samedi 18 janvier 2020

Menstruation and the Holocaust


L'article le plus lu de History Today en 2019.

Menstruation is rarely a topic that comes to mind when we think about the Holocaust and, until now, has been largely avoided as an area of historical research.

Jo-Ann Owusu, a recent History graduate from the University of Warwick, @ History Today:
Untitled drawing by Nina Jirsíková, 1941. Remembrance and Memorial Ravensbrück/SBG, V780 E1.
[…] Periods impacted on the lives of female Holocaust victims in a variety of ways: for many, menstruation was linked to the shame of bleeding in public and the discomfort of dealing with it. Periods also saved some women from being sexually assaulted. Equally, amenorrhoea could be a source of anxiety: about fertility, the implications for their lives after the camps and about having children in the future. 
[…] Upon entry into the camp, prisoners were given shapeless clothing and had their heads shaved. They lost weight, including from their hips and breasts, two areas commonly associated with femininity. Oral testimonies and memoirs show that all of these changes compelled them to question their identities. When reflecting on her time in Auschwitz, Erna Rubinstein, a Polish Jew who was 17 when in the camps, asked in her memoir, The Survivor in Us All: Four Young Sisters in the Holocaust (1986): ‘What is a woman without her glory on her head, without hair? A woman who doesn’t menstruate?’ […]

The reality of the camps, however, meant that menstruation was hard to avoid or hide. Its suddenly public nature took many women by surprise and made them feel alienated. An additional obstacle was the lack of rags and the lack of opportunities to wash. Trude Levi, a Jewish-Hungarian nursery teacher, then aged 20, later recalled: ‘We had no water to wash ourselves, we had no underwear. We could go nowhere. Everything was sticking to us, and for me, that was perhaps the most dehumanising thing of everything.’ Many women have talked about how menstruating with no access to supplies made them feel subhuman. It is the specific ‘dirt’ of menstruation more than any other dirt, and the fact that their menstrual blood marked them as female, that made these women feel as though they were the lowest level of humanity. […]

Rags could almost be considered to have their own micro-economy. As well as being stolen, they were given away, borrowed and traded. Elizabeth Feldman de Jong’s testimony highlights the value of second-hand rags. Not long after she arrived at Auschwitz, her periods disappeared. Her sister, however, continued to menstruate every month. Experiments involving injections in the womb were common, but if a woman was on her period doctors often avoided operating, finding it too messy. One day, Elizabeth was called to have an operation. There were no clean clothes as opportunities to wash were limited, so Elizabeth put her sister’s underwear on and showed the doctor, telling him that she had her period. He refused to operate. Elizabeth realised she could use her sister’s situation to save herself from experimentation and did so another three times at Auschwitz. […]

Doris Bergen’s classic discussion of sexual violence in the Holocaust includes an interesting example of two Polish-Jewish women assaulted by Wehrmacht soldiers:
On 18 February 1940 in Petrikau, two sentries … abducted the Jewess Machmanowic (age eighteen) and the Jewess Santowska (age seventeen) at gunpoint from their parents’ homes. The soldiers took the girls to the Polish cemetery; there they raped one of them. The other was having a period at the time. The men told her to come back in a few days and promised her five zlotys.
[…] Similarly, Lucille Eichengreen, a young German-Jewish prisoner, recalled in her memoir that during her imprisonment in a Neuengamme satellite camp in the winter of 1944-5, she had found a scarf and was thrilled: she planned to use it to cover her shorn head. Worried that she would be punished for owning a prohibited object, Eichengreen hid the scarf between her legs. Later, a German guard took her aside and, while attempting to rape her, groped her between her legs and felt the scarf. The man exclaimed: ‘You dirty useless whore! Phooey! You’re bleeding!’ His error protected Lucille from rape. In discussing these stories, we must discern the irony at hand: it is rape that should be viewed as disgusting and menstruation as natural and acceptable. 
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mardi 7 janvier 2020

Marcel Gauchet: "Aujourd’hui, il y a un Etat juif, en conséquence de quoi certains reprochent son existence..."


Marcel Gauchet, philosophe et historien (extraits):
"Par rapport à l’antisémitisme, ce que les nazis reprochaient aux Juifs, c’était d’être un peuple apatride, vivant en parasites aux dépens des autres patries. Aujourd’hui, il y a un Etat juif, en conséquence de quoi certains reprochent son existence… Il y a donc à la fois disparition de l’antisémitisme traditionnel dont l’antisémitisme racial de l’hitlérisme a été une sorte de pointe extrême, et à la fois réapparition sous un jour complètement différent d’un antisémitisme qui n’a plus rien de racial, qui n’est plus «spirituel», mais qui a trouvé une nouvelle cible. Il vient se greffer à l’existence d’Israël et aux problèmes afférant à un Etat menacé, pour en quelque sorte redonner vigueur au mythe du «complot juif», du projet de domination du monde – mais il ne se dit plus comme tel, parce qu’il n’est tout simplement plus plausible: il est très difficile de penser que le tout petit Etat d’Israël a un projet de domination mondial. […]

En 2015, l’expérience nazie, hante-t-elle toujours les consciences? Ou, 70 ans plus tard, est-ce devenu un «simple» objet d’étude historique?  
Bizarrement, l’éloignement, la transformation complète des sociétés européennes depuis la fin de la guerre, ont amplifié le «repoussoir nazi». Plus le temps passe et plus tout cela devient incompréhensible. Ne fût-ce que parce qu’Hitler n’a plus aucun homologue: à une époque, on pouvait encore discuter du fait de savoir si Staline, Franco ou Salazar étaient plus ou moins de la même famille… Il y avait une sorte de «logique générale» compréhensible pour ce type de régimes. Aujourd’hui, plus rien ne peut servir de repère. Ce projet à la fois antisémite et impérial qu’était le nazisme n’a plus le moindre sens dans le monde où nous sommes et de ce fait, son inintelligibilité nous le rend encore plus présent. Il y a là, pour les Européens, quelque chose qui n’est pas métabolisé. Le vrai traumatisme historique, c’est celui qu’on ne comprend pas. Ce qu’on maîtrise, on a la possibilité de le dépasser, de l’oublier, de tourner la page. Quand on a affaire à quelque chose comme le nazisme, on ne peut pas s’en débarrasser car plus le temps passe, plus il vous hante par sa monstruosité par rapport au présent. Donc, je crois que nous n’en avons pas fini avec Hitler."  
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vendredi 27 décembre 2019

Kafka chez les Nazis (Ulrich Alexander Boschwitz, Juif, 23 ans)


Ulrich Boschwitz. Le Voyageur. Ed Grasset. Trad de l'allemand par Daniel Mirsky. 340 p. 19 €.

François-Guillaume Lorrain @ Le Point (via CICAD):
Ulrich Alexander Boschwitz
Comment fuir l'Allemagne de 1938 quand on est juif? Réponse dans ce récit inédit de Boschwitz. Un chef-d'œuvre écrit dès 1939 par un auteur de 23 ans.

Joseph K prend désormais des trains au lieu du chemin du tribunal. Ici, le personnage s'appelle Otto Silbermann. Difficile avec un tel nom, en Allemagne, au lendemain de la Nuit de Cristal (novembre 1938), de passer inaperçu. Alors qu'il négociait en toute hâte la vente de sa maison, on vient l'arrêter. S'échappant par une porte dérobée, Silbermann entame une odyssée ferroviaire. Berlin-Hambourg-Dortmund-Aix-la-Chapelle-la frontière belge-Berlin-Dresde-Berlin: le Reich, qui a fermé ses frontières pour les Juifs, n'est plus qu'un vaste piège. L'araignée nazie a tissé sa toile silencieuse.

Toutes les voies mènent à une impasse et le nœud coulant se resserre autour d'un paria qui se débat avec, pour tout viatique, 40 000 marks dans une serviette. Nouveau juif errant, il échoue dans un café, un restaurant, un hôtel, d'où il repart bientôt, fantôme qui fuit les aryens, dénonciateurs potentiels, comme les siens, pestiférés à éviter. Tout ce qui était simple se complique, la moindre certitude vacille, la vie facile devient impossible. Dans les couloirs de train ou les bureaux, Silbermann croise d'autres silhouettes, des juifs plus pauvres que lui également en cavale, son associé, aryen, qui en profite pour le voler, des citoyens dont il ne sait que penser et qui ne soupçonnent pas son drame.

Il faut dire qu'il ne fait pas juif. Mais au fait, c'est quoi, avoir l'air juif? «Avoir l'air anxieux, alarmé.» Or, le voilà de plus en plus angoissé. «Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne», lit-il en gros titres sur un journal. «Que ce soit la guerre, j'en suis bien conscient, se dit-il, mais que ce soit moi qui l'ait déclarée, ça, je l'ignorais.» Lui, il a fait la Première Guerre mondiale. «Mais nous étions nombreux dans les deux camps. Aujourd'hui, il n'y a que moi et je dois mener ma guerre tout seul.» Il se bat donc, plein d'humour grinçant – «au moins, je découvre l'Allemagne», «j'aurais dû prendre un abonnement» – ou de désespoir – «quoi qu'on fasse, on attire toujours les soupçons». Il y a bien des sursauts, des parenthèses réconfortantes, mais au fil des échecs, au gré des trahisons d'amis qui soudain l'ignorent, cet Ulysse en déroute en vient à perdre courage et humanité. Une haine grinçante de ses coreligionnaires finit même par le gagner. «Parce que tout ça, c'est à cause d'eux. Qu'ai-je de commun avec eux?» Le suicide le tente. La folie le menace, celle de l'animal qui tourne dans sa cage. Un boléro tragique mené de main de maître.

Chef-d'œuvre oublié

[..] À qui doit-on ce chef-d'œuvre oublié? À un jeune homme de 23 ans, juif, Ulrich Boschwitz, qui les rédigea dans l'urgence à Paris, en un mois, après la Nuit de Cristal et avoir fui l'Allemagne dès 1935. Cette urgence contamine un texte très littéraire, à la fois drôle et désespéré, qui tient aussi, paradoxalement, du reportage: on a l'impression d'y être, sentiment si rare, si précieux, en littérature. Sidérante précocité d'un auteur, capable dès 1938 de restituer ainsi, de l'étranger, la décomposition progressive d'un individu pris dans les rouages d'une machine infernale. […] Parti à Londres avant 1940, Boschwitz eut le triste privilège d'être interné comme Allemand par les Anglais dans un camp australien. L'Histoire, qui n'en avait pas fini avec lui, n'allait pas lâcher cet espoir de la littérature mondiale. Alors qu'il venait d'être libéré en 1942, contre la promesse de s'engager avec les Alliés, son navire, anglais, fut torpillé par un sous-marin allemand près des Açores. Comme son héros, il n'avait pas échappé aux tentacules de la pieuvre nazie.
Lire l'article complet: Kafka chez les Nazis

Lire également par Clara Weiss «La vie nous est interdite... voulez-vous vous conformer à cette réalité?»: La redécouverte en Allemagne du «Fugitif» d'Ulrich Alexander Boschwitz. Extrait:
Enfin, Silbermann tente de franchir la frontière belge, mais il est capturé par des gardes-frontières belges qui veulent le renvoyer. Silbermann proteste:
«Mais je suis un réfugié – je suis juif. Ils voulaient m'arrêter. Ils vont m'incarcérer dans un camp de concentration.»
«Nous ne pouvons pas vous laisser passer. Allez !» …
«Je reste ici ! Vous n'avez pas le droit, vous ne pouvez pas faire ça ! Je suis dans un pays libre, après tout !»
«Vous avez franchi la frontière illégalement.»
«Mais je devais le faire. J'ai été persécuté.»
«Tout le monde ne peut pas venir en Belgique !»
«Mais j'ai des papiers. J'ai de l'argent... Ce n'est pas ma faute si j'ai dû traverser la frontière illégalement. Je suis persécuté.»
«Ce n'est pas la faute de la Belgique. Nous sommes désolés...»
«Je ne peux pas y retourner. C'est impossible.»
«Mais oui, mon ami, c'est très possible.» Italique en français dans le texte
Silbermann est renvoyé et reprend train après train en Allemagne.

mercredi 25 décembre 2019

Affaire Sarah Halimi: la justice a bel et bien failli


Le fait que ni les nombreux voisins ni les 26 policiers qui se trouvaient sur place - par peur - ne sont pas intervenus pour tenter d'empêcher le martyre de Sarah Halimi qui a duré 40 minutes (l'assassin lui a cassé tous les os du visage et l'a défénestrée) en dit long sur les valeurs de la société dans laquelle nous vivons.

Christophe Demarle @ Causeur:
Face à l’antisémitisme musulman et à ses crimes, le juge n’est pas si désarmé qu’il en a l’air, pour peu qu’il ai le courage d’user de ses prérogatives. En effet, sans remettre en cause le fameux article 122.1 du code pénal, il est certain qu’un assassin fanatisé ne peut être mentalement normal sur notre échelle d’évaluation psychiatrique. C’est alors au juge qu’il revient de définir la culpabilité, sans se réfugier derrière des analyses psychiatriques, mais en prenant compte de tous les éléments de l’affaire.

De ce que nous pouvons savoir, Kobili Traoré est un multirécidiviste, condamné à plus de vingt reprises pour des faits relatifs au trafic de drogue, à la possession d’armes prohibées, à des tentatives de vol, à des actes de violence et à des refus d’obtempérer. Quand les psychiatres nous expliquent qu’il est atteint d’une pathologie antisociale avec propension à la violence, on a envie de leur répondre que l’on s’en doutait, au vu du pédigré judiciaire de l’individu.

Kobili Traoré est également un grand consommateur de cannabis. Son addiction ne datant pas d’hier, il est habitué à fumer plus de quinze joints par jour, afin que cette drogue puisse continuer à lui faire de l’effet. Le jour de son passage à l’acte, il s’avère que son taux de THC (tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis, qui agit sur le psychisme du consommateur) était plutôt modéré, et ne correspondait absolument pas à la quantité de drogue qu’il prétendait avoir consommée.

Les témoignages des proches, interrogés après les faits, font état d’une grande agitation de Kobili Traoré, sans pouvoir en connaître l’origine. Recueillir ça et là des phrases tronquées, des déclarations sur des agissements ponctuels et des comportements inhabituels ne constitue pas une preuve de l’irresponsabilité de l’accusé, qui n’avait jamais souffert de troubles psychiatriques, faut-il le rappeler. [...]

La nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré, 27 ans, d’origine malienne, s’est introduit brutalement à 4h35 chez des voisins au troisième étage de son immeuble, en prenant bien soin de refermer la porte d’entrée à clé. Les occupants, effrayés par la brutalité de l’intrus, se sont alors enfermés dans une chambre avant de prévenir la police. La BAC est arrivée 3 minutes plus tard, mais n’est pas intervenue, préférant attendre des renforts. En effet, les 3 policiers présents avaient entendu Kobili Traoré réciter des sourates du Coran derrière la porte, et se trouvaient maintenant dans le cadre d’une action terroriste.

Requiem pour un massacre

Pendant ce temps, l’assassin avait pénétré par le balcon voisin chez madame Sarah Halimi, qu’il avait surprise dans son sommeil. Il s’était alors acharné sur sa pauvre victime, à coups de poing répétés, en la massacrant littéralement, tout en hurlant, d’après des témoins, «Allah akbar» à plusieurs reprises, en traitant sa victime de «satan» en arabe. Le calvaire de madame Halimi aura duré plus de 40 minutes, avant que Kobili Traoré décide de la défenestrer, tout en ayant la présence d’esprit de dire aux forces de l’ordre, dans la rue, qu’une « vieille dame voulait se suicider ».

L’assassin s’est alors changé, et a regagné par le balcon l’appartement de ses voisins où il s’est remis à prier. Son interpellation aura lieu à 5h35.

Toutes les actions de Kobili Traoré, cette nuit sanglante, semblent plutôt perpétrées par un fanatique islamiste, antisémite, bien préparé et méthodique dans son crime odieux, plutôt que par un homme à l’esprit dérangé et au comportement hasardeux et sans discernement.

Non, décidément, dans cette affaire la justice n’a pas fait son travail. Entre les demandes de reconstitution refusées, les expertises supplémentaires demandées sans aucune raison, le comportement de l’accusé lors des faits, à l’évidence tout à fait normal pour un fanatique islamiste, le jugement rendu n’est pas un modèle du genre. On ne botte pas en touche face à ce genre de crime, madame la juge.
Lire l'article complet @ Causeur



mercredi 18 décembre 2019

Londres: Des 'adolescents jettent un sac rempli de matières fécales contre une maison habitée par des Juifs


Même ça…

Antisemitism.uk:
Un groupe d'adolescents a jeté un sac rempli de matières fécales sur le seuil d'une maison habitée par des Juifs à Stamford Hill. L'incident s'est produit à Springfield Road le 12 décembre […]

L’analyse des statistiques du Home Office réalisée par Campaign Against Antisemitism montre qu'une moyenne de plus de trois crimes de haine sont perpétrés contre des Juifs chaque jour en Angleterre et au Pays de Galles, les Juifs étant presque quatre fois plus susceptibles d’être la cible de crimes de haine que n'importe quel autre groupe confessionnel.
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lundi 16 décembre 2019

Sondage: 67 % des Français sont indifférents au départ des Juifs


Georges Bensoussan @ Marianne:
[…] Je crois surtout que la diabolisation de l’État d’Israël est l’héritage laissé par l’intense propagande communiste, aujourd’hui oubliée, en particulier celle de l’ex-Union soviétique qui entre les années 1950 et 1990, a produit une immense « littérature » anti-israélienne imprégnée du vieil antisémitisme russe mâtiné d’anticapitalisme.

La diabolisation de l’État juif tient aussi au nouveau rapport de force démographique qui s’est instauré en Europe par le biais d’une immigration arabo-musulmane importante, en particulier en France, le pays qui abrite la plus importante communauté musulmane d’Europe (25% des musulmans d’Europe vivent en France) comme aussi la plus importante communauté juive. Dans leur immense majorité, cette immigration vient du monde arabe et en particulier du Maghreb où la haine de l’État d’Israël est diffuse et quotidienne, en particulier en Algérie. […]

Cette faiblesse a des causes profondes, mais elle est camouflée par des discours de compassion, souvent émouvants, qui de la droite à la gauche nous signifient que « la France sans les Juifs ne saurait être la France ». Dans la réalité, on a oublié ce sondage récent, il y a deux ans à peine, qui nous montrait que 67 % des Français étaient indifférents au départ des Juifs. Certes, seule une minorité infime s’en réjouissait et un bon tiers le déplorait. Mais le chiffre de 67 % était là, écrasant qui montrait la force de l’indifférence, ce moteur du malheur. […]

[…] c’est signe de naïveté que voir dans l’enseignement de la Shoah le moyen de faire reculer l’antisémitisme. Asséner l’histoire de la Shoah aux élèves comme une forme de catéchisme moral censé les protéger de l’antisémitisme est un non-sens. D’une part, parce que la compassion ne protège de rien: dans nos sociétés, une émotion chasse l’autre. D’autre part, parce qu’à force d’asséner cette histoire sous une forme moraliste on semble oublier que tout catéchisme provoque le rejet. On semble oublier aussi qu’on alimente une concurrence mémorielle qui nourrit le communautarisme. Enfin, qu’enfermer le peuple juif dans une essence de victime ne protège pas de la violence, mais tout au contraire y expose davantage.
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En anglais: 67% of French people indifferent to Jews leaving France


dimanche 8 décembre 2019

Une célèbre Israël-basher belge honorée au Musée de Shoah (Caserne Dossin)


"Équivalent belge du camp de Drancy, en région parisienne, la caserne Dossin, un bâtiment avec une cour carrée du XVIIIe siècle directement relié au réseau ferré belge, a été utilisée par les nazis de 1942 à 1944 comme camp de transit pour la déportation vers Auschwitz-Birkenau. Plus de 25 500 juifs et 352 Tziganes de Belgique et de la région française du Nord-Pas-de-Calais y ont été emmenés après avoir été raflés ou arrêtés individuellement, souvent avec l'aide de la police locale, notamment à Anvers (nord), où vivaient avant-guerre quelque 18 000 juifs. 
Les futurs déportés restaient généralement deux ou trois mois dans la caserne avant d'être conduits vers les camps de concentration du IIIe Reich à bord de wagons à bestiaux. Seuls 5 % des juifs et des Tziganes ayant quitté Malines à bord de 28 convois sont revenus vivants en 1945." (Le Point/CRIF)
Voci ce qui se trame au musée:

Grâce à l'ONG catholique Pax Christi (Belgique), le 12 décembre, une cérémonie aura lieu à la Caserne Dossin au cours de laquelle Brigitte Herremans, une implacable militante anti-israélienne, recevra le prix d'Ambassadrice de la Paix (Vrede).  Pax Christi souligne que la remise du prix se fera au Musée de la Shoah dans "une ambiance extra festive".  Le succès est tel que les inscriptions sont déjà closes.
S'il y a quelqu'un qui encourage la polarisation du débat et la diabolisation d'Israël c'est bien Brigitte Herremans avec ses commentaires unilatéraux du conflit israélo-palestinien. Elle ne peut pas s'empêcher de désigner les Israéliens (entendez les Juifs) encore et encore comme formant le grand épouvantail dans ce conflit tragique.  Notons que la militante de la cause anti-israélienne est continuellement invitée, en tant qu'experte, par les médias flamands, qui lui confèrent une grande crédibilité. Brigitte Herremans a, par ailleurs, été interdite d’entrée en Israël en septembre 2016.

Le conseil d'administration de la Caserne Dossin affirme ne pas avoir été informé de la teneur de l'événement lors de la réservation des locaux du Musée.  
Détail qui a son importance, le magazine Joods Actueel avertissait il y a un an que Mme Herremans était une visiteuse assidue du musée.
Pour en savoir plus sur cette triste affaire veuillez consulter l'article de Guido Joris @ Joods Actueel.