jeudi 16 février 2017

Anne-Laure, soeur d'Ilan Halimi: "Depuis Ilan, la situation s’est aggravée pour les juifs en France"

Actualité Juive:
A.-L. H. : (...)  Le vide est toujours là, au même niveau. C’est comme si c’était hier. La seule chose qu’on regrette, c’est que les crimes antisémites ont continué depuis dix ans. Qu’Ilan a été le premier mais malheureusement pas le dernier. (...)

A.J.: De savoir que les membres du Gang des Barbares sont quasiment tous sortis de prison aujourd’hui, qu’est-ce que cela vous inspire ?
 
A.-L. H. : Que la justice est mal faite. Tout le monde a dit "J’ai rien fait" alors que tout le monde avait sa part dans ce qui est arrivé à Ilan. Que les trois quarts soient aujourd’hui dehors, c’est difficile. C’est trop tôt. Il y a des gens qui, pour moins que cela, prennent beaucoup plus d’années de prison. Une fois, il m’est arrivé de croiser dans le métro une fille mêlée à l’assassinat de mon frère. C’était très dur de savoir qu’elle était là, comme moi, et qu’elle vivait sa vie alors que ma vie à moi n’était plus la même. 
 
A.J.: Les préjugés et le climat antisémite qui ont entraîné la mort de votre frère sont-ils toujours aussi forts selon vous ?
 
A.-L. H. : Plus forts encore. Depuis Ilan, la situation s’est aggravée pour les juifs en France. Leur vie s’est dégradée. Plus ça va, plus on a peur. Moi-même j’ai peur, ainsi que pour mes enfants. Les actes antisémites sont de plus en plus fréquents.

A.J.: Avez-vous le sentiment que, dans le fond, la France n’a pas tiré les leçons de l’assassinat de votre frère ?
 
A.-L. H. : Tout à fait même si je ne sais pas ce qu’auraient dû être ces leçons. On voulait que l’assassinat d’Ilan serve à quelque chose, mais quand on voit tout ce qui s’est passé depuis, on se dit qu’il n’a été que le premier. Cela nous attriste. 
A.J.: De savoir que les membres du Gang des Barbares sont quasiment tous sortis de prison aujourd’hui, qu’est-ce que cela vous inspire ? 
A.-L. H. : Que la justice est mal faite. Tout le monde a dit "J’ai rien fait" alors que tout le monde avait sa part dans ce qui est arrivé à Ilan. Que les trois quarts soient aujourd’hui dehors, c’est difficile. C’est trop tôt. Il y a des gens qui, pour moins que cela, prennent beaucoup plus d’années de prison. Une fois, il m’est arrivé de croiser dans le métro une fille mêlée à l’assassinat de mon frère. C’était très dur de savoir qu’elle était là, comme moi, et qu’elle vivait sa vie alors que ma vie à moi n’était plus la même.   
A.J.: Les préjugés et le climat antisémite qui ont entraîné la mort de votre frère sont-ils toujours aussi forts selon vous ? 
A.-L. H. : Plus forts encore. Depuis Ilan, la situation s’est aggravée pour les juifs en France. Leur vie s’est dégradée. Plus ça va, plus on a peur. Moi-même j’ai peur, ainsi que pour mes enfants. Les actes antisémites sont de plus en plus fréquents. 
A.J.: Avez-vous le sentiment que, dans le fond, la France n’a pas tiré les leçons de l’assassinat de votre frère ? 
A.-L. H. : Tout à fait même si je ne sais pas ce qu’auraient dû être ces leçons. On voulait que l’assassinat d’Ilan serve à quelque chose, mais quand on voit tout ce qui s’est passé depuis, on se dit qu’il n’a été que le premier. Cela nous attriste.

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