jeudi 9 mai 2019

Belgique: photomontage polémique d'un militant PTB

Ca n'arrête pas. Au Portugal, on parodie l'Holocauste ("Alcoholocausto") au défilé des étudiants de l'Université de Coimbra. Au carnaval d'Alost, on se moque du prétendu goût immodéré et infâme des Juifs pour l'argent. Et ça continue.


La Dernière Heure et La Ligue belge contre l'antisémitisme:
La Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) a réagi, hier, à la publication sur le profil Facebook d’un militant du PTB d’un photomontage de Charles Michel inspiré du film Rabbi Jacob, où la réplique culte «Rabbi Jacob il va danser» a été remplacée par «Rabbi Michel il va taxer».

«C’est de l’humour», selon l’auteur du photomontage, un certain Yves Malisse. «De l’humour? C’est aussi ce que dit Dieudonné», rétorque Joël Rubinfeld, le président de la LBCA.

S’il ne se présente pas le 26 mai, ce M. Malisse apparaît quand même comme celui qui gère le groupe Facebook du PTB Mouscron. Et s’il n’a posté le photomontage que sur son profil FB privé, chacun peut constater que ce profil fait largement place à la propagande PTB. Le photomontage a déjà été partagé plus de 4000 fois. Depuis le week-end, la LBCA a reçu plusieurs plaintes.

Joël Rubinfeld y voit l’expression d’un antisémitisme primaire destiné, à trois semaines des élections, à entretenir dans le public le cliché dont chacun sait qu’il a conduit au pire sous le régime nazi, qui associe les juifs à la finance, au pouvoir, à l’argent, et maintenant aussi aux taxes et aux impôts.

Pour le président de la LBCA, «il est évident qu’on doit pouvoir rire des juifs: les juifs sont les premiers à rire d’eux-mêmes. La question n’est pas là. On doit pouvoir rire et même pourquoi pas se moquer des juifs, si le rire est bienveillant, s’il n’est pas chargé de haine».
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mercredi 8 mai 2019

Une historienne montre qu’il y a eu peu de condamnations pour les crimes nazis


The Times of Israel:
"Même si un million de personnes ont pu, selon les estimations, prendre part de manière active à l’extermination de millions de juifs pendant la Shoah, seules 20 000 d’entre elles ont été reconnues coupables de crimes, et moins de 600 ont écopé de lourdes peines, écrit dans un nouveau livre une historienne britannique spécialiste de la Shoah.

Dans l’ouvrage écrit en anglais Reckonings: Legacies of Nazi Persecution and the Quest for Justice, Mary Fulbrook examine les poursuites contre ceux qui ont commis des crimes de guerre nazis, telles qu’elles ont été mises en oeuvre par le système judiciaire allemand après la Seconde Guerre mondiale, et le nombre relativement faible de lourdes peines qui sont venues sanctionner les auteurs du génocide.  
Fulbrook, professeure d’histoire allemande et doyenne de la faculté des Sciences sociales et historiques à l’university College de Londres, note que «peut-être 200 000 personnes, mais plus probablement un million de personnes, ont été à un moment ou à un autre activement impliquées dans l’assassinat de civils juifs. Les rangs de ceux qui ont rendu cela possible ont été bien plus vastes».  
Mais tandis qu’en Allemagne de l’ouest et dans l’Allemagne réunifiée, entre 1946 et 2005, 140 000 individus ont fait l’objet de poursuites judiciaires, seuls 6 656 ont été condamnés pour des crimes nazis; «la large majorité des peines – un peu moins de 5 000 (soit 4 993) — se sont révélées relativement indulgentes avec des peines d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans», écrit Fulbrook. […] 
«Sur tous ces criminels qui ont été finalement présentés devant les tribunaux de la République fédérale allemande avant la fin du 20e siècle, seuls 164 individus ont été condamnés pour meurtre, et pas pour des crimes inférieurs», ajoute-t-elle dans son livre. «Au vu des centaines de milliers d’individus qui se sont trouvés impliqués dans la machinerie de la tuerie de masse et des six millions de personnes qui sont mortes dans ce que nous appelons dorénavant la Shoah, 164 condamnations pour meurtre ne représentent pas un total impressionnant». 
Elle ajoute que «le nombre total de personnes condamnées par la République fédérale pour des crimes nazis est lui-même inférieur au nombre de personnes employées à Auschwitz»."
Lire l'article complet @ Times of Israel

Lire également l'article de Christopher Hale @ History Today:
[…] And yet, in the aftermath of these deeply flawed trials, West Germany found ways to promote the fiction that the nation of perpetrators was ‘facing the Nazi past’ to secure a better international reputation.

After unification, the leaders of the new Germany discovered that erecting much lauded and expensive gestures of memorialisation, such as the Memorial to the Murdered Jews of Europe, built in the heart of the new capital Berlin, could shape how the past of the nation of perpetrators is represented – and occlude the abject failure to enact justice. Reputational success, she insists, was at odds with the actual record of the courts. Fulbrook returns frequently to the most infamous and, in some ways, misunderstood site of the German genocide, the Auschwitz concentration camp. Today it is a crowded pilgrimage site. Why do so many come here? By demanding that we confront these troubling questions, she demonstrates that ‘reckoning’ remains a stubbornly incomplete and compromised task. This masterly book challenges the ways, seven decades after the end of the war, that Europeans remember and commemorate a crime that still lies beyond understanding."
Et l'article de Dominic Lawson @ The Daily Mail:
Un petit garçon passe devant une rangée de corps
dans le camp de concentration de Bergen Belsen
"[…] But it is a sense of deep injustice, as well as horror, that will overcome readers of Reckonings: its main theme is how the overwhelming majority of those involved in the murder of an estimated six million men, women and children were either never brought to justice or were dealt with so leniently that it amounted to an insult to the victims. […]

The 1966 trial of Walter Thormeyer, a former SS Hauptscharfuhrer, provides a grotesque example. His deputy, Rudi Zimmermann, one of the minuscule number to display remorse and who actually turned himself in, told the court that, on the occasion of mass killings: ‘Thormeyer appeared to prefer shooting the female Jews personally . . . with a certain relish.’

In fact, Thormeyer had a Jewish mistress, but when he feared that this (a crime under Nazi law) would be discovered, he took her for a walk in some woods . . . and shot her in the back of the neck. 
The judge declared that this was a token of Thormeyer’s ‘consideration’, and the act ‘humane’ — because his mistress had been spared the knowledge that he was going to kill her.

Thormeyer was, at the time of his trial, an official in the West German court system and, as Fulbrook observes, one reason for the general lenience of the sentencing (Thormeyer himself got 12 years) was that the entire German legal bureaucracy was riddled with ex-Nazis. […]"

Le cas typique d'Edmund Veesenmayer, chef d'Eichmann en Hongrie, responsable de la mort de 500.000 Juifs hongrois et slovaques:
"A Nuremberg, Veesenmayer réussit à exploiter le nouvel état d'esprit [la lutte contre le fléau du communisme qui menaçait d'engloutir l'Europe] pour réduire l'énormité de ses crimes. Dans un soupir de soulagement, il apprit le 2 avril 1949 que le Tribunal militaire international ne lui infligeait que vingt ans de prison, mois quatre de préventive. Il échappait à la condamnation à mort. L'ancien proconsul d'Hitler fut écroué à Landsberg, en Bavière. Il n'eut même pas besoin d'aller au bout de sa modeste peine." Veesenmayer est libéré en 1954."

mardi 7 mai 2019

Parodie de l'Holocauste au défilé des étudiants de l'Université de Coimbra


C'est la deuxième année consécutive que le Holocauste est parodié par un groupe d'étudiants de l'Université de Coimbra au Portugal. Cette année-ci, une petite résistance s'est organisée.

Le char allégorique "Alcoholocausto"
Source: Diário As Beiras


La "fascination" ne date pas de maintenant: en octobre de l’année dernière, lors du défilé du Festival des Latas, les soi-disant "docteurs" du cours d’histoire de la Faculté des lettres de l’Université de Coimbra (FLUC) ont défié les étudiants de première année de s’habiller en juifs et nazis.

Envie de rigoler?

Il semble que les mêmes veulent défiler dimanche [5 mai] à l'occasion de la fête de la Queima das Fitas, avec un char qu’ils ont baptisé "Alcoholocausto" et qui symboliserait un train. Cette conjugaison n'est pas innocente. Dès que l'intention des élèves a été rendue publique, le conseil d'administration de la FLUC est intervenu et ils ont renoncé à la mention "Alcoholocausto" sur le char. Ils ont défilé avec le char furieux qu'on les ait empêchés de se moquer spécifiquement et clairement de l'Holocauste.

Adriana Bebiano est l'une des enseignantes de la FLUC qui a parlé aux responsables du char, alors que leur identité n'avait pas été révélée (l'article a été publié le 2 mai). Mme Bebiano a confié que certains étudiants qui participent à cette initiative sont antisémites et véhiculent un discours antisémite. Pour l’enseignante, le nom du char et le train (faisant référence aux convois de déportation de millions d’êtres humains vers les camps de la mort) constituent une plaisanterie de mauvais goût et un manque de respect pour l’Holocauste et la mémoire du plus grand génocide de l’histoire occidentale moderne. C'est également un manque de compréhension que le concept de liberté d’expression implique des responsabilités.

Pour Catarina Martins, professeur au FLUC et qui s'est opposée au char "Alcoholocausto", "l'argument de "liberté d'expression" évoqué par les étudiants s'effondre lorsqu'il est question de génocide.

"L'héritage du 25 avril est la défense de la liberté avec la garantie des droits et le respect des différences, ce qui implique la lutte contre tout ce qui peut conduire à la répétition du fascisme. Banaliser l’histoire du fascisme est une stratégie qui le favorise ", prévient-elle. Pour cette raison, peu importe ce qui peut se passer pendant le défilé, les enseignants devraient prendre position publiquement à ce sujet.

Dans un texte partagé sur Facebook, Helena Araújo, une portugaise installée à Berlin, a demandé aux étudiants qui persistent à vouloir appeler leur char "Alcoholocausto" de se dévoiler et de ne pas se cacher derrière une vague appellation "Nouveaux regards sur l'histoire 2018/2019 "- qu'ils disent qui ils sont, qu'ils montrent leur visage et révèlent leur nom.

Diário As Beiras les ont contacté, sans succès. "Répétons: si vous voulez parler, nous parlerons sans aucun problème après le 5 mai. Nous n'avons parlé à personne auparavant. Bonne journée", ont-ils répondu.

Lire les articles signés Patricia Cruz Almeida sur le site de Diário As Beiras (en portugais):
- Autores de “Alcoholocausto” vestiram caloiros de judeus na Latada
- Estudantes dizem que “Alcoholocausto” saiu e desfilou no Cortejo


lundi 6 mai 2019

Leon Trotsky - sa longue guerre contre l'antisémitisme


Trotsky au Mexique, 1940, Hoover Institution.
Alan Johnson @ Fathom
"All his life Trotsky was a consistent fighter against antisemitism." – Joseph Nedava, Trotsky and the Jews, 1971.

"Of course we can close our eyes to the facts and limit ourselves to vague generalities about the equality and brotherhood of all races. But an ostrich policy will not advance us a single step … All serious and honest observers bear witness to the existence of antisemitism, not only of the old and hereditary, but also of the new ‘Soviet’ variety." – Leon Trotsky, Thermidor and Antisemitism, 1937. 
"The rise of Nazism in Germany led the Russian revolutionary to a global revision of his approach to the Jewish question." – Enzo Traverso, Marxists and the Jewish Question: The History of a Debate 1843-1943, 1994.

"The dispersed Jews who would want to be reassembled in the same community will find a sufficiently extensive and rich spot under the sun. The same possibility will be opened for the Arabs, as for all other scattered nations." – Leon Trotsky, ‘Interview with Jewish correspondents in Mexico’, 1937.

"The writings of Trotsky are a blast of clean air through the swamps of hysteria, ultra-left fantasy, vicarious Arab chauvinism, and – I think – elements of age-old antisemitism recycled as ‘anti-Zionism’ into which much of post-Trotsky Trotskyism has disintegrated on this question". – Sean Matgamna, 2001.[1]

Introduction

The classical Marxist tradition of the late 19th and early 20th centuries believed that Jewish peoplehood, along with antisemitism, would inevitably dissolve in the solvent of the coming progressive universalism.[2] Specifically, it looked to the inevitable victory of an international proletarian revolution, and the advanced stage of human civilisation it would usher in, to solve what was called ‘the Jewish Question’ once and for all.[3]

But world history went another way and Jewish history went with it: a terrifying wave of anti-Jewish pogroms in Europe and the resulting rise of the Zionist movement, the defeat of the European socialist revolution, the degeneration of the Russian Revolution into Stalinism (and antisemitism), the rise of Fascism and Nazism, the closure of the world’s borders to the Jews, and the unprecedented radicalisation of antisemitism, culminating in the Shoah, an industrial-scale genocide in the very heart of European modernity. In place of history-as-progress, then, the Jews were faced with what the cultural critic Walter Benjamin – before he committed suicide himself, trapped at the French-Spanish border as he tried to outrun the advancing Nazis – called history-as-train-wreck.[4] As a result, many Jews turned to the Zionist movement to fashion their own escape from the wreckage: mass emigration and the eventual creation of a Jewish national home in Palestine in 1948.

More than any other Marxist, it was the Russian revolutionary leader Leon Trotsky who, in the years before his murder in 1940, broke from the unscrupulous optimism of Marxist orthodoxy on the Jewish question. This essay is about how and why he did so, the alternative approach he began to put in its place, and the relevance of that alternative for the Left today.

Isaac Deutscher, author of the classic three-volume biography, tells us that Trotsky ‘re-formulated his views on the Jewish problem’ before his death, while the scholar of antisemitism, Robert Wistrich, has praised Trotsky’s ‘important theoretical shift’.[5] For Werner Cohn, by the late 1930s Trotsky ‘saw how wrong he had been’ about the nature of antisemitism, and about the best way to tackle it.[6] The Italian Marxist Enzo Traverso has claimed that Trotsky’s late writings are ‘the most profound analysis of antisemitism that Marxist thought produced in the interwar period’ and that, despite their fragmentary character, what he calls Trotsky’s ‘global revision of his approach to the Jewish question’ amounted to nothing less than a ‘rich … but embryonic’ renewal of Marxism per se on antisemitism and the Jews.[7] Ernest Mandel, a Jew who survived the concentration camp in Dora in Germany to lead the mainstream of the Trotskyist movement for the next half century, argued that the Left had not taken the measure of the ‘new approach to the Jewish question … less simplistic and less mechanical’ that Trotsky developed in response to the rise of the Nazis. Mandel believed that ‘[His] analysis of contemporary antisemitism and his recognition of the right of self-contained Jewish populations to a territorially and politically secure national existence constitute a coherent unity and a decisive step forwards in the Marxist attitude to the Jewish question’.[8] Robert Service (in a unrelentingly hostile biography of Trotsky), insists that ‘on a single big topic he shifted his position … a homeland for Jews in the Middle East’.[9]
Lire la suite de l'essai de Alan Johnson @ Fathom

vendredi 3 mai 2019

L’énigme Mandelbaum (Stéphane Mandelbaum au Centre Pompidou)



Stéphane Mandelbaum, Centre Pompidou, Paris, du 6 mars au 20 mai 2019.
Stéphane Mandelbaum: autoportrait.

Par Raphaël Koenig @ Art Press:
"Déroutante et encore méconnue, l’œuvre graphique de Stéphane Mandelbaum est présentée au Centre Pompidou dans toute sa complexité.

Au-delà de la mythologie personnelle d’un artiste mort à l’âge de vingt-cinq ans, attiré par l’érotisme violent, les braquages de banque, et la répétition obsédante d’images évoquant le traumatisme familial et historique que représente la Shoah, l’exposition et son excellent catalogue permettent de mieux comprendre les enjeux de cette révolte graphique.

Bien qu’éminemment idiosyncratique, l’œuvre de Stéphane Mandelbaum n’est pas le fait d’un autodidacte isolé ou «brut». Elle est au contraire nourrie de références venues de l’histoire de l’art (du hiératisme des portraits de la Renaissance italienne au grotesque viscéral de Francis Bacon), de la littérature (du dernier Rimbaud au lyrisme non moins incandescent du poète yiddish Peretz Markish) ou de la culture populaire (comics, images publicitaires ou pornographiques)."
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Portrait de Ben-Zion Witler

Portrait de Francis Bacon
Blog:
http://stephane-mandelbaum.com/ - oeuvres

Biographie:
Mandelbaum ou le rêve d'Auschwitz, Gilles Sebhan

Centre Pompidou:
Musée - Stéphane Mandelbaum

Christophe Guilluy: la minorité juive "dépend de la bienveillance de la majorité"


Christophe Guilluy, géographe et essayiste qui a théorisé l'idée d'une France périphérique:
"La société multiculturelle est profondément paranoïaque et le séparatisme s'inscrit naturellement en mouvement de fond des sociétés inégalitaires multiculturelles. Tout le monde pense être victime de tout le monde, mais il n'y aura jamais de satisfaction générale. Dans un monde où l'autre ne devient pas soi, on a besoin de savoir combien va être «l'autre». La question du rapport entre majorité et minorités joue à plein. Pourquoi? L'histoire juive est éclairante: quand on est minoritaires, on dépend de la bienveillance de la majorité."
Lire l'interview complète @ Le Point

Sur ce sujet, consulter:
- l'interview du sociologue Danny Trom Vers une Europe judenrein? @ Akadem
- la conversation entre Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef de The Atlantic, et Leon Wieseltier, auteur et journaliste, Should the Jews Leave Europe? (début de la vidéo)

mercredi 1 mai 2019

Portugal: un hôpital psychiatrique incite à la haine d'Israël


Dans "C l'hebdo" sur France 5, samedi 23 février, Alain Finkielkraut réagissait à son agression. Il a cité l'écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de littérature (vidéo à 17.37):
"C'est un prix Nobel de littérature qui a dit que le peuple juif n'est plus digne de compassion pour ce qu'il a subi pendant l'Holocauste parce qu'il inflige un holocauste de même nature aux Palestiniens. Il s'appelle José Saramago."
Lire dans ce blog: José Saramago: les Israéliens sont des experts en cruauté et mépris

On sait combien, en Europe, haine d'Israël et antisémitisme sont imbriqués voire indissociables.  L'antisémitisme progresse et on continue de jeter de l'huile sur le feu.  C'est ce qu'a fait, en février, l'hôpital psychiatrique de Lisbonne/Júlio de Matos en accueillant une exposition de solidarité avec la Palestine des "oeuvres" de Maria Vitória Vaz Pato.


Selon l'ONG organisatrice, MPPM*, le vernissage de cette exposition de soutien "à la cause de la Palestine "a eu lieu le 22 février, dans le hall du bâtiment principal de l'hôpital psychiatrique Júlio de Matos (traduit du portugais):
"Pour l’artiste, "L’art, et dans ce cas la peinture, est une expression qui vient du cœur, un sentiment qui se découvre en nous et que nous proposons de partager avec des yeux différents. Par conséquent, rien n’est plus naturel que ce sentiment de solidarité qui exprime de la compassion** [exactement le mot utilisé par Alain Finkielkraut] fraternelle avec ceux qui souffrent d’une terrible injustice."

Lors de l'ouverture, une représentation théâtrale a simulé la vie quotidienne des Palestiniens confrontés à l’existence du Mur de Séparation. Un "soldat" décide de façon discriminatoire ceux qui peuvent entrer [en Israël qui n'est pas nommé] ou ceux qui sont refoulés derrière le mur. Mais cette fois-ci, la fin fut heureuse et le "mur" détruit. 
L'exposition est ouverte au public du lundi au vendredi de 10h à 19h jusqu'au 8 mars.
Le samedi 9 mars à 18 heures, une rencontre fraternelle clôturera l’exposition.
L'artiste donnera généreusement au MPPM les bénéfices de cette exposition."
On notera que nulle part figurent les termes "Israël", "sionisme", "entité sioniste", "juifs" etc.  Mais personne n'est dupe et tout le monde sait ce qu'on vise.  Au moins, Saramago avait le "courage" de nommer les juifs et d'assumer sa haine.  Chez eux on parle de solidarité, de fraternité, de souffrance, de terrible injustice, de discrimination (apartheid).

Il est navrant que  s'agit d'un hôpital public dans lequel exercent les plus prestigieux psychiatres portugais qui visiblement ce genre de diabolisation d'Israël ne gêne pas.

Le "mur"
Les Portugais démolissent le "mur"
Les bourreaux israéliens et les victimes palestiniennes/portugaises...

* Movimento pelos direitos do povo palestino e pela paz no Médio Orient.
** Jeu de mots: le mot compassion en portugais "compaixão" figure avec un trait d'union "com-paixão" signifiant "avec passion" et "compassion"...