mardi 21 août 2012

Le bestseller anti-israélien d'un diplomate et théologien suédois

"Ce livre est l'une des attaques les plus fanatiques et haineuses contre l'Etat juif que j'ai lus ces dernières années." Annika

Des milliers de livres, essais, articles, reportages, blogs, conférences, cours, colloques, films etc qui attaquent les Juifs, les Juifs israéliens et Israël sont publiés et organisés chaque année en Europe.  La communauté juive européenne est incapable d'organiser une parade contre ce tsunami de haine qui défigure l'Europe depuis des centaines d'années.

Source: Ynet, un article (Getting away with anti-Semitism) de Lisa Abramowicz, secrétaire générale du Centre d'information Suède-Israël

Ingmar Karlsson est un ancien diplomate de haut rang (ambassadeur) et un membre éminent de la société suédoise. Il a écrit un livre sur le sionisme farci de citations fausses et tronquées attribuées aux fondateurs du sionisme (La mariée est belle mais elle a déjà un mari. Le sionisme - la fin de la route?). L'auteur fait taire les critiques en utilisant des méthodes antidémocratiques. Cette histoire doit être envisagée dans le contexte de la situation qui prévaut en Suède où des préjugés anti-israéliens et anti-juifs sont très répandus.  L'ouvrage est devenu un best-seller.

On a beaucoup glosé sur Ilmar Reepalu, le maire de Malmö, sur ses déclarations antisémites et son incapacité à contrôler le sentiment antisémite dans certains secteurs de l'importante population musulmane de la ville. Or les musulmans extrémistes ont une influence négligeable dans la société suédoise. Par contre ceux qui sont impliqués directement ou indirectement dans la publication de l'ouvrage d'Ingmar Karksson, à savoir ses éditeurs, le ministère des Affaires étrangères, les médias, les milieux universitaires et les leaders d'opinion ont beaucoup d'influence.

Quand le maire Ilmar Reepalu accuse à tort la communauté juive d'être "infiltrée" par un parti ultranationaliste aux racines nazies ou que le social-démocrate Adrian Kaba explique dans un éditorial qu'il y a une "conspiration judéo-européenne d'extrême-droite", ils ne mettent nullement en péril leur situation sociale et professionnelle.  En général il suffit de remplacer le mot "Juifs" par "Israël" ou "sionisme" et le tour est joué. L'accent est mis sur le langage plutôt que sur la vision du monde que le langage communique et qui influe grandement sur les décisions politiques comme sur d'autres types d'action.

En revanche, il est pratiquement impossible de publier des analyses sur la manière dont l'antisémitisme est projeté sur le seul pays où vit une majorité juive. Même l'un des éditorisalistes suédois les plus progressistes a éprouvé le besoin de mentionner "les atrocités commises par Israël" dans un article sur l'antisémitisme meurtrier du terroriste français Mohamed Merah.

Cet état d'esprit explique en partie pourquoi les médias n'ont pas interpellé Karlsson, ses éditeurs, le ministère des Affaires étrangères, les établissements universitaire sur ses faux antisémites et ses tentatives éhontées pour étouffer la critique.


Karlsson est un diplomate de haut rang retraité récipiendaire de deux doctorats honorifiques. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et est Senior Fellow et membre du conseil du Centre d'études du Moyen-Orient de l'Université d'État de Lund. Le Centre est partiellement subventionné par le ministère des Affaires étrangères, l'ancien employeur de Karlsson. Son dernier livre couvre la soi-disante l'histoire du sionisme et propose un "Etat parallèle" - bi-national - qui constituerait la solution au conflit israélo-palestinien. Cette solution est également promue par le Centre.

Le livre manque mystérieusement références. La citation du titre "La mariée est belle mais elle a déjà un mari" n'existe pas dans aucune source primaire sioniste. C'est un un plagiat du titre d'un livre de Ghada Karmi "Mariée à un autre homme." En 2010 Karmi a admis que l'expression destinée à faire que croire que les sionistes étaient voleurs de terres n'était pas fondée. Malgré des lacunes évidentes, l'ouvrage de Karlsson se vend bien et a été favorablement accueilli par la plupart des critiques, alors que d'autres l'ont trouvé déséquilibré, manquant de connaissances, et que le contexte historique est malveillant.

Torbjörn Jerlerup, un blogueur libéral et anti-raciste, a publié une analyse approfondie sur le manque de sérieux de l'ouvrage. Contrairement aux travaux de Karlsson, ceux de Jerlerup sont bien documentés. Il montre hors de tout doute que les propos que Karlsson attribue aux dirigeants sionistes sont des faux glanés sur le Web dans des sites antisémites. Le but de ces falsifications est de faire croire que les anciens dirigeants sionistes ont volontairement sacrifié leurs coreligionnaires à l'antisémitisme donc à la persécution afin d'atteindre leur but - un Etat juif. [...] Il y a beaucoup de citations inexactes de Herzl et d'autres sionistes, comme Ben Gourion et Nahum Goldmann, que l'on trouve sur les sites antisémites et que Karlsoon a abondamment utilisées.

De surcroît, dans deux de ses livres précédents, Karlsson a plagié d'autres auteurs. Ses éditeurs, Wahlström & Widstrand, en ont été informés. Néanmoins, ils ont publié le livre sur le sionisme sans tenir compte des objections de leur propre expert. L'éditeur a fait confiance à un auteur peu fiable plutôt qu'à un expert fiable - ou bien ils ont tout simplement décidé qu'un ouvrage attractif (?) de fiction anti-juive serait bien accueilli en termes de ventes par les lecteurs suédois.

En plus de ses falsifications et plagiat, Karlsson a maintes fois utilisé des méthodes non démocratiques pour faire taire ses détracteurs, apparemment en invoquant son "l'immunité diplomatique."

S'exprimant sur Radio Suède au sujet de son livre, Karlsson a préconisé la "démocratie d'Arafat" par "une majorité arabe" comme la solution préférée au conflit israélo-palestinien. La journaliste indépendante Anna Ekström a répliqué que, compte tenu du niveau de l'antisémitisme dans la région, une minorité juive en Palestine serait en danger de génocide.

Karlsson l'a désapprouvée et accusée de diffamation.  Il a demandé ses coordonnées personnelles. Quand l'éditeur d'Anna Ekström a refusé de les lui remettre, il a fait circuler l'idée qu'elle n'existait pas mais qu'elle utilisait un pseudo et faitsait partie d'une conspiration sioniste.

Une ancien correspondant pour le Moyen-Orient de Radio Suède a prétendu que ceux qui critiquaient Karlsson étaient de simples marionnettes d'un leader du "peuple élu". Dans une entrevue accordée à une publication ultranationaliste raciste, Karlsson a annoncé qu'il était à la recherche d'Ekström. Sans surprise, les lecteurs se sont proposés pour participer à la chasse aux sorcières. Ce mythe a fait le buzz sur des sites extrémistes et Ekström l'objet de menaces. Cependant Ingmar Karlsson n'a déposé aucune plainte contre Anna Ekström.

Karlsson a accusé plusieurs personnes, qui ont défendu le droit de Ekström de ne pas être harcelée par lui, d'être elle-même ou d'écrire en son nom. Les éditeurs d'Ekström ont simplement confirmé qu'elle existait et écrivait sous son propre nom. Mais la réaction dans les médias fut particulièrement faible. C'est la presse norvégienne qui a correctement rapporté cette affaire. Dans Dagens Næringsliv, Bjoern Gabrielsen a souligné le danger que des comportements comme celui de l'ambassadeur Karlsson font peser sur la liberté de la presse, la liberté d'expression et le droit à la sécurité personnelle.

Il y a quelques années, Karlsson a essayé une autre tactique. En 2004, quand il était encore consul général à Istanbul, il a exigé que Cecilia Malmström, l'actuelle commissaire européenne, faisse taire les critiques que sont livre sur le Kurdistan avait suscité en "ordonnant" à ses collègues libéraux d'origine kurde de lui présenter des excuses publiques. Aucun suite ne fut donnée.

On aurait pu penser que la manière de procéder peu recommandable de Karlsson serait préjudiciable à sa carrière. Au contraire, sa théorie de la conspiration la plus récente lui a valu un siège au conseil d'administration de l'Union des écrivains suédois. Elle était réservée à un autre écrivain, Torbjörn Elensky. Mais une majorité des membres s'est retournée contre Torbjörn Elensky quand Karlsson a laissé entendre qu'il faisait partie de la "conspiration Ekström", une théorie que certains écrivains ont dû juger crédible.

Ca fait une une semaine que Jerlerup a publié ses conclusions et a envoyé son essai à Ingmar Karlsson, à ses éditeurs, à l'Université de Lund, au ministère des Affaires étrangères et aux principaux journaux suédois, aucun de ces acteurs-clés n'a réagi à ce qui devrait être considéré comme un scandale.

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2 commentaires :

Gilles-Michel DEHARBE a dit…

On compte en Suède 18000 Juifs pour 9,3 millions d’habitants. Et la politique étrangère n’est pas tendre avec Israël. En 2010, Mohamed Omar, poète, ancien éditeur du journal islamiste Minaret, avait lancé l’idée d’un parti antijuif en vue des élections législatives de septembre. Ouvertement négationniste, ce suédois de père iranien et de mère convertie à l’islam s’appelle en fait Jonas Omar, mais préfère le prénom de Mohamed puisque le mollah en chef des talibans s’appelle Mohamed Omar.

La revue antifasciste Expo fondée par l’écrivain Stieg Larsson indique quelques personnalités se ralliant à ce parti. On compte le négationniste Ahmed Rami, les anti-impérialistes d’extrême gauche du journal Folket i Bild, Lasse Wilhelmson une figure du mouvement pro-palestinien qui est convaincu que les attentats du 11 septembre sont l’œuvre du Mossad, et quelques néonazis du Parti national-démocrate. On note également des affinités avec le pasteur Ake Green qui considère l’homosexualité comme une « abomination » et un « cancer ».

L’objectif est de diffuser les idées du modèle d’Omar : l’imam Khomeyni. En septembre 2009, lors d’une manifestation on l’entendait hurler
« Mort à Israël ! ». Lorsque l’on voit les menaces de mort reçues par le dessinateur Lars Vilks et la tentative d’assassinat sur le caricaturiste danois Kurt Westergaard, on a du souci à se faire ...

Sans oublier Carl Bildt !

http://www.partiantisioniste.com/communications/le-danger-n-est-pas-l-iran-c-est-israel-ministre-suedois-des-affaires-etrangeres-1070.html

Rita a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=22CGlF7l5MI&feature=relmfu