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mercredi 27 décembre 2017

Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"

Jean-Claude Milner:
Il est l’une des voix les plus brillantes du paysage intellectuel français. Quelques mois après la sortie de Considérations sur la France (Cerf, 19 euros), Jean-Claude Milner creuse, en exclusivité pour Actualité Juive, la question de l’avenir des Juifs dans une Europe en proie à des bouleversements culturels majeurs.

Actualité Juive: Vous avez inauguré fin octobre le séminaire René Cassin, lancé à l’initiative de la Fondation du judaïsme français, avec une conférence intitulée «Les Juifs ont-ils un avenir dans l’Europe du XXIe siècle?». Quelle était l’origine de votre questionnement ?

Jean-Claude Milner : Je m’étais interrogé, il y a une dizaine d’années, sur les penchants criminels de l’Europe démocratique (Verdier, 2003), en pointant que la question juive, dans la forme que lui avait donnée l’Europe moderne, depuis la fin du XVIIIe siècle, ne se posait plus. La solution mise en place par Adolf Hitler avait atteint son but: il y avait maintenant en Europe occidentale et centrale un nombre suffisamment faible de Juifs pour qu’ils ne fassent plus question.

La situation s’est modifiée, car l’Europe elle-même a évolué. Elle est devenue, sans forcément sans rendre compte, un des lieux du monde musulman. Il existe désormais un islam européen. Autonome ou pas à l’égard des islams extra-européens ? Ce n’est pas décidé.

Or, la question juive continue de se poser pour l’islam et, sur ce point, l’islam européen ne fait pas exception. Certes, il rencontre comme un fait l’extermination de la Deuxième Guerre mondiale. Mais il la considère comme une histoire qui lui est totalement étrangère, strictement intra-européenne, presque provinciale. Par un mouvement de bascule, la question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière; elle s’accompagne d’une tendance à relativiser le processus de destruction qui culmine dans les camps de la mort. Pour la jeunesse européenne, Auschwitz n’est plus et sera de moins en moins un absolu.

A.J.: Quel rapport cet islam européen pourrait-il entretenir avec Israël? 
J-CM. Le proisraélisme occidental, jusque dans les années 1960, était une expiation de la Shoah. Mais au fur et à mesure de l’effacement de cette mémoire, s’est affirmé un anti-israélisme spontané en Europe occidentale. L’existence d’Israël est aujourd’hui présentée comme intolérable au nom de la politique de Benyamin Netanyahou. Mais demain, cette existence sera présentée comme nécessairement intolérable, Netanyahou ou pas.

Ce qui est vrai pour l’Europe non-musulmane, l’est encore plus pour l’islam européen. Puisque, à ses yeux, la Shoah ne le concerne pas, l’existence d’Israël ne s’inscrit pas un instant dans une logique de réparation. 
Lire la suite @ Actualité Juive

Lire également:
Jean-Claude Milner: "Autrefois, l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés"

mardi 26 mars 2019

Le persécution des juifs d'Europe est toujours à l'ordre du jour en Europe (Jean-Claude Milner)


"Il ne faudrait pas oublier qu'en matière de persécution antijuive, [l'Europe] n'a pas besoin de l'Orient pour la pratiquer. On peut même se demander si elle ne s'apprête pas à devenir la principale créatrice, à l'échelle mondiale, des diverses formes de la bonne conscience antijuive."
Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"- Le persécution des juifs d'Europe est-elle toujours à l'ordre du jour en Europe en général et en France en particulier? La réponse est oui.

- L'existence en Orient d'un État d'Israël militairement fort contribue-t-elle à accentuer cette persécution?  La réponse est oui.

- Sa disparition ou sont affaiblissement en Orient mettraient-ils fin à la persécution en Europe?  La réponse est non; au contraire, ils en accroîtraient l'intensité encore davantage.

-L'existence de l'État d'Israël militairement fort en Orient permet-elle, aux gouvernements et aux individus qui le souhaitent, de mieux résister, en Europe, à la persécution antijuive?  Il y a encore quelques années, j'aurais hésité et penché pour la négative; aujourd'hui, je réponds oui."

Considérations sur l'Europe, Éditions du Cerf,  p.p. 109-110.

Lire également
Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"
Jean-Claude Milner: "Autrefois, l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés"
Le retour du "nom juif", avec Jean-Claude Milner (vidéo)


samedi 16 mars 2019

Le retour du "nom juif", avec Jean-Claude Milner (vidéo)


Akadem

Considérations sur l'Europe (Ed. du Cerf)
Le retour du "nom juif", avec Jean-Claude Milner (38 min)
P. Assouline - écrivain - J.-C. Milner - philosophe

vidéo
http://www.akadem.org/magazine/2018-2019/le-retour-du-nom-juif-avec-jean-claude-milner-08-03-2019-109051_4783.php

PLAN DE LA CONFÉRENCE
L'Europe a éteint les Lumières
Une unité fondée sur les camps de la mort (9 min)
Le retour du nom "Juif"
La hantise du citoyen israélite (8 min)
L'éternel vaincu devenu vainqueur
Israel, structurellement illégitime (12 min)
L'étude juive face à la prospérité
Malaise dans la civilisation européenne (9 min)

vendredi 23 février 2018

Jean-Claude Milner: "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Le programme hitlérien concernait les ashkénazes. Pour autant que je puisse voir, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem; c’est à lui ou à ses semblables qu’il serait revenu de régler le problème s’il y avait eu victoire. Comment cela se serait passé, personne ne peut le savoir, mais en tout cas le souci immédiat de purification de l’Europe, ça concernait les ashkénazes.  
Et ça les concernait (comme Freud le dit quelque part) non pas en tant qu’ils étaient très différents des Européens, mais en tant qu’ils n’étaient pas très différents. Le point crucial, si j’ose dire, c’était justement qu’ils étaient si peu distinguables. Et cela, grâce aux Lumières. En fait, le programme nazi n’a rien à faire du shtetl. Son ennemi principal, c’est en vérité le juif des Lumières, parce qu’on ne le reconnaît pas, parce qu’on pourrait ne pas le reconnaître. C’est justement en ce point du peu de différence, du trop peu de différence, qu’intervient le racial. La race permet de faire passer le tranchant d’une séparation essentielle entre des êtres qui se ressemblent absolument. Plus les Lumières accomplissaient leur programme, plus on eut recours à l’en-deçà des Lumières, au plus obscur du somatique. Le discours racial est l’ombre noire que projette l’assimilation et qui la suit, d’autant plus nettement dessinée que la lumière est plus vive."
Passages, 1er trimestre 2004, par Cyril Veken, Marc Darmon et Jean-Jacques Tyszler - L’Europe est-elle antisémite?

Lire également:
Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"

jeudi 17 mai 2018

Jean-Claude Milner: "En dehors des Européens, nul ne sait qui est le fort et qui est le faible au Proche-Orient"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"En dehors des Européens, nul ne sait qui est le fort et qui est le faible au Proche-Orient.  [...] S'il [le Palestinien] est faible, pourquoi l'est-il, quand on songe à la richesse et au nombre de ceux qui s'en disent les soutiens et les frères? [...]  Mais l'Européen n'a cure des incertitudes d'analyse.  Il lui suffit de quelques images: la photo d'un enfant mort, des hommes et des femmes en pleurs, les séquences filmées de maisons détruites.

Si quelque jour, il devait se révéler qu'après tout, le nom juif était le plus faible, il sera toujours temps de changer de côté; il sera toujours temps de gémir sur la disparition sanglante d'Israël et sur la mise à mort sauvage des Juifs - car tout sera sanglant et sauvage, n'en doutons pas.  Les mouchoirs sont déjà prêts, juste à l'arrière d'un tiroir étiqueté "dénégation".  Il faudrait pourtant qu'un jour, cessent les fausses innocences.  Les images sont infiniment tragiques, plus profondément tragiques encore que ne le dit le Journal.  Mais l'Européen n'est pas libre de pleurer devant elles; c'est là un privilège réservé aux spectateurs.  Or, il n'en est pas un.

Il se plaint bien souvent de n'être pas un acteur. Et bien certainement, il n'est pas un protagoniste; la dureté des temps le réduit bien souvent à jouer les figurants, les costumiers, les éclairagistes ou les souffleurs.  On oublie toutefois qu'il est l'un des principaux auteurs de la pièce."
Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003, p.p. 78-79

Lire également d'autres citations de Jean-Claude Milner:
- "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"
- "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"
- "Autrefois, l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés"
- Mitterrand dénonçait "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France"
-
"Les Juifs n'intéressent plus personne en Europe"

- Quel avenir pour les Juifs dans l'Europe du XXIe siècle  

mercredi 4 avril 2018

Jean-Claude Milner: "Les Juifs n'intéressent plus personne en Europe"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Tout ce qu'il y a à comprendre, c'est que les Juifs n'intéressent plus personne en Europe. Même pas ceux qui se livrent, chaque jour plus ouvertement, aux pratiques et déclarations anti-juives. L'antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l'indifférence; la persécution, la forme naturelle du désoeuvrement; le déni de l'antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l'opinion raisonnable.

Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."
Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003, p.p. 129-130

Lire également d'autres citations de Jean-Claude Milner:
- "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"
- "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"
- "Autrefois, l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés"
- Mitterrand dénonçait "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France"

lundi 25 mai 2020

Jean-Claude Milner: "La source des mythes antisémites ne tarira jamais"


Jean-Claude Milner, linguiste, @ La Règle du Jeu:
Alexis Lacroix: Dans l’immédiat, et pour terminer, comment expliquer que ces semaines de confinement se soient accompagnées, en France notamment, d’un retour des théories du complot antisémite et d’un mythe médiéval qu’on pensait définitivement effacé : celui des Juifs empoisonneurs?

Jean-Claude Milner: Regardons les choses franchement: à chaque fois qu’il se passe quelque chose, un événement dramatique d’ampleur nationale ou internationale, les mythes antisémites reparaissent. Je vous rappelle ce qui s’est passé lors du 11 Septembre. C’est quelque chose qui, à mon avis, reparaîtra toujours. Sur ce point, je quitte le champ des hypothèses et risque une prédiction: la source des mythes antisémites ne tarira jamais. Au fur et à mesure que s’étendra le marché mondial, l’humanité aura besoin de ce type de mythe pour continuer à contempler l’autoportrait que ses actes lui peignent. C’est en quelque sorte le masque qu’elle a besoin de brandir pour s’imaginer différente de ce qu’elle voit d’elle-même, et ce masque-là ne sera jamais appelé à manquer.
Extrait d'une conversation avec Alexis Lacroix. Lire l'intégralité de l'article.

mardi 17 février 2015

Mitterrand dénonçait "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France"

"Mitterrand, ami de Bousquet et dénonciateur du lobby juif, est la contrepartie de l'Europe réussie" (Jean-Claude Milner [1])

"Vous constatez là l'influence puissante et nocive du lobby juif en France"
(François Mitterrand)


Commentant la déclaration de Roland Dumas sur l'emprise qu'aurait la femme juive de Manuel Valls sur sa politique, Luc Rosenzweig écrit sur Causeur: "l’homme des basses œuvres de François Mitterrand tacle Manuel Valls en l’accusant de gouverner sous l’influence d’une épouse juive".

Or François Mitterrand s'était plaint peu avant de mourir de "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France" et de l'existence d'un "lobby sioniste".

Quand Mitterrand parlait du «lobby juif». Jean d'Ormesson révèle des propos tenus en 1995, Libération:

"Dans le Rapport Gabriel, vrais-faux mémoires à paraître début septembre chez Gallimard, l'écrivain raconte son ultime entrevue avec le défunt. La scène se passe à l'Elysée, le 17 mai 1995, quelques minutes avant que le Président ne transmette ses pouvoirs à son successeur, Jacques Chirac. Entre thé, confitures et discussion à bâtons rompus sur «la maladie des hommes d'Etat», Jean d'Ormesson aborde l'affaire Bousquet. L'automne précédent, le journaliste Pierre Péan a révélé que François Mitterrand a conservé jusqu'au soir de sa vie des relations d'amitié avec René Bousquet, ancien secrétaire général de la police de Vichy. «Beaucoup reprochent au Président les liens qui l'unissent à ce personnage qui a joué un rôle important dans la collaboration avec l'Allemagne hitlérienne, écrit Jean d'Ormesson. François Mitterrand m'écoute sans irritation apparente. Et il me regarde. "Vous constatez là, me dit-il, l'influence puissante et nocive du lobby juif en France. Il y a un grand silence.» [...]

Confirmant que d'Ormesson lui avait confié les propos de Mitterrand une semaine après que celui-ci les avait tenus, Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur, assure que l'ancien président avait évoqué, «à plusieurs reprises» devant lui, «l'existence d'un lobby sioniste qu'il ne faisait nullement coïncider avec l'ensemble de la communauté juive».

Libération rapporte également les propos du fils du président, Jean-Christophe Mitterrand: «Les lobbies juifs existent»


"Dans une interview accordée, hier, au quotidien Il Corriere della sera, le fils de l'ancien président assure que son père était «contre toute discrimination de race, de foi et même d'amitié». Mais il ajoute: «Je ne vois aucun accent antisémite dans la phrase attribuée à mon père ["] Je n'étais pas présent au déjeuner mais je ne trouve rien d'antisémite dans cette phrase et cela ne me surprend pas que mon père ait abordé la question des lobbies juifs. Pourquoi pas? Ils existent.» Selon lui, la politique moyen-orientale de l'ancien chef de l'Etat déplaisait à «certains lobbies juifs»: «Ils ont fait du combat contre Mitterrand leur fonds de commerce. Ils soutiennent les partis de droite en Israël et ensuite, grâce à leur appui, ils font des affaires.» Au passage, Jean-Christophe Mitterrand s'en prend au quotidien le Monde («toujours intellectuellement malhonnête envers mon père») qui a récemment titré: «Mitterrand et l'antisémitisme»: «Le Monde n'est pas seulement un journal, c'est la caisse de résonance de certains mondes. Qui sait, peut-être également d'un certain lobby juif»."


[1]  Jean-Claude MilnerLes Penchants criminels de l'Europe démocratiqueVerdier, 2003, p. 75.

mercredi 11 mai 2011

François Mitterrand, ami de Bousquet et dénonciateur du lobby juif

"Mitterrand, ami de Bousquet et dénonciateur du lobby juif, est la contrepartie de l'Europe réussie" (Jean-Claude Milner [1])

"Vous constatez là l'influence puissante et nocive du lobby juif en France"

A l'occasion des commémorations de l'élection de François Mitterrand à l'Élysée, il y a 30 ans, son amitié "diabolique" pour René Bousquet a été évoquée par Philippe Alexandreancien éditorialiste politique de RTL, dans Le Figaro (Les 7 erreurs de Mitterrand, article réservé aux abonnés) :

"Mais c'est surtout son amitié imperturbable pour René Bousquet, l'artisan de la rafle des Juifs au Vél' D'Hiv pour le compte des nazis, que Mitterrand va payer de la perte de ses derniers amis.  Et ses explications télévisées, à la fin de son règne, n'ont pas chassé le trouble dans son propre parti. [...] Bousquet [...] tué sur le pas de sa porte par un déséquilibré sans que l'on ne sache rien, jamais, de cet assassinat précipitamment escamoté."

Rappelons également les déclarations de François Mitterrand sur "l'influence puissante et nocive du lobby juif en France" et sur l'existence d'un "lobby sioniste": 

"Dans le Rapport Gabriel, vrais-faux mémoires à paraître début septembre chez Gallimard, l'écrivain raconte son ultime entrevue avec le défunt. La scène se passe à l'Elysée, le 17 mai 1995, quelques minutes avant que le Président ne transmette ses pouvoirs à son successeur, Jacques Chirac. Entre thé, confitures et discussion à bâtons rompus sur «la maladie des hommes d'Etat», Jean d'Ormesson aborde l'affaire Bousquet. L'automne précédent, le journaliste Pierre Péan a révélé que François Mitterrand a conservé jusqu'au soir de sa vie des relations d'amitié avec René Bousquet, ancien secrétaire général de la police de Vichy. «Beaucoup reprochent au Président les liens qui l'unissent à ce personnage qui a joué un rôle important dans la collaboration avec l'Allemagne hitlérienne, écrit Jean d'Ormesson. François Mitterrand m'écoute sans irritation apparente. Et il me regarde. "Vous constatez là, me dit-il, l'influence puissante et nocive du lobby juif en France. Il y a un grand silence.» [...]

Confirmant que d'Ormesson lui avait confié les propos de Mitterrand une semaine après que celui-ci les avait tenus, Jean Daniel, le directeur du Nouvel Observateur, assure que l'ancien président avait évoqué, «à plusieurs reprises» devant lui, «l'existence d'un lobby sioniste qu'il ne faisait nullement coïncider avec l'ensemble de la communauté juive». (Quand Mitterrand parlait du «lobby juif». Jean d'Ormesson révèle des propos tenus en 1995, Libération)

Libération rapporte également les propos du fils du président, Jean-Christophe Mitterrand: «Les lobbies juifs existent»

mardi 7 décembre 2010

Pays-Bas: Frits Bolkestein invite les "juifs conscients" à quitter le pays

"Il est opportun que le contretemps cesse.  Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe." (Jean-Claude Milner*)

"Le livre [de Manfred Gerstenfeld sur le judaïsme aux Pays-Bas] rapporte que même les fêtes de bar mitzvah doivent être protégées par des gardes et décrit le cas d'un jeune homme de Rotterdam qui a écrit dans son journal qu'il n'arrêtait pas d'être traité de 'cancer juif'."

Source: Le Monde. Extraits:

Le Néerlandais Frits Bolkestein [ancien commissaire européen] est au coeur d'une vive polémique dans son pays pour avoir incité les 'juifs conscients' à quitter les Pays-Bas où, selon lui, ils risquent d'être victimes d'un antisémitisme qui serait en expansion parmi les jeunes d'origine marocaine. 'Les juifs conscients doivent réaliser qu'il n'y a plus d'avenir aux Pays-Bas', a affirmé l'ex-commissaire européen. M. Bolkestein leur conseille dès lors d'inciter leurs enfants à émigrer vers les Etats-Unis ou Israël.

Ancien dirigeant du parti libéral actuellement au pouvoir M. Bolkestein a tenu ces propos dans un livre consacré au judaïsme aux Pays-Bas. Il s'y dit 'pessimiste' et convaincu que la persistance du conflit israélo-palestinien va continuer d'alimenter l'antisémitisme. Dans une interview parue lundi 6 décembre dans le journal De Pers, il a expliqué que par 'juifs conscients', il visait les juifs 'reconnaissables', à savoir notamment les orthodoxes. M. Bolkestein a ensuite affirmé que le quotidien avait tronqué ses propos, ce que De Pers conteste.

Les propos de cet homme qui reste écouté dans son pays ont suscité une polémique telle qu'ils seront évoqués, mardi, au Parlement de La Haye. Tous les partis ont contesté l'analyse de M. Bolkestein. La plupart ont appelé à la 'fermeté' face à la montée de l'antisémitisme dans leur pays. 'Bolkestein se trompe complètement : ce ne sont pas les juifs mais les Marocains coupables d'antisémitisme qui doivent quitter le pays', a affirmé Geert Wilders, leader de l'extrême droite populiste, qui fut proche de M. Bolkestein au sein du parti libéral.

Le dirigeant du Centre d'information et de documentation sur Israël, Ronny Naftaniel, a estimé qu'il est 'trop facile' de critiquer M. Bolkestein et que la société néerlandaise doit prendre plus clairement position 'contre l'antisémitisme et d'autres formes d'intolérance'."

samedi 15 octobre 2011

Islamisation: les Suèdois de confession juive quittent le pays

"Beaucoup de Juifs ne sentent plus en sécurité en Europe et veulent émigrer. Les détracteurs ont beau jeu de dire que partir c'est donner raison à l'antisémitisme, ils n'ont pas à supporter toutes ces hostilités."

"Franchement, les Juifs allemands c'est un peu comme les pandas, ils sont en voie de disparition" (Oliver Polak, comédien juif allemand)

"Il est opportun que le contretemps cesse.  Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe." (Jean-Claude Milner*)

Yourope (Arte, Yourope (ARTE), dimanche 9 octobre 2011 (26:08 min))

"Les Juifs conscients doivent réaliser qu’il n’y a plus d’avenir ici". Cette déclaration de l’homme politique néerlandais et ancien commissaire européen Frits Bolkestein en décembre 2010 est une réaction à l’antisémitisme croissant qui sévit aux Pays-Bas. Un antisémitisme qui est surtout le fait de musulmans et se répand de plus en plus dans les pays scandinaves, comme dans la ville suédoise de Malmö où il est le plus virulent. Quelles en sont les causes? Comment la communauté israélite européenne réagit-elle? Des études montrent que la pensée anti-juive est toujours très répandue en Europe, surtout pour ce qui est de l’antisémitisme d’extrême droite, en Pologne ou en Hongrie par exemple. En Hongrie toutefois, les rabbins constatent un essoufflement de l’antisémitisme. Mais de là à parler d’un recul durable… Pourtant, il existe des évolutions bel et bien positives

vendredi 11 janvier 2008

L’antijudaïsme moderne, Jean-Claude Milner

"L’antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l’indifférence; la persécution, la forme naturelle du désoeuvrement; le déni de l’antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l’opinion raisonnable."

Les Penchants criminels de l'Europe démocratique, Jean-Claude Milner, Verdier, 2003, p. 130

lundi 13 novembre 2017

Jean-Claude Milner: "Autrefois, l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés"

Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Vous avez dit illimitation. Jusqu’à une date relativement récente, l’Europe élargie avait une limite. En gros, l’Oural. Au-delà de ça, on pouvait avoir les meilleures relations du monde mais ça n’allait pas de soi, c’était autre chose. Maintenant, je crois que l’on peut dire très sérieusement qu’à partir du moment où l’appartenance européenne a été définie par des critères plus formels que substantiels: l’acceptation du libre marché, l’acceptation de la libre circulation des biens et des personnes, l’acceptation en gros de la démocratie, à partir de ce moment-là, il suffit d’une distance géographique pas trop importante pour y être inclus. Voir la Turquie, cas fort intéressant. Mais si l’on dit la Turquie, pourquoi pas l’Algérie? Pourquoi pas le Maghreb? Et si l’on dit l’Algérie et le Maghreb, pourquoi pas toutes les rives méditerranéennes? Et dès lors la question de l’État d’Israël se pose. Autrefois, dans la période où l’Europe se sentait encore redevable aux juifs exterminés, la relation entre Israël et l’Europe était naturelle. Aujourd’hui, les Européens considèrent que la guerre est terminée. Que c’est vraiment pour solde de tout compte. C’est comme cela qu’il faut lire par exemple les déclarations de reconnaissance de faute par quoi Chirac a marqué les débuts de son septennat. Ça peut se lire d’une autre manière, mais je pense qu’on peut le lire aussi comme la déclaration d’un solde de tout compte: la dette est reconnue, elle est close.

Aujourd’hui, l’Europe, globalement, considère que l’État d’Israël en particulier, que l’affirmation juive de façon plus large, est une figure de limite et que par voie de conséquence elle est structurellement en position d’obstacle à l’égard de ce mouvement d’illimitation qui est maintenant celui où l’Europe s’est engagée."
Source

Lire également:
Eric Hoffer: "Ce qui adviendra à Israël sera notre sort à tous"

jeudi 19 septembre 2013

"Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe"

Il y a dix ans Jean-Claude Milner publiait Les penchants criminels de l'Europe démocratique et écrivait:

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."

L'historien Robert Wistrich ne dit pas autre chose quand il conclut que les Juifs doivent quitter l'Europe, maintenant.

Une fois de plus, les faits leur donnent raison. On apprend que, apparemment depuis des années, un site hébergé par le portail du Ministère de l’éducation belge compare officiellement l’Etat Juif à l’Allemagne nazie. JSS News rapporte les faits:  "Les comparaisons ont été effectuées sur le site KlasCement.be, une ressource pédagogique d’importance offerte par le ministère de l’Education de la Région flamande, l’une des trois entités qui composent l’Etat fédéral belge. C’est le journal juif Joods Actueel qui a énoncé les faits, cette semaine.


Le site présentait une caricature d’un homme juif empalé sur la clôture d’un camp de concentration à côté d’un homme portant keffieh palestinien et un uniforme où il était écrit "Gaza".  Les deux étaient dessinés en forme de croix gammée. La légende "Plus jamais" était inscrite sous le juif. Et "encore/toujours" sous l’arabe. La caricature a été faite par le raciste brésilien Carlos Latuff – un activiste antisémite bien connu par les organisations juives d’Amérique du sud. [Latuff a eu le deuxième prix au concours de caricatures sur l'Holocauste de Téhéran en 2006 inspiré par le président iranien négationniste Mahmoud Ahmadinejad (Libération: "L'Holocauste caricaturé à Téhéran. L'expo violemment antisémite se veut une réponse aux dessins danois de Mahomet".]  Le ministère de l’Education flamand n’a pas répondu aux demandes de commentaires mais Guido Joris de Joods Actueel déclaré que le dessin a été retiré du site à la suite de la publication de l’article par le journal.

Un autre élément supprimé suite à l’article, était un jeu de rôle dans lequel un des personnages était le suivant: "vous sympathisez avec le Hamas. Vous vivez dans la bande de Gaza et travaillez en Israël. Vous êtes choqué par le meurtre d’une fillette palestinienne par des soldats israéliens dans une école. Israël nie avoir tiré les coups de feu mais l’ONU indique qu’Israël est coupable"."

JSS estime que c'est la "connerie" qui a inspiré les responsables.  Ce n'est pas exact. En Belgique le discours anti-sioniste/anti-juif est brutal et direct et n'est pas paré de raffinements. Ainsi le premier ministre Elio Di Rupo a affirmé publiquement: "Et cette attitude [de la population juive] de sang-froid, ne pas avoir de remords, voir des écoles être anéanties et tous ces morts, c'est inacceptable, c'est totalement inacceptable". En 2010, le Commissaire européen belge Karel De Gucht déclarait à la radio publique néerlandophone : "Il ne faut pas sous-estimer, par exemple, le [pouvoir du] lobby juif à Capitol Hill, le parlement américain. C'est groupe le mieux organisé de pression qui y existe. En d'autres termes, il ne faut pas sous-estimer l'emprise du lobby juif sur la politique américaine. Que ce soit dans le camp démocrate ou républicain, ça revient à peu près au même. Il ne faut pas non plus sous-estimer l'opinion - en dehors du lobby - du Juif moyen qui ne vit pas en Israël. Il y a en effet chez la plupart des Juifs une foi - je pourrais difficilement décrire ceci autrement - qu'ils ont raison. Et la foi est quelque chose qu'on peut difficilement combattre avec des arguments rationnels. Ça ne dépend du fait si ces Juifs sont croyants ou pas. Même les Juifs laïques partagent la même croyance d'avoir effectivement raison. Il n'est donc pas facile, même avec un Juif modéré, d'avoir une discussion sur ce qui se passe au Moyen-Orient. C'est une question très émotionnelle." Le quotidien Le Soir s'est empressé d'approuver les propos de M. De Gucht ""Karel De Gucht brave les tabous."  Le professeur de lycée Pierre Piccinin,  qui se vante sur son site d'être le nouveau "Lawrence d'Arabie" belge, se plaint amèrement de la mafia juive: "Attaqué, une fois de plus, lâchement, par la mafia sioniste, je n'ai pas peur. Et un jour la peur changera de camp et ce sont eux qui en auront à rendre des comptes".  De surcroît il dénonce l'hommage rendu en France aux enfants juifs tués par un terroriste à Toulouse: "Si 4 enfants juifs méritent une minute de silence, les enfants palestiniens méritent qu'on se taise à jamais... faites passer ce message qu'il arrive aux juifs".  Sa peur est telle, qu'il créé une association pour faire peur à la mafia sioniste.  Les médias belges francophones l'encensent depuis qu'il est revenu sain, sauf et volubile de Syrie, et ne mentionnent jamais cette traque obsessionnelle à la "mafia sioniste".  Philippe Moureaux, ancien ministre de la Justice, se dit également déçu par les Juifs belges: "A 20 ans, quand j'étais marxiste, je n'étais pas un grand partisan du droit à la différence. J'ai évolué. Et ce qui m'a fait basculer, ce sont précisément les conversations que j'ai eues avec des représentants de la communauté juive. Cela m'attriste, aujourd'hui, de les voir refuser ce droit à la différence pour les musulmans."  Et ceci: "M. [Herman] De Croo [à l'époque Président de la Chambre des représentants, libéral] est convaincu que la clé du problème du Moyen-Orient est à chercher du côté du lobby juif aux États-Unis." (Sénat, 27/05/2008). Et encore ceci:  "Anne Marie Lizin, ancienne responsable du sénat belge souhaite que les participants ne se perdent pas en discours. "L'Algérie peut recréer les moments des forts soutiens pour la Palestine comme elle l'a fait il y a 30 ans," a-t-elle affirmé. Elle estime que "derrière Wikileaks, il y a un lobby israélien qui veut déstabiliser le président américain parce que pour la 1er fois, il a demandé aux Israéliens un rééquilibrage dans le dossier du Moyen-Orient et de stopper la colonisation". Une députée bruxelloise affirmait en 2009 que "il y a un judaïsme extrême qui autorise cette forme de colonialisme qu'on appelle le sionisme".  On pourrait également citer les propos brutaux de M. Pierre Galand, de M. Jean Bricmont, de M. Michel Collon et de bien d'autres.  Et vous croyez peut-être que les Juifs n'empoisonnent pas les puits?  Mais quelle naïveté.  Cliquez donc ICI.

Voici d'autres dessins de Carlos Latuff.  En effet, un modèle de pédagogie. 
Légende de Latuff: "Olmert's flatulence Certain foods counteract the production of Ehud Olmert's deadly intestinal gas, most notably U.S. dollars." (La flatulence d'Ehud Olmert. Certains aliments neutralisent la production de gaz intestinaux mortels d'Olmert, et tout particulièrement les dollars des U.S.)






















mercredi 20 décembre 2017

Jean d'Ormesson: quand Mitterrand se plaignait du "lobby juif", puissant et nocif

"Mitterrand, ami de Bousquet et dénonciateur du lobby juif, est la contrepartie de l'Europe réussie" (Jean-Claude Milner)

Renaud Dély dans Libération (1999): "Jean d'Ormesson révèle des propos tenus en 1995 - Quand Mitterrand parlait du «lobby juif» (extrait):

"Dans le Rapport Gabriel, vrais-faux mémoires à paraître début septembre chez Gallimard, l'écrivain raconte son ultime entrevue avec le défunt. La scène se passe à l'Elysée, le 17 mai 1995, quelques minutes avant que le Président ne transmette ses pouvoirs à son successeur, Jacques Chirac. Entre thé, confitures et discussion à bâtons rompus sur «la maladie des hommes d'Etat», Jean d'Ormesson aborde l'affaire Bousquet. L'automne précédent, le journaliste Pierre Péan a révélé que François Mitterrand a conservé jusqu'au soir de sa vie des relations d'amitié avec René Bousquet, ancien secrétaire général de la police de Vichy. «Beaucoup reprochent au Président les liens qui l'unissent à ce personnage qui a joué un rôle important dans la collaboration avec l'Allemagne hitlérienne, écrit Jean d'Ormesson. François Mitterrand m'écoute sans irritation apparente. Et il me regarde. "Vous constatez là, me dit-il, l'influence puissante et nocive du lobby juif en France. Il y a un grand silence.»"
Libération rapporte également les propos du fils du président, Jean-Christophe Mitterrand: «Les lobbies juifs existent»

mardi 19 mai 2015

La citation du jour - Jean-Claude Milner (12)

Jean-Claude Milner, linguiste et philosophe:

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."

Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003

Citations précédentes

[L'instrumentalisation et la banalisation de Shoah à des fins politiciennes est en effet une ignominie et d'une grande "hypocrisie".]

Chantal Delsol

"Un maire [Robert Ménard] a averti qu'il comptait les musulmans dans les classes. Il a tort, parce qu'un élu doit respecter la loi, qui l'interdit. Il est possible aussi que la loi en l'occurrence ait tort.

Pourquoi cette interdiction? On nous raconte qu'on ne veut plus de listes parce que cela fait penser aux listes de Juifs, parce que cela sent le génocide futur, cela rappelle une période sinistre. Pourtant les Canadiens, et bien d'autres, qui listent leurs citoyens par particularités ethniques, religieuses ou autres, n'ont aucune pensée génocidaire.  On a le devoir d'être prudent mais on n'a pas le droit d'être idiot, ni surtout de nous prendre pour des idiots. [...]

Caractéristique principale de la vertueuse France, d'après Theodore Zeldin: l'hypocrisie."

Imre Kertész

"Je crois que les juifs d'Europe commettent une erreur suicidaire quand, sous prétexte de critiquer Israël, ils s'étouffent d'indignation avec les intellectuels et hauts fonctionnaires européens qui drapent le vieil antisémitisme dans un nouveau langage, et qui hier encore voulaient les exterminer; pourquoi donc auraient-ils changé leurs intentions?

Je voudrais poser une question à ces juifs pieux et stupides qui se renient eux-mêmes et qui vomissent des insultes contre Israël: "En quoi est-ce que ça te gêne, espèce de crétin? Tu vis en Suisse, en France, au Danemark ou ailleurs, alors pourquoi [...] l'effroyable arrivée au pouvoir du néonazisme européen [ne te dérange-t-elle pas]? Tu as beau te déguiser, crétin, as-tu déjà oublié que la Suisse a exigé qu'un J soit apposé dans ton passeport, que les Français t'ont enfermé dans un camp et t'ont livré aux assassins nazis, que l'Europe tout entière a regardé avec complaisance les derniers soubresauts des déportés juifs dans les chambres à gaz d'Auschwitz?"

J'en arrive à conclure que le juif d'Europe est effectivement un personnage nuisible qui déteste voir des armes de défense entre les mains de juifs et voir dans sa propre extermination l'unique solution à sa vie vécue avec une conscience abjecte et confuse. Il n'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas atteint son but, tant qu'il n'aura pas été déporté dans un nouvel Auschwitz, battu, dépouillé, tant qu'il n'aura pas creusé sa propre tombe, etc.: tout cela l'étonnera à nouveau, comme autrefois." (Imre Kertész, prix Nobel de littérature et survivant d'Auschwitz)

dimanche 19 avril 2009

Les dix citations de la semaine (5)


"Moi qui ai subi l’expérience des horreurs de la Shoah, j’affirme que Durban a été la manifestation la plus haineuse et la plus discriminatoire contre les Juifs depuis la période nazie." (Tom Lantos (1928-2008), Président démocrate de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants et seul survivant de la Shoah élu au Congrès américain. Membre de la délégation américaine à la conférence.)

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"Il faut avant tout cesser d’être culpabilisés par l’holocauste. L’immense majorité de la population européenne n’était pas née pendant la guerre et elle n’a pas à se sentir éternellement coupable pour des crimes qu’elle n’a pas commis. C’est également vrai pour les Allemands ou pour l’Eglise catholique qui continuent à être particulièrement culpabilisés." (Jean Bricmont, professeur à l'Université Catholique de Louvain)

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"L’antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l’indifférence; la persécution, la forme naturelle du désoeuvrement; le déni de l’antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l’opinion raisonnable." (Jean-Claude Milner, Les Penchants criminels de l'Europe démocratique, Verdier, 2003)

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"Nier à l'Etat d'Israël le droit de vivre, d'exister, est devenu une tendance à la mode. C'est la forme moderne de l'antisémitisme. Le Parlement européen devrait ainsi clarifier de façon très précise sa position sur cette question." (Silvana Koch-Mehrin, Eurodéputé allemande)

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"La pompe de ces Salomons parvenus heurte notre goût (contemporain) pour la sobriété. Ils parlent toujours à haute voix, comme s'ils étaient en pays vaincu. Et que ce soit dans un restaurant à Londres ou à Berlin, il n'y a rien de plus intolérable que le caquetage sémitique. Ils sont couverts de bijoux, les garnitures de leurs calèches sont en or, et ils aiment le luxe grossier. Tout cela irrite." (Eça de Queirós (1845–1900), diplomate et écrivain portugais, 1880)

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"Il [Moses Hess] disait aux Juifs allemands des choses qu'ils n'aimaient pas entendre. Par exemple: "Pourquoi les Allemands ne vous aiment-ils pas? Ce n'est pas parce qu'ils n'apprécient pas votre religion, ou vos écrits ou votre conduite économique. Ce qu'ils n'aiment pas, ce sont vos nez, vos cheveux frisés, parce qu'ils considèrent qu'ils ne sont pas allemands, ce que vous prétendez être. Et cela, vous ne pouvez le changer." (Sir Isaiah Berlin, philosophe et historien, En toutes libertés, entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Le Félin)

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"Je suis né à l'âge de La Libre Parole de Drummond (ne pas confondre avec Druon) et de La France Juive : l'hitlérisme a réveillé mon inconscient d'enfant. Entre Vienne 1900 et Paris, il y eut, alors, un antisémitisme européen." (Paul Morand, 18.8.1974, Journal Inutile, t. II, 1973-1976)

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"[...] on ne construira pas le bien vivre ensemble en Europe sur la délégitimation de la noble idée du Sionisme et l’exigence faite aux Juifs de renier leur droit imprescriptible à disposer, eux aussi, d’un Etat. Mais on aura certainement contribué à construire le bien vivre ensemble quand, partout, de l’est à l’ouest et du nord au sud de notre espace européen, les synagogues et les écoles juives n’auront enfin plus besoin de cette protection policière qui, depuis que j’ai ouvert les yeux sur le monde, défigure leurs abords et marginalisent ceux qui y prient ou y étudient." (Joël Rubinfeld, Président du CCOJB)

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"Pas plus que n’importe qui, les juifs n’ont à expliciter l’antisémitisme, l’anti-judaïsme, ou encore l’anti-sionisme. C’est aux auteurs de tels propos, de tels actes écrits à en dire leurs raisons, ce qui implique qu’ils disent les avoir dits, et d’où ils proviennent. C’est là une nécessité éthique minimale à tout débat possible sur de tels enjeux, c’est l’exigence que tout débat se supporte d’un tel pacte de fonds au départ. Car l’antisémitisme quel qu’il soit, avoué ou non, su ou non, peut être le prélude à bien plus grave, chacun le sait aujourd’hui." (Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste)

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"Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens." (Eric Marty, écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot)

Les dix citations précédentes: (1), (2), (3), (4)

mardi 10 mai 2016

Il n'y a plus de "question juive" en Europe, selon le philosophe belge E. Delruelle


Le Soir (10/05/2016)
Le Soir a interrogé Edouard Delruelle, professeur à l'Université de Liège où il enseigne la philosophie morale, politique et du droit, sur l'élection du nouveau maire de Londres qui est musulman.  M. Delruelle déclare en sa qualité d'"expert":

"[...] la question de l'islam, qui est devenu un abcès de fixation, de manière tout à fait exagérée, irrationnelle [...].  Etre musulman aujourd'hui est suspect".

Il ajoute que "[...] la "question musulmane" aujourd'hui.  Elle a remplacé la "question juive".  Cette dernière, comme l'a bien montré Sartre, était surtout la question de l'antisémitisme".

Ces propos interpellent.  La population juive a toujours été infime en Europe. et soumise pendant des siècles à des persécutions et vexations inouïes qui ont culminé avec l'extermination de six millions d'êtres dont un million et demi d'enfants.  La population musulmane se compte par millions et ne se laisse pas intimider.  La population juive européenne diminue sans cesse et est de plus en plus âgée (9 millions en 1939 et à peine 1.4 million aujourd'hui) - cette diminution s'explique en partie par l'antisémitisme, c'est-à-dire de "la question juive".  Elle les pousse à partir.  La population musulmane, par contre, continue de croître en Europe.

Or il semblerait que pour M. Delruelle il n'y a plus de "question juive" en Europe.  Faute de juifs?

A lire:
L'islam, première religion à Bruxelles dans vingt ans (2008, Le Figaro)
"Du bazar Tafoukte à la bijouterie Mohammed, les musiques du Maghreb envoûtent le passant. Encombrée de seaux en plastique multicolores, de chaussures de sport et de caftans chatoyants, la ruelle piétonnière du Prado conduit à la mairie de Molenbeek, le quartier marocain de Bruxelles. Presque toutes les femmes sont voilées et les commerçants parlent arabe. «On se sent mieux, ici, qu'en France ou en Espagne, assure Akim, gérant d'un magasin de vêtements. Peut-être parce qu'on est une grande communauté. C'est comme au pays !»"

Bruxelles capitale de l'antisémitisme (2014, tribune de Claude Demelenne @ La Libre Belgique)
"Quand le racisme antijuif prospère dans certaines couches de la population, il est temps de tirer le signal d’alarme. Il est temps pour toute la gauche d’appeler un chat, un chat. Et un militant de l’islam réac, un fasciste, même s’il prétend défendre la cause palestinienne et celle de tous les musulmans opprimés - souvent par d’autres musulmans - de la terre."

"Il est opportun que le contretemps cesse. Le premier devoir des Juifs, ce n'est pas, comme l'imaginait Herzl, de délivrer l'Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c'est de se délivrer de l'Europe."
Les Penchants criminels de l'Europe démocratique, Jean-Claude Milner, 2003, Verdier, 2003.

Suite à son excellent article (2015) sur la situation préoccupante  des juifs en Europe @ Atlantic,  le grand journaliste américain de gauche Jeffrey Goldberg, avait été contacté par un juif belge qui a voulu garder l'anonymat:

"But first, from a Jewish person in Belgium who asked to remain anonymous: "I read your article, and the experience of the Jews of Belgium is similar, or maybe worse, than the experience in France, because our government is quiet on the subject and there are not so many of us here. However, I don't want to leave. This is my country. You probably feel that way about your country. If you were a Belgian Jew, what do you think you would do?"


The answer is very difficult, of course. As I wrote in the article, I do not sense a great future for Jews across much of Europe. The trends are not moving in positive directions, even putting aside the most obvious negative trend of all: In 1939 there were nine million Jews in Europe, and today there are roughly 1.4 million. 

But my answer is this: If I were a completely assimilated Jew, one who, say, has married out of the faith; one who is not raising my children Jewish; and one who does not associate with Jewish people in specifically Jewish places, then I think I would be fairly safe in Belgium. It is possible to be secure in a place like Belgium by avoiding Jewish institutions (synagogues, schools, and so on) and, of course, by not participating in any obviously Jewish activity, or dressing in an obviously Jewish manner. So it comes down to a person's relationship with Judaism. Obviously, the Nazis are not coming, and so it is not unduly dangerous to have Jewish ancestry. The article I wrote, however, was about normative Jewish life. For those people who want to be actively Jewish, a place like Belgium could, in fact, be dicey. I suppose that if I lived in Belgium, and could afford to be mobile, I would be getting mobile. But these are terribly hard questions. If I had parents, or siblings, who were tied to Belgium, I probably wouldn't be so quick to look for an exit."

mardi 2 septembre 2014

"Un stade supplémentaire dans la dégradation de l’image et du statut des Juifs de France", Shmuel Trigano

"Tout ce qu’il y a à comprendre, c’est que les juifs n’intéressent plus personne en Europe. Même pas ceux qui se livrent chaque jour plus ouvertement aux pratiques et déclarations antijuives. L’antijudaïsme moderne est devenu la forme naturelle de l’indifférence ; la persécution, la forme naturelle du désœuvrement; le déni de l’antijudaïsme et de la persécution, la forme naturelle de l’opinion raisonnable." (Jean-Claude Milner, 2003)

"Entre-temps, c’est un stade supplémentaire dans la dégradation de l’image et du statut des Juifs de France. Même quand ils quittent les lieux, ils se voient exposés à la désapprobation et à la condamnation. Le problème c’est qu’ils le sont déjà quand ils restent. Le plus grave c’est cependant qu’après les récents événements, ils se voient accuser tandis que la «jeunesse française» malgré la violence de ses manifestations est célébrée."

Shmuel Trigano @ Times of Israel: Interdire l’alyah aux Juifs de France?

J’ai entamé il y a quelques semaines la recension du développement d’un thème idéologique et politique tout à fait nouveau en France – mais que les Juifs originaires du monde arabe, qui y ont connu les années 1950-1970, connaissent bien – et qui présente la potentialité ou la réalité de l’installation de Juifs français en Israël comme un acte menaçant, hostile et agressif. qu’il faudrait logiquement interdire. Dans de nombreux pays arabes où des communautés juives vivaient leurs derniers jours, ce thème inspira une politique, des lois que l’historien peut recenser en Egypte, en Irak, en Libye, au Maroc, etc.

Or nous voyons apparaître pour la première fois ce thème en France. Pour l’instant, il reste dans le cadre d’un jugement idéologique et d’un discours. Pourra-t-il devenir un jour texte de loi, ou réglement («politiquement correct» évidemment par le biais d’une punition fiscale, bancaire, nationale…)? L’avenir nous le dira. Tout est aujourd’hui possible. Le pouvoir est faible et volatile. Qui sait qui demain en occupera le siège? Le Front national? Le parti Socialiste et l’UMP ne sont pas plus rassurants…

Après avoir analysé l’article du rédacteur en chef du Monde Diplomatique, Alain Gresh, qui a ouvert le feu, et celui du rédacteur en chef de L’Express (leur titre professionnel montre que c’est au plus haut de la hiérarchie médiatique qu’on pense ainsi), je me dois de faire mention d’une nouvelle prise de position semblable, située cette fois-ci à ce que l’on appelle «l’extrême gauche», en la personne du prophète de la «VI° République», je veux dire Jean-Luc Mélenchon, dont on se souvient du «discours de Marseille» qui reprenait tous les thèmes de l’islamisme.

Jugeant des manifestations pro-palestiniennes qui ont eu lieu récemment, il s’en est pris de façon inattendue aux Juifs de France[1]: «Si nous avons quelque chose à dénoncer c’est ceux de nos compatriotes qui ont cru, bien inspirés, d’aller manifester devant l’ambassade d’un pays étranger ou d’aller servir sous ses couleurs les armes à la main

vendredi 22 mai 2015

La citation du jour - David Aaronovitch (15)

 David Aaronovitch:
"There is a deeply controversial phrase perhaps too often used by some Jews about other Jews, which is that they are "self-hating".  Down the long years of pamphlets and pogroms, antisemites have always been able to cite a Jew somewhere saying, well yes, Jews are just as bad as you say they are.

But though such a person might be motivated by self-loathing, it has gradually dawned on me that, more likely, it is other Jews they really hate.  Themselves they love."

David Aaronivitch est écrivain, journaliste et chroniqueur au Times.  Extrait d'une chronique parue dans l'édition du Times du 30/04/2015.

Citations précédentes

Jean-François Chemain

"L’antisémitisme, c’est comme le cholestérol: il y a le «bon» et le «mauvais». Chacun peut en effet constater que le discours antisémite est, aujourd’hui, complètement banalisé. Un grand quotidien du soir s’émouvait, pas plus tard qu’hier, de la cohabitation, au sein de la «Génération Gaza#», de «trentenaires n’ayant jamais manifesté», de «bobos muslims» et de «vieux antisémites». Touchant spectacle, en effet. Dans les dîners en ville, comme dans les salles des profs, on se lâche, ainsi qu’au bon vieux temps.

On nous ressert pourtant toujours, ad nauseam, des discours convenus sur «les heures les plus sombres de notre Histoire», l’époque de l’Occupation, de Pétain et de Xavier Vallat. Sans oublier, bien sûr, l’affaire Dreyfus… En quoi, diantre, l’antisémitisme de ces temps-là différait-il de celui du nôtre? J’interroge, naïvement, on me répond, doctement et un brin agacé: «il ne faut pas confondre antisémitisme et antisionisme!». Il y aurait donc de bonnes raisons de détester les Juifs, et de mauvaises? Que ne leur a-t-on pas reproché, aux Juifs! «Déicides» (les catholiques, jadis), «capitalistes» (l’extrême-gauche, au XIXe siècle), «apatrides» (l’extrême-droite, fin du XIXe siècle et début du XXe), «inférieurs et parasites» (les nazis), et maintenant «sionistes». Voltaire, notre icône nationale, leur attribuait tous les défauts, sauf un: «Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre» (Dictionnaire philosophique, article «anthropophagie»)."

Ulrich Beck (2003)

Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."