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lundi 28 avril 2014

Vidéo: le documentaire d'Hitchcock sur la Shoah

In 1945 renown movie director, Alfred Hitchcock was asked to produce a film that would document the horrors of the Holocaust. That movie proved so potent, so damning that the allies suppressed the film’s release.



Via Israelly Cool à l'occasion de Yom Hashoah.

Voir également Alfred Hitchcock's unseen Holocaust documentary to be screened

mardi 23 août 2011

Pour l'église protestante allemande Eichmann était un homme de coeur

Source: Spiegel (Protestant Church Said Eichmann Was 'Kind-Hearted')

Des dignitaires de l'église protestante d'Autriche et d'Allemagne sont intervenus auprès du gouvernement allemand en faveur d'Adolf Eichmann après son arrestation par des agents israéliens en 1961.

Le superintendant de l'Eglise protestante de Haute-Autriche, Wilhelm Mensing-Braun, installé dans la ville autrichienne de Linz où Eichmann était né, a adressé une lettre au département des affaires étrangères de l'Eglise évangélique allemande à Frankfurt indiquant que le meurtrier de masse "avait une personnalité fondamentalement décente", était "charitable", et était toujours "prêt à rendre service".

L'évêque Hermann Kunst, représentant de l'Eglise évangélique auprès du gouvernement de l'Allemagne de l'Ouest a transmis la lettre au ministère des Affaires étrangères allemand avec la remarque "digne d'intérêt".

Voir également: L'aryanisation de Jésus par les Chrétiens dans l'Allemagne nazie

samedi 21 mai 2011

Inquiétante ignorance d'une majorité d'Européens sur la Shoah

“Les Européens ont déjà oublié la Shoah et maintenant les politiciens officialisent cet oubli” 


Six millions de Juifs, dont 1,5 million d'enfants, furent industriellement exterminés par les nazis et leurs bourreaux volontaires, mais 60 ans après on constate chez Européens "un inquiétant manque de connaissance de l'Holocauste".  Une enquête réalisée par le European Jewish Congress auprès de 3.233 Européens révèle que 2/3 des personnes interrogées âgées de moins de 45 ans ne savent pas que 6 millions de Juifs ont péri dans l'Holocauste.  Et seulement 1/3 savent qu'Adolf Eichmann "fut responsable de la logistique de la "solution finale" (Endlösung) et qu'il organisa notamment l'identification des victimes de l'extermination raciale et leur déportation vers les camps de concentration et d'extermination".  (Lire également: The new ‘D’s’ of European anti-Semitism,  Denis Mac Shane)

European Jewish Congress (EJC) President Dr. Moshe Kantor slammed Belgian Justice Minister Stefaan De Clerck for his comments about forgetting the Nazi period, especially due to the current ignorance of Europeans about the Holocaust.

A recent European Jewish Congress survey on Holocaust awareness, undertaken in several European countries demonstrated that there is a disturbing lack of knowledge about the Holocaust.

The survey asked five questions about the Holocaust and found that many European respondents were especially ignorant as to the basic facts of the Holocaust. Two thirds of respondents under-45 surveyed did not know that six million Jews died in the Holocaust.

Similar ignorance was displayed to the question, “Who was Adolf Eichmann?” Only around a third of those under 45 in Europe knew that Eichmann was the chief organizer behind the Nazi mass murder of Europe’s Jews. [...]

The poll was conducted by Toluna on behalf of the European Jewish Congress using 3,233 participants.

mercredi 17 novembre 2010

Il y a 70 ans était créé le ghetto de Varsovie

Le 16 novembre 1940 était créé le ghetto de Varsovie.


"Forcés hors de leurs trous" (légende originale en allemand) sur la photo extraite du rapport de mai 1943 de Jürgen Stroop à Heinrich Himmler.

Cette image a été créée par Dzeni. Elle reprend le nom de 1.692 victimes de la Shoah, contenus dans la base de données d'Yad Vashem.
Mémoire juive et éducation: le ghetto de Varsovie


Via: Lisboa Tel Aviv blog (70 anos)

vendredi 10 septembre 2010

L'historien négationniste David Irving va visiter Treblinka et d'autres camps de la mort

Source: Daily Telegraph (Controversial historian David Irving outrages Poles with death camp tour)

David Irving [photo], the controversial historian, has outraged war veterans and survivors’ groups with a tour of sites related to the Nazi occupation of Poland.
 
Irving will be shadowed by the Polish secret service as he takes a week-long guided trip round various sites related to the German occupation of Poland, including a trip to the notorious SS-run camp Treblinka, where more than 800,000 Jews died between 1942 and 1943.

The £1,500-a-head tour, organised by Irving’s Focal Point Publications website, will also visit Heinrich Himmler’s bunker in Hochward as well as Adolf Hitler’s Wolf’s Lair headquarters in Ketrzyn, as well as a series of lectures, and screening of the German film Downfall, about the last days of Hitler, featuring commentary by Irving.
Lire la suite ICI

lundi 8 février 2010

Pendant la Shoah le Portugal ne voulut pas importer "le problème juif"

"Il n'y aucune raison d'ordre politique ou raciale pour que le Portugal s'occupe de ce problème [juif] qui n'existe pas dans ses territoires, et c'est précisément pour cette raison que nous ne sommes pas disposés à le voir y naître." (Note du ministère des Affaires étrangères de 1939)

Des enfants juifs partent du Portugal pour la Palestine, 1944

Source: traduction de la première partie d'un article de Nuno Guerreiro Josué repris du blog Rua da Judiaria -  mis en ligne le 27/01/2010 (Dia Internacional em Memória das Vítimas do Holocausto) - deuxième partie de l'article : Shoah: le Portugal aurait pu sauver des milliers de Juifs d'origine portugaise

Aujourd'hui, jour de la commémoration internationale du souvenir des victimes de l'Holocauste, et date du 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz, j'ai décidé de publier ici une lettre qu'a écrite l'ambassadeur du Portugal à Berlin au début de la Seconde Guerre mondiale. En sa qualité d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire dans la capitale allemande, entre 1933 et 1940, Veiga Simões [photographié à Berlin] observa de près, d'une part, la montée d'Hitler au pouvoir et, d'autre part, la détérioration des conditions de vie de la population juive allemande.

Dans les milieux diplomatiques de la capitale du Reich, Veiga Simões était connu comme un "anti-aryen" révolté par la façon brutale avec laquelle les nazis traitaient les Juifs.

Dans sa lettre l'ambassadeur témoigne non seulement de l'inhumanité nazie à l'encontre des Juifs, mais demande que soit accordée la nationalité portugaise à deux juifs qui exerçaient la fonction de consuls du Portugal à Francfort et à Nuremberg, Gustav Mayer-Alberti et Eduard Lindenthal, respectivement. Ce texte nous révèle un facette de la diplomatie portugaise de cette époque qui est encore très peu connue en dehors des milieux universitaires portugais.

Confidentiel.
Berlin, le 14 septembre 1938
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères

Excellence,

Dans sa poursuite de la persécution implacable des juifs, ce gouvernement a publié récemment des décrets contenant des dispositions qui vont créer une situation qui rendra la vie d'une grande majorité d'entre eux complètement insoutenable.

On peut chercher autant que l'on veut mais on ne trouvera aucune solution pour assurer la simple survie de milliers d'Israélites qui se trouvent encore dans ce pays. Aux médecins, on interdit dorénavant d'exercer leur profession, même à titre privé, et on mettra fin aux baux de location de leurs cabinets d'ici la fin du mois. Aux commerçants, l'aryanisation progressive de toutes les branches commerciales, y compris le commerce de détail, va les dépouiller de tous leurs avoirs et les priver de toute possibilité d'activité. C'étaient ces deux catégories qui, chez les juifs, pouvaient jusqu'à présent subir, quoique avec beaucoup de difficultés, la situation qu'on leur fait.  Mais même à ça on va mettre un terme.

Une mesure finale et vexatoire vient d'être imposée à tous les juifs dont le prénom ne figure pas dans une liste publiée officiellement - qui fut selon les rumeurs qui courent élaborée dans le but de les limiter au maximum. Celle-ci consiste à ajouter , à partir du 1er janvier prochain, à leur propre nom et de l'utiliser dans tous les actes de leur vie sociale et privée le prénom "Israël" ou "Sarah" selon le sexe, faute de quoi on leur imposera des peines de prison et des amendes extrêmement sévères.

dimanche 7 février 2010

Shoah: le Portugal aurait pu sauver des milliers de Juifs d'origine portugaise

"Scellant ainsi leur sort dans les camps d'extermination nazis."

Source: extrait d'un article de Nuno Guerreiro Josué repris du blog Rua da Judiaria

"Dans une interview récente réalisée par José Manuel Fernandes et publiée dans Ípsilon, l'historien allemand Carsten L. Wilke déclara : "Quand Hitler était au pouvoir, le Portugal aurait pu sauver des milliers de Juifs descendants de ceux qui étaient partis des siècles plus tôt, mais Salazar n'a rien fait et les communautés qui existaient, par exemple, à Bordeaux, à Amsterdam ou à Thessalonique, furent complètement décimées".

Le cas des Juifs d'ascendence portugaise, cité par Carsten L. Wilke, est paradigmatique. Au lieu d'opter pour la simple tâche de faciliter la naturalisation des Juifs néerlandais, français et allemands dont les noms de famille (Nunes, Costa, Ricardo Mesquita, Leão de Laguna, Lopes Cardoso, etc.) laissaient peu de doutes quant à leur origine ancestrale, le régime a décidé de leur tourner le dos et leur a même rendu difficile la simple tâche d'obtenir un visa de transit, scellant ainsi leur sort dans les camps d'extermination nazis.

Le 23 avril 1940, par exemple, les consuls portugais aux Pays-Bas furent furent priés de, pour toute demande de visa d'entrée au Portugal, vérifier scrupuleusement si les candidats étaient juifs, et le cas échéant de noter "qu'aucun visa ne pouvait être apposé dans les passeports de Juifs sans l'autorisation préalable du Ministère des Affaires étrangères, appuyant de la sorte l'exigence de la PVDE [Police de Vigilance et de Défense de l'État] d'"empêcher l'entrée au Portugal d'individus de cette qualité" [1].

C'est contre cette toile de fond que se détachent les noms des diplomates portugais Aristides de Sousa Mendes, Carlos Garrido et Alberto Sampaio Teixeira Branquinho, dont les actes de courage rachetèrent la complicité honteuse, l'immobilisme et la lâcheté qui guidèrent la ligne diplomatique du Portugal pendant la Shoah."


[1]  "Le Portugal aurait sauvé la vie à quarante ou cinquante mille juifs persécutés par le nazisme; certaines estimations doublent ou triplent même ces chiffres. Les réfugiés en attente d'embarcation étaient internés, sur ordre du gouvernement, dans des centres touristiques transformés en "zones de résidence constante" (Ericeira, Caldas da Rainha, Cúria, Figueira da Foz, São Julião da Barra); ils ne pouvaient les quitter sans autorisation policière et y étaient nourris aux frais des organisations juives." (Histoire des juifs portugais par Carsten Wilke, Chandeigne, Collection Péninsules, 2007, p. 234)

mardi 30 juin 2009

Des étudiants en médecine roumains achètent des os de victimes de la Shoah

"L’Américain a demandé aux étudiants s’ils ne pensaient pas que ce qu’ils faisaient était abominable. Ils ont répondu : "Non, car nous ne prenons que les os des Juifs de la fosse commune". Ils ont également raconté que l’argent donné en échange permettait aux travailleurs du cimetière de creuser, de déterrer les os et de les nettoyer."

Horreur à l’Université de médecine en Roumanie

Des étudiants en médecine [!!!!] en Roumanie achètent, pour leurs recherches, des os et des crânes humains qui proviendraient d’une fosse commune juive de la période de la Shoah, située dans le village Podu Iloaiei, à Iasi, au nord-est de la Roumanie.

Ce scandale a été découvert tout à fait par hasard. Ce sont les étudiants, eux-mêmes, qui ont raconté à un Juif américain résidant à Iasi, d’où venaient les os, ajoutant que chaque os était acheté à 40 dollars. Le Juif américain a de suite averti le centre rabbinique européen.

L’Américain a demandé aux étudiants s’ils ne pensaient pas que ce qu’ils faisaient était abominable. Ils ont répondu : "Non, car nous ne prenons que les os des Juifs de la fosse commune". Ils ont également raconté que l’argent donné en échange permettait aux travailleurs du cimetière de creuser, de déterrer les os et de les nettoyer. Ces étudiants font partie de la grande université de médecine GR.T. Popa, dans laquelle étudient également près de 50 Juifs, pour la plupart Israéliens.

Un étudiant israélien a déclaré qu’au début de l’année des annonces de ventes d’os sont placardées sur les tableaux d’affichages, au même titre que des annonces pour la vente de voitures.

Le Rabbin Arié Goldberg, vice directeur général du centre rabbinique européen, a déclaré : "Traiter ainsi les os d’un être humain est immoral. Le souvenir de ceux qui ont été tués doit être préservé honorablement et notre but est de faire en sorte que cela en soit ainsi. Nous allons tout faire pour arrêter cette abomination !"

Source: Israel Magazine

Medical students suspected of buying Jewish bones from a cemetery in Romania

Photo: fosse commune de victimes de la Shoah à Podu Iloaiei, un village près de Iasi (Centre rabbinique européen)

mercredi 10 juin 2009

Le martyre des survivants de la Shoah 1945-1952, par Marc-André Charguéraud

"Les populations et les gouvernements des "démocraties populaires" ont ainsi accompli la prophétie qu'Hitler n'avait pas [entièrement] réalisée : rendre l'Europe de l'Est "judenfrei" (sans juifs). Ce dernier chapitre de la Shoah s'est déroulé sous les yeux du "monde libre"…"

Le martyre des survivants de la Shoah 1945-1952, par Marc-André Charguéraud, Labor et Fides/Le Cerf, 2009. Prix: 24 €

Ou : comment des populations et des Etats qui s’étaient accommodés de l’élimination systématique des Juifs d’Europe réagissent en découvrant qu’il reste encore assez de Juifs pour leur poser problème ; qu’Hitler et ses émules n’ont pas entièrement rempli leur promesse…

[NB L’auteur n’étant pas un historien professionnel, on ne se laissera pas arrêter par quelques approximations et un sentimentalisme bien compréhensible de la part d’un engagé volontaire en 1944.]

4e de couverture (extraits) :

Au terme de la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l'Est, survivent plus d'un million de rescapés de la Shoah. À peine "libérés", des pogroms meurtriers s'abattent sur eux, les persécutions continuent… Au fil des années, ce sont plus de 900 000 survivants juifs qui se voient contraints de [s’enfuir] loin de leur terre natale… Les populations et les gouvernements des "démocraties populaires" ont ainsi accompli la prophétie qu'Hitler n'avait pas [entièrement] réalisée : rendre l'Europe de l'Est "judenfrei" (sans juifs). Ce dernier chapitre de la Shoah s'est déroulé sous les yeux du "monde libre"…

Pendant les premières années de l'après-guerre, les pays qui le composent ont systématiquement fermé leurs portes aux survivants juifs à la recherche… d'un refuge…

Source: Le blog de Richard Zrehen

Lire également l'
article de Jean-Laurent Turbet

mardi 21 avril 2009

La déportation des enfants de Korczak, poème de Wladyslaw Szengel

Janusz Korczak (né le 22 juillet 1878, décédé le 5 août 1942), de son vrai nom Henryk Goldszmit, était en Pologne, avant la Seconde Guerre mondiale, une des personnalités scientifiques les plus en vue et les plus respectées dans le domaine de l’enfance. Ami des enfants, médecin-pédiatre et écrivain, il est en particulier connu pour s’être laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner (voir le film d’Andrzej Wajda : Korczak, 1989).

"Le fait que Korczak ait volontairement renoncé à sa vie pour ses convictions parle pour la grandeur de l’homme. Mais cela est sans importance comparé à la force de son message", disait Bruno Bettelheim.
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La déportation des enfants de Korczak
Poème de Wladyslaw Szengel (Wladyslaw Szengel, qui ne survécut que de quelques mois à Korczak, a laissé un témoignage bouleversant et violent du départ de la Maison des Orphelins pour l’Umschlagplatz (l’orphelinat).)

"Aujourd’hui j’ai vu Janusz Korczak
Partir avec les enfants pour la dernière marche,
Les enfants proprement vêtus comme pour
La promenade au parc du dimanche.
Ils portaient leurs habits de fête -
Désormais on peut les salir -
En rang par cinq les orphelins traversaient la ville
Où se terraient les hommes traqués.
La ville avait un visage d’épouvante,
Masse étrangement écorchée et nue.
Elles regardaient la rue, les fenêtres creuses
Comme des orbites de mort.
Tantôt un cri comme un oiseau perdu
Payait le sonneur de la mort sans raison,
Indolemment passaient dans leurs rickshaws
Les messieurs de la situation.
Tantôt tohu-bohu, et tumulte, et silence.
A la volée fuyaient de furtives paroles,
Pétrifiée et muette d’horreur en oraison
Se dressait l’église de la rue Leszno.
Et là, par cinq, les enfants - calmement.
Nul n’essayait d’en tirer un du rang :
Des orphelins. Nul ne graissait la patte
Aux uniformes bleus.
Nulle intervention sur l’Umschlagplatz,
A l’oreille de Szmerling nul ne souffla mot,
Nul ne collecta les montres de famille
Au profit du soiffard Letton.

Janusz Korczak marchait, droit, quelques pas en avant
La tête nue, le regard sans frayeur,
Un enfant le tenait par la poche,
Lui-même portait deux petits dans ses bras.
Quelqu’un se précipita, un papier à la main,
Brailla nerveusement quelque explication :
- Vous pouvez revenir…. Il y a un ordre de Brandt.
Korczak en silence secoua la tête.
Il ne prit pas même la peine de leur expliquer,
A ces porteurs de la faveur allemande.
Comment faire entrer dans ces têtes sans âme
Ce que signifie laisser seul un enfant…
Tant d’années… sur cette route obstinée
Pour remettre à l’enfant le globe du soleil
Et maintenant le laisser atterré ?
Il ira avec eux… plus loin… jusqu’au bout…
Puis il pensa au roi Mathias
A qui le sort épargna malheur semblable,
Le roi Mathias sur l’île parmi les sauvages
Ne se fût pas conduit autrement.
Et déjà les enfants montaient dans les wagons
Comme pour une partie de campagne à Lagbaomer,
Et tel petit, avec son air hardi, aujourd’hui
Se sentait tout à fait "shomer".
J’ai songé en ce moment ordinaire,
Pour l’Europe un rien insignifiant, sans doute,
Que lui, pour nous, dans l’histoire, en ce même moment,
Inscrit là la plus belle page.
Que dans cette guerre aux Juifs, infâme,
Dans cette ignominie sans borne, ce chaos sans issue,
Dans ce combat pour la vie à tout prix,
Dans ces bas-fonds de tractations-trahisons,
Sur ce front où la mort est sans gloire,
Dans cette danse de cauchemar en pleine nuit,
Il y eu un unique héroïque soldat,
Janusz Korczak, tuteur des orphelins.
Est-ce que vous entendez, voisins de l’autre côté du mur,
Qui, au travers des barbelés, nous regardez mourir ?
Janusz Korczak est mort afin que nous
Aussi ayons notre Westerplatte*."

[Wladiyslaw Szengel (1914-1943),
Ce que j'ai lu aux défunts, Ghetto de Varsovie, 10 août 1942.

Traduit du polonais par Yvette Métral
*A Westerplatter (presqu'île de la baie de Dantzig), en septembre 1939, 180 soldats polonais
résistèrent pendant 7 jours au bombardement d'un cuirassé et des avions allemands.]

Source: Leblogdenoach

L'image en haut à gauche a été créée par Dzeni. Elle reprend le nom de 1.692 victimes de la Shoah, contenus dans la base de données d'Yad Vashem. L'image du garçon est inspirée de la célèbre photo prise en 1943 dans le ghetto de Varsovie.

Auschwitz et la croix - dans une même phrase

"(...) il faut se poser des questions sur la validité de la culture dont les valeurs illusoires étaient, ici, en Europe, enseignées à tous depuis la petite école, aussi bien aux tueurs qu’aux victimes."

"(...) des milliers d’enfants vont à l’école avec leurs cartables sur le dos pour se rencontrer à nouveau comme bourreaux et victimes dans les antichambres des fours crématoires, devant les fosses communes …"

"Apparemment, dès qu’on parle de la culture et des valeurs européennes, on aboutit à la question du meurtre."


Femmes et enfants juifs hongrois arrivent au camp d'extermination
d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944 pour y être gazés
.
"Mentionnerais-tu encore dans une même phrase Auschwitz et la croix ?

Plus que jamais. Puisque c’est justement dans ce contexte qu’est apparue l’importance fatale d’Auschwitz pour l’homme éduqué dans la culture éthique de l’Europe. Les lois de cette culture sont résumées dans les dix commandemants, dont l’un dit : Tu ne tueras point. Mais si les massacres peuvent devenir des activités ordinaires, voire un travail quotidien, il faut se poser des questions sur la validité de la culture dont les valeurs illusoires étaient, ici, en Europe, enseignées à tous depuis la petite école, aussi bien aux tueurs qu’aux victimes.

Tu esquisses une vision terrifiante : des milliers d’enfants vont à l’école avec leurs cartables sur le dos pour se rencontrer à nouveau comme bourreaux et victimes dans les antichambres des fours crématoires, devant les fosses communes … Nous en sommes arrivés là, c’est donc cela, le sujet de notre conversation ?

Apparemment, dès qu’on parle de la culture et des valeurs européennes, on aboutit à la question du meurtre."

Imre Kertész, Dossier K., Actes Sud, 2008, (p. 178)
Imre Kertész a reçu le Prix Nobel de littérature en 2002.

Femmes et enfants juifs hongrois arrivent au camp d'extermination
d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944 pour y être gazés

mercredi 18 février 2009

Mgr Williamson, les Tsiganes aussi furent assassinés dans des chambres à gaz !

Mgr Richard Williamson, l'évêque excommunié qui vient d'être réintégré dans l'église par le Pape Benoît XVI, réfute l'existence des chambres à gaz et nie que les nazis ont perpétré un génocide contre le peuple juif.

Aveuglé par sa judéophobie, il perd de vue que les nazis ont également voulu exterminer le peuple tsigane et que, pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 300.000 hommes, femmes et enfants tsiganes furent assassinés en raison de leur prétendue infériorité raciale. On estime que 23.000 furent déportés à Auschwitz pour y être assassinés: 20.000 y moururent ou furent tués dans les chambres à gaz - dont l'évêque négationniste nie l'existence.

Classés en 1933 par les lois raciales de Nüremberg comme appartenant à une "race étrangère" (Fremdrasse) qui menaçait la pureté de la race allemande, leur sort fut aggravé par le décret Bekämpfung der Zigeunerplage (Combat contre le fléau tsigane) promulgué en 1938.

Ils étaient des chrétiens, comme ceux qui les ont assassinés et comme Mgr Williamson.

Stèle à la mémoire des Tsiganes qui périrent à Auschwitz
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A gauche: portrait d'une prisonnière tsigane à Auschwitz peint par l'artiste juive tchéque Dinah Gottliebova.

"There, she [Dinah Gottliebova] was assigned by SS Captain Dr. Josef Mengele, the senior SS physician at Birkenau, to make portraits of Gypsy prisoners used in his genetic and anthropologic medical experiments for a book about these experiments. She painted between ten and twelve portraits in all, seven of which are now located at the Auschwitz-Birkenau State Museum. Gottliebova later described this commission: "I painted slowly, conserving the work that was light, giving me a better opportunity of living through the camp. One portrait took about two weeks. Dr. Mengele examined each portrait very carefully; on some, he asked me to make minor changes or additions." Her assignment ended in early August 1944, when the Gypsy camp was dissolved and the remaining Gypsy prisoners gassed. In addition to these Gypsy portraits, Gottliebova produced portraits of Polish and Czech women prisoners."
Source: Art Produced at Auschwitz
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"(...) on December 16, 1942, Heinrich Himmler ordered the deportation of all remaining Gypsies to a concentration camp. The implementing regulations for this order, issued by the RSHA on January 29, 1943, specified that Auschwitz was the place of deportation.

As a result of this ruling, the Gypsy family camp known as the Zigeunerlager (Gypsy camp), which existed for 17 months, was set up in Auschwitz-Birkenau sector BIIe.

The deportation of the Gypsies began in February 1943 and continued until July 1944. (...)

It is estimated that about 23 thousand Gypsy men, women, and children were imprisoned in the camp. About 21 thousand were registered in the camp (including the more than 370 children estimated to have been born there). A group of about 1,700 Polish Gypsies was murdered immediately after arriving at the camp, without being entered in the records.Of the approximately 23 thousand Gypsies deported to Auschwitz, some 20 thousand died or were murdered in the gas chambers.

Since they were treated as asocial prisoners, they were marked with black triangles. A series of camp numbers, prefaced with the letter Z, was given to them and tattooed on their left forearms.

Gypsies were not subject to selection in the camp, and families were not broken up. Everyone in the transport was directed to the barracks. Their hair was not cut while they were in Auschwitz, and many of them could wear civilian clothing.

Since sector BIIe was still under construction, some of the men were assigned to finish the building work, and others were assigned to other kinds of camp work in internal labor details. A significant portion of them, however, did not have regular work assignments.

Insufficient food and the severe overcrowding in the Gypsy camp led to a dramatic deterioration in hygienic and sanitary conditions, which led in turn to frequent epidemics, especially of typhus and starvation diarrhea. These epidemics resulted in a high mortality rate among the Gypsies.

The group of approximately 1,700 Polish Gypsy men, women, and children mentioned above arrived from Białystok on March 23, 1943. Cases of typhus were found among them. Fearing an outbreak, the camp authorities sent the group directly to the gas chamber. Several weeks later, on May 12, 1943, another group of Gypsies from Białystok (468 men and 503 women) were placed in the camp. Since there continued to be a danger of a typhus outbreak in the Gypsy camp, the camp authorities ordered the selection of about a thousand Gypsies - mostly from Białystok and Austria - on May 25, 1943. They, too, were killed in the gas chambers.

A group of 39 children (20 boys and 19 girls) from the St. Josefspflege orphanage in Mulfingen, near Stuttgart, was also sent to the Gypsy camp. Dr. Robert Ritter and Eva Justin of the Institute for the Study of Racial Hygiene carried out various tests on them before deportation.

The main purpose of this research was to confirm that the supposed Gypsy traits were inborn; despite having been raised in a non-Gypsy environment, these children had allegedly been unable to overcome a disposition to theft, vagrancy, and resistance to assimilation.

In his autobiography, the first commandant of Auschwitz, Rudolf Höss, devotes a great deal of space to the extermination of the Gypsies, stressing that the conditions in Birkenau made it impossible to run a family camp there. He mentioned Heinrich Himmler’s visit to the Gypsy camp, during which the Reichsführer listened to reports about the high mortality rate, especially among children. Himmler also saw the overcrowded barracks, the unsatisfactory sanitary conditions, the hospital barracks full of patients, and sufferers from noma.

From the end of May 1943 to August 1944, SS-Hauptsturmführer Dr. Josef Mengele held the post of head physician in the "Gypsy camp." At the same time, as camp physician, he was on duty at hospitals and outpatient clinics in other parts of the camp. At the behest of the Institute for Anthropological and Biological-Race Research at the Kaiser Wilhelm Institute in Dahlem, he undertook anthropological studies of various racial groups, mostly Gypsies, and also of twins, especially identical twins. Part of the bathhouse (sauna) barracks in block 32 was set aside as a laboratory for him, where he carried out anthropometric studies of the twins at his disposal. A disease known as water cancer (noma faciei—gangrenous stomatitis), appeared in the Gypsy camp in the summer of 1943. Previously unknown among prisoners, it attacked children and young people especially. Mengele began research on its causes and treatment.

Mengele ordered that a "Kindergarten," a sort of nursery and preschool for children up to the age of 6 - and also for those of special interest to him - be opened in the Gypsy camp. At first, the children there received better food. However, this was purely a propaganda move. High-ranking SS officers and civilians on inspection trips to Auschwitz were taken to see the Kindergarten and photographed playing with the children.

Another area of research interest for Dr. Mengele was the biological anomaly known as heterochromia iridis, the appearance of differently colored eyes in the same person. A number of examples of this phenomenon were collected in the camp sauna barracks, and later shipped to the Reich as prepared samples.

Mengele held the post of head physician of the Gypsy camp until its liquidation. Later, he became camp physician (Lagerarzt) for the entire Birkenau camp. During the time that the Gypsy family camp was in operation, some of the people imprisoned there were transferred over time to camps in the depths of the Reich where they labored in factories. Some of the people transferred were used in pseudomedical experiments. A few Gypsies were released on the condition that they undergo sterilization. (...)

The Gypsy family camp in Birkenau existed until August 2, 1944. That evening, the approximately 3 thousand men, women, and children left in the camp were loaded onto trucks and driven to the gas chambers. The Gypsies attempted to resist, but the SS crushed their opposition brutally. (...)

The so-called Main Gypsy Book (Hauptbuch), saved by Polish prisoners assigned to work in the scribe chamber, contains the names of about 21 thousand Gypsies imprisoned in Auschwitz. It is an invaluable source of information about the extermination of the Gypsies there. An exhibition commemorating the destruction of the Gypsies is located in block 13 on the grounds of the Auschwitz-Birkenau State Museum, and there is a small monument at the site of Birkenau sector BIIe."
Source: Gypsies (Roma) in Auschwitz

mardi 20 janvier 2009

Il y a 67 ans: la conférence de Wannsee à Berlin

20 janvier 1942

"Devant une dizaine de dignitaires SS des services de sécurité et de hauts fonctionnaires des ministères concernés, "le chef de la Sûreté et du SD l'Obergruppenführer Heydrich [...] annonce qu'il était chargé par le maréchal du Reich (Göring) de la préparation de la solution définitive du problème juif en Europe [...]. Le Führer ayant donné son approbation, l'évacuation des Juifs vers l'est remplace maintenant l'émigration; cela constitue une solution partielle supplémentaire. Il ne faut cependant pas oublier que ces mesures ne sont que des solutions provisoires [...]. Au cours de l'exécution de la solution finale, l'Europe sera passée au crible de l'ouest vers l'est."

Ces derniers termes, "solution finale", extraits du discours des auteurs, sont en fait impropres. Ils étaient destinés à camoufler l'horrible réalité de l'extermination systématique des Juifs européens par des organismes gouvernementaux allemands, qui débuta en juin 1941. Il semble, en effet, que dès l'été 1941, Hitler, Himmler, Göring et Heydrich aient su vers quels objectifs convergeaient leurs efforts."

André Kaspi, La Deuxième Guerre Mondiale, chronologie commentée, Editions Complexe, 1980

photo: O cachimbo de Magritte

vendredi 5 décembre 2008

Otto Jespersen: la blague sur le gazage des Juifs, des puces et des poux

Cette blague sur le gazage de millions de Juifs par les Nazis, mis sur un pied d'égalité avec le gazage de milliards de puces et de poux, illustre à merveille la banalisation du discours anti-Juif en Europe.

Source: article de Ben Cohen dans Z-Word

Une grosse polémique vient d'éclater en Norvège à la suite de la diffusion par une chaîne de télévision d'un monologue de l'humoriste Otto Jespersen au cours duquel il raconta cette blague:

"Je voudrais également saisir cette occasion pour rappeler les milliards de puces et de poux qui ont perdu la vie dans des chambres à gaz allemandes, et dont le seul tort était de s’être trouvés à ce moment-là sur des personnes d’origine juive."

Ben Cohen observe qu'en matière de sophistication cette blague n'a rien à envier à celles que les suprématistes blancs en Amérique racontent sur les Noirs ("Si on avait su les problèmes qu’ils nous causeraient, on aurait cueilli le foutu coton nous-mêmes").

Aftonbladet, l'un des principaux journaux norvégiens, rapporte qu'un téléspectateur, Kurt Valner, qui a perdu son père et neuf autres membres de sa famille dans les camps de concentration nazis, a déposé plainte contre Jespersen pour incitation à la haine.

Jespersen ne s’est pas prononcé sur l’affaire, mais d'autres comédiens ont pris sa défense. Son patron, Alf Hildtrum, a déclaré: "Prétendre que Jespersen a de la sympathie pour le nazisme est complètement faux. Je ne le crois pas. Otto Jespersen essaie de faire passer un message dans ses monologues, et le texte devrait être jugée dans son contexte. Il ne devrait pas être pris isolément."

Fin calculateur, Jespersen avait lors d'un précédent sketch brûlé un Ancien Testament en expliquant qu'il n'oserait pas brûler un Coran car s'il le faisait il ne resterait pas plus d'une semaine en vie.

- Ministre des Affaires étrangères norvégien: l'Europe est trop pro-israélienne
- Norwegian Comedian Who Burnt Copy of The Old Testament Jokes About The Holocaust.......
- Did Norway's FM compare settlers to Nazis?
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Norway Funding PA Hate Media
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Le peuple choisi par Dieu, Jostein Gaarder

dimanche 10 février 2008

Dossier K., Imre Kertész

Un groupe de femmes et d'enfants juifs hongrois arrive au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944

"Mentionnerais-tu encore dans une même phrase Auschwitz et la croix ?
Plus que jamais. Puisque c’est justement dans ce contexte qu’est apparue l’importance fatale d’Auschwitz pour l’homme éduqué dans la culture éthique de l’Europe. Les lois de cette culture sont résumées dans les dix commandemants, dont l’un dit : Tu ne tueras point. Mais si les massacres peuvent devenir des activités ordinaires, voire un travail quotidien, il faut se poser des questions sur la validité de la culture dont les valeurs illusoires étaient, ici, en Europe, enseignées à tous depuis la petite école, aussi bien aux tueurs qu’aux victimes.
Tu esquisses une vision terrifiante : des milliers d’enfants vont à l’école avec leurs cartables sur le dos pour se rencontrer à nouveau comme bourreaux et victimes dans les antichambres des fours crématoires, devant les fosses communes… Nous en sommes arrivés là, c’est donc cela, le sujet de notre conversation ?
Apparemment, dès qu’on parle de la culture et des valeurs européennes, on aboutit à la question du meurtre."
Dossier K., Imre Kertész, Actes Sud, 2008, (p. 178)