samedi 4 avril 2020

Elias Canetti: Les gens ne veulent plus entendre parler des souffrances de juifs


Elias Canetti, prix Nobel de littérature 1981:
"Les souffrances des juifs étaient devenues une institution, mais elle est périmée.  Les gens ne veulent plus en entendre parler.  C'est avec étonnement qu'ils ont pris connaissance du fait qu'on pouvait exterminer les juifs; et maintenant, sans peut-être s'en rendre compte eux-mêmes, ils ont une nouvelle raison de mépriser les juifs.  Dans cette guerre-ci, en effet, on a fait usage des gaz, mais seulement contre les juifs, et ils ne purent rien. Même l'argent, qui jusque-là leur donnait une puissance, fut impuissant contre cela.  Ils ont été dégradés, d'abord en esclaves, puis en bétail et finalement en vermine.  La dégradation en elle-même aura été une réussite; chez les autres qui en ont eu connaissance, les traces seront plus difficiles à effacer que chez les juifs eux-mêmes.

Tout acte de la force, toute action du pouvoir est à double tranchant; chaque avilissement excite l'outrecuidance des orgueilleux et en contamine d'autres, pour qui l'orgueil dominateur ne manque pas de séduction.   
La très ancienne histoire des rapports entre les juifs et les autres peuples a radicalement changé: on ne les déteste pas moins, mais on a cessé des les craindre.  C'est pourquoi les juifs ne sauraient commettre une faute plus grande que de poursuivre ces lamentations dans lesquelles ils étaient passés maîtres, et qu'il ont plus que jamais l'occasion maintenant de reprendre et de continuer."
Écrits autobiographiques: Le Territoire de l'homme (1942-1972), p. 1057.

dimanche 29 mars 2020

"La France malade du conflit israélo-palestinien" selon Pascal Boniface (2014)


Alors que la pandémie de coronavirus progresse et fait des ravages dans le monde, et bien entendu la France n'est pas épargnée, on se souviendra que le spécialiste Pascal Boniface, grand favori des certaines élites et des médias français, avait détecté une autre maladie qui ronge la France.

En 2014, Pascal Boniface publiait un ouvrage où il annonçait au monde que la France était malade du conflit israélo-palestinien et que celui-ci est une maladie qui "ronge", divise et gangrène la société française.

Si l'on suit le raisonnement de Pascal Boniface, la France est confrontée maintenant à deux redoutables maladies: le fameux "conflit" et le coronavirus.

On s'arrêtera là, mais on conseillera néanmoins la lecture de l'article du regretté Luc Rosenzweig @ Causeur: Boniface qui mal y pense (2011)
Le «géopoliticien» Pascal Boniface, expert toutes mains au service des radios et télés pour expliquer le monde aux benêts, n’aime pas la concurrence. Pour triompher de ses rivaux, il ne se contente pas d’essayer d’être plus brillant, plus pédagogue, plus érudit qu’eux.

Il vient de publier un opuscule dont je ne mentionnerai ni le titre, ni l’éditeur, qui a pour seul et unique objectif de couvrir d’excréments ceux qui ont le culot de causer dans le poste pour y formuler des opinions divergentes des siennes. Etre en désaccord avec Boniface, sur Israël, l’Iran ou les révolutions arabes ne fait pas de vous un contradicteur, mais un faussaire, un menteur ou une mégère. La liste des suspects est dressée : Alexandre Adler, François Heisbourg, Pascal Bruckner, Frédéric Encel, Thèrèse Delpech, Caroline Fourest, BHL. Ceux-là feraient, selon lui, du mensonge conscient et réitéré leur fond de commerce intellectuel et médiatique.

Pour se dédouaner, Boniface affiche son amitié et son respect pour deux «sionistes» patentés, Alain Finkielkraut et Gilles-William Goldnadel. Tout le monde, c’est bien connu, excipe de ses «bons juif » pour justifier un pogrom éditorial qui écrase, au passage, le visage de quelques goyim égarés à coups de talon.

Nous nommerons désormais «bonifacerie» toute entreprise éditoriale de délation visant à déconsidérer un collègue avec des méthodes relevant de l’injure et de la diffamation.
Blog: Pascal Boniface roi des faussaires


mercredi 25 mars 2020

Le Pr Didier Raoult s'inquiète de la banalisation de l'antisémitisme (2015)


Un homme exceptionnel.

Didier Raoult: les juifs et les coiffeurs @ Le Point (2015)

La réaction de la population aux attentats de janvier traduit une banalisation de l'antisémitisme dans notre pays. Le Pr Raoult s'inquiète.
[…] Que la France se mobilise pour défendre la liberté de la presse, même quand elle outrage les musulmans, la partie de la population déjà la plus humiliée, est une chose, qu'elle banalise la mort de quatre personnes tuées dans un magasin casher, non pas pour ce qu'ils ont fait, mais pour ce qu'ils sont (juifs), est bien plus grave. L'horreur de la Shoah fut d'éliminer des hommes et des femmes au motif qu'ils étaient nés de parents juifs. La violence antisémite semble maintenant plus acceptée que l'atteinte à la liberté de la presse. Les manifestants auraient pu porter l'étoile jaune à côté de "Je suis Charlie", pour manifester leur solidarité avec les juifs. 
Par ailleurs, la transformation de la guerre israélo-palestinienne en guerre judéo-arabe par une partie de notre presse ignore délibérément la réalité. En effet, 20 % des Israéliens sont de confession musulmane, et ont une représentation parlementaire comparable à celle de n'importe quelle démocratie. L'armée israélienne comprend de nombreux musulmans, en particulier les druzes, qui font la guerre au Hamas de la bande de Gaza comme les Égyptiens. Hélas, les juifs ne peuvent vivre dans certains pays musulmans, parfois pas même les traverser, et le visa israélien sur un passeport peut vous empêcher de voyager dans un pays. L'inverse n'est pas vrai. Au Moyen-Orient, à l'exception d'Israël, c'est en Iran que les juifs sont les plus nombreux. Tout ceci montre que la simplification extrême, comme l'ignorance, est la base du racisme, elle obscurcit l'esprit.

La proportion de juifs tués pour leur origine est au même niveau en France qu'en Israël, pays en guerre! Il est temps de stopper l'antisémitisme de gauche déguisé en antisionisme, pour lutter efficacement contre la désinformation antisémite et ne pas laisser perpétuer l'idée que ce sont maintenant les juifs qui persécutent les autres religions… 
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lundi 23 mars 2020

Joann Sfar: "les Juifs eux-mêmes ne se projettent pas dans un avenir européen"


Joann Sfar:
Je pense que les Juifs ne sont pas menacés, dans le sens où ils seraient en voie de disparition, mais menacés dans le sens où le judaïsme vu comme voix culturelle, une expression de la polyphonie de nos sociétés, a de plus en plus de mal à exister. Ce, pour deux raisons: les Juifs eux-mêmes ne se projettent pas dans un avenir européen et leurs prises de parole sont de plus en plus suspectes. Il y a une difficulté à construire un maillage intellectuel dans lequel le judaïsme aurait sa place. Ce que des ennemis ont appelé il y a quatre-vingts ans la «question juive» est peut-être en train de se résoudre de façon funeste sur le territoire européen.
Source: Le Figaro

Lire également:
Nicolas De Pape: "Si j’étais juif, je partirais vers des cieux plus cléments"

dimanche 22 mars 2020

Tom Stoppard, 'Leopoldstadt' sa grande pièce de théâtre juive


Tom Stoppard
Wynn Wheldon @ Commentary:
The foremost dramatist in the English language has produced a masterpiece at 82

Tom Stoppard’s new play, Leopoldstadt, which recently opened at Wyndham’s Theatre in London, concerns the fates of two haute bourgeois Viennese families in the period from 1899 to 1955. As the play opens, there are 16 characters on stage, almost all of them Jewish. At the close, there are three.

Vienna 1899 is the city of Freud, Klimt, Mahler, Schnitzler. Ten percent of its population is Jewish. Great strides have been made. Says the patriarchal Hermann Merz: “My grandfather wore a caftan, my father went to the opera in a top hat, and I have the singers to dinner”—though “obviously prejudice doesn’t disappear overnight” and he has become “Christianized.” His son Jacob is circumcised and baptized in the same week. Hermann regards Vienna as “the Promised Land” and sees little point in Zionist dreams of a Levantine home. “Do you want to do mathematics in the desert?” he asks of his brother-in-law Ludwig.

Ludwig asserts that “a Jew can be a great composer. He can be the toast of the town. But he can’t not be a Jew.” The first part of Leopoldstadt ends with Hermann having to acknowledge as much after he challenges to a duel an officer, Fritz, who has made an insulting insinuation about his wife.
FRITZ: In my regiment an officer is not permitted to fight a Jew.
HERMANN: I’m a Christian.
FRITZ: This is painful for me.
HERMANN: I’m a Christian, damn you!
FRITZ: Let me put it this way. In my regiment, an officer is not permitted to fight someone whose mother was a Jew.
“Since a Jew is devoid of honor from the day of his birth,” Fritz says, “it is impossible to insult a Jew.” Hermann returns home to participate in a full-scale seder: “It is still our duty to retell the story of how we were brought out of Egypt…” This is the final line of the act.
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jeudi 5 mars 2020

"Le retour de l'antisémitisme est un phénomène stupéfiant à observer" (Ian Kershaw)


Entretien entre Marc Weitzmann, écrivain et journaliste,  et Ian Kershaw, historien britannique connu pour ses travaux sur la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler et le nazisme. Il est l'auteur d'une biographie en deux tomes, une des principales références actuelles sur Hitler, et de l'ouvrage Hitler – Essai sur le charisme en politique.

Ian Kershaw:
"[…] Rétrospectivement, nous savons que la superpuissance européenne a disparu dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais à l’époque on ne voit pas – ou on ne veut pas voir – les choses ainsi. […]

L’idée que bâtir des systèmes politiques stables est la meilleure réponse face à la menace de la guerre froide est alors très forte dans l’opinion publique, particulièrement du côté des gouvernements conservateurs. Les mouvements de gauche étaient, pour certains, bienveillants à l’égard de l’Est, voire l’érigeaient en exemple. Le prix à payer pour ce désir de stabilité est d’abord une certaine amnésie historique. On prête très peu d’attention aux ravages cataclysmiques commis par les nazis, l’Holocauste en particulier est négligé – le terme est d’ailleurs inconnu à l’époque. […]

Il est facile de dire que les spectres du passé reviennent nous hanter. Il y a des parallèles, bien sûr, mais les mouvements populistes de droite, par exemple le Front national et le mouvement pro-Brexit, qui ont des similitudes, sont des réactions aux impacts négatifs de la mondialisation. [...] Un grand revers a accompagné ce mouvement, et c'est ce revers que l'on peut comparer aux années trente dans la mesure où c'est l'autre, l'étranger (outsider) qui est pointé du doigt, l'Européen, l'immigré, le musulman, le juif. Le retour de l'antisémitisme est d'ailleurs un phénomène stupéfiant à observer."
Lire l'article complet @ Revue des Deux Mondes

samedi 29 février 2020

François Furet: En cherchant à détruire les Juifs, les nazis tuent la civilisation d'Europe


François Furet (1927-1997), historien français, spécialiste de la Révolution française et de son héritage idéologique:
"l'entreprise d'extermination vise des hommes, des femmes, des enfants du seul fait qu'ils sont nés tels, indépendamment de toute considération intelligible tirée des luttes pour le pouvoir. Le peuple de la Bible est inséparable de l'Antiquité classique et du Christianisme. Il survit comme témoin persécuté d'une autre promesse dans le Moyen Age chrétien.

En le martyrisant, en cherchant à le détruire, les nazis tuent la civilisation d'Europe par les armes d'un des peuples les plus civilisés d'Europe. Nous, je veux dire, nous les Européens et pas seulement nous les Allemands, ne sommes pas sortis de ce malheur qui va nous survivre".
Source: France Culture, Répliques, Alain Finkielkraut

dimanche 23 février 2020

Manès Sperber: "En terre chrétienne on s'apprêtait à massacrer les juifs sans penser au Crucifié"


Manès Sperber:
"Le nazisme a surpris les Juifs dans une situation où ils n'étaient ni enclins ni préparés à mourir pour Dieu. Ainsi, il se produisit pour la première fois en terre chrétienne qu'on s'apprêtait à massacrer les juifs sans penser au Crucifié. Et, pour la première fois, les juifs d'Europe durent mourir pour rien, au nom du rien. Nul enthousiasme nécrologique ne saurait balayer ce fait de la surface du globe, guérir la conscience malheureuse qui reflète sans cesse ce fait, et rien ne pourra jamais changer cela."
Churban ou l'Inconcevable Certitude (Churban oder Die unfaßbare Gewißheit (1979))

Cité par Imre Kertész dans L'Holocauste comme culture.  Kertész ajoute:
"Profonde vérité de ces paroles. Mais, durant les trente ans qui ont passé depuis la parution de l'essai de Sperber, il semble que l'autre face de cette vérité ait commencé à apparaître peu à peu."

vendredi 14 février 2020

La France dépenserait beaucoup moins que la Grande-Bretagne pour la sécurité de la communauté juive


"Les fonds publics versés à la communauté juive ne totalisent que 3,7 millions de dollars par an - «environ un cinquième de ce que les Juifs britanniques reçoivent de leur gouvernement, bien que la population juive de France soit à peu près le double de celle de la Grande-Bretagne»."

Judith Miller via City Journal:
Anti-Semitism, toujours - A new report highlights the dangers confronted by French Jews.

The most dangerous place to be a Jew in Europe today is France—that’s the conclusion of an as-yet unpublished, two-year report on anti-Semitism in 11 European countries, conducted by former NYPD commissioner Raymond W. Kelly for Ronald S. Lauder, the former U.S. Ambassador to Austria.

Lauder, president of the World Jewish Congress, has donated heavily to efforts combatting anti-Semitism in Europe and the United States. He asked Kelly, New York’s longest-serving police commissioner, to assess the growth of the anti-Semitism sweeping Europe and suggest practical ways to strengthen the security of Jewish communities and institutions.

Though the resurgence of anti-Semitism in Europe has been widely noted and condemned, Kelly’s report concludes that the threat to France’s 450,000 Jews—the world’s third-largest community, after Israel and the U.S.—is the most “acute.” Attacks and threats against French Jews surged 74 percent from 2017 to 2018, the report finds, and preliminary data for the first half of 2019 indicate “further intensification,” with another 75 percent increase last year. Moreover, the official estimates of some 500 attacks and anti-Semitic acts per year are “notoriously under reported,” according to the study, which contends that “no responsible individuals or even government representatives place much credence in these numbers.”  
Kelly and two additional investigators, David Cohen and Mitchell D. Silber, both former senior NYPD counterterrorism officials, blame the French government for failing to respond to the almost-constant violence against and harassment of French Jews. Government funds to the Jewish community total just $3.7 million a year—“about one-fifth of what British Jews receive from their government, though France’s Jewish population is roughly double that of Britain.” […]

While the report doesn’t urge Jews to emigrate, it suggests a bleak future for those who remain, given the projected population growth among French Muslims. The French Muslim population now stands at some 6 million, and a recent Pew study projects a 50 percent increase in their numbers by 2050, even with no additional immigration. […]

Overall, however, the report seems pessimistic. “Radical Islam is universally seen in France as a physical threat,” Kelly and his team conclude. “And this more violence-prone anti-Semitism is certain to worsen.”
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jeudi 13 février 2020

"Si j’étais juif, je partirais vers des cieux plus cléments" (Nicolas De Pape)


"Mais que souhaitent les Européens? Faudra-t-il, pour rendre l'Islam soluble dans l'Europe, que le Vieux Continent se désenjuive? Les Juifs seraient-ils le seul obstacle au grand accouplement islamo-européen? La réponse à cette question est imminente. Car, que dit-on lorsqu'un Juif est agressé par un Arabe? "Cela ne sert pas la cause arabo-musulmane." Il n'y a plus guère de question juive. Les Juifs n'intéressent plus personne sauf dans la mesure où ils interfèrent sur la question arabo-musulmane, laquelle est en Europe le grand enjeu de ce XXIe siècle." (Nicolas De Pape, "Sur la nouvelle question juive", Texquis, 2020, p.p. 86-87).  
Drieu Godefridi - entretien avec Nicolas De Pape, auteur de "Sur la nouvelle question juive" @ Causeur:
Causeur. Votre titre m’a interpellé. En quoi cette “question” est-elle actuelle ? Y a-t-il vraiment une “question juive” qui se pose, en 2020, en Europe ? 
Nicolas De Pape. Mon essai s’inscrit dans la filiation de Jean-Paul Sartre dont les Réflexions sur la Question juive avaient fait grand bruit à l’époque. Son argument principal était le suivant: "Ce sont les chrétiens qui ont créé le juif en provoquant un arrêt brusque de son assimilation et en le pourvoyant malgré lui d’une fonction où il a, depuis, excellé. Mais de ce souvenir les sociétés modernes se sont emparées, elles en ont fait le prétexte et la base de leur antisémitisme. Ainsi, si l’on veut savoir ce qu’est le juif contemporain, c’est la conscience chrétienne qu’il faut interroger: il faut lui demander non pas « qu’est-ce qu’un juif?" mais "qu’as-tu fait des juifs?" Le juif est un homme que les autres hommes tiennent pour juif: voilà la vérité simple d’où il faut partir."

Au 21e siècle, qu’avons-nous fait des Juifs? Avec l’arrivée massive d’une immigration musulmane en Europe et l’importation du conflit israélo-palestinien et la mise en place d’une société multiculturelle qui considère que l’Islam est la religion de l’opprimé, quelle est la place résiduaire des Juifs en Europe? Les Juifs ne sont plus que les "anciens opprimés" dans l’inconscient collectif européen. La paupérisation a reculé parmi les communautés juives assimilées à la "bourgeoisie". Face aux avancées de l’islamisme et de l’islamogauchisme, quelques intellectuels juifs ont été les premiers lanceurs d’alerte posant la question de la pérennité d’une Europe laïque, séculière. Mais ils se sont posés immédiatement la question de la place des Juifs dans cette Europe-là. Les Juifs sont-ils devenus les empêcheurs de danser en rond d’une société multiethnique qui nie toute référence identitaire ou toute référence nationale? Gilles-William Goldnadel n’hésite pas à dire que "Hitler était blanc. Les Blancs doivent donc disparaître. Or les Juifs sont les super-blancs." Dans Soumission, Michel Houellebecq décrit une France qui s’apprête à voter pour un président de la République à la tête d’un parti "musulman modéré". Le héros, un professeur d’université, s’apprête à se convertir à l’Islam pour monter dans la hiérarchie. Sa petite amie du moment est une jeune Juive française qui s’apprête à faire son alya (montée en Israël) devant l’évolution politique délétère de la France. Houellebecq a vu juste, une nouvelle fois: y a-t-il encore une place pour les Juifs dans une Europe qui s’islamise ? […]

Les raisons électoralistes sont réelles. Des politiciens avouent en privé se sentir obligés de soutenir la cause palestinienne, d’inhiber leur dénonciation de la recrudescence de l’antisémitisme et de condamner Israël de manière "automatique" pour ne pas mécontenter leur électorat musulman (majoritaire en voix dans certaines villes de France ou de Belgique). 
Mais comme vous le supposez, il y a des motifs plus sombres. En pleine seconde Intifada, Françoise Giroud, elle-même de gauche, a immédiatement saisi la trahison des élites. […]

Pensez-vous que l’exil de la majorité des Juifs d’Europe peut encore être évité? L’Europe est-elle condamnée à se trouver "Judenfrei" — ou Judenrein — comme l’est devenue l’Afrique du Nord? 
C’est la thèse d’Alain Finkielkraut. Le départ, quasi tous les Juifs y pensent sauf quelques juifs antisionistes pratiquant la haine de soi… Déjà, les plus riches fuient aux Etats-Unis, les "moyennement riches" en Israël, les autres déménagent vers des municipalités plus "jew-friendly". Les plus pauvres demeurent dans les cités "sensibles" et rasent les murs. […] 
Le constat est terrible mais, à la lumière de nombreux attentats ou fait-divers récents, un Juif reconnaissable ou observant n’est plus en sécurité en Europe ! Le scandale est que… personne ne trouve que c’est un scandale.

Il y a tout juste 75 ans était libéré le camp d’Auschwitz, probablement l’un des pires lieux de l’abomination dont l’homme est capable. 75 ans plus tard, l’Europe se vide à nouveau de ses Juifs. Ma question en conclusion : l’Europe mérite-t-elle ses Juifs? 
Non. Si j’étais juif, je partirais vers des cieux plus cléments. Après avoir accueilli 1,5 million de Syriens essentiellement pour combler des pénuries de main-d’œuvre, l’Allemagne constate qu’une part substantielle d’entre eux est antisémite. Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, s’inquiétant de la résurgence de l’antisémitisme dans son pays constate dans Der Spiegel (26 janvier 2020): "Nous devons prendre des mesures d’urgence pour éviter un départ massif des Juifs d’Allemagne." Peut-être fallait-il y penser plus tôt?
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mercredi 12 février 2020

Peter Hitchens traite Arafat d'"affreux vieil homme antisémite"


Peter Hitchens est l'un des journalistes britanniques les plus influents.  Dans une chronique parue dans le Mail on Sunday, Peter Hitchens écrit que Yasser Arafat était un "affreux vieil homme antisémite" qui a dit qu'il s'en foutait des Juifs car ils sont et resteront toujours des Juifs.  De son vivant, Arafat était généralement encensé dans la presse européenne.  Hitchens nous propose une appréciation opposée à la norme en vigueur.

Pointless 'peace plans' that fuel violence

Whatever happened to Middle East peace? Some sort of deal between Israel and the local Arabs was, for decades, the vital goal of diplomacy.

US presidents were obliged to try to achieve it. Both sides were repeatedly dragged to summits where they were forced to shake hands and smile at each other while clenching their teeth.

I was once present at one of these horrible staged occasions, on the White House lawn in September 1993, when a smiling Bill Clinton compelled Israel’s Yitzhak Rabin and that awful old antisemite Yasser Arafat (who once said ‘I have no use for Jews. They are and remain Jews’) to pretend to be friends.

That particular episode ended with the murder of Yitzhak Rabin by an ultra-Zionist fanatic and with a renewed wave of organised Arab violence on the West Bank of the Jordan.

In fact, this has been the outcome of almost all such efforts: more division, more violence, more barriers, more checkpoints.
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mercredi 5 février 2020

Affaire Mila: les élèves juifs fuyaient déjà l'enseignement public


Yves Mamou: Mila n’est pas la première victime du djihad scolaire - Les élèves juifs fuyaient déjà l'enseignement public (extraits):
L’affaire Mila est un épisode clé du démantèlement – qui a commencé par les juifs -, du seul vivre ensemble qui compte, le vivre-ensemble-républicain.

Rappelons-nous: Bernard Ravet, ce proviseur d’un lycée de Marseille avait raconté en 2017 qu’il avait dû refuser l’inscription d’un élève juif parce qu’il était incapable d’assurer sa sécurité(1). Les mêmes racailles antisémites qui ont chassé les élèves juifs des écoles publiques dans de nombreux départements, chassent maintenant les non juifs qui ne respectent pas le Coran.

L’épuration ethnique menée contre les élèves juifs évolue en épuration politico-religieuse. Seuls les dhimmis qui baissent les yeux devant le Coran seront-ils admis dans certains lycées publics?

(1) Principal de collège ou imam de la république? de Bernard Ravet, Kero
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mardi 4 février 2020

Dessins antisémites: la Ville de Strasbourg retire son prix au Portugais Gargalo


Par contre au Portugal, pas la moindre réaction…

DNA:
La Ville de Strasbourg et l’hebdomadaire Courrier international ont «fermement» condamné les dessins antisémites du dessinateur portugais Vasco Gargalo, qui avait reçu le prix du public de «Plumes libres pour la démocratie», lors du Forum mondial de la démocratie, en novembre dernier à Strasbourg. La Ville et l’hebdomadaire indiquent qu’ils « viennent de découvrir » ces dessins, «et notamment celui caricaturant Benyamin Netanyahou "enterrant" les Palestiniens dans un four crématoire, surmonté de la sinistre inscription d’Auschwitz "Arbeit macht frei"». 
Ils condamnent un «amalgame odieux consistant à utiliser la représentation de la Shoah pour illustrer la politique du gouvernement israélien ». « Il va sans dire que si [nous avions] eu connaissance [de ces] productions antisémites, aucun de ces dessins n’aurait fait l’objet d’une publication ou d’une participation à un prix », souligne le communiqué commun. En conséquence, par fidélité «aux valeurs des droits de l’homme et de la démocratie», la Ville de Strasbourg et Courrier International « considèrent aujourd’hui que Vasco Gargalo ne mérite plus de se prévaloir d’un Prix qui promeut ces mêmes valeurs, qu’il a transgressées».
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Via le B'nai B'rith

lundi 3 février 2020

Un média français a décerné un prix à un dessinateur portugais auteur de caricatures antisémites


On notera que les dessins antisémites de Vasco Gargalo ne choquent pas le moins du monde au Portugal.  Heureusement qu'en France et ailleurs en Europe et aux Etats-Unis ils choquent.

Tout comme la caricature d'un autre Portugais, António Moreira Antunes, qui a dépeint "Trump est représenté comme un homme aveugle, mais Netanyahou est représenté comme un animal, un chien, et même de race allemande" n'a pas non plus choqué le moins du monde au Portugal.

i24News:
"Aberration, provocation, infamie", a réagi vendredi le président de l'association Bnai Brith France

Le dessinateur portugais Vasco Gargalo, auteur de dessins antisémites et participant à des concours de caricatures en Iran a reçu en novembre 2019 un prix intitulé "Plumes libres pour la démocratie" de la part de "Courrier international".

"La cérémonie de remise des prix Plumes libres pour la démocratie s’est tenue le 5 novembre au cinéma Odyssée, à Strasbourg, dans le cadre du off du Forum mondial de la démocratie," indique un communiqué en ligne du journal.

Fin janvier, le lauréat avait publié sur son compte Twitter une caricature de Benyamin Netanyahou en train d'"enterrer les Palestiniens" dans un four crématoire.

"Aberration, provocation, infamie", a réagi vendredi le président de l'association Bnai Brith France, Phillipe Meyer.

Le dessinateur est coutumier de caricatures antisémites qu'il publie régulièrement sur son compte Twitter.

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samedi 1 février 2020

Politicien centriste portugais tient des propos antisémites sur l'agiotage des Juifs



Aristides de Sousa Mendes
Abel Matos Santos, du parti conservateur CDS (Centre démocratique et social, membre du Parti populaire européen au Parlement européen) s'en est pris au "Consul de Bordeaux", Aristides de Sousa Mendes, "Juste parmi les Nations", qui a sauvé de nombreux Juifs et démocrates qui fuyaient la persécution nazie et ce contre la volonté de Salazar.

En 2012, il a écrit sur sa page FB: "Pourquoi défend-on Sousa Mendes, qui fut un agioteur à la solde des Juifs?"

L'accusation d'agiotage est d'autant plus révoltante qu'Aristides de Sousa Mendes et mort endetté et dans la misère. Il fut inhumé vêtu d'une tunique de l'ordre des Franciscains car il ne possédait pas de costume.  Mais bien sûr on ne manquera pas dire que sa pauvreté était encore un complot fomenté par les Juifs...

Abel Matos Santos a également fait l'éloge de l'autocrate Salazar.

Il vient d'adresser une lettre à José Oulman Carp, Président de la commmunauté juive de Lisbonne. Il dénie toute intention antisémite et se dit victime d'une campagne politique visant à le déstabiliser.

Lire également:
Portugal: Le Juif est agioteur et idolâtre de sa race, J.M. Cymbron






lundi 27 janvier 2020

Shoah "Mesdames, Messieurs, au gaz, s'il vous plaît" - Tadeusz Borowski


Tadeusz Borowski, né le 12 novembre 1922 à Jytomyr en Ukraine et mort le 3 juillet 1951 (à 28 ans) à Varsovie, est un écrivain et journaliste polonais, survivant des camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau.

"Mesdames, Messieurs, au gaz, s'il vous plaît", Le Monde de Pierre (écrit en 1946 à 24 ans).
"Dispersés dans les coins, parmi les excréments et les montres perdues, il y a des bébés étouffés, piétinés, des petits monstres nus aux têtes énormes et aux ventres gonflés. On les attrape comme des poulets, plusieurs à la fois."
"On traîne un vieillard en frac, avec un brassard. Le vieillard heurte le gravier, les cailloux, de la tête; il gémit et répète sans relâche, comme une litanie: "Ich will mit dem Herrn Kommandanten sprechen, je veux parler avec le commandant." Il répète cette phrase tout au long du chemin, avec un entêtement sénile. Lancé sur un camion, piétiné, étouffé, il geint encore: "Ich will mit dem…" 
- Calme-toi, bonhomme, ah mais! lui crie un jeune SS qui part d'un rire sonore. Dans une demi-heure tu causeras avec le commandant suprême! Et n'oublie pas de lui dire "Heil Hitler!"

D'autres portent une fillette qui a perdu une jambe. Ils la tiennent par les bras et par la jambe qui lui reste. Des larmes lui coulent sur le visage, elle murmure plaintivement: "Messieurs, ça fait mal, ça fait mal..." Ils la jettent sur le camion, parmi les cadavres. Elle brûlera vive avec eux."
"Et il fit siffler sa cravache sur nos dos. J'attrapai un cadavre: une main s'enroula convulsivement autour de la mienne. Je me dégageai en poussant un cri et m'enfuis. Je fus pris tout à coup de nausées. Je vomis, accroupi sous le wagon. Titubant, je me glissai près des rails."

Shoah - Vassily Grossman


Texte de Vassily Grossman repris du blog de l'historien et théoricien militaire israélien Martin van Creveld et traduit de l'anglais très imparfaitement à l'aide de Google (ce dont nous nous excusons).

Vassily Grossman (1905-1964):
Furent tués des vieux artisans et des artisans expérimentés: des tailleurs, des chapeliers, des cordonniers, des ferblantiers, des bijoutiers, des peintres, des fourreurs et des relieurs;

furent tués des travailleurs, des transporteurs, des mécaniciens, des électriciens, des menuisiers, des tailleurs de pierre et des plombiers;

furent tués des conducteurs de wagons, des conducteurs de tracteurs, des chauffeurs de camion et des ébénistes;

furent tués des porteurs d'eau, des meuniers, des boulangers et des cuisiniers;

furent tués des docteurs: des médecins, des dentistes, des chirurgiens et des gynécologues;

furent tués des scientifiques: des bactériologistes, des biochimistes et des directeurs de cliniques universitaires;

furent tués des professeurs d'histoire, d'algèbre et de trigonométrie;

furent tués des professeurs, des professeurs adjoints, des étudiants et des doctorants;

furent tués des ingénieurs civils, des architectes et des concepteurs de machines;

furent tués des employés de bureau, des comptables, des vendeurs, des agents, des secrétaires et des gardiens de nuit;

furent tués des professeurs d'école primaire et des couturières;

furent tuées des grands-mères qui savaient tricoter des chaussettes, confectionner des biscuits délicieux, cuisiner de la soupe au poulet et des strudels aux pommes et aux noix, ainsi que des grands-mères qui ne savaient rien faire de tout cela, mais qui ne pouvaient qu'aimer leurs enfants et les enfants de leurs enfants;

furent tuées des femmes fidèles à leur mari ainsi que des femmes aux mœurs légères;

furent tués de belles filles, des étudiantes appliquées et des écolières qui aimaient rire;

furent tués des laids et des sots;

furent tués des bossus, furent tués des chanteurs, furent tués des aveugles, furent tués des sourds, furent tués des violonistes et des pianistes, furent tués des petits enfants de deux et trois ans;

furent tués des hommes de quatre-vingt ans dont les yeux étaient voilés par la cataracte, dont les vieux doigts étaient transparents et dont la voix était douce comme du papier qu'on froisse;

furent tués des bébés qui pleuraient en tétant le sein de leur mère jusqu'au tout dernier moment.

Lire le post @ le blog de Martin van Creveld

jeudi 23 janvier 2020

Protégé par la France, le site de l'église Sainte-Anne de Jérusalem héberge une ONG anti-israélienne


Protégé par la France, le site de l'église Sainte-Anne de Jérusalem, administré par les Pères Blancs, des missionnaires catholiques, héberge une ONG anti-israélienne - Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel (EAPPI).  Info Israel News écrit: "ce que Macron n’a pas dit à la police lorsqu’il les a empêché d’entrer, c’est que l’église Sainte-Anne est utilisée depuis des années comme base de militants du BDS opérant sous la protection du gouvernement français".

Source Wikipedia:

Le site de l'église Sainte-Anne de Jérusalem accueille une ONG chargée des rapports écrits sur les comportements des Israéliens et des Palestiniens lors des passages de checkpoints. Le nom de cette ONG est Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel  (EAPPI).

Ci-dessous la lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron par Dexter Van Dile de CAMERA.  Celui-ci a envoyé le 6 juin 2018, un mail, resté sans réponse, au ministère français des Affaires étrangères:

"An Open Letter to Emmanuel Macron, President of France" by Dexter Van Zile  @ The Times of Israel:
[…] Yusef Daher, runs the Jerusalem Inter Church Center (JICC) whose office is located in St. Anne’s compound. While he’s there, Daher enjoys the protection of French sovereignty, which you so ardently defended.

In the past, Daher has portrayed legitimate Israeli security measures at the Church of the Holy Sepulcher as a huge act of oppression against Christians worldwide. For example, Daher has unfairly portrayed Israeli efforts to prevent a stampede outside the church as an evil act against Christians in Jerusalem. […]

I don’t mean to add to your headaches, but given that you just defended French sovereignty over St. Anne’s in the Old City of Jerusalem, I feel compelled to ask you some questions about how France administers the property. The central issue is this: Why does France allow its sovereign territory in Jerusalem to be used by the JICC, which is led by Daher, as a staging ground for ideological and theological attacks on Jewish sovereignty in Israel? If you pardon the expression, that doesn’t seem ... kosher.

I raised this question with the folks in France’s Ministry of Foreign Affairs in 2018 and no one got back to me.

I even asked officials from the White Fathers, the Catholic religious order that operates St. Anne’s. They were pretty tight-lipped, but the one thing they did say is that St. Anne’s Monastery enjoys diplomatic protection, “just like an embassy.”

So, here is the relevant text of an email that I sent to the folks in France’s Ministry of Foreign Affairs in an email sent, interestingly enough, on June 6, 2018:
I am currently writing an article about an organization called the Ecumenical Accompaniment Program in Palestine/Israel (EAPPI). EAPPI is an institution of the World Council of Churches (WCC) that sends activists into Israel and the West Bank. The organization has come under increasing scrutiny and criticism from a number of institutions and commentators in Israel and elsewhere for its tendency to promote anti-Israel propaganda both in the Holy Land and in the home country of EAPPI activists.

EAPPI is closely affiliated with another WCC institution — the Jerusalem Interchurch Center — whose general secretary, a Palestinian Christian by the name of Yusef Daher, has posted ugly anti-Israel propaganda on his Facebook page.

I write to you because EAPPI is currently headquartered in the Church of St. Anne’s, a basilica located in Jerusalem’s Old City. The church, which is currently operated by the White Fathers, an order of Catholic missionaries, is located on French property given to France by the Ottoman Empire in the 1850s. The Ottoman Empire gave France the property out of gratitude for assistance given during the Crimean War. I also believe that the JICC is located in the same property. (I was at the property on Sunday, June 3, 2018 and saw that a French flag flies over the property.)

I am currently asking both the World Council of Churches and the White Fathers questions about the presence of the EAPPI and the JICC on the property of the Basilica, but I also need some information from the French government. My questions are: 
1. Is the property in question sovereign French territory? (If yes, does this confer any special diplomatic protection to the operations of the EAPPI and JICC?) I ask this question, because the language I see in articles indicates that the property is “owned” by the French government, but “entrusted” to the White Fathers. 
2. Am I correct in my belief that the JICC is also headquartered in St. Anne’s?

3. Who made the decision to allow EAPPI and JICC to put their headquarters on the property?

4. Did the French Government or anyone in the French diplomatic corps agree to allowing EAPPI and JICC to put their offices on the property or was this decision made exclusively by the White Fathers?

5. Is anyone in the French government or diplomatic corps concerned about the use of French property to house organizations that promote anti-Zionist propaganda. [Sic]

6. What would happen if the shoe were on the other foot and Israeli-owned property in France was used to de-legitimize France? (I know that this is a challenging question, but it seems like a reasonable one to ask.)
I don’t mean to be a nudge, Mr. President, but in light of your ardent defense of French sovereignty over St. Anne’s, these questions seem perfectly reasonable to ask. 
I hear tell that lot of Jews are leaving France and it just doesn’t seem right to help make their lives more difficult in their new home.
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Les Juifs, trahis par la République capitularde (Ivan Rioufol)


Ivan Rioufol:
Ecoutez-les: ils se lamentent cette semaine sur la montée de l’antisémitisme; mais ils s’arrangent pour ne pas désigner les coupables. Ainsi font les faux-culs de l’antiracisme. Leur silence vaut camouflage. Ce qu’ils cherchent à taire est, il est vrai, le résultat de leur idéologie. Car ils savent, ces prétendues belles âmes, que la haine du juif a muté avec leur consentement tacite. Elle n’est plus tant dans la vieille extrême droite nostalgique de fantômes vichyssois qu’au cœur de la nouvelle société arabo-musulmane issue de l’immigration. Un rapport de l’Ifop confirme ces jours-ci qu’un Français juif sur trois se sent menacé au quotidien. 84% des juifs âgés entre 18 et 24 ans disent avoir été victimes d’actes antisémites. Ce mercredi, Emmanuel Macron entame en Israël un court séjour à l’occasion du 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Mais les nazis d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Certes, certains attentats commis à l’étranger contre des musulmans par des suprémacistes blancs - notamment ceux de Christchurch (Nouvelle Zélande) le 15 mars 2019 - permettent aux faussaires d’alerter sur le danger d’une renaissance de l’extrême droite. En France, Jacques Attali est de ces intellectuels qui s’emploient à brouiller les réalités. C’est lui qui a déclaré, le 3 octobre 2019: "99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle". Dans un tweet du 4 octobre, il a aussi assuré: "Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme". Mais ceux qui n’osent nommer les ennemis des Juifs avalisent une ignominie. Ils sont les traîtres.

Oui, les Français juifs ont été trahis par la République capitularde. Ils ont été trahis par ceux qui avaient pour mission de protéger la nation de cette authentique "lèpre qui monte" qu'est l'antisémitisme. Or, quand Macron emploie cette expression, c’est pour dénoncer les peuples qui se réveillent. Le président porte une lourde responsabilité dans l’occultation des sources. Dans mon essai - Les Traîtres - je rappelle les procédés ignobles qui furent ceux du chef de l’Etat quand il laissa croire, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, que l’antisémitisme était porté par les Gilets jaunes et plus généralement par les populistes.
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mercredi 22 janvier 2020

"Nous avons été 'la balayure du monde'. Contre nous chacun avait licence."


Dans l'émission Face-à-Face @ CNews (20/01/2020), animée par Christine Kelly, Alain Finkielkraut a cité avec beaucoup d'émotion la phrase de Rabi: les Juifs ont été "la balayure du monde" (vers la 27e minute).

Wladimir Rabinovitch, 1906-1981, connu sous le pseudonyme de Rabi, était un juriste et écrivain français:
"Non, jamais plus nous serons comme les autres.  Nous ne pouvons oublier.  Nous n'oublierons jamais. Nous avons été "la balayure du monde".  Contre nous chacun avait licence.  Et c'est cela, mes amis, qui nous sépare de vous dans la liberté retrouvée, comme nous avons été séparés de vous sous l'Occupation.  Nous sommes, désormais, des SÉPARÉS.  Et nous sommes aussi les martyrs, c'est-à-dire les témoins, les témoins de l'abjection humaine."
Revue Esprit, Les Juifs parlent aux Nations, Septembre 1945

dimanche 19 janvier 2020

Emmanuel Macron ne se recueillera pas sur la tombe d'Arafat lors de son étape à Ramallah mercredi


Le président français Emmanuel Macron se rendra en Israël le 23 janvier prochain dans le cadre du cinquième Forum international sur la Shoah organisé en coopération avec Yad Vashem, et en présence de nombreux dirigeants internationaux. (Israel Valley)

Georges Malbrunot:
Lors de son étape à Ramallah mercredi, E. Macron ne se recueillera pas sur la tombe de Yasser Arafat "héros" de la cause palestinienne, décédé en France en 2004. Son prédécesseur F. Hollande l'avait fait en 2013. Mais le PR n'effectue pas un voyage d'Etat, fait valoir l'Elysée.
Commentaire de Bruno Tertrais:
Ce mausolée rend mal à l’aise lorsqu’on s’y rend. L’ambiance y relève du culte de la personnalité.

samedi 18 janvier 2020

Menstruation and the Holocaust


L'article le plus lu de History Today en 2019.

Menstruation is rarely a topic that comes to mind when we think about the Holocaust and, until now, has been largely avoided as an area of historical research.

Jo-Ann Owusu, a recent History graduate from the University of Warwick, @ History Today:
Untitled drawing by Nina Jirsíková, 1941. Remembrance and Memorial Ravensbrück/SBG, V780 E1.
[…] Periods impacted on the lives of female Holocaust victims in a variety of ways: for many, menstruation was linked to the shame of bleeding in public and the discomfort of dealing with it. Periods also saved some women from being sexually assaulted. Equally, amenorrhoea could be a source of anxiety: about fertility, the implications for their lives after the camps and about having children in the future. 
[…] Upon entry into the camp, prisoners were given shapeless clothing and had their heads shaved. They lost weight, including from their hips and breasts, two areas commonly associated with femininity. Oral testimonies and memoirs show that all of these changes compelled them to question their identities. When reflecting on her time in Auschwitz, Erna Rubinstein, a Polish Jew who was 17 when in the camps, asked in her memoir, The Survivor in Us All: Four Young Sisters in the Holocaust (1986): ‘What is a woman without her glory on her head, without hair? A woman who doesn’t menstruate?’ […]

The reality of the camps, however, meant that menstruation was hard to avoid or hide. Its suddenly public nature took many women by surprise and made them feel alienated. An additional obstacle was the lack of rags and the lack of opportunities to wash. Trude Levi, a Jewish-Hungarian nursery teacher, then aged 20, later recalled: ‘We had no water to wash ourselves, we had no underwear. We could go nowhere. Everything was sticking to us, and for me, that was perhaps the most dehumanising thing of everything.’ Many women have talked about how menstruating with no access to supplies made them feel subhuman. It is the specific ‘dirt’ of menstruation more than any other dirt, and the fact that their menstrual blood marked them as female, that made these women feel as though they were the lowest level of humanity. […]

Rags could almost be considered to have their own micro-economy. As well as being stolen, they were given away, borrowed and traded. Elizabeth Feldman de Jong’s testimony highlights the value of second-hand rags. Not long after she arrived at Auschwitz, her periods disappeared. Her sister, however, continued to menstruate every month. Experiments involving injections in the womb were common, but if a woman was on her period doctors often avoided operating, finding it too messy. One day, Elizabeth was called to have an operation. There were no clean clothes as opportunities to wash were limited, so Elizabeth put her sister’s underwear on and showed the doctor, telling him that she had her period. He refused to operate. Elizabeth realised she could use her sister’s situation to save herself from experimentation and did so another three times at Auschwitz. […]

Doris Bergen’s classic discussion of sexual violence in the Holocaust includes an interesting example of two Polish-Jewish women assaulted by Wehrmacht soldiers:
On 18 February 1940 in Petrikau, two sentries … abducted the Jewess Machmanowic (age eighteen) and the Jewess Santowska (age seventeen) at gunpoint from their parents’ homes. The soldiers took the girls to the Polish cemetery; there they raped one of them. The other was having a period at the time. The men told her to come back in a few days and promised her five zlotys.
[…] Similarly, Lucille Eichengreen, a young German-Jewish prisoner, recalled in her memoir that during her imprisonment in a Neuengamme satellite camp in the winter of 1944-5, she had found a scarf and was thrilled: she planned to use it to cover her shorn head. Worried that she would be punished for owning a prohibited object, Eichengreen hid the scarf between her legs. Later, a German guard took her aside and, while attempting to rape her, groped her between her legs and felt the scarf. The man exclaimed: ‘You dirty useless whore! Phooey! You’re bleeding!’ His error protected Lucille from rape. In discussing these stories, we must discern the irony at hand: it is rape that should be viewed as disgusting and menstruation as natural and acceptable. 
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mardi 7 janvier 2020

Marcel Gauchet: "Aujourd’hui, il y a un Etat juif, en conséquence de quoi certains reprochent son existence..."


Marcel Gauchet, philosophe et historien (extraits):
"Par rapport à l’antisémitisme, ce que les nazis reprochaient aux Juifs, c’était d’être un peuple apatride, vivant en parasites aux dépens des autres patries. Aujourd’hui, il y a un Etat juif, en conséquence de quoi certains reprochent son existence… Il y a donc à la fois disparition de l’antisémitisme traditionnel dont l’antisémitisme racial de l’hitlérisme a été une sorte de pointe extrême, et à la fois réapparition sous un jour complètement différent d’un antisémitisme qui n’a plus rien de racial, qui n’est plus «spirituel», mais qui a trouvé une nouvelle cible. Il vient se greffer à l’existence d’Israël et aux problèmes afférant à un Etat menacé, pour en quelque sorte redonner vigueur au mythe du «complot juif», du projet de domination du monde – mais il ne se dit plus comme tel, parce qu’il n’est tout simplement plus plausible: il est très difficile de penser que le tout petit Etat d’Israël a un projet de domination mondial. […]

En 2015, l’expérience nazie, hante-t-elle toujours les consciences? Ou, 70 ans plus tard, est-ce devenu un «simple» objet d’étude historique?  
Bizarrement, l’éloignement, la transformation complète des sociétés européennes depuis la fin de la guerre, ont amplifié le «repoussoir nazi». Plus le temps passe et plus tout cela devient incompréhensible. Ne fût-ce que parce qu’Hitler n’a plus aucun homologue: à une époque, on pouvait encore discuter du fait de savoir si Staline, Franco ou Salazar étaient plus ou moins de la même famille… Il y avait une sorte de «logique générale» compréhensible pour ce type de régimes. Aujourd’hui, plus rien ne peut servir de repère. Ce projet à la fois antisémite et impérial qu’était le nazisme n’a plus le moindre sens dans le monde où nous sommes et de ce fait, son inintelligibilité nous le rend encore plus présent. Il y a là, pour les Européens, quelque chose qui n’est pas métabolisé. Le vrai traumatisme historique, c’est celui qu’on ne comprend pas. Ce qu’on maîtrise, on a la possibilité de le dépasser, de l’oublier, de tourner la page. Quand on a affaire à quelque chose comme le nazisme, on ne peut pas s’en débarrasser car plus le temps passe, plus il vous hante par sa monstruosité par rapport au présent. Donc, je crois que nous n’en avons pas fini avec Hitler."  
Lire l'article complet @ Le Soir