mercredi 6 mai 2009

L'hymne européen est l'oeuvre d'un ancien membre du parti nazi

"Le symbole sonore de l'Europe est l'oeuvre d'un ancien membre du parti nazi. [...] à vingt ans de la mort d'Herbert von Karajan, la véritable question soulevée par son arrangement de la Neuvième dépasse celle de ses convictions ou motivations à telle époque de sa vie. Elle est, comme une ironie de l'histoire, celle de la trace persistante de l'organisation responsable de la seconde guerre mondiale et de la Shoah sur le symbole d'une Europe qui prétend faire des droits de l'homme et de la démocratie le socle moral de son projet politique."

"A l'approche d'élections européennes marquées par la crise, on peut penser que cette contradiction n'a qu'une valeur... symbolique, c'est-à-dire insignifiante. On peut aussi juger que c'est un problème, et qu'il faut que l'Europe se mette en accord avec ses valeurs."

Source: L'hymne qui sent le soufre, par Esteban Buch* (extraits repris du site du Monde)

"Le symbole sonore de l'Europe est l'oeuvre d'un ancien membre du parti nazi. Voici pourquoi et dans quel sens précis. L'hymne européen est la mélodie instrumentale de l'"Ode à la joie", issue de la Neuvième Symphonie de Ludwig van Beethoven, créée à Vienne en 1824. Un Conseil européen lui reconnut ce statut en 1985, à la suite du Conseil de l'Europe qui en avait pris l'initiative treize ans plus tôt.

Or, en 1972, l'arrangement officiel fut réalisé par Herbert von Karajan, chef du Philharmonique de Berlin, qui en publia la partition aux éditions Schott, en fit un enregistrement chez Deutsche Grammophon et en orchestra le lancement dans les médias. Ce morceau, qui est toujours reconnu par le Conseil de l'Europe et l'Union européenne, est techniquement une oeuvre de création récompensée par des droits d'auteur, et l'auteur en question fut membre du NSDAP de 1935 à 1945.

[...] l'idée de confier à ce dernier non seulement la direction de l'hymne mais également son arrangement n'est pas venue du Conseil de l'Europe mais... de Karajan lui-même.

Pendant les mois suivants ont lieu d'intenses discussions sur les droits d'auteur, lesquels, selon un mémorandum interne du 25 janvier 1972, constituent "une préoccupation pour de nombreuses personnes". Plusieurs documents montrent le souhait de hauts fonctionnaires de voir le chef d'orchestre renoncer à ces droits "dans le souci d'éviter (tel un mémorandum du 28 janvier) que l'hymne européen ne profite financièrement à une personne ou une maison d'édition".

Ces textes disent également la ténacité avec laquelle Karajan refusa toute concession sur ce point, et insista pour que la partition et l'enregistrement se fassent avec ses partenaires de travail habituels, Schott et la Deutsche Grammophon. Le secrétaire général en personne lui demanda en vain de céder ses droits : "Après avoir contacté personnellement M. von Karajan à Salzbourg, explique un autre mémorandum, il a fait savoir au Comité des ministres que M. von Karajan reste le propriétaire de l'adaptation nouvelle de l'oeuvre de Beethoven conçue en tant qu'hymne européen."

C'est dans ces conditions que le 5 mai 1972, journée de l'Europe, l'hymne européen est lancé par Eurovision sur les images d'Herbert von Karajan et de son orchestre mêlées à celles du drapeau bleu aux douze étoiles. A l'évidence, l'institution de Strasbourg n'était pas capable d'en imposer au musicien le plus puissant d'Europe [...].

En fait, l'épisode de l'hymne européen fait partie des ambiguïtés historiques de la droite autrichienne à l'égard de l'Anschluss et de l'extrême droite, remises à l'ordre du jour, en 2000, lorsque l'Autriche encourut des sanctions de l'Union européenne à cause de l'alliance de l'ÖVP du chancelier Wolfgang Schüssel avec le parti de Jörg Haider.

Tout comme le passé de Waldheim, depuis les années 1980, l'appartenance d'Herbert von Karajan au NSDAP a donné lieu à des interprétations controversées. Les faits, toutefois, sont établis. Le chef d'orchestre remplit un formulaire, le 8 avril 1933 à Salzbourg, mais la démarche resta sans suite à cause du gel des recrutements ayant suivi la prise du pouvoir par Hitler. En mars 1935, alors qu'il était sur le point d'être nommé Generalmusikdirektor à Aix-la-Chapelle, il déposa une deuxième demande qui, elle, fut complétée en bonne et due forme, et lui valut le carnet 3 430 914. L'inabouti de la première adhésion ne dispense pas de s'interroger sur ce qui a pu pousser ce jeune Autrichien à rejoindre le parti nazi allemand dès avril 1933.

Malgré la rareté des indices, la première hypothèse à considérer reste bien sûr une sympathie à l'égard des idées du parti en question. Quant à celle de 1935, d'après les déclarations de Karajan, en 1946, devant le comité de dénazification autrichien, elle aurait été une condition pour obtenir le poste à Aix-la-Chapelle. C'est donc l'intéressé qui est à l'origine de la thèse d'un comportement opportuniste, partant apolitique.

Mais, au-delà du problème des sources, on peut se demander si un tel cynisme au service de l'ambition ne serait pas plus proche de l'idéologie nazie qu'un acte contraint d'allégeance au Führer. Et il est évident que, au sein de la palette qui va du blanc résistant au noir bourreau, ce n'est là jamais qu'une forme de gris foncé et, en aucun cas, un comportement exemplaire face à la dictature.

Or les symboles sont tenus à l'exemplarité sous peine d'affaiblir les valeurs dont ils sont la représentation sensible dans l'espace public. Dans ce dernier cas, ils restent exemplaires, certes, mais seulement des compromis historiques dont ils sont issus. L'"Ode à la joie" de Beethoven fut choisie pour représenter l'Europe non seulement à cause de sa grandeur musicale, mais aussi des valeurs proclamées dans le fameux vers de Schiller, que la mélodie instrumentale évoque à défaut de chanter : "Tous les hommes deviennent frères."

A priori, c'est moins convaincant dans la bouche d'un membre du parti nazi, fût-il, comme certains le pensent, le plus brillant des chefs d'orchestre. C'est pourquoi, à vingt ans de la mort d'Herbert von Karajan, la véritable question soulevée par son arrangement de la Neuvième dépasse celle de ses convictions ou motivations à telle époque de sa vie.

Elle est, comme une ironie de l'histoire, celle de la trace persistante de l'organisation responsable de la seconde guerre mondiale et de la Shoah sur le symbole d'une Europe qui prétend faire des droits de l'homme et de la démocratie le socle moral de son projet politique.

Persistante, en effet. Aujourd'hui, l'arrangement par Karajan de l'hymne européen est toujours disponible chez Schott et Deutsche Grammophon. Il est toujours reconnu par le Conseil de l'Europe - qui a pourtant lancé des "variations" sur l'"Ode à la joie" en style jazz, rom ou hip-hop, en passant par le classique - comme seule version officielle. Il est régulièrement utilisé par l'Union européenne pour ses cérémonies, en Europe comme à l'étranger.

A l'approche d'élections européennes marquées par la crise, on peut penser que cette contradiction n'a qu'une valeur... symbolique, c'est-à-dire insignifiante. On peut aussi juger que c'est un problème, et qu'il faut que l'Europe se mette en accord avec ses valeurs.

Un hymne n'est jamais que ce que les gens en font. En tout état de cause, du moment qu'il s'agit d'un symbole politique, c'est aussi une question politique."

* Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)
Historien, anthropologue et spécialiste des rapports entre politique et musique, il a consacré un essai remarqué à La Neuvième de Beethoven. Une histoire politique (Gallimard, 1999). Son dernier ouvrage, qui analyse les relations entre un mouvement artistique et sa réception par les critiques musicaux dans la Vienne 1900, s'intitule Le Cas Schönberg (Gallimard, 2006)

mardi 5 mai 2009

La "rue européenne" très remontée contre Israël, selon l'ambassadeur de France

"[...] le seul ambassadeur en Israël à soutenir la Commissaire Benita Ferrero-Waldner était l'ambassadeur de France [Jean-Michel Casa] en faisant valoir que "ses déclarations traduisaient les sentiments de l'opinion publique européenne"."

"Le vice-directeur du département Europe du ministère des Affaires étrangères, Rafi Barak, a récemment contacté les diplomates de pays de l'Union européenne afin que les 27 mettent un terme à leurs critiques du gouvernement de Binyamin Netanyahou.Lors de ses entretiens avec les ambassadeurs de France [Jean-Michel Casa], de Grande-Bretagne [Tom Phillips] et du chargé d'affaires de l'ambassade allemande, Rafi Barak a expliqué que les pays de l'Union européenne ne seront pas impliqués dans le processus de paix israélo-palestinien si les critiques persistent." (Guysen News)

Selon le Haaretz, qui a consacré un article à cette polémique, la principale cible de l'offensive est la Commissaire en charge des relations extérieures de l’Union européenne, l'autrichienne Benita Ferrero-Waldner, qui a récemment appelé à un gel de l’approfondissement des liens avec Israël au-delà des relations bilatérales actuelles.

Attaquer Israël par les médias

"Cela fait plusieurs semaines que nous demandons à tous nos interlocuteurs européens de laisser au gouvernement israélien le temps d’élaborer sa nouvelle politique et de ne pas se lancer dans une guerre des mots dans les médias", a-t-il déclaré aux diplomates.

"Nous voulons que l'Union européenne soit un partenaire [dans le processus diplomatique], mais il est important de tenir un dialogue discret et mature et de ne pas faire des déclarations publiques."

Une "rue européenne" (opinion publique ...) très hostile à Israël

Le Haaretz relève que Rafi Barak a ensuite briefé par télégramme les diplomates des délégations israéliennes en Europe sur ses entretiens en soulignant que le seul ambassadeur en Israël à soutenir la Commissaire Benita Ferrero-Waldner était l'ambassadeur de France [Jean-Michel Casa] en faisant valoir que "ses déclarations traduisaient les sentiments de l'opinion publique européenne".

("In a telegram to the Israeli missions in Europe, Barak briefed the Israeli diplomats on his conversations and noted that the sole ambassador in Israel who backed Ferrero-Waldner was the French. He was quoted as saying that her statements reflect the European public's feelings.")
Par ailleurs, toujours selon le Haaretz :

"Une source politique à Jérusalem a noté que Mme Ferrero-Waldner avait été vivement critiquée par des fonctionnaires européens, et qu'un ministre européen des Affaires étrangères avait confié lors d'une conversation privée que "par ses attaques contre Israël elle fait du tort à la politique étrangère européenne"."

("A political source in Jerusalem noted that Ferrero-Waldner was sharply criticized by European officials, and one European foreign minister said in a private conversation that she "is causing damage to European foreign policy in her attacks on Israel".")

El País – dont la proverbiale hostilité à Israël n’est plus à démontrer – ne cache pas sa satisfaction. Juan Miguel Muñoz évoque dans un article plein de sarcasme une "rue européenne" très hostile et cite quelques exemples (largement insuffisants et atypiques pour qu'on puisse déceler une tendance significative de cette hostilité) :

"La guerre de Gaza a provoqué des critiques acerbes dans l’opinion publique de nombreux pays européens et leurs dirigeants ne sont pas sourds : en Suède, Israël a joué le match de Coupe Davis à huis clos ; en Norvège, des avocat et des magistrats préparent un procès pour crimes de guerre ; au Royaume-Uni, on enregistre une augmentation des appels au boycott des universités et quelques sociétés ont coupé leurs relations commerciales avec Israël …".

L'article de Muñoz a déjà été traduit en françai et publié par Info Palestine

Voir également: Les dix citations de la semaine (2ème et 3ème citations)

lundi 4 mai 2009

C'est en Israël qu'Ilan Halimi repose désormais en paix

"[...] c'est ici en Israël, dans le cimetière de Guivat Shaoul à Jérusalem, que repose désormais Ilan. Sa mère a transféré la dépouille de son fils, ne pouvant imaginer qu'il trouve la paix sur la terre où il a été torturé. Par peur aussi, qu'une fois libres, ses bourreaux "aillent cracher sur sa tombe"."

Source: article de Paula Haddad dans Jerusalem Post

"Deux policiers m'ont dit "Madame, même à un animal, on ne fait pas ce qu'ils lui ont fait." L'affaire Ilan Halimi ou quand la réalité dépasse la fiction.

Le 20 janvier 2006, le jeune Juif de vingt-trois ans avait été enlevé contre une demande de rançon, par Youssouf Fofana et le gang des Barbares. Séquestré et torturé pendant trois semaines dans une cité de Bagneux, il est retrouvé le 13 février, nu, agonisant, le long d'une voie de chemin de fer, près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne. Il succombe le jour même à ses blessures.

Trois ans après le drame, sa mère, Ruth Halimi, sort de son silence, avec la publication d'un livre, 24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi. Elle a sollicité le concours de l'auteure Emilie Frèche, déjà auteur d'un ouvrage sur Ilan *, qui a su trouver le ton juste entre émotion et factuel. Le récit relate ces 24 jours où la famille reçoit plus de six cents appels, des demandes de rançon dont le montant ne cesse de changer, des menaces, des photos d'Ilan supplicié... Le travail sans relâche de la police est apparent, mais aussi ses erreurs de stratégie.

En effet, les proches de la victime suivent les consignes du Quai des Orfèvres en gardant le silence sur l'affaire, mais cette discrétion entraîne des manquements sur le terrain. Le livre révèle que si d'autres services de police avaient été informés, Youssouf Fofana, le chef du gang, aurait pu être arrêté à sept reprises, en France ou en Côte d'Ivoire, où il se rend deux fois au cours des 24 jours. Ruth Halimi déclarait récemment sur l'antenne d'Europe 1 que ces graves erreurs "avaient coûté la vie à son fils".

Le livre rappelle aussi les nombreuses ramifications de l'affaire. Le gang n'en est pas à son premier essai. En 2005, des médecins et des notaires juifs ont fait l'objet de tentative de racket. Puis, on passe à la vitesse supérieure. Marc K., Michael et Jimmy D., Olivier Z., Jacob G. : tous sont juifs et échappent de justesse à un enlèvement. Tous sont censés être riches parce que Juifs ou pourraient bénéficier de la fameuse "solidarité communautaire". Le mode opératoire est toujours le même : une jolie jeune fille tente de séduire une proie avant de la faire enlever afin que ses ravisseurs réclament une rançon en échange de sa libération.

Le plan fonctionnera avec Ilan. "Que dire, sinon que la vie est aussi une histoire de chance. Ilan n'en aura eu aucune", écrit sa mère. Le 15 février, deux jours après la mort du jeune homme, un journal publie le portrait-robot d'Audrey, qui a servi d'appât pour Marc K. Encouragée par sa copine Myriam, elle se rend à un commissariat de police et révèle le nom de son petit ami, Jérôme R., un des geôliers. Le gang tombe un à un.

Au-delà de l'enquête en elle-même, dire la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, c'est aussi dire la vérité sur la France d'aujourd'hui : "C'est la montée du communautarisme, l'ultra-violence, une jeunesse qui a perdu ses repères, des zones de non-droits où la loi de la cité prévaut sur la loi de la République", souligne Emilie Frèche.

Un procès à huis clos
Le 22 février 2006, Youssouf Fofana est arrêté à Abidjan, en Côte d'Ivoire, où il se trouve de nouveau en voyage. Il est extradé en France et placé en détention provisoire. A ce jour, il a épuisé les services de trente-sept avocats. Avant l'ouverture du procès du gang, il a écopé d'un an de prison pour outrage à magistrat. L'affaire Ilan Halimi révélée, le motif d'antisémitisme n'est pas de suite considéré, on préfère voir un crime crapuleux. Pourtant, la circonstance aggravante de faits commis "en raison de l'appartenance de la victime à une ethnie, une race ou une religion déterminée" a bien été retenue par les juges d'instruction. [...]

L'arbre de vie
L'écrivain espère que le livre sera traduit en hébreu pour que l'on connaisse mieux l'histoire. Car c'est ici en Israël, dans le cimetière de Guivat Shaoul à Jérusalem, que repose désormais Ilan. Sa mère a transféré la dépouille de son fils, ne pouvant imaginer qu'il trouve la paix sur la terre où il a été torturé. Par peur aussi, qu'une fois libres, ses bourreaux "aillent cracher sur sa tombe". Comme en hébreu, "ilan" signifie "arbre", sa famille en a planté plusieurs en sa mémoire, dans une forêt près de Jérusalem, avec l'espoir qu'ils donnent des "fruits". Et puis, il y a l'histoire de cette jeune musulmane. Elle a, comme des milliers d'autres, envoyé une lettre de soutien à Ruth Halimi. Enceinte durant l'affaire, elle a choisi d'appeler son fils Ilan."

24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, Ruth Halimi, Emilie Frèche, éditions du Seuil


* La mort d'un pote, éditions du Panama, 2006

- Ilan Halimi, "la déraison de sa mort"
- Ilan Halimi, trois ans déjà

dimanche 3 mai 2009

Les dix citations de la semaine (7)

"Jamais nous ne tournerons le dos à nos fidèles amis israéliens, dont l'attachement aux valeurs démocratiques doit faire l'admiration de tous les amis de la liberté." (John F. Kennedy, Président des Etats-Unis)

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"Sarkozy est un ami d’Israël, il est prêt à lui faire des cadeaux. Il reviendra d’ailleurs sur tous les acquis de la diplomatie française au Moyen-Orient. Mais surtout, le président français est un atlantiste convaincu, et il veut donner des gages à l’administration Bush." ("Source diplomatique" anonyme citée par Maroun Labaki dans quotidien belge Le Soir)

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"Les Français disaient que nous, Européens, allions avoir un levier pour faire pression sur Israël. Mais ils ne voulaient pas que l’Union dise ce qu’elle voulait elle-même des Israéliens. Il fallait signer un chèque en blanc. Je crois que les Israéliens se sont bien marrés en entendant cette histoire de levier…" (Diplomate belge anonyme cité par Maroun Labaki dans quotidien belge Le Soir)

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"Intifada lyrique" "Le librettiste de Saint-Saëns [opéra "Samson et Dalila] a placé l’action à Gaza ? Il suffisait de renverser les rôles. En robe longue ou en battle-dress, les Philistins sont les Israéliens. Pauvres et usés, les Juifs sont les Palestiniens, brutalisés, méprisés, dont les jets de pierre rencontrent immédiatement les tirs des fusils-mitrailleurs. Un enfant, tombé mort, reviendra hanter la soirée, et on danse la célèbre bacchanale avec les armes à la main. Et c’est sur l’image de Samson, revêtu d’un gilet bardé de bombe et détonateur à la main, que tombe le rideau final." (Nicolas Blanmont, La Libre Belgique)

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"Ce qui est encore plus préoccupant [...] est le fait que des ONG ont mis au point de nouvelles stratégies pour diaboliser Israël. A Durban 1, le Forum des ONG a adopté un plan pour lancer des campagnes de BDS (boycotts, désinvestissements, sanctions) contre Israël. Ces dernières années celles-ci ont pris de l'ampleur en Europe, et arrivent maintenant en Amérique. Des ONG anti-sionistes comptent lancer une stratégie de "lawfare" (la guerre par le droit) en s’adressant à la Cour Pénale Internationale et à d’autres tribunaux populaires pour cibler des Israéliens." (Michelle Sieff, Z Word)

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"[Le Premier ministre Kjell Magne] Bondevik devrait être conscient du fait qu'il a invité un criminel de guerre [Ariel Sharon]." (2003) (Gry Larsen, proche conseillère de l'actuel Ministre des Affaires étrangères norvégien Jonas Gahr Støre)

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"Philippe Douste-Blazy raconte: lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, lors d'une rencontre à l'ONU, à New York, avec deux autres collègues européens (Straw et Fischer), afin d'amorcer une négociation sur la prolifération nucléaire, la discussion tournait en rond. Subitement, Ahmadinejad change de registre et s'adresse aux ministres, l'air illuminé: "Savez-vous pourquoi il faut souhaiter le chaos ? Parce que, après le chaos, il y aura Dieu." Les trois hommes en sont restés "pantois"." (Philippe Labro, Le Figaro, 27.4.2009) "

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"En réalité, je réclame le droit à la méfiance. Le droit à l’expérience. Je suis hanté par cette phrase de Theodor Lessing dans son fameux La Haine de Soi. Songez qu’elle est écrite en Allemagne, en 1930, avant la Catastrophe, et, déjà, on ne le sait pas assez, on conteste aux juifs (à commencer par de nombreux juifs allemands eux-mêmes…) la nécessité d’un pouvoir national. Et Lessing, dans l’ignorance de ce qui suivra, écrit : "Nous avons abandonné notre autodéfense et placé notre droit entre les mains de la conscience européenne." Je n’ai rien à ajouter." (Gilles-William Goldnadel)

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"[...] une vision qui, se voulant "équidistante", légitime en fait la violence radicale palestinienne, et finit par condamner davantage Israël que la belligérance du Hamas, dont l’objectif de détruire l'État d'Israël n’est jamais pris en compte dans leur "équidistance" Donc rien d’original dans cet exercice d’"équidistance" très prisé dans l’Europe "communautaire" et qui constitue une des raisons pour lesquelles l'Union européenne, malgré le fait qu’elle est le principal donateur d’aide humanitaire de l'Autorité palestinienne, ne joue qu’un rôle périphérique dans le conflit palestinien et n'est reconnue par aucune des parties comme un protagoniste sérieux dans les négociations." (José Pacheco Pereira)

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"L’affaire Ilan Halimi nous donne une leçon que Léon Poliakov avait parfaitement formulée : "Ceux qui ne dénoncent pas l’antisémitisme sous sa forme primitive et élémentaire, au seul motif qu’elle est si primitive, devront affronter la question de savoir s’ils ne donnent pas secrètement leur approbation aux antisémites partout dans le monde, justement pour cette raison." Comment les citoyens français et européens, ceux du moins qui sont conscients des effets dévastateurs de l’ethnicisation des rapports sociaux dans un contexte de fragmentation conflictuelle des États-nations que savent exploiter les stratèges islamistes, pourraient-ils avoir quelque raison de voir l’avenir en rose ?" (Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes, p. 481)

Les dix citations précédentes: (1), (2), (3), (4), (5), (6)

Leonard Cohen va en Israël: les boycotteurs se mobilisent

"Il est vain de vouloir éloigner Cohen de la patrie juive ne fût-ce que parce que le peuple d'Israël - peut-être davantage que n'importe quel autre peuple - a besoin d'écouter le cri d'un âme juive comme la sienne." (Jonathan Freedland)

"Je ne suis pas en quête d'une nouvelle religion. Je suis très heureux avec l'ancienne, qui est le judaïsme." (Leonard Cohen)

Leonard Cohen a annoncé qu'il va faire une tournée en Israël en septembre. La déception est immense dans le camp des boycotteurs.

Immédiatement les professeurs Haim Bresheeth, Hilary Rose et Jonathan Rosenhead du Comité britannique pour les universités de Palestine lui ont adressé une lettre ouverte très lyrique qui commence ainsi :

"Vos chansons ont fait partie de la bande sonore de notre vie – comme une respiration pour certaines d’entre elles. Mais nous ne comprenons pas votre décision d'effectuer une tournée en Israël en septembre de cette année."

Et pourtant, dans le paragraphe suivant, les boycotteurs commettent une erreur. Ils font appel à Cohen non pas en tant que juif, mais en tant que bouddhiste.

Or selon Jonathan Freedland [photo], bien que Leonard Cohen se soit retiré dans un monastère bouddhiste, il n'a jamais renié la foi dans laquelle il a été élevé. "Je ne suis pas en quête d'une nouvelle religion", a-il dit déclaré. "Je suis très heureux avec l'ancienne, qui est le judaïsme."

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Source: Boycotters target Leonard Cohen "as a Bhuddist" par Jonathan Freedland, Engage

"If the learned professors didn’t know of that quotation, they could have simply listened to Cohen’s songs. For he is surely the most Jewish musical artist at work in the world today. (Indeed, with the possible exception of Philip Roth, Howard Jacobson and a few Israeli novelists, he is probably the most Jewish artist in any medium.)

Start with Who by Fire, the darkly insistent song unashamedly inspired by the Unetanah tokef prayer incanted every Yom Kippur which plaintively asks, "who shall live and who shall die?" Or consider Hallelujah, the song that introduced Cohen to a new generation, thanks to its selection as the victory anthem on The X-Factor. Its opening line reverberates with the sound of the psalms: "I heard there was a secret chord, that David played and it pleased the Lord…"

There’s more at work here than mere liturgical name-dropping. In Anthem, Cohen voices what sounds like a distinctly Jewish belief, one that does not seek immaculate perfection but embraces humanity as it truly is. "Forget your perfect offering," he sings, "There is a crack in everything/That’s how the light gets in." To my ear, that is a profoundly Jewish observation, arguing that it is our very flaws that make us vessels for the divine.

So Cohen is not just a Jewish artist because his grandfather was a rabbi or because, when he retreated to live on a Greek island, he kept Shabbat, lighting candles and saying prayers. He is Jewish because when he needed a title for his second book of poems, he chose The Spice-Box of Earth, drawing inspiration from the havdalah ritual. He is Jewish because his poems seem to address God, sometimes with devotion, sometimes with fury - an alternating dialogue which has been the Jewish way since Abraham.

Which means the boycotters should have addressed Cohen not as a Buddhist, but as a Jew. Even then, I suspect their attempt would have been doomed. For it is surely futile to try to keep Cohen out of the Jewish homeland - if only because the people of Israel, perhaps more than anyone else, need to hear the cry of a Jewish soul like his."

You Tube Leonard Cohen - Isle of Wight 1970

Omar Barghouti s'inscrit à l'Université de Tel Aviv tout en prônant son boycott

samedi 2 mai 2009

Calendrier des tirs de roquettes contre Israël en avril 2009

Il y a eu "seulement" trois attentats à la roquette contre la population civile en Israël en avril 2009. Avant la récente offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza contre les terroristes du Hamas (Plomb durci), il y en avait des dizaines chaque mois (voire des centaines comme en décembre 2008).

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15 avril: 1 qassam
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30 avril : -

Source: April Rocket Calendar (Elder of Ziyon blog)
Pour consulter les calendriers précédents: The rocket calendars

Télévision du Hamas: "... et nous savons qu'il n'y de sang qui nous est plus doux que le sang des Juifs."

Raid aérien israélien dans le sud de la bande de Gaza

vendredi 1 mai 2009

Le "made in Israel" qui n'est point boycotté par les boycotteurs

"L'une de ses [Université hébraïque de Jérusalem] découvertes scientifiques les plus remarquables est probablement celle qui concerne l'élaboration de médicaments et de traitements capables de combattre la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, certains cancers et la sclérose en plaques.

Privilégiant les grands coups spectaculaires et croyant à la naïveté des gens, les associations pro-palestinienneses enjoignent le public à boycotter les fruits et les légumes d'Israël (comme la campagne d'Oxfam Belgique, ou celle ciblant la grande distribution), mais elles se gardent bien entendu de suggérer que les malades s'abstiennent de bénéficier des avancées réalisées en Israël en matière de santé.

Source: extrait d'un article de Judy Siegel repris du site du Jerusalem Post

"Premières médicales
Les médecins israéliens du centre médical de l'Université d'Hadassah à Jérusalem sont à l'origine d'un grand nombre de "premières médicales". 1964 : ils réalisent pour la première fois l'opération chirurgicale délicate du double pontage sur un cœur humain. A peine trois ans plus tard, ils enchaînent avec la première greffe de rein réussie, suivie en 1977 de la première greffe de moelle osseuse. Il faudra encore six années de plus avant qu'ils n'arrivent à effectuer la première greffe de cœur, puis de poumons.

Les médecins israéliens sont égalementdes pionniers en matière de fécondation in vitro : il y a vingt-sept ans naissait en Israël le premier bébé éprouvette.

Plus récemment, en 2003, une personne atteinte de la leucémie en Italie a pu être guérie grâce à l'application d'une méthode de greffe de moelle osseuse particulière, développée par le prof Yaïr Reisner de l'Institut Weizmann.

Dépistage précoce
En 1956, le biologiste israélien Leo Sachs et ses collègues publiaient un article d'une importance cruciale : leurs recherches ont conduit au développement de l'amniocentèse - procédé par lequel le liquide amniotique est extrait de l'utérus d'une femme enceinte afin de détecter d'éventuels problèmes génétiques chez l'embryon.

Il y a six ans, le professeur Hadassa Degani de l'Institut Weizmann marchait dans les pas de son prédécesseur et mettait au point une méthode de diagnostic non-invasive basée sur l'imagerie à résonance magnétique (IRM) pour dépister les cancers du sein et de la prostate. Basée sur l'imagerie par résonance magnétique qui offre une vue en deux ou trois dimensions d'une partie du corps, la méthode a été approuvée par l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (la FDA, qui autorise ou non la commercialisation d'un médicament sur le sol américain).

Au 21e siècle, le rythme des avancées médicales d'Hadassah a connu une accélération impressionnante : identification du gène responsable de la dystrophie musculaire; insertion d'un stent (tube métallique maillé) - plus connu sous le nom de "ressort" - dans une artère coronaire bouchée, prévenant ainsi les attaques cardiaques ; et enfin la preuve qu'un simple vaccin peut réduire les risques du développement du diabète juvénile chez les enfants.

Les médecins du centre médical de l'Université d'Hadassah ont aussi été les premiers au monde à identifier le gène lié aux troubles du stress post-traumatiques et à découvrir, en 2005, qu'un test sanguin pouvait suffir à dépister ces pathologies.

Médicaments
L'Université hébraïque de Jérusalem - classée aujourd'hui parmi les plus grandes universités du monde d'après des sondages réalisés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou même en Chine - a reçu un tiers des récompenses de concours de recherche en Israël. Son budget de recherche annuel - 100 millions de dollars - est l'un des plus élevés du pays. L'une de ses découvertes scientifiques les plus remarquables est probablement celle qui concerne l'élaboration de médicaments et de traitements capables de combattre la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, certains cancers et la sclérose en plaques.

On peut citer le Copaxone, premier médicament mis au point en Israël, fruit de 25 ans de recherches menées par une équipe de scientifiques de l'Institut Weizmann. Depuis qu'il a été approuvé par la FDA (Food & Drug Administration) en 1993, il minimise la fréquence et la sévérité de la sclérose en plaques chez des patients du monde entier.

Autre remède : la rasagiline (nom commercial : Azilect), élaboré par le professeur Moussa Youdim du Technion de Haïfa. Ce médicament atténue les symptômes de la maladie de Parkinson en augmentant le niveau de dopamine dans le cerveau des malades.

Recherche cellulaire
Le Technion a également été le berceau de plusieurs experts israéliens - de renommée mondiale - des cellules souches. Leurs avancées sur la connaissance de ces cellules qui peuvent se reproduire indéfiniment devraient permettre, à terme, de trouver le moyen de remplacer des tissus ou des organes malades du corps humain. Parmi ces experts, on peut citer Joseph Itskovitz, Karl Skorecki, Lior Gepstein et Shoulamit Levenberg.

N'oublions pas non plus les deux prix Nobel de Chimie Hershko et Ciechanover, dont le travail de recherche effectué pendant de longues années a permis la découverte du "Système de l'Ubiquitine", qui permet de mieux comprendre le méchanisme de désintégration des protéines et des cellules. Il a permis entre autres la mise au point d'un médicament contre le cancer de la moelle osseuse. "

Photo: Ariel Jerozolimski, JPost