samedi 28 mars 2015

On oublie la vieille vindicte antijuive distillée par le christianisme pendant des siècles

Daniel Sibony: À propos de l'antisémitisme chrétien

Eglise de Wittenberg: des Juifs tétent une truie,
tandis qu’un autre examine l’anus de l’animal
c.  1305
À force de penser aux actes antijuifs se réclamant de l'islam, on en oublie la vieille vindicte antijuive distillée par le christianisme pendant des siècles, qui continue d'être enseignée au catéchisme. C'est ainsi qu'une maman d'élèves m'apprend que son petit de cinq ans est rentré de l'école en criant Dieu est mort! Elle pensait qu'il citait Nietzsche, car il est très avancé, mais non, car il a ajouté et C’est les juifs qui l'ont tué! Elle s'en est inquiétée, elle a parlé à une proche, catholique, qui en a parlé au curé de la paroisse, à Paris, et il n'a rien répliqué, lui suggérant de laisser tomber cette question; plus précisément, de ne pas en parler.

Cathédrale d'Evora (Portugal): Deux Juifs dont un à tête de chien
portent le "chapeau juif", pointu en forme de cône. c. 1330
Ce n'est déjà pas si mal, que la vindicte antijuive du christianisme, des chrétiens veuillent qu'on n'en parle pas, mais acceptent de l'enseigner aux enfants. De même, la vindicte antijuive de l'islam, les musulmans, surtout en Europe, invitent à ne pas en parler, et même à nier qu'elle existe dans leurs textes fondateurs, ce qui est une autre façon de la protéger et de continuer à l'enseigner ; c’est le cas dans toute école coranique qui se respecte. Ce désir de ne pas en parler indique au moins un tiraillement entre la fidélité à la tradition, et le sursaut d'honnêteté qu'imposerait l'évidence.

Car enfin, s'agissant du christianisme, quatre points évidents sont à rappeler:

1) Ce ne sont pas les Juifs qui ont tué Jésus, mais les Romains; car sous l’occupation romaine, les Juifs n'avaient pas droit de vie et de mort même sur des Juifs; et Jésus en était un (ce que bien des chrétiens ignorent)
2) Les Évangiles parlent de la foule des Juifs qui approuvèrent sa mise à mort. Mais ils parlent aussi des foules qui le suivaient pendant sa prédication qui a duré trois ans; et ces foules, c'étaient des Juifs. N'est-il pas curieux que lorsque des foules suivent Jésus on ne dise pas qu’elles sont juives, mais quand une foule lui est hostile, elle soit juive et représente «les Juifs»? Pourquoi ne pas reconnaître à ce peuple une certaine diversité?
3) Dans leur grande majorité, les fidèles de ce qui allait devenir le christianisme étaient des Juifs. On peut même dire que ce sont eux qui, les premiers temps, ont donné corps à cette nouvelle religion, qui est née, rappelons-le, du cœur même de la juive, et qui ne cesse de se référer aux textes juifs.
4) N'est-il pas indécent que le christianisme  retienne surtout - et enseigne – que «les Juifs» ont tué Dieu, quand c'est eux qui ont apporté ce Dieu? Je parle non seulement du Dieu-homme que serait Jésus mais du Dieu de la Bible juive qui est aussi le Dieu des chrétiens?

mercredi 25 mars 2015

Que signifie vraiment "La France sans Juifs n'est plus la France"?

Que signifie "La France sans Juifs n'est plus la France"?  Cette phrase a été déclinée en plusieurs langues à la suite de violences perpétrées en Europe contre les Juifs.  Mais que signifie l'Europe, la France, le Danemark, l'Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne sans Juifs ne sont plus les mêmes?  Manfred Gerstenfeld s'est penché sur cette éventualité, pour partie, en voie de réalisation:  Is Europe, Bereft of its Jews, No Longer Europe?

Tuerie au Musée juif de Bruxelles
perpétrée par le Français Mehdi Nemouche

Over the last few months, a number of leading European politicians have declared how important it is that the Jews keep residing in their various countries. Government leaders also claim that they will do the utmost to protect their Jewish communities against a rising tide of anti-Semitic attacks.
The reason for these declarations derives from a number of factors. The primary one is the rise of lethal attacks on Jews by Muslim Europeans.[...]

French Prime Minister Manuel Valls has been the most outspoken of the European leaders who believe that Jews should remain in Europe. Jewish filmmaker Claude Lanzmann wrote an article titled, “France without Jews would not be France,” which Valls referred to the next day in a major speech at the French National Assembly. Valls said, “Claude Lanzmann wrote a wonderful article in Le Monde, yes, say it to the face of the world, a France without Jews is not France.”  [...]

An alert observer might remark that there was a crucial admission lacking in all of these statements: “France is no longer France, since it let in, non-selectively, millions of Muslims from countries where anti-Semitism is rife.” These include immigrants from Algeria where 87% of those polled by the ADL expressed anti-Semitic views, Tunisia where 86% of respondents held anti-Semitic views, and Morocco, where 80% polled were anti-Semitic. One reaction to this mass Muslim immigration is that the extreme-right National Front is France’s leading party, according to many current polls.  In the first round of the French departmental elections in March it came however after the conservative UMP party of former president Nicolas Sarkozy.

There is a second point such an observer could raise. Hypothetically, even if the entire Jewish community were to leave France, how much of an impact would that actually make on French society? The positions of the departing lawyers, doctors, journalists, politicians, philosophers, shopkeepers, artists, and so on would be filled up quite rapidly. We have seen extreme precedents for such a phenomena in Europe during the German occupation when many Jews were initially expelled from their jobs. However, such a massive departure of Jews would have a great symbolic impact on France’s image. In January, Valls said to journalists that France is a state where there is “territorial, social, and ethnic apartheid.” The departure of many Jews would add an additional dimension to France’s character as a failing democratic republic.

German Chancellor Angela Merkel also came out on the subject and said, “We are glad and thankful that there is Jewish life in Germany again, and we would like to continue living well together with the Jews who are in Germany today.” The psychological importance of the Jewish presence in Germany – comprised mainly of immigrants from Russia - is far greater in that country than in France, even though they make up a much smaller percentage of the general population. In view of Germany’s Nazi past, the presence of Jews serves as a major image-enhancer that today’s Germany is not only different in nature, but that it is a healthy democracy.  [...]

mardi 24 mars 2015

Pour les antiracistes du 21 mars, l’État fait du philosémitisme!

Caroline Artus @ Boulevard Voltaire

Cent vingt-cinq associations soutenues par l’extrême gauche ont défilé «contre le racisme et contre le fascisme», le 21 mars, la veille des élections départementales, dans quelque vingt villes de France. Avec – entres autres exigences – «la fin des contrôles au faciès, l’arrêt des démantèlements des camps de Roms, le retrait des lois racistes contre les musulmans, la régularisation de tous les sans-papiers, la fermeture des centres de rétention, le droit de vote des étrangers», etc. On n’y comprend plus rien.

Antiracistes, ceux qui brandissent dans les rues de Paris des pancartes en hurlant «Nique la France et son passé (barré d’une croix) son présent colonialiste» ? Républicains, les Indigènes de la République quand leur mot d’ordre fétiche est « La République est une religion islamophobe » ?

Contre l’antisémitisme, ces mêmes Indigènes, quand ils publient un communiqué pour en finir «avec tous les visages du racisme républicain dont l’islamophobie, la négrophobobie, la romophobie, et le… philosémitisme»[...] «Philosémitisme», c’est nouveau, ça. L’État serait coupable de sympathie particulière envers les juifs? [...]

Il est très préoccupant d’entendre ces autoproclamés antiracistes crier, du matin au soir et du soir au matin, au retour de «la bête immonde» mais ne voir aucune forme d’antisémitisme à accuser l’État de trop aimer les juifs. Ont-ils perdu tout sens commun ou cherchent-ils à embrouiller définitivement l’esprit des Français? Pour preuve, le slogan, à Toulouse : « Valls ou Le Pen, c’est pareil ».   La suite.

vendredi 20 mars 2015

Il y a beaucoup de confusion sur le contenu du terme d'antisémitisme

Jean-Pierre Bensimon @ France-Israël Marseille: Fric frac autour de l'antisémitisme (via Desinfos)

Tuerie au Musée juif de Bruxelles
par le Français Mehdi Nemouche

Selon le plus récent diagnostic présidentiel, la vague d'antisémitisme que connait la France est imputable à l'extrême droite et à une très abstraite "haine d'Israël."(1) La base factuelle de son analyse est l'étude de Fondapol de novembre 2014. Le diagnostic, comme l'étude qui le précède, ne sont pas seulement erronés. Ils masquent le cœur du problème et ne nous approchent pas d'un millimètre des solutions, s'il en existe.
Il y a beaucoup de confusion sur le contenu du terme d'antisémitisme. On range aisément sous la même rubrique le simple préjugé et l'assassinat. Quand on n'oublie pas complètement les auteurs des crimes, comme François Hollande, on accepte aisément l'idée qu'ils sont une minuscule frange d'individus égarés ou déséquilibrés, quasiment isolés, sans attaches idéologiques et logistiques avec les grandes force qui modifient aujourd'hui le visage de la planète. Beaucoup croient aussi, ce sont les paroles du président, que l'État est un protecteur sincère des juifs français et que l'inflexible permanence des politiques publiques antisionistes n'a rien à voir avec eux, avec leur image, ni avec leur sécurité.

Mieux, au nom d'une fausse lutte contre un antisémitisme décontextualisé, il ne reste que des opérations d'intoxication politiciennes destinées à préserver les rentes électorales des partis traditionnels. L'enquête de Fondapol à l'initiative de Dominique Reynier, citée plus haut,(2) est un modèle de ces tartuferies fondées sur l’ambiguïté des termes. L'enquête désigne, chiffres à l'appui, la base sociale du Front National comme principal foyer de l'antisémitisme contemporain. Or, c'est justement de ce coté du spectre politique et sociologique que les risques sont les moindres. Roger Cukierman, qui avait justement qualifié d'"irréprochable" en la matière le comportement de Marine Le Pen a été contraint par les meutes de la parole conforme à manger son chapeau le jour même. Dans les faits, l'enquête de Dominique Reynier est calibrée pour donner une nouvelle jeunesse à l'équation diabolisante FN=fascisme=antisémitisme si appréciée par François Hollande, une trouvaille fameuse de François Mitterrand pour lier les mains de ses adversaires de droite. Comme effet secondaire, elle dissimule les vrais responsables de la montée des passions antisémites inouïes qui sèment désormais la mort dans le Vieux continent. Et faute d'un  diagnostic sérieux, comment nommer et traiter le mal ?

Trois antisémitismes bien spécifiques sévissent aujourd'hui en France et en Europe. Après les attentats tout récents de Bruxelles, de Paris et de Copenhague, on ne peut pas comprendre les origines du djihadisme sanglant sans distinguer soigneusement ces trois phénomènes.  Suite.

jeudi 19 mars 2015

Pour Fabius Israël serait responsable des désordres au Moyen-Orient

C'est bien ce que semble suggérer habilement le ministre français des Affaires étrangères à propos des Elections israéliennes - Déclaration de Laurent Fabius (18 mars 2015). Extrait:

"S’agissant du processus de paix, seule la création d’un Etat palestinien viable et souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël, permettra d’assurer paix et prospérité au Proche-Orient."

A comparer avec le communiqué de la chancelière Angela Merkel:

"Bundeskanzlerin Angela Merkel hat heute Vormittag dem israelischen Ministerpräsidenten Benjamin Netanjahu in einem Telefonat zu seinem Wahlsieg gratuliert.

In dem Telefonat unterstrich die Bundeskanzlerin auch die Haltung der Bundesregierung, dass die Sicherheit Israels am besten im Rahmen einer Zweistaatenlösung gewährleistet werden kann."


Commentaire du blog TNA:

Meanwhile, Assad is slaughtering his people, Islamic State is threatening to conquer everything from North Africa to Iraq and the Arabian peninsula.  Cyprus and Jordan barely have running water.  But a Palestinian State will solve all problems.  Because we all know it's really all the Jews' fault.

This isn't a new sentiment.  More recently, European officials have said in private talks that the Palestinian-Israeli conflict is fueling Islamic State recruitment. 

mercredi 18 mars 2015

Pour le gouvernement grec les Juifs grecs sont des étrangers

Les nouveaux dirigeants grecs, dont on a pu apprécier la finesse depuis qu'ils dirigent le pays, semblent considérer que les Juifs sont des étrangers.

A l'occasion de la cérémonie de la commémoration de la Shoah à Salonique, le gouvernement s'est fait représenter par un employé du ministère des Affaires étrangères.


 Abravanel blog (via The New Antisemite)

11 juillet 1942 - scènes de barbarie nazie à Salonique: Le 11 juillet 1942, les nazis réunissent 9.000 hommes juifs de 18 à 45 ans dans le Square de la Liberté à Salonique (Eleftherias Square). Les nazis les ont épuisés en les obligeant à faire, pendant des heures et sous la chaleur, des exercices, à marcher à quatre pattes etc. Ils leur ont donné des coups, ils les ont humiliés. De bout en bout, le rire des bourreaux a accompagné ces scènes barbares.



Comment une université belge méprise son propre principe quand il s’agit d’Israël

Ce texte nous a été envoyé par Watch : Antisemitism in Europe.  Il convient de signaler que ces incidents n'ont rencontré (VUB et ULB) aucune opposition publique de la part des milliers d'étudiants qui les fréquentent ni de la part du corps professoral.  On  pense tout naturellement à la situation que décrit Michel Houellebecq dans son dernier roman Soumission et qui pourrait devenir une réalité: "L'accord comportait-il une clause interdisant l'accès de la fac aux organisations juives?  Là encore ce n'était qu'un bruit, difficilement vérifiable, mais le fait est que l'Union des étudiants juifs de France n'était plus représentée, depuis la dernière rentrée, sur aucun campus de la région parisienne, alors que la section jeunesse de la Fraternité musulmane avait, un peu partout, multiplié ses antennes."
Des membres du projet «Watch : Antisemitism in Europe» ont envoyé un mail à la Vrije Universiteit Brussels (VUB) la semaine dernière afin de protester contre sa décision d’autoriser une vidéo-conférence avec Khalida Jarrar, représentante du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par l’Union Européenne et les Etats-Unis. Cette vidéo-conférence a été organisée par le mouvement de boycotte anti-israélien (BDS), dont des militants ont pris à partie la veille de la manifestation (le 3 mars) des étudiants juifs dans le campus de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), les traitant de « fascistes » et de « terroristes » dans un pays où des citoyens juifs ont pourtant été assassinés pas de vrais terroristes.

Dans sa réponse que le projet « Watch » a pu se procurer le 4 mars, l’université indique que la-dite manifestation publique concernait uniquement «la situation politique et sociale en Israël» et «non l’antisémitisme», niant ainsi le fait que les membres du mouvement BDS, dont le seul but est la délégitimation de l’Etat d’Israël, puissent avoir un lien quelconque avec l’antisionisme – une forme de l’antisémitisme contemporain, selon la «Définition de travail de l’antisémitisme». En outre, l’université s’est appuyée dans sa réponse sur son propre principe de la «libre recherche» (free inquiry) afin de se prononcer contre « la censure d’activités organisées par des étudiants ». En principe, la VUB ne souhaite adopter aucune position dans ce «conflit politique» mais dans les faits l’université a bel et bien pris parti en donnant carte blanche au mouvement BDS et au FPLP.