zayed " qu’il étudie à l’Université de Liège. Le compte a été précipitamment fermé à la suite de la découverte de son domicile liégeois par les avocats new-yorkais.

La famille Al-Shurafa mène une vie tranquille en Belgique, mais le compte Facebook souligne les liens très forts et émotionnels avec la bande de Gaza. Il comportait notamment une vidéo à la gloire de la branche militaire du Hamas et de nombreuses photos d’enfants palestiniens tués dans des bombardements israéliens.

[...]

La Belgique se voit donc subitement propulsée au centre d’une affaire qui a fait grand bruit aux Etats-Unis et en Israël. Elle démarre avec un attentat revendiqué par le Jihad islamique le 17 avril 2006 devant un restaurant fast-food de Tel Aviv. Il avait fait dix morts, dont le kamikaze, et 49 blessés. L’un des blessés décéda un mois plus tard. Il s’appelait Daniel Wultz. Il avait 16 ans et était de nationalité américaine. Son père, Yekutiel Wultz, était avec lui. Il fut sérieusement blessé mais échappa à la mort.

La famille, sous l’impulsion d’Israël, entama une procédure judiciaire qui avait pour but de remonter jusqu’aux sources du financement de Jihad islamique et du Hamas, le nouveau maître à bord de la bande de Gaza. Une première dans l’histoire de la justice américaine : elle obtint en 2012 la condamnation de la Syrie et de l’Iran pour avoir soutenu "des militants palestiniens" dans l’attaque suicide. La US District Court of Washington évalua le dommage à 323 millions de dollars, dont jamais un centime ne fut payé.
Suite

Université de Liège: la Shoah devient l'objet de grosses rigolades et de folklore

"Paraît même que les bleuettes sont partantes pour se tatouer le portrait de leur grand-mère sur le bras!"

Juifs prêts à être gazés...
Le journaliste américain Jeffrey Goldberg est "eurocynique". En effet, chez de nombreux Européens éduqués le cynisme en ce qui concerne les Juifs n'a pas de limites. Jeffrey Goldberg constate que "l'Europe est devenue un marécage d'hostilité anti-juive".  L'extermination de six millions de Juifs européens, dont un million et demi d'enfant fait de plus en plus rire, et pas seulement Dieudonné et ses fans.  En consultant les médias et leurs professeurs, ces étudiants de l'université de Liège pensent que les Juifs ne sont capables que du pire.  Ils savent pertinemment que leurs petits amusements leur vaudront quelques propos indignés de la part d'associations juives.  Peut-être s'excuseront-ils.  Et alors on dira qu'un certain "lobby" qui domine le monde entier a fait pression sur eux...  Ca ne fait que deux mille ans.  Au fait combien de Juifs y a-t-il à Liège?

"Sois déguisé en L... C... ou en juif connu
pour amadouer les gardes frontières.
Soirée à aller simple"
C’est avec effarement que l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB) a découvert que le comité de baptême de Philosophie et Lettres de l’ULG organisait une “soirée à l’aller simple” (en wagons plombés?) avec pour thème “Le mardi, on rentre à Gaza en famille!”.

Voilà comment le thème de la soirée est expliqué: “M... s’en est allée torturer quelques Palestiniens et elle nous laisse le cœur brisé. Mais, comme L... C..., on aime passer d’une cause à l’autre et s’y atteler avec acharnement, c’est pourquoi le CB Philo t’invite à sa nouvelle bleusaille : Le mardi, on rentre à Gaza en famille!

Bleu, te voilà dans la peau d’un petit Palestinien. Le but de ta soirée étant d’éviter le grand méchant Juif et de retrouver tes pénates heureux et entier (si possible).”

Le folklore estudiantin a pour tradition de dénoncer par la dérision et l’humour. Ici nous sommes dans toute autre chose: une vision manichéenne et antisémite du conflit israélo-palestinien. C’est le “petit palestinien” qui est confronté au “grand méchant Juif”.

Les bleus sont appelés à s’identifier à des victimes de Juifs. Par contre pour accéder à la soirée, ils sont invités à se déguiser soit en L... C... (militante PTB pro-palestinienne) soit en “juif connu” pour “amadouer les gardes frontières”. C’est à la fois un appel aux clichés caricaturaux visant les Juifs et à la stigmatisation des personnalités juives.

L’image sur l’affiche est sans ambiguité, la Juive est représentée symboliquement avec une kippa et des yeux rouges sataniques. Elle prévient les “petits Palestiniens” qu’elle les empêchera de passer. Les organisateurs renforcent le trait: Evitez le grand méchant Juif si vous voulez rentrer chez vous heureux et entier.