lundi 30 octobre 2017

Francis Huster: "C’est une honte qu’Israël ne fasse pas partie de la francophonie"


Francis Huster, acteur, metteur en scène, réalisateur et scénariste: 
"C’est une honte qu’Israël ne fasse pas partie de la francophonie, un pays qui compte des centaines de millers de francophones. Cette honte, cette lâcheté dont la France est responsable, nous allons y remédier avec la culture."
Source: Tel-Avivre

dimanche 29 octobre 2017

Ulrich Beck: "Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau" (2003)

Ulrich Beck (1944-2015) était un sociologue allemand:

"Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."
Source

Lire également:
François Bluche, historien, compare Israël à la Prusse de 1740

samedi 28 octobre 2017

Walter Hollstein: "Avec les Juifs, les Arabes expient les crimes du fascisme allemand"

"On a aussi de quoi s'étonner en lisant tel ouvrage [de Walter Hollstein, 1972] sous-titré Zur Sozialgeschichte des Palästina-Konflikts ("L'Histoire sociale du conflit palestinien"), qui a été très remarqué et beaucoup lu en Allemagne et qui commence par cette phrase tout à fait pernicieuse: "Les Juifs, qui ont souffert comme aucun autre peuple durant les millénaires de leur histoire, en font maintenant souffrir d'autres au Proche-Orient."  Reprenant librement la fréquente allégation selon laquelle Israël mènerait une politique dont le seul objectif serait de profiter de la Shoah, l'auteur ajoute que les crimes des Allemands auraient donné "'carte blanche' aux Juifs du Proche-Orient".  Il réussit également à écrire non sans virtuosité sur les "protestations", "émeutes" et "grèves" arabes des années 1921, 1929 et 1937, sans jamais évoquer le terrorisme arabe et ses victimes.  En exposant les faits de cette manière on ne peut considérer la création de l'État juif que comme une "injustice": "Lorsque le national-socialisme eut amorcé son déclin politique, il trouva  indirectement une autre victime: avec les Juifs, les Arabes expient les crimes du fascisme allemand.""
Walter Hollstein, Kein Frieden um Israel. Zur Sozialgeschichte des Palästina-Konflikts, S. Fischer, 1972

vendredi 27 octobre 2017

Accusation: les étudiants israéliens en Belgique sont des agents du Mossad

A l'occasion du Festival du Film Solidaire, le centre culturel de Nivelles, près de Bruxelles, a projeté le film, This is my Land, de Tamara Erde, une réalisatrice de gauche franco-israélienne. Le projection a été suivie d'un débat avec Marianne Blume.  Ca fait des années que Marianne Blume est invitée à de nombreux événements organisés en Belgique francophone dont l'objectif est de littéralement "démolir" Israël.  

Elle est membre de l'Association Belgo-Palestinienne Wallonie-Bruxelles (ABP).  Celle-ci existe et prospère depuis plus de 40 ans, sous la houtette de Pierre Galand, pour lequel Israël est un état voyou.  Cette association belge francophone est vraisemblablement la plus ancienne au monde dont le seul but est d'inculquer la haine, le dégoût et la peur d'Israël, en lançant des appels au boycott, en créant des tribunaux pour juger Israël, en organisant des voyages, des cours, des conférences etc.  L'ABP se flatte d'avoir "aussi des comités locaux qui travaillent dans vos régions vers les citoyens et décideurs  des quatre coins de la Belgique francophone: Bruxelles – Liège –  Wallonie Picarde – Mons – Namur".

Le magazine flamand Joods Actueel rapporte que, lors du débat qui a suivi la projection du film, Marianne Blume a déclaré que presque tous les jeunes israéliens qui étudient en Belgique sont des agents du Mossad. "Tout ce qui vient d'Israël devrait être boycotté", a-t-elle ajouté.

Elle a également insinué qu'Israël est un corps étranger au Moyen-Orient.


Marianne Blume a dénoncé le fait que la Belgique coopère avec Israël dans la lutte contre le terrorisme.
Elle a soutenu qu'une telle coopération est une "menace pour la démocratie belge". 


L'événement était organisé par une femme politique de centre-droit (CDH), Evelyne Vanpée, conseillère à la ville - le bourgmestre de Nivelles est également de droite (MR). Contactée au sujet des déclarations et accusations de Marianne Blume, Mme Vanpée a précisé qu'elle n'y était pas et n'a exprimé aucun regret.  


En 2008, Evelyne Vanpée a participé, avec l'ancien ministre socialiste André Flahaut, à un événement de rue également à Nivelles où les Israéliens furent comparés aux nazis. A l'époque, le Centre Simon Wiesenthal avait exprimé sa révulsion face à la manipulation répugnante de l'opinion publique mise en scène à Nivelles.

Il est donc inexact de prétendre que seules la gauche et l'extrême gauche font de l'Israël-bashing.  

On peut supposer que Marianne Blume, dont le fonds de commerce très apprécié est la propagation de la haine d'Israël et même de ses enfants, et qui est une conférencière très sollicitée dans ce domaine, colporte régulièrement ce genre d'accusations anti-israéliennes et de théories de complot devant un public réceptif à ce type de discours.


Ses attaques contre de jeunes étudiants israéliens sont particulièrement inquiétantes. En prétendant que c'est un secret de Polichinelle qu'ils sont des espions, elle et ses nombreux partisans mettent leur sécurité en danger. Non seulement ça, mais le sous-entendu que ces jeunes portent un grave préjudice aux valeurs et à la sécurité de la Belgique (et par extension à d'autres pays européens?) sont le reflet d'une réelle peur.  Il n'y a aucun que ces gens sont absolument convaincus de ce qu'ils disent et qu'ils ont peur d'Israël. 

De telles accusations ont été proférées dans un centre culturel géré par les autorités de la ville sans qu'il y ait eu la moindre contradiction de la part des organisateurs et du public. 

Il convient de saluer Joods Actueel d'avoir dénoncé la teneur d'un tel événement.  L'affaire a été relayée sur Internet. 

At film screening, "expert" says that all Israeli students in Belgium are Mossad agents
Belgium: Israeli students in Belgium accused of being Mossad agents
’Almost all young Israelis who study in Belgium are Mossad agents'

jeudi 26 octobre 2017

Philippe Val: Pascal Boniface a "semé une petite graine scandaleuse qui a fini par germer"


Philippe Val est chroniqueur et essayiste:
"Pour avoir la paix aujourd'hui, on laisse germer la graine d'une discorde qui adviendra demain.

Ce qui s'est passé au Parti socialiste avec Pascal Boniface en 2001 en est éclairant.  Chargé de remettre au bureau politique une étude sur la politique étrangère, il propose un changement de cap.  Il s'agissait de rompre avec la politique "trop équitable" du PS, dans le conflit israélo-palestinien, et d'afficher un antisionisme qui ne manquerait pas de séduire les quelques millions d'électeurs français issus du monde musulman.  La France ne comptant plus que quelques centaines de milliers de Juifs, le bénéfice électoral était vite calculé.  Si le PS voulait revenir au pouvoir, il fallait qu'il lâche Israël.

A l'époque, le rapport de Boniface a fait scandale, et il a été exclu du bureau politique du Parti socialiste.  S'il a perdu sur le moment, il a gagné à moyen terme.  Car, au fond, il avait semé une petite graine scandaleuse qui a fini par germer, et qui, en l'espace de quinze ans, a envahi une bonne partie du jardin socialiste, à l'exception d'un courant désormais extrêmement minoritaire. Disons, pour faire vite, que seuls les rocardo-doloristes, d'où sont issus Delanoë, Valls et quelques autres, sont restés irréprochables.  Ils sont largement détestés par la "vraie gauche"."
Malaise dans l'inculture, Grasset (pp. 192-193), 2015

Note: "Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS, s’est vu attribuer les insignes d’officier de la Légion d’honneur par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, jeudi 17 octobre 2013 au Quai d’Orsay."

Lire également:
Philippe Val: "le conflit israélo-palestinien, véritable trou noir journalistique"

mercredi 25 octobre 2017

Alain Besançon: "Il y a une matrice de compréhension commune au christianisme et au judaïsme"


Alain Besançon est historien, membre de l'Institut et directeur d'études à l'EHESS:
"Les liens entre la religion juive et la religion chrétienne sont différents des liens avec l'islam. Pour les chrétiens, il y a une continuité entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Le christianisme naît d'une annonce juive (le messie) et les titres de créances de la religion catholique sont tous dans l'Ancien Testament. En outre, il y a une matrice de compréhension commune au christianisme et au judaïsme. Cette matrice est la notion d'alliance entre Dieu et son peuple. Cette notion d'alliance n'existe pas dans l'islam. Il n'y a pas l'équivalent dans cette religion de l'alliance passée avec Abraham, Moïse et le Christ. Enfin la prière du christianisme est fondamentalement celle des juifs, c'est-à-dire les psaumes. Il faut rappeler que les écritures juives et chrétiennes sont considérées, dans l'islam, comme des écritures falsifiées. Dans le monde musulman, la Bible n'est pas éditée. Elle est interdite parce qu'elle est considérée comme fausse. Ce qui reste valable dans la Bible se trouve dans le Coran, pas dans la Bible."
Le Figaro

mardi 24 octobre 2017

Isaiah Berlin: "Les Israéliens n'ont pas de problème existentiel"

Isaiah Berlin (1909-1997) était un philosophe politique et historien des idées sociales et politiques en Occident. Ramin Jahanbegloo est un philosophe politique iranien et un professeur d'université.
Pensez-vous que la fondation de l'État d'Israël a résolu le problème juif?

Pour les Juifs pris en tant qu'individus, non.  Pas le problème personnel mais le problème politique, oui.  Les Israéliens n'ont pas de problème existentiel. Il existe à coup sûr d'autres problèmes auxquels ils sont confrontés, et des problèmes sérieux, mais ils se sentent tout à fait bien dans leur peau. C'est cela que je veux dire.  Ils ont payé le prix, mais le résultat semble en valoir la peine.  Même les Juifs américains qui ont soutenu Israël se sentent moins étrangers aux Etats-Unis que dans les années trente. 
De la même manière que les Grecs ont la Grèce, les Allemands l'Allemagne, les Juifs ont une patrie en Palestine, à Jérusalem.  Sur un plan psychologique, c'est une patrie de substitution. Les Juifs d'origine polonaise ne sentent pas leurs racines en Pologne.  Si les Juifs ne possèdent pas de racines géographiques réelles, en imaginer d'autres les a rendus heureux, grâce à un prodigieux acte de restitution psychologique: le fait d'être décolonisé.

 En toutes libertés, Entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Editions du Félin, (p. 111), 1990

Voir également:
Alexandre Kojève, penseur hégélien: "Les Juifs ont l'histoire la plus intéressante de tous les peuples"

lundi 23 octobre 2017

D. Duquesne: "un substrat culturel haineux fort envers la France et tout ce qui n'est pas musulman, dont la haine du juif tient une place prépondérante."


David Duquesne, vice président de la France de Marianne:


"Ce qui va suivre les crimes de Merah sera beaucoup plus révélateur et les vraies causes seront minimisées , voire cachées par nos médias et nos politiques.

Alors qu'on nous vend l'hypothèse d'un loup solitaire, le frère aîné de Mohamed Merah, Abdelghani dénonce dans son livre, «Mon frère, ce terroriste», que toute sa famille, à part lui, est radicalisée, que son frère Abdelkader se fait appeler Ben Laden et que ce dernier a failli le tuer en le poignardant car il avait comme compagne une femme d'origine juive!

On perçoit toute l'horreur du contexte quand il enregistre sa mère en train d'affirmer que «le prophète autorise les musulmans à tuer les enfants des juifs!», on pourrait relativiser cela a une famille, mais Abdelghani donne un témoignage glaçant dans son livre, «Lorsque les médecins légistes ont ramené son corps à la maison, des gens sont venus, ils faisaient des youyous, ils disaient qu'il avait mis la France à genoux, qu'il avait bien fait, mais estimaient regrettable qu'il n'ait pas tué plus d'enfants juifs....»

Contexte qui rejoint cette scène surréaliste où Latifa Ben Ziaten, mère d'un des soldats tués, s'entend dire par de nombreux gamins du quartier que Mohamed Merah est un modèle, un Shaheed, un héros de l'islam! (...)

Nul ne veut mettre en avant le fait que nous sommes confrontés à un substrat culturel haineux fort envers la France et tout ce qui n'est pas musulman, dont la haine du juif tient une place prépondérante."
Le Figaro

dimanche 22 octobre 2017

Pascal Bruckner dénonce l'attitude: "L’antisémitisme, ça suffit. C’est une vieille rengaine qu’on ne veut plus entendre"


Pascal Bruckner, philosophe et essayiste:

Comment expliquez-vous le silence médiatique qui a entouré le meurtre de Sarah Halimi? Indifférence, lassitude, volonté de ne pas “faire le jeu” de tel ou tel parti à l’approche de la présidentielle?

Pour comprendre ce scandaleux silence, il faut partir d’un constat fait par un certain nombre de nos têtes pensantes de gauche et d’extrême gauche: l’antisémitisme, ça suffit. C’est une vieille rengaine qu’on ne veut plus entendre. Il faut s’attaquer maintenant au vrai racisme, l’islamophobie qui touche nos amis musulmans. Bref, comme le disent beaucoup, le musulman en 2017 est le Juif des années 30, 40. On oublie au passage que l’antisémitisme ne s’est jamais adressé à la religion juive en tant que telle mais au peuple juif coupable d’exister et qu’enfin dans les années 40 il n’y avait pas d’extrémistes juifs qui lançaient des bombes dans les gares ou les lieux de culte, allaient égorger les prêtres dans leurs églises.

Juste une remarque statistique : depuis Ilan Halimi, kidnappé et torturé par le Gang des Barbares jusqu’à Mohammed Mehra, l’Hyper casher de Vincennes et Sarah Halimi, pas moins de dix Français juifs ont été tués ces dernières années parce que juifs par des extrémistes de l’islam. Cela n’empêche pas les radicaux du Coran de se plaindre de l’islamophobie officielle de l’Etat français. Ce serait à hurler de rire si ça n’était pas tragique ! Dans la doxa officielle de la gauche, seule l’extrême droite souffre d’antisémitisme. Que le monde arabo musulman soit, pour une large part, rongé par la haine des Juifs, ces inférieurs devenus des égaux, est impensable pour eux.

Valeurs Actuelles


samedi 21 octobre 2017

Chr. Delacampagne: L'État d'Israël n'a été "volé" à personne


Christian Delacampagne (1949-2007), philosophe et écrivain:

"A/  Depuis la Shoah, à cause de la Shoah et à cause de la longue histoire d'antisémitisme qui a rendu possible la Shoah et qui n'est manifestement pas terminée (ni en Europe, ni dans le monde musulman), il existe une nécessité vitale, pour le peuple juif, de disposer à nouveau d'un État propre - d'un  État semblable à celui dont il disposait en Judée avant la conquête romaine et l'écrasement (en l'an 135 de notre ère) des dernières révoltes juives, point de départ historique de la diaspora.

B/  Pour des raisons évidentes, le lieu où il était le plus légitime, en 1948, de recréer cet  État était la Palestine, terre où s'est déroulée, pendant les mille ans précédant la conquête romaine, l'essentiel de l'histoire juive, et où une présence juive - discrète mais continue - n'a cessé de se manifester jusqu'au début du XXe siècle.

C/  Cet  État n'a été "volé" à personne, car la Palestine - qui n'a jamais formé dans sa totalité un  État  indépendant, et qui n'a guère eu conscience, avant le début du XXe siècle, de constituer une "nation" distincte des autres au sein du monde arabe - était à l'époque sous mandat britannique après n'avoir été, pendant des siècles, qu'une province de l'Empire ottoman."

 Islam et Occident - Les raisons d'un conflit, éd. PUF, (pp. 115-116), 2003


vendredi 20 octobre 2017

Alexandre Adler: Les Juifs sont en France de toute éternité.  "Ils ont fait partie de la France médiévale, même de la France antique"


Alexandre Adler, historien et journaliste français, spécialiste des relations internationales:

"J'admets parfaitement que l'organisation de l'immigration maghrébine et de nouvelles immigrations en France pose des problèmes spécifiques. [...]   
Mais qu'on me permette de dire quand même que le problème des Juifs en France n'est pas tout à fait semblable.  Les Juifs sont dans ce pays de toute éternité.  Ils ont fait partie de la France médiévale, même de la France antique.  Ils ont ensuite, après une période d'expulsion assez brève et qui n'a jamais été complète sur tout le territoire français, assuré un rôle important dès le XIXe siècle.  Deux communautés qui ont toujours donné la tonalité principale au judaïsme français, la communauté alsacienne chez les Ashkénazes et la communauté algérienne chez les Séfarades, ont totalement adhéré à l'identité française.  Et les autres, qui sont venues par la suite, se sont beaucoup référées à ce mode d'assimilation.

Donc, mettre en avant le problème de la communauté juive en France aujourd'hui comme on le fait, c'est souvent remettre en cause un processus qui a depuis longtemps été réglé.  Nous n'en sommes pas au XIXe siècle, à l'affaire Dreyfus, où à l'époque de l'Entre-deux-guerres.  Il est clair que les Juifs sont français, qu'ils sont de bons citoyens français et  cela ne devrait pas leur interdire de s'exprimer en tant que Juifs."

Conversation sur les sujets qui fâchent, de Gilles-William Goldnadel et Alexandre Adler, en collaboration avec Clément Weill-Raynal, Ed. Jean-Claude Gawsewitch, (pp. 93-94), 2008.


jeudi 19 octobre 2017

Sylvain Gouguenheim: Ni le christianisme ni le judaïsme ne sont des "religions du Livre"


Sylvain Gouguenheim, historien médiéviste:

"... le christianisme, ni même le judaïsme, ne sont des "religions du Livre".  Les Juifs restent fidèles aux rouleaux, à ces textes séparés, tandis que c'est aux Ecritures, non à la Bible, que le christianisme reconnaît la vertu de témoins de la Révélation. Leur texte peut être lu sous des modes variables: bible entière, livres extraits, fragments ou versets. Il n'y a pas de culte de l'objet "Livre", doutant que les Ecritures, même inspirées, ne sont pas éternelles et oeuvre divine, mais historiques et oeuvre humaine, susceptibles de multiples interprétations."

Le Moyen Âge en questions, Tallandier, Texto, (p. 184), 2012.

mercredi 18 octobre 2017

Jean-Michel Sallmann: "l'État d'Israël, que les pays arabo-musulmans considèrent comme une simple entreprise coloniale de l'Occident"


Jean-Michel Sallmann, Professeur d’histoire moderne à l’université Paris X-Nanterre , il a notamment publié Le Grand Désenclavement du monde (1200-1600) (Payot, 2011):
"Les États qui se réclament de la religion musulmane ont connu une sévère éclipse à partir du XVIIIe siècle, mais la création de l'État d'Israël, que les pays arabo-musulmans considèrent comme une simple entreprise coloniale de l'Occident, et le dynamisme démographique de l'islam ont contribué au réveil du monde musulman depuis un demi-siècle.  L'affrontement sanglant auquel nous assistons aujourd'hui n'est qu'un retour à une situation qui prévalait encore au XVIe siècle. Notons cependant une différence capitale: la présence de fortes communautés arabo-musulmanes au sein même des sociétés occidentale qui, conjuguée à l'affaissement du christianisme en Europe, pourrait préluder à l'islamisation à plus ou moins long terme du continent européen."
Nouvelle histoire des relations internationales, tome 1: Géopolitique du XVIe siècle (1490-1618),  Le Seuil, "Points histoire", (p. 358), 2003.


mardi 17 octobre 2017

Philippe Val: "le conflit israélo-palestinien, véritable trou noir journalistique"

Philippe Val:
"Mais le conflit israélo-palestinien, véritable trou noir journalistique, s'enracine dans une histoire qui remonte au XIXe siècle, marquée par l'affaire Dreyfus, élément déterminant de la réflexion de Theodor Herzl, le fondateur du sionisme.  Or, quel envoyé spécial, avec son oreillette et son micro à la mai,n filmé sur fond de bâtiment bombardé, sait qui était Amin al-Husseini?  Que sait-il du grand mufti de Jérusalem, prédécesseur d'Arafat et ami d'Hitler auquel il demanda de l'aide pour bâtir des camps d'extermination pour les Juifs du Moyen-Orient, vingt ans avant la création de l'Etat d'Israël?  Que sait-il de l'Empire ottoman, et des conséquences géopolitiques de la domination anglaise et française, de Lawrence d'Arabie?  Que savent-ils  du passé de cette région et du rôle qu'y tenait la France jusqu'à la conférence de presse de De Gaulle en 1967?  Comment peuvent-ils élaborer un commentaire géopolitique à peu près équitable, alors qu'au fond, ils ne veulent rien savoir qui pourrait contredire leur opinion toute faite? (...)

Ce journalisme bourgeois européen est la manifestation d'une peur honteuse. Il s'adresse à un public volatil, qui désire, dans les moments de crise, lire dans les journaux ce dont ils sont déjà convaincus.

Mais la véritable audience, le gros public du journalisme, celui à reconquérir, est à l'opposé. C'est un public cultivé, capable de se forger une opinion, non un citoyen qui sait, mais c'est un citoyen qui désire savoir."
Malaise dans l'inculture, Grasset (pp. 271-2), 2015

lundi 16 octobre 2017

Ivan Rioufol: L'envolée de l’antisémitisme est le résultat de l’aveuglement des professionnels de l’antiracisme

Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro:
"Cette envolée de l’antisémitisme est le résultat de l’aveuglement complaisant des professionnels de l’antiracisme. Leurs impostures se mesurent aux tensions communautaires qu’ils ont laissé croître. Pour avoir focalisé leurs critiques sur l’extrême droite, les donneurs de leçons n’ont jamais admis les dérives, racistes et haineuses, de certains de leurs protégés issus de l’immigration maghrébine et africaine. Pire: les belles âmes se sont souvent employées à rendre la France ou Israël responsables de tout, en excusant les violences anti-occidentales ou anti-juives. Jamais elles n’ont appelé manifester en masse après les tueries des Fofana, Mehra, Nemmouche, etc. Seul le carnage à Charlie Hebdo a fait prendre conscience aux Français, traumatisés, de la menace totalitaire."

dimanche 15 octobre 2017

François Bluche, historien, compare Israël à la Prusse de 1740


François Bluche, historien:
"Comme de nos jours, le jeune État d'Israël, la Prusse de 1740 est un pays petit, aux contours déchiquetés, dépourvu de frontières naturelles, beaucoup moins peuplé que la coalition de ses proches voisins. Elle est contrainte non seulement à la guerre mais à l'offensive par l'instinct même de la conservation de sa survie. Oublier cette réalité, pourtant banale, c'est s'exposer à porter sur la politique prussienne des jugements de valeur erronés et scandalisés bien à tort."
 Le Despotisme éclairé, Fayard Pluriel (p. 45), 1969

samedi 14 octobre 2017

Alexandre Kojève, penseur hégélien: "Les Juifs ont l'histoire la plus intéressante de tous les peuples"

Isaiah Berlin:
"Alexandre Kojève, le penseur hégélien, me dit un jour: "Les Juifs ont l'histoire la plus intéressante de tous les peuples.  Et pourtant ils veulent être une autre Albanie!  Comment le peuvent-ils?"

Je lui répondis: "Pour les Juifs, ressembler à l'Albanie constitue un progrès.  600.000 Juifs de Roumanie furent des victimes - des moutons conduits à l'abattoir - avant les nazis.  Ils tentèrent de fuir.  Mais 600.000 juifs de Palestine ne partirent pas parce que Rommel était à leur porte.  Voilà la différence. Ils considéraient la Palestine comme leur propre pays et s'ils devaient mourir, ils mourraient non pas seulement dans leur pays, mais pour leur pays"."
En toutes libertés, Entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Editions du Félin, (p. 110), 1990


vendredi 13 octobre 2017

L'exode des juifs de banlieue qui "craignent désormais pour leur vie" (Alexandre Devecchio)

Alexandre Devecchio:
"Au-delà des concepts, on peut s'interroger sur le cynisme électoral d'un parti qui a fait ses meilleurs scores en banlieue. Comment expliquer la complaisance de La France insoumise pour les soutiens de Dieudonné qui ont envahi la mairie d'Évry au soir du second tour des législatives? Pire, lorsqu'il [Jean-Luc Mélenchon] invoque l'argument commode de "l'extrême droite israélienne" pour justifier son refus de siéger avec Valls, Mélenchon ne surfe-t-il pas en réalité sans scrupule sur l'antisionisme des territoires perdus de la République? Une haine d'Israël qui se confond de plus en plus souvent avec un antisémitisme assumé. Celui-là même qui provoque depuis des années l'exode des juifs de banlieue car ceux-ci, du meurtre d'Ilan Halimi à l'attentat de l'Hyper Cacher, craignent désormais pour leur vie."
Le Figaro (10 octobre 2017)

jeudi 12 octobre 2017

On ne dit plus 'judéo-ceci-cela' mais 'ceci-cela-sioniste' (Marc Crapez)

Marc Crapez:
"On ne dit plus judéo-ceci-cela (maçonnique, par exemple) mais ceci-cela-sioniste (américano-sioniste, notamment).    Or seul le mot péjoratif "fasciste" est semblablement accolé à d'autres, suggérant une activité sournoise, latente et vipérine.  Les associations sémantiques induisent dans les esprits l'idée d'une toute-puissance occulte.  Cette vision d'une mainmise pernicieuse, d'un lobby juif belliciste gouvernant le monde (Robert Wistrich), configure une propagande très articulée, où le procès à charge des Juifs est instruit avec le chef d'accusation de mal universel!"
Antagonismes français, Les Editions du cerf (p. 240)

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Ca peut même aller plus loin.  Par exemple un enseignant belge francophone, Pierre Piccinin, n'hésite pas à s'en prendre à la "mafia sioniste":
"Attaqué, une fois de plus, lâchement, par la mafia sioniste, je n'ai pas peur.  Et un jour la peur changera de camp et ce sont eux qui en auront à rendre des comptes."

mercredi 11 octobre 2017

Marc Ferro: Jérusalem "ce mythe de l'origine palestinienne"

Marc Ferro:
"Ce mythe de l'origine palestinienne secrète une fonction bien précise: enraciner l'Islam à Jérusalem en déclarant que là se trouve le berceau des trois religions: judaïsme, christianisme, islam - alors que l'Islam est né en Arabie, à la Mecque et à Médine, et que Jérusalem n'est même pas mentionnée dans le Coran. Ce mythe a ainsi pour fonction d'opposer, en ce qui concerna la Palestine, une autre légitimité à celle du christianisme et à celle d'Israël."
Le Choc de l'Islam, XVIIIe-XXIe siècle, Odile Jacob