samedi 23 décembre 2017

D. Schnapper: L'antisémitisme est "l'indicateur le plus sûr d'un processus de décomposition des démocraties"


Dominique Schnapper, sociologue et présidente du Musée d'art et d'histoire du judaïsme (MAJ):
"L'antisémitisme est toujours inquiétant pour la République.  Il est de toute évidence contraire à ses valeurs. Et il est également annonciateur et marqueur de faiblesses et de trahisons graves.  L'antisémitisme est un signe et un signal qu'il ne faut ni cacher, ni sous-estimer, ni relativiser.  C'est l'indicateur le plus sûr d'un processus de décomposition des démocraties.  L'antisémitisme est un problème pour les juifs, mais c'est aussi un problème pour la République."
Le Figaro

1 commentaire :

Christian Rayet a dit…


Selon la thèse défendue dans le National Post par Julien Bauer, politologue à l’Université du Québec, l’antisémitisme est une composante des politiques occidentales actuelles.
Des chaînes publiques présentent des « documentaires » et des livres à grande diffusion, jusqu'à l'UNESCO, réécrivent l’histoire juive et celle d’Israël en taisant la réalité et présentant un contexte mensonger sans que personne ne sourcille. Les intellectuels juifs ont disparu des débats publics, des radios, des télévisions, de la presse, comme par enchantement, sauf si de conviction de gauche et anti-juifs. Une certaine presse qui dit analyser les événements, attisent l’antisémitisme en Belgique, en France.… L’antisémitismes, le plus pernicieux, au plus ouvert et proclamé. Celui qui est jeté au détour d’une phrase, celle qui s’immisce dans les discussions de manière tellement courante et banalisée qu’il n’alarme plus jusqu’à faire une victime « coupable », coupable parce que juive tout simplement. Celle qui est étonnée d’entendre un autre avis et condamne… Entendre que les juifs « n’ont pas volé de terre »… impossible!
Après de sombres années, nous avons proclamé « plus jamais ça! », nous avons espéré et construit le sens de l’universalité, le sens de la fraternité de chaque être humain. Aujourd’hui, comme hier, c'est au détriment des Juifs et du Sionisme qui lui est assimilé. Nos sociétés revendiquent des valeurs humanistes, pourquoi est-elle sélective dans ses prises de positions ? Elle porte bien un idéal, mais elle le trahit manifestement. Que sont devenues nos belles constructions humanistes ?
La haine des Juifs fut d'abord religieuse, raciale ensuite. Le judaïsme est pourtant respectable dans nos sociétés démocratiques ; scrupuleusement laïc : comme religion il accepte, partout, les règles du pouvoir. Les Juifs sont les champions de l'intégration. La loi du pays est la loi. Ce prescrit renvoie bien le religieux dans la sphère privée. Les textes du Judaïsme poussent à la citoyenneté d'ailleurs, Israël, Etat laïque, protège la liberté de culte et les minorités religieuses, fussent-elles musulmanes. Cas unique au Moyen-Orient !
C'est par l'histoire juive, et la culture grecque, que notre monde ne mêle pas la pensée religieuse avec la politique, un bienfait pour la liberté de penser et permettre une personnalité harmonieuse. Le Judaïsme a servi au développement éthique de l'humanité, particulièrement de nos sociétés occidentales. Nous sommes la moisson de ses semailles anciennes et quoiqu'on cherche à lui imputer, que ce soit juste ou injuste, il est le garant de cette moisson.
Israël est un pays comme les autres, à l’image de nos pays démocratiques, il est imparfait, son armée, comme les nôtres, commet des erreurs, sa politique est critiquée… au sein de la Knesset. Mais ce pays scandalise le monde! Si les défauts d’Israël sont disséqués et amplifiés, alors que ceux de ses ennemis sont volontairement effacés, cela nous laisse indifférents.