mardi 30 avril 2019

Une caricature antisémite portugaise fait scandale aux États-Unis (mais pas au Portugal)


Le caricaturiste portugais Antonio Moreira Antunes de l’hebdomadaire de Lisbonne Expresso est à l’origine de ce dessin. Selon le Daily Mail, Expresso a purement supprimé le dessin de son site sans aucune explication ni excuse.
Quelques précisions:

- La caricature antisémite se trouvait sur le mur Facebook de António Moreira Antunes (retirée - voir capture d'écran ci-dessous).  Il l'a intitulée "pax canina...", "paix de chiens".  Alors qu'à la suite de l'intervention en Irak, on traitait le premier ministre britannique de l'époque Tony Blair de toutou ou de caniche du président Bush, suggérant que c'était Bush qui détenait le pouvoir, dans ce cas les rôles sont renversés.  Dans l'imaginaire antisémite classique, c'est le Juif qui domine et manipule le monde et les hommes - le président américain suit aveuglement le Juif/chien.  Le président Trump est tellement méprisable qu'il devient juif lui-même… Il porte la kippa.



- Ce n'est pas anodin que la forme choisie par António Moreira Antunes pour représenter le juif Netanyahou soit un chien (ni un toutou ni un caniche, ce qui est tout de même mignon).  Pas du tout, un chien puissant, excellent chasseur.  "Cão judeu" (chien juif) est une des insultes antisémites au Portugal.  Le caricaturiste qui a 66 ans doit le savoir.



- Interrogé hier par le Correio da Manhã, il a déclaré que le NYT avait publié la caricature sans son autorisation.  Le caractère antisémite de l'image n'a pas été évoqué…  Le titre de l'article est en soi un chef-d'oeuvre et en dit sur l'opinion des Juifs au Portugal: "Critique de Trump provoque la censure d'un cartoon portugais" (Crítica de Trump leva a censura de cartoon de português).  De la censure pour une simple critique de Trump! 

- Un "chien juif... allemand" - volonté de nazifier les Juifs/Israël?

Un internaute portugais écrit: "Trump est représenté comme un homme aveugle, mais Netanyahou est représenté comme un animal, un chien, et même de race allemande, semble-t-il."  En effet, il s'agit d'un "dachshund". "Le teckel, originaire d'Allemagne, était à l'origine utilisé pour la chasse aux renards, aux lapins et aux blaireaux, qu'ils délogeaient de leurs terriers. Son nom vient du mot Dachs, blaireau en allemand, par l'intermédiaire de Dachselhund chien à blaireau." * (Wikipédia)

- Le Jerusalem Post a essayé de contacter Expresso et le caricaturiste sans succès!  Par contre, le New York Times a publié des excuses, et a clairement identifié la caricature comme étant antisémite. 


D'autres commentaires sur cette affaire seront publiés bientôt.

Honest Reporting: La caricature antisémite du New York Times
Alors que les Juifs du monde entier se préparaient pour les derniers jours de la Pâque juive, l’édition imprimée internationale du New York Times (disponible dans des pays comme Israël) a publié ce dessin:

Un Président américain non-voyant, Donald Trump, coiffé d’une kippa et guidé par une caricature canine du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le caricaturiste portugais Antonio Moreira Antunes de l’hebdomadaire de Lisbonne Expresso est à l’origine de ce dessin. Selon le Daily Mail, Expresso a purement supprimé le dessin de son site sans aucune explication ni excuse.

L’image d’Israël à la tête des États-Unis s’inspire du cliché antisémite classique du pouvoir et du contrôle par les juifs.

Le journal qui pourtant promeut la lutte contre le racisme, les droits des minorités et la défense de toutes les causes libérales ou progressistes possibles ne semble pas avoir de frontières pour offenser les Juifs.

Le New York Times a fini par reconnaître tardivement son échec éditorial honteux si l’on en croit ce tweet concernant une note éditoriale qui ne devrait être publiée que demain lundi 29 avril et dont nous traduisons le contenu à la suite : […]

Traduction: “Un dessin politique [paru] dans l’édition imprimée internationale du New York Times de jeudi comprenait des clichés antisémites, dépeignant le premier ministre d’Israël en chien-guide portant un collier avec une étoile de David entraînant le Président des États-Unis coiffé d’une kippa. L’image était offensive et c’est une erreur de jugement de l’avoir publiée. Elle a été fournie par le New York Times Service and Syndicate qui depuis l’a supprimée.” 
La question qui se pose est comment de telles "erreurs de jugement" peuvent-elles se produire?

L’image est tellement choquante qu’il est difficile de croire que les éditeurs de l’édition internationale du New York Times ne s’en soient pas rendu compte à temps.

Le mal est fait. Le New York Times aura beau publier sa note de la rédaction dans une édition ultérieure, cette image a déjà été gravée dans les mémoires d’un public international qui a eu la malchance de se procurer un exemplaire du journal ce jour-là.
Pour prendre connaissance de la séquence des événements, veuillez consulter l'excellent blog du journaliste du Jérusalem Post Seth J. Frantzman (Terra Incognita).

* "No entanto o cartoon é assaz anti-semita e deve ser criticado. Trump, como sempre saco de pancada dos media a que já se habituou e nos habituaram, é retratado como um invisual, mas Netanyahu é retratado como um animal, um cão, ainda por cima de raça alemã, segundo parece."

samedi 27 avril 2019

Un bourgmestre de Bruxelles compare la politique du gouvernement de lutte contre le radicalisme au fichage des Juifs sous le IIIème Reich

Lire également:
Emir Kir compare la Belgique à l'Allemagne nazie

La Libre Belgique (extrait):
"[…] l'actuel ministre de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire Denis Ducarme a souhaité réagir, au nom du MR, à des propos récents d'Emir Kir (bourgmestre de Saint-Josse) et Jean-Pascal Labille (secrétaire général de Solidaris).

Le premier nommé avait comparé dans la semaine, sur une chaîne saoudienne, les contrôles et les descentes de police effectués à Bruxelles dans le cadre du Plan Canal aux pratiques sous l'Allemagne nazie. "Cela nous rappelle une autre période de notre histoire européenne, où les Allemands, pour connaître l'identité des Juifs, avaient commencé le fichage avant de les envoyer dans les camps de la mort", avait-il déclaré.

"Il n’a pas hésité à comparer la politique du gouvernement fédéral en matière de lutte contre le radicalisme au fichage des Juifs sous le IIIème Reich", tonne Ducarme auprès de LaLibre.be. Avant d'ajouter : "Je demande officiellement au président du parti socialiste Elio Di Rupo de faire revenir M. Kir sur les propos exprimés sur une chaîne d’information internationale." 
Ducarme reproche à Jean-Pascal Labille d'accuser le gouvernement fédéral de racisme d'Etat, ce samedi, dans les pages des éditions du groupe Sudpresse. "Après le nouveau dérapage de M. Labille et après les récentes déclarations d’Emir Kir , j'appelle à la mise en œuvre d’une campagne propre, comparant les arguments et axée sur le fond en vue de produire un débat respectant davantage l’intelligence de l’électeur", demande Denis Ducarme."
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vendredi 26 avril 2019

Pascal Bruckner: "Voilà qu'il est permis d'être antisémite pour mieux tuer la bête immonde"


Pascal Bruckner, écrivain, @ Le Figaro (extrait):
"N'a-t-on pas vu apparaître, en 2015, un nouveau venu dans la lutte politique, "l'antifascisme antisémite", comme l'étaient les profanateurs d'un cimetière juif de Sarre-Union, qui promettaient de combattre les nazis… jusqu'au dernier juif.  Voilà qu'il est permis et même recommandé d'être antisémite pour mieux tuer la bête immonde.  Il y a quelque chose de pourri dans le monde de l'antiracisme qui voit l'alliance de la bêtise et du fanatisme prendre des proportions considérables." 
Lire l'article complet (Pascal Bruckner: "Alain Finkielkraut et la meute de chacals")

jeudi 25 avril 2019

Herschel Grynszpan et l'Holocauste


Rick Richman @ Mosaic Magazine:
A new book gives reason to reflect on the little-known story of the Jewish teenager who assassinated a German diplomat in 1938, an act that served as the pretext for Kristallnacht.

In the morning of November 7, 1938, a seventeen-year old named Herschel Grynszpan entered the German embassy in Paris. Hidden within his three-piece suit was a gun he had purchased earlier that day; in his pocket was a postcard on which he had written an abbreviated Hebrew phrase invoking God’s help and a message in German for his family:
My dear parents,
I could not do anything else, may God forgive me, my heart bleeds when I hear of the tragedy that befell you and 12,000 other Jews. I need to protest so that the entire world hears it, and this I will do. Forgive me.
At the embassy, Grynszpan asked to see an official, saying he had a document to submit that was too important to be left with a clerk. He was ushered into the office of a junior-level diplomat, twenty-nine-year-old Ernest vom Rath, who asked to inspect it. Drawing his gun, Grynszpan told him, “You’re a filthy Kraut, and in the name of 12,000 persecuted Jews, here is the document.” He fired five shots at vom Rath, who died two days later.  […] 
In evaluating the morality of Herschel Grynszpan’s act, we should perhaps consider it not as an abstract issue but rather within the specific context of 1938. 
In March of that year, German troops entered Austria to carry out the annexation of that country to the Reich. Jews in Austria were immediately attacked and publicly humiliated, their property and businesses seized, and harsh anti-Semitic legislation was enacted against them. In July, America convened a 32-nation conference in Evian, France, to address the crisis of Jewish refugees. The conference led to no serious action whatsoever, even by the United States. At the end of September, Britain and France signed the Munich agreement, agreeing to Hitler’s dismemberment of Czechoslovakia. In the following month, more than 12,000 Jews were summarily stripped of their homes, property, and businesses and expelled from Germany with no place of refuge. 
A week later, Herschel Grynszpan walked into the German embassy in Paris with a gun, trying to make the Jewish voice heard. From a moral standpoint, which was more problematical: Herschel’s action or the world’s inaction?

Even with four books on Grynszpan, we are still left with the questions raised by Ron Roizen in 1986: was Herschel Grynszpan a heroic martyr or a misguided pariah? Was the assassination of vom Rath a moral act or an immoral act? Was it productive, or counter-productive? And how are we to decide? 
The four books on Grynszpan demonstrate that there is no single or simple answer. But they also demonstrate that Herschel Grynszpan deserves to be remembered and memorialized. At age seventeen, as the worst disaster in Jewish history unfolded, he fought back, refusing to be treated like a dog or to react like an ostrich.
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mercredi 24 avril 2019

Forte hausse des actes antisémites à Berlin en 2018


The Times of Israel:
Les agressions antisémites ont augmenté de presque 14 % à Berlin en Allemagne l’année dernière, et les attaques violentes ciblant des Juifs dans la capitale allemande ont bondi de 150 %, selon un nouveau rapport mené par un groupe de surveillance de l’antisémitisme.

Le rapport publié la semaine dernière par le Centre de recherche et d’information sur l’antisémitisme basé à Berlin (RIAS) a noté que 1 083 incidents antisémites ont été recensés dans la ville en 2018, à comparer aux 951 incidents rapportés l’année précédente.

Selon le rapport, plus de la moitié des incidents concernaient des individus, des organisations ou des activistes identifiables comme étant «juifs/israéliens».

Benjamin Steiniez, le responsable de RIAS, a déclaré la semaine dernière au journal allemand Die Welt que les incidents antisémites devenaient de plus en plus directs par leur nature, en soulignant l’augmentation des agressions physiques.

Le rapport a mis en évidence une forte augmentation des agressions physiques ciblant des Juifs dans la ville, passant de 18 attaques recensées en 2017 à 48 en 2018. Les menaces proférées contre la communauté juive de Berlin ont presque doublé par rapport à l’année dernière, avec 46 incidents recensés en 2018, à comparer aux 26 incidents en 2017.

Steinitz a souligné la volonté de plus en plus forte de poursuivre des déclarations antisémites par «des menaces concrètes de violence ou même par la force».
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lundi 22 avril 2019

Terrorisme islamiste au Sri Lanka qui n'occupe pas de territoires, autorise le port du voile islamique, n'opprime pas les Palestiniens


"Le Sri Lanka n'est pas une ancienne puissance coloniale, n’occupe pas de territoires, ne prend pas part aux guerres contre les islamistes, talibans et autres, ne maintient pas les musulmans dans la misère, autorise le port du voile islamique, n'opprime pas les Palestiniens. 
Tous ces arguments sont ceux utilisés par les médias français mainstream, la gauche et l’extrême gauche, une partie de l'université pour justifier (ils disent expliquer) le terrorisme islamique en France et en Israël. 
Aucun de ces arguments ne s’appliquent au Sri Lanka. 
Les cibles des terroristes sanguinaires sont les chrétiens et les touristes. Alors ?"
Repris d'un mur FB

Lire également
Sri Lanka: les chrétiens d’Asie vers un destin similaire à ceux d’Orient? (Joël Guerriau et Faran Jeffery @ Atlantico)

vendredi 19 avril 2019

Anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, "le plus grand affrontement ayant opposé Juifs et Allemands" (André Kaspi)


"Dans le ghetto de Varsovie, quelques survivants opposent à l'occupant une résistance désespérée, donnant lieu au plus grand affrontement ayant opposé Juifs et Allemands."

Des enfants en train de mendier dans le ghetto de Varsovie

André Kaspi, historien:
"[Les résistants] construisent des casemates et se procurent armes et munitions, notamment auprès de l'Armée de l'intérieur.  En janvier 1943, il y a un premier heurt avec les Allemands à la suite d'une nouvelle vague de déportations.  Himmler ordonne alors la dissolution totale du ghetto.  Le 19 avril 1943, le ghetto, qui comptait encore 70.000 personnes, est encerclé.  Les Waffen SS y pénètrent et se heurtent à la contre-offensive immédiate des résistants. En mai, le ghetto est la proie des flammes.  La résistance est écrasée.  Plusieurs milliers de morts gisent sous les décombres.  Parmi ceux qui sont arrêtés, 7.000 sont abattus et 22.000 acheminés vers les camps d'extermination de Lublin et de Treblinka.  Les pertes allemandes s'élèvent à 16 morts et 85 blessés.

Des détenus aidés par des terrassiers polonais travailleront pendant plus d'un an à déblayer les 180 hectares d'immeubles éventrés et à démolir le mur.

5.000 à 6.000 Juifs ont réussi à s'évader du ghetto avant et pendant le soulèvement."
André Kaspi, La Deuxième guerre mondiale, chronologie commentée, Editions Complexe, 1995, p.p. 349-350