Henri Temple, avocat, juriste et homme politique :
Comme bien souvent quand Donald Trump prend une décision, elle est surinterprétée de façon épidermique et superficielle par les « commentateurs ». Pourtant, il y a déjà plus d’un demi-siècle que les États-Unis avaient reconnu que Jérusalem était bien la capitale d’Israël. Mais les «commentateurs» oublient de l’indiquer. Comme ils omettent de signaler que Donald Trump a rappelé, hier, qu’il était favorable à la solution de deux États: palestinien (Jérusalem-Est) et israélien. D’autres questions sont laissées dans l’ombre.Lire la suite @ Boulevard Voltaire
Emmanuel Macron a cru bon de reprendre le président américain en indiquant l’avoir mis en garde, redoutant que cette déclaration ne mette le feu aux poudres: une « provocation ». Et, donc, il suffirait qu’une des parties menace «d’ouvrir les portes de l’enfer» pour que l’on doive se soumettre?
Il y a des questions bien plus graves: les Palestiniens chrétiens sont de plus en plus minoritaires, menacés ou chassés alors qu’ils étaient majoritaires il y a cinquante ans à Nazareth, alors que les Israéliens arabes (musulmans ou chrétiens), eux, prospèrent même si leur statut n’est pas si facile.
Enfin, il y a la question des lieux saints. L’esplanade des Mosquées est administrée par la Jordanie. Pour les lieux saint chrétiens, la France en est historiquement protectrice (et, d’ailleurs, souvent constructrice du temps des rois français de Jérusalem) depuis l’accord passé entre François Ier et Soliman le Magnifique, par lequel fut reconnu à la France la prérogative de protéger les pèlerins en Terre sainte et les lieux saints. La France est la seule puissance étrangère à posséder des biens dans Jérusalem. Mais elle a oublié que cela engage sa responsabilité et sa dignité.
De l’Empire ottoman aux autorités israélienne et palestinienne, ce rôle lui a été reconnu continûment sur une quarantaine de congrégations et près de 130 établissements, qui sont ainsi définis comme étant «sous protection française». Toutefois, la question de l’internationalisation des lieux saints chrétiens majeurs (Golgotha, Saint-Sépulcre, Jardin des Oliviers, Via Dolorosa, Nazareth, Bethléem, l’abbaye de Latroun) est oubliée. Manque de fermeté.
L’accord dit Chauvel-Fischer, signé avec Israël en 1948-1949, et l’accord Laboulaye-Middein, signé avec l’Autorité palestinienne en 1997, permettent à la France de continuer à protéger une quarantaine de communautés chrétiennes françaises et leurs établissements (écoles, dispensaires, orphelinats, etc.) en Israël et en Palestine. Cette présence trop molle n’a pas empêché ces communautés de régresser. À Jérusalem-Est et dans les Territoires palestiniens, les chrétiens dans leur ensemble ne représentent plus qu’environ 1 % de la population, et la coexistence est plus difficile qu’auparavant.
La déclaration du Président Ronald Trump de confirmer que Jérusalem est la capitale de l’État d’Israël et qu'il avait l'intention d'y transférer l’ambassade des Etats-Unis a donné lieu à de nombreux articles et commentaires. La plupart sont médiocres et recyclent les poncifs habituels. Certains sont remarquables: celui de Henri Temple, "Le président Trump confirme Jérusalem capitale de l’État d’Israël et y transfère l’ambassade. Et la France ?" reproduit partiellement ci-dessus. Trois autres vous sont également signalés (Stephen Daisley, Harry de Quetteville, Archbishop Cranmer):
Stephen Daisley, Donald Trump is right: Jerusalem is the capital of Israel (Spectator)
Those who insisted for years that the peace process was dead now say that Trump has killed it. Those who asserted that US foreign policy was controlled by the Israel lobby now lament the surrender of America’s neutrality. Those who championed recognition of Palestine without negotiations are suddenly sceptical about unilateralism. (...)
There is a polite, cuddly racism to the way their international admirers treat the Palestinians. They deserve a homeland but they cannot have someone else’s, and Jerusalem is someone else’s capital. Yes, it is a sacred place for the three Abrahamic faiths — something Israel protects fiercely — but it belongs to only one of them. Jerusalem has been sacked, burned, occupied and but has never been the capital of any other sovereign nation other than Israel. It’s not just the the capital of Israel but the spiritual heart of Judaism.
Jerusalem is the capital of Israel. That cannot be wished away, shouted down or flooded in myth and revisionist history. Donald Trump, a man with a strained relationship to reality, is being damned for finally telling the truth.
Harry de Quetteville, Donald Trump has exposed a sad truth: that the Arab world no longer cares about Palestine (The Telegraph)
"When, a short decade ago, I was a correspondent in Jerusalem for this newspaper, there were some universally accepted certainties about the Israel-Palestine conflict. The first, and most important, was that ending it was the gateway to wider Middle East peace. If only a solution could be found, if only the lions would lie down with the lambs, a warring region would settle into democracy. The only problem was that both sides thought they were the lambs. (...)
A third certainty was also universal, but largely unspoken. This was that although the Arab world pretended to care deeply about the fate of the Palestinians, they didn’t give a fig. It was a useful stick with which to beat Israel and the West, but not much more. There was no equivalent expenditure of diplomatic might, economic heft, patience and nous. (...)
















