"Je ne dis pas qu’Israël n’est pas une démocratie, mais ce n’est pas une démocratie comme les nôtres." (Subtile, n'est-ce pas ?)
"Gaza est comme une cage dans laquelle vit 1,5 million de Palestiniens, dont 75 % sont des réfugiés."
"Si vous prenez un dictionnaire d’anglais, apartheid signifie la domination d’un peuple par un autre et la séparation officielle de ces deux peuples. C’est ce qui se passe déjà en Cisjordanie. Israël est de toute évidence la puissance dominante et requiert légalement la totale séparation entre colons juifs et Palestiniens. C’est pourquoi j’utilise le mot d’apartheid."
On se souviendra qu'en décembre 2009, l'ancien Président des Etats-Unis
Jimmy Carter qui mène depuis de longues années une campagne tous azimuts contre Israël avait présenté ses excuses au peuple juif. Ses excuses avaient suscité des interrogations car elles coïncidaient avec les ambitions politiques de son petit-fils,
Jason Carter, qui briguait le poste de
sénateur de Géorgie. [Voir Jimmy Carter présente ses excuses à la communauté juive et Les excuses de Jimmy Carter pas si désintéressées que ça]. Or dans un entretien accordé au quotidien belge Le Soir (lui aussi connu pour son hostilité sans faille contre Israël), Carter n'a pas prononcé un mot positif sur Israël ou les Juifs et, malgré quelques précautions oratoires, s'est lancé dans une diatribe d'une étonnante violence. Dans sa rage accusatiore il n'épargne ni le Président Barack Obama ni l'Europe [!] trop favorable à Israël, ni bien entendu le "très puissant lobby politique israélien" et le peuple américain égaré dans son admiration pour Israël. Le monde arabe et même le Hamas qui serait prêt à reconnaître Israël si telle est la volonté du peuple palestinien bénéficient de toute sa sympathie !
"Ce sera la paix ou l’apartheid", titre de l'interview de
Jimmy Carter par
Frédéric Koller (
Le Soir, 13/11/2010) Extraits:
"Habitué du Proche-Orient où ses prises de position tranchées contre l’occupation israélienne lui valent une grande sympathie dans le monde arabe et le mépris du gouvernement israélien, Jimmy Carter est de retour d’un séjour en Israël, dans les territoires palestiniens, en Egypte, en Syrie et en Jordanie. Le Prix Nobel de la paix 2002 livre son analyse.
Comment s’est passé votre dernier déplacement ?
La situation des Palestiniens est la suivante : en Israël, ils sont soumis à 35 lois qui discriminent spécifiquement les citoyens non juifs (...). A Jérusalem-Est – occupé par Israël –, les Palestiniens ne sont pas traités comme des citoyens. La communauté de Silwan, où il y a 55.000 Arabes, n’a pas de place de jeux et on n’y construit aucune école. Le maire de Jérusalem s’en est excusé tout en nous expliquant qu’il planifiait un site archéologique et touristique à cet endroit. Les Arabes qui y vivent depuis 65 ans seront forcés de partir. En Cisjordanie, plus de 300.000 colons israéliens ont confisqué la terre et les propriétés des Palestiniens pour construire leurs propres maisons. Enfin, il y a le pire, Gaza, qui est comme une cage dans laquelle vit 1,5 million de Palestiniens, dont 75 % sont des réfugiés. [...]