dimanche 17 février 2013

Le carnaval d'Alost oserait se moquer des musulmans comme il se moque des Juifs?

Il est permis de se moquer des Juifs - de leur incroyable laideur et de leurs nez crochus - et de la Shoah au carnaval d'Alost.  Or quand en 2005, on s'y était moqué des musulmans et de leur culture, il se sont sentis offensés ("Carnaval in Aalst kwetst moslims").  La Ligue arabe n'avait pas apprécié le "racisme" et avait envoyé une lettre à ses 22 ambassadeurs afin qu'ils interviennent auprès du gouvernement belge pour que la chose ne se répète plus.  Une lettre d'excuses aurait été envoyée par un ministre.  Et depuis lors on ne se moque plus des musulmans au carnaval d'Alost.  Mais officiellement le carnaval se réserve le droit de se moquer de tout le monde, n'accepte aucune (auto)censure qui signerait la fin du carnaval... Mais on fait attention sur qui on rigole, sans le dire bien entendu!

Quatre ans après, en 2009, au carnaval d'Alost des hommes d'âge mur s'étaient déguisés en Juifs orthodoxes: le nez crochu et l'étoile juive étaient convoqués pour faire rire. Le keffieh et les hélicoptères de combat (photo ci-dessus à droite) diabolisent les Juifs et Israël et importent le conflit israélo-palestinien en Belgique. Tout était si osé et a fait beaucoup rigoler.  
A nouveau en 2013 - année du 80e anniversaire de la montée d'Hitler au pouvoir - on se moque des Juifs et de leur extermination au point que Irina Bukova, la directrice générale de l'UNESCO a réagi: "La Directrice générale s’indigne d’une représentation antisémite caricaturant l’holocauste au Carnaval d’Alost  La Directrice générale a appris avec indignation le défilé d’un faux wagon nazi avec des officiers SS riant et buvant du champagne au son de chansons populaires allemandes, lors du Carnaval d’Alost, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.  "Je suis profondément choquée par cet acte inadmissible qui est une insulte à la mémoire des 6 millions de juifs morts dans l’Holocauste [dont un million et demi d'enfants]. Ce wagon nazi est contraire aux valeurs du Carnaval d’Alost, inscrit au patrimoine de l’humanité [...] "Le recours à l’histoire de l’Holocauste pour dénoncer une situation politique locale et attiser la haine témoigne d’une banalisation inquiétante de la Shoah et de la déportation au cœur même du continent où ce drame s’est produit"."
 
Il est clair que si la communauté juive avait réagi, comme en 2009, on l'aurait envoyée balader.  Dans ce cas un membre du gouvernement a écrit à l'UNESCO...

En anglais: Belgium: making fun of Jews and the Holocaust

4 commentaires :

Anonyme a dit…

Chassez le naturel et il revient au galop. Il n'a plus rien a espérer de la Belgique. La haine des juifs est proportionnelle à la décadence de ce pays.

Fraternellement Franco

Philo a dit…

Bonjour Franco,

Tous les pays européens font face au même problème et réagissent de la même manière. Il est clair que la Belgique est exceptionnellement active dans le dénigrement d'Israël. Mais fondamentalement les Juifs devraient réfléchir à ce qu'a écrit Jean-Claude Milner il y a dix ans:

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."

(Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003)
Cordialement.

prof a dit…

En effet, je souscris aux propos de Milner qui invite les juifs à se délivrer de l'Europe.

Inadmissible que l'on puisse se moquer et prendre par dessus la jambe de tels artifices. On ne peut empêcher la liberté de s'exprimer mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons la cautionner.

Abject! Voilà ce que j'en pense. Je suis un goy mais je ne peux plus supporter cette haine et cet antisémitisme qui prolifèrent allègrement sans qu'une voix publique s'élève pour dénoncer cette horreur!

Dormez citoyens! Demain quand vous vous réveillerez ce sera trop tard!

Gilles-Michel DEHARBE a dit…

Que devient l’antisémitisme européen et démocratique postmoderne ?

Milner pointe encore les pièges du tout, de l’universel, grâce aux catégories du tout limité, du logico-politique et du passe-tout illimité de la société, il montre les glissements de la langue qu’opère l’universel.

Du « Nul n’est censé ignorer la loi » du logico-politique, on est passé au « Nul n’est censé connaître ses droits » de la société sans limites, aux droits illimités.

L’unification européenne et la paix qu’elle promeut portent à jamais la marque du zyklon B.