mardi 10 février 2009

ADL: nouvelle étude sur l'antisémitisme en Europe

Un nouveau sondage réalisé par l’Anti-Defamation League dans sept pays européens révèle la persistance de préjugés antisémites multiséculaires chez des millions d’Européens.

Près de la moitié des personnes interrogées considèrent que les Juifs ne sont pas fidèles à leur pays et plus d'un tiers pensent qu'ils ont "trop de pouvoir" dans les affaires et la finance. 31% des sondés estiment qu’ils sont responsables de la crise financière mondiale.

Les résultats confirment que l'Espagne est le pays où le sentiment judéophobe est le plus élevé, et malheureusement en progression (un sondage réalisé par l’Observatorio Español de Convivencia Escolar a révélé que plus de la moitié des élèves espagnols de l’enseignement secondaire préfèrent ne pas s’asseoir à côté d’un camarade de classe juif). Il se confirme que le Royaume-Uni reste le pays où le sentiment judéophobe est le moins élevé et en recul.

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs sont plus loyaux envers l’Etat d’Israël qu’envers le pays dans lequel ils vivent" :

Autriche : 47% (contre 54% en 2007)
France : 38% (39% en 2007)
Allemagne : 53% (contre 51% en 2007)
Hongrie : 40% (contre 50% en 2007)
Pologne : 63% (contre 59% en 2007)
Espagne : 64% (contre 60% en 2007)
Royaume-Uni : 37% (contre 50% en 2007)

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires" :

Autriche : 36% (contre 37% en 2007)
France : 33% (contre 28% en 2007)
Allemagne : 21% (inchangé par rapport à 2007)
Hongrie : 67% (contre 60% en 2007)
Pologne : 55% (contre 49% en 2007)
Espagne : 56% (contre 53% en 2007)
Royaume-Uni : 15% (contre 22% en 2007)

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs ont trop de pouvoir sur les marchés financiers économiques" :

Autriche : 37% (contre 43% en 2007)
France : 27% (contre 28% en 2007)
Allemagne : 22% (contre 25% en 2007)
Hongrie : 59% (contre 61% en 2007)
Pologne : 54% (inchangé par rapport à 2007)
Espagne : 74%* (contre 68% en 2007)
Royaume-Uni : 15% (contre 21% en 2007)
* Alors que la moyenne est de 41%.

Pourcentage de personnes interrogées qui ont répondu qu’il est "probablement vrai" que "les Juifs parlent trop de l’Holocauste" :

Autriche : 55% (contre 54% en 2007)
France : 33% (contre 40 % en 2007)
Allemagne : 45% (contre 45% en 2007)
Hongrie : 56% (contre 58% en 2007)
Pologne : 55% (contre 58% en 2007)
Espagne : 42% (contre 46% en 2007)
Royaume-Uni : 20% (contre 28% en 2007)

La marge d’erreur est d’environ 4%.

Source: rapport "ADL Survey in Seven European Countries Finds Anti-Semitic Attitudes Steady; 31 Percent Blame Jews for Financial Crisis"

- L'antisémitisme reste élevé en Europe, surtout en Espagne
- En Espagne la généalogie des banquiers juifs sert à expliquer la crise bancaire

Quand l'Exécutif des Musulmans de Belgique privilégie la rue aux mosquées, Denis Ducarme

"... un appel à se mobiliser en faveur de cette manifestation apparaît paradoxal face à l’absence de réaction de ce dernier à l’occasion des attentats du 11 septembre, de Madrid, de Londres ou face aux appels haineux lancé par le cheik Al Qardaoui, chef de la fatwa européenne, ou encore lors des multiples attentats revendiqués par le Hamas visant des civils."

Source: le blog de Denis Ducarme, Député fédéral du Hainaut (MR, Mouvement réformateur)

"J’interpellais la semaine dernière notre nouveau Ministre de la Justice et des cultes, Stefan Declerck, concernant les démonstrations produites par l’Exécutif des Musulmans de Belgique préalablement à la manifestation pro-palestinienne du 11 janvier et ses multiples dérives.

En effet, l’appel de l’Exécutif à participer à cette manifestation était une première du genre et m’avait surpris à au moins deux titres :

Primo ; un positionnement d’ordre politique, tel que cet appel à manifester produit par l’Exécutif des Musulmans dans le cadre du conflit au Proche-Orient, ne rentre pas dans l’objet des missions de ce dernier telles que définies par notre législation et consacrant strictement l’Exécutif aux tâches de gestion du temporel du culte.

Secundo ; un tel appel à la mobilisation produit ici par un organisme religieux dans le cadre de ce conflit politique et militaire tend à donner un fondement religieux à ce dernier et à l’identifier et à le représenter comme tel aux yeux des musulmans et des autres. L’exécutif des Musulmans de Belgique est donc sorti de ses missions telles que légalement définies et de l’administration du temporel du culte. Il a pu ainsi accentuer l’importation de ce conflit international sur une base religieuse. J’ai reçu à la suite de l’appel produit par l’Exécutif des musulmans bon nombre de messages de la part de musulmans de Belgique et même d’un membre de la nouvelle Assemblée m’informant ne pas être finalement pleinement en accord sur le fait qu’on prenne ainsi le risque de transformer le conflit entre Israël et le Hamas en une guerre des religions. Il faut laisser nos convictions religieuses en dehors de tout cela, m’ont dit certains. Je partage naturellement leur avis. Le nouvel Exécutif mis sur pied en mai dernier, après les multiples affaires qui ont secoué cet organisme ses dernières années, nous inflige donc sa première gaffe de taille. Ou il n’a pas mesuré les conséquences d’un appel religieux national inadapté à cette situation internationale ou plus grave, le bureau de cette organisation en a tenu compte et est passé outre consciemment et c’est alors plus grave encore.

Je me suis en outre interrogé en commission de la Justice sur la communication à deux niveaux telle qu’organisée par l’Exécutif des Musulmans de Belgique. En effet un appel à se mobiliser en faveur de cette manifestation apparaît paradoxal face à l’absence de réaction de ce dernier à l’occasion des attentats du 11 septembre, de Madrid, de Londres ou face aux appels haineux lancé par le cheik Al Qardaoui, chef de la fatwa européenne, ou encore lors des multiples attentats revendiqués par le Hamas visant des civils. Dans ces cas et dans d’autres, l’Exécutif des Musulmans de Belgique est resté muré dans son silence, choisissant quand cela l’arrange de se cantonner à la stricte gestion du temporel du culte. Après avoir quelque peu hésité dans sa réponse à mon interpellation et lu une réponse préparée par son administration, le Ministre de la Justice et des Cultes est revenu sur celle-ci et m’a assuré vouloir ré-ouvrir ce dossier et a pu affirmer qu’une mise au point serait organisée avec l’Exécutif des Musulmans de Belgique concernant la teneur et l'exercice de ses missions- voir compte rendu intégral pg 51-.

Je suivrai ce dossier avec attention. Les dérives islamistes dans notre pays que j'abordais déjà dans mon ouvrage "Islam de Belgique" sont trop nombreuses que pour ne pas oser la rigueur à ce propos. Peu m'importe dans ce sens les campagnes lancées contre moi par sms et sur les sites web d'islamistes "borderline"..."




- Belgique: la colère de la Communauté juive
- Faire son gras électoral sur le dos des cadavres de Gaza ...

Belgique: la colère de la Communauté juive

Le 11 janvier, dans les rues de Bruxelles, plusieurs lignes rouges ont été franchies

"Et comment doit-on interpréter le fait que les présidents de trois des quatre formations politiques francophones manifestent le 11 janvier dans les rues de notre capitale aux côtés de ceux qui appellent ouvertement au meurtre de Juifs et au Djihad, à l’ombre des drapeaux de mouvements terroristes dont l’objet fondateur est l’éradication de l’Etat d’Israël ?"

"(...) La colère que la Communauté juive a de plus en plus de mal à contenir est d’abord liée au fait qu’à l’occasion de l’opération israélienne contre le Hamas à Gaza, l’implication de certains dirigeants politiques a pris une dimension nouvelle. Il n’est pas question de mettre en doute ici la sincérité de leur émotion quant aux nombreuses victimes civiles de cette guerre; même si l’on peut la trouver sélective au regard d’autres conflits bien plus meurtriers et surtout à l’aune de leur silence assourdissant pendant que les missiles islamistes s’abattaient aveuglément sur les populations civiles du Sud d’Israël au cours de ces trois dernières années. Il n’est pas question non plus de leur dénier le droit d’éprouver de la sympathie pour la cause palestinienne, même si l’on peut être surpris de la confusion qu’ils entretiennent entre la défense de cette cause et celle d’un mouvement terroriste. Il n’est pas question enfin de critiquer l’initiative du gouvernement belge, inspirée par un appel du Cdh, de transporter des enfants palestiniens blessés pour qu’ils soient soignés ici, même si l’on se doit de souligner qu’il s’agit d’une première dont n’ont jamais bénéficié des enfants congolais, darfouris ou tchétchènes.

Il n’y a plus aucun tabou
Combien de fois faudra-t-il répéter que la critique de la politique de l’Etat d’Israël est légitime mais non sa criminalisation ni sa nazification ? Pendant longtemps cette stigmatisation antisioniste fut le fait des franges les plus extrêmes de la gauche radicale, de la droite antisémite et d’une partie, conséquente il faut le dire, de la population arabo-musulmane abreuvée des prêches antisémites de certains imams et de la propagande véhiculée par les chaînes satellitaires arabes. Mais lorsque ce sont des acteurs politiques de premier plan qui se l’approprient, la situation n’est plus la même, car elle enlève toute légitimité à la défense d’Israël.

C’est exactement ce que fait M. Di Rupo lorsqu’il appelle à traîner les "criminels de guerre israéliens" devant la justice internationale. En tenant de tels propos, il fait de ceux qui soutiennent le droit d’Israël à protéger sa population, des apologistes d’actes supposés contraires aux droits humains, il criminalise donc leur opinion en les rendant complices de ces faits. Est-ce comme cela que le Président du Parti Socialiste entend lutter pour que le conflit ne soit pas importé en Belgique ?

Et comment doit-on interpréter le fait que les présidents de trois des quatre formations politiques francophones manifestent le 11 janvier dans les rues de notre capitale aux côtés de ceux qui appellent ouvertement au meurtre de Juifs et au Djihad, à l’ombre des drapeaux de mouvements terroristes dont l’objet fondateur est l’éradication de l’Etat d’Israël ? Il était déjà irresponsable de la part de ces partis de se joindre à l’appel à manifester alors qu’ils savaient pertinemment la manière dont la procession allait se dérouler, les actes crapuleux qui y seraient commis et les paroles nauséabondes qui y seraient prononcées. Mais qu’aucun d’entre eux n’ait trouvé approprié de quitter la manifestation et de regretter publiquement d’y avoir été associé est proprement ignoble.

Comment enfin doit-on interpréter le concours de SMS (La Dernière Heure du 15/01/2009) lancé à destination des populations allochtones pour faire valoir, entre le PS et le Cdh bruxellois, celui des deux qui a fait montre de la position la plus anti-israélienne ? Alors qu’ils prétendent les combattre, ces responsables politiques sont devenus les complices objectifs de l’importation du conflit en Belgique et de l’explosion antisémite qui la caractérise.

Et quoi qu’en disent Elio Di Rupo [PS], Joëlle Milquet [Cdh] ou Isabelle Durand [Ecolo], et quelle qu’ait été la motivation réelle de leur mobilisation, s’associer à des organisations et des individus qui sont responsables des actes de violence commis à l’encontre de la Communauté juive de Belgique, c’est apporter une légitimité supplémentaire à leur haine antisémite et leurs délits.

La délégitimisation du projet sioniste, la peur de se confronter à la menace islamiste locale et un clientélisme électoral de bas étage sont donc les trois facteurs qui, selon nous, expliquent le fait qu’aujourd’hui toutes ces lignes rouges ont été franchies.

La fracture qui s’est installée est profonde, et même si le poids électoral de la communauté juive est insignifiant et qu’aucune violence n’est à craindre de sa part, il serait salutaire que nos dirigeants en prennent conscience, admettent que leur attitude est profondément indigne car, cette fois, ce sont eux qui se trouvent du mauvais côté du "cordon sanitaire"* et qu’ils oeuvrent enfin pour que les Juifs de Belgique n’aient plus à s’interroger sur le fait de savoir si leurs enfants ont encore un avenir dans notre pays… On peut rêver, non ?"

Source: article "Importation du conflit: toutes les limites sont franchies" d'Emmanul Stark repris du site du mensuel Contact J

* Le
"cordon sanitaire" est le nom donné, en Belgique, au dispositif politique et médiatique visant à éviter que des partis politiques extrémistes (principalement d'extrême droite) ne se retrouvent dans une coalition au pouvoir.

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Faire son gras électoral sur le dos des cadavres de Gaza...
- Négationnisme lors de la manifestation pro-palestinienne à Bruxelles
- Manifestation anti-israélienne à Bruxelles "bon enfant" ou antisémite ?
- Bruxelles: photos d'une manifestation anti-israélienne

lundi 9 février 2009

Projection d'un film nazi de propagande antisémite à Budapest

"Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány a sévèrement critiqué le parquet de Budapest pour sa décision de renoncer à des poursuites après la projection dans la capitale hongroise du film nazi de propagande antisémite "Le Juif Süss".

"Les hommes politiques sont obligés de protéger la dignité humaine, mais cette responsabilité doit être partagée par tous les démocrates: par le parquet aussi", pouvait-on lire vendredi sur le blog internet du dirigeant socialiste.

La justice hongroise avait été saisie en juillet par le parti libéral SZDSZ d'une plainte pour incitation à la haine raciale après des diffusions publiques du film à Budapest par des organisations d'extrême droite.

Le parquet vient toutefois de classer l'affaire au motif que les projections n'avaient conduit à aucun acte répréhensible, et en estimant qu'il n'existait plus aujourd'hui de terrain pour une incitation à la haine.

Cette argumentation est vivement critiquée par Ferenc Gyurcsány, qui estime à l'inverse que la décision du parquet "encourage les idéologies répugnantes de l'extrême droite" et s'appuye non sur des considération juridiques mais sur une "analyse sociologique" destinée à "dédouaner les coupables". (...)

Orchestré en 1940 par le ministre de la propagande hitlérien Joseph Göbbels pour "justifier" l'antisémitisme et propager l'idéologie nazie, le film "Le Juif Süss" est interdit de projection dans plusieurs pays et n'est d'ordinaire présenté que dans le cadre de colloques sur le national-socialisme."

Source: EJP

Hungary Permits Notorious Goebbels Film

dimanche 8 février 2009

Réflexions d'Enrique Krauze sur Gaza

"L'Holocauste représente la volonté (exécutée à 50%) d’éradiquer un peuple, de l'effacer, et de traiter des enfants, des femmes et des personnes âgées comme s'ils étaient un fléau et non des personnes. Cette extermination ne fut pas uniquement un crime contre les Juifs mais elle constitua un crime contre le concept même d'être humain."

"(...) je crois que la guerre de Gaza a provoqué deux attitudes inquiétantes : l'une frôlant l’antisémitisme et l'autre l’assumant ouvertement.

La première se distingue par la partialité affichée de certains médias quand ils donnent l'impression que l'offensive israélienne s’est produite (presque) dans un vide, sans qu’il y ait eu la provocation préalable des missiles tirés par le Hamas dans le sud d’Israël et la certitude qu’une nouvelle menace se profilait - celle que dans un avenir proche ceux-ci atterriront à Tel-Aviv.

Je crois que le fait (pourtant abondamment documenté, comme il le fut en particulier dans le Corriere de la Sera) que le Hamas a mis délibérément et par la force des civils en situation de danger de frappes militaires n'a pas été suffisamment souligné.

Cet empressement à condamner ne se vérifie pas dans le cas d’autres conflits : je pense à la guerre en Tchétchénie où des dizaines de milliers de personnes furent torturées et assassinées. Ce double standard moral reste inexplicable.

Nul n'a alors comparé les Russes aux Nazis. En dépit de leur conduite en Tchétchénie, une telle comparaison aurait été une infamie. Les Russes ont horriblement souffert aux mains des Nazis et les Juifs encore plus. Assimiler les victimes aux bourreaux est une perversité morale.

Il s’agit de la deuxième attitude, et elle est clairement antisémite.

Elle trouve son expression la plus courante dans un vil amalgame : l’assimilation (présente dans les manifestations à Madrid et à Barcelone) de la croix gammée à l'étoile de David, qui à son tour suppose l'assimilation (évoquée par plusieurs écrivains et éditorialistes importants) de l'Holocauste à la tragédie de la bande de Gaza.

Ce sont deux phénomènes distincts qui, en raison de leur nature et ampleur, ne peuvent pas être considérés comme homologues.

L’amalgame de tous les maux conduit à la banalisation du mal. Si 600 victimes innocentes sont équivalentes à six millions de victimes (malgré de fait que la mort de 6 ou 600 soit indubitablement à déplorer), alors le mal est relativisé et perd de son importance. Mais la différence de sens est encore plus décisive que la différence quantitative.

L'Holocauste représente la volonté (exécutée à 50%) d’éradiquer un peuple, de l'effacer, et de traiter des enfants, des femmes et des personnes âgées comme s'ils étaient un fléau et non des personnes. Cette extermination ne fut pas uniquement un crime contre les Juifs mais elle constitua un crime contre le concept même d'être humain.
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L'intelligence, la rationalité et la langue disparaissent si nous ne croyons pas que les êtres humains sont radicalement semblables.
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Dans le cas présent ce sont des fondamentalistes islamiques qui reproduisent l’état d'esprit des Nazis. Ils veulent oblitérer l'autre, à Jérusalem, à New York, à Madrid ou à Londres. Ni dans cette offensive, ni dans aucune autre, Israël n’a eu le dessein d’exterminer la population palestinienne (...).
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L’Espagne moderne et démocratique qui a été récemment victime du terrorisme islamique, ne peut pas ignorer – sans tomber dans la schizophrénie - que le Hamas cherche à imposer un régime fondamentaliste, et qu'Israël est le seul Etat démocratique dans la région. (...)"
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Enrique Krauze est un écrivain mexicain et directeur de la revue Letras Libres.
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Source: tribune reprise du site du quotidien espagnol El País
Titre original: El énfasis sospechoso
Via Eamonn McDonagh de Z-Word
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Dans l’éditorial, Enrique Krauze rappelle l’étude de l’institut Pew Research Center de Chicago qui révèle qu’en Europe c’est en Espagne que les préjugés antisémites ont le plus progressé depuis 2005, passant de 21% à 46%. Il évoque un autre sondage réalisé par l’Observatorio Español de Convivencia Escolar qui a mis en lumière que plus de la moitié des élèves espagnols de l’enseignement secondaire préfèrent ne pas s’asseoir en classe à côté d’un jeune Juif.

samedi 7 février 2009

"Les Juifs à la chambre à gaz" - l'ADL appelle à lutter contre l'haine anti-juive en Europe

Récemment en Europe, à l'occasion de défilés anti-israéliens, on a entendu des foules crier publiquement "Les Juifs à la chambre à gaz", "Tuez les Juifs", "Ayez peur, Juifs" et "Heil Hitler".

L'ADL (Anti-Defamation League) a réagi en faisant publier le 29 janvier dans deux journaux américains, le International Herald Tribune et The Washington Post, un appel aux dirigeants européens pour qu'ils combattent et condamnent explicitiement la haine anti-juive. Sans tarder.

Cet appel, hélas, ne semble pas avoir été suivi d'effets: "Le Congrès Juif Européen (CJE) s’est dit "extrêmement déçu" par " l'inaction et le refus" du Parlement Européen de dénoncer ouvertement la récente vague d’attaques antisémites dans l'ensemble de l'Europe. Le CJE, qui représente les communautés juives dans 40 pays européens, appelle une nouvelle fois les institutions européennes, et en particulier le Parlement Européen, à adopter une résolution condamnant ouvertement l’antisémitisme en Europe, indique un communiqué." (EJP, 5 février)

Source: le site de l'Anti-Defamation League

"JEWS TO THE GAS" - a crowd at a recent European anti-Israel rally.
We Call on the Leaders of Europe to Condemn Anti-Jewish Hate. Now.

IN RECENT WEEKS:

- Jews have been shot, stabbed and beaten in public areas.

- Synagogues have been attacked across Europe, including a dozen firebombings.

- European Jewish leaders have received multiple death threats.

- Boycotts have been called against Israeli products and Jewish-owned businesses.

- Anti-Israel demonstrators, marching under the flags of terrorist groups, have shouted, "Kill the Jews," "Be afraid, Jews" and "Heil Hitler."

Regardless of one’s views about the operation in Gaza, this is unacceptable. It’s vile, dangerous anti-Semitism, and it needs to stop.

EU Parliament Refuses to Denounce Rising Anti-Semitism

vendredi 6 février 2009

Dures Vérités à Gaza, Pierre Raiman

"La responsabilité des Occidentaux et des médias en particulier est immense. A couvrir sans cesse les échecs et les impasses palestiniennes, ils les suscitent à nouveau. Les médias et les diplomaties se satisfont de la victimisation des Palestiniens, sorte de racisme feutré et infantilisant qui permet d’éviter à chaque fois le test de la réalité et de l’efficacité. Privés de Liberté politique, les Palestiniens ne peuvent trouver dans l’opinion occidentale que commisération condescendante et presque jamais le dur langage de la vérité." Pierre Raiman

Source: Dures Vérités à Gaza (III), texte repris du blog Autour de la Liberté

Israël gagne la guerre sur le terrain et la perd dans les médias et dans l’opinion internationale. Redoutable paradoxe, le Hamas déteste non seulement Israël mais aussi toute la société occidentale et c’est pourtant là dans les rues, les rédactions et les chancelleries d’Europe qu’il l’emporte de loin !

Il y a donc quelques vérités simples qu’il faut rappeler :

1) Contrairement aux mensonges répétés et aux oublis bien pratiques des rédactions et des diplomates, le Hamas viole à plusieurs niveaux le droit international. Il le fait en visant avec ses missiles et roquettes délibérément les populations civiles. Il le fait aussi en tirant au milieu des populations civiles qui lui servent de bouclier humain. Il le fait enfin en proclamant sa volonté de faire disparaître Israël, un état reconnu par la communauté internationale.

2) Le principe de proportionnalité dans la riposte n’implique aucunement que du fait que les tirs du Hamas n’ont fait en 7 ans que quelques victimes civiles, la riposte israélienne soit disproportionnée parce qu’elle entraîne parmi les terroristes du Hamas ou dans la population civile un nombre considérablement plus élevé de victimes. "Je ne comprends pas les comparaisons qui sont faites sur les bilans des morts côté israélien et côté palestinien. Lorsqu’il y aura un millier de morts du côté israélien, alors l’Europe sera satisfaite ?" s’insurge l’écrivain de gauche A.B. Yehoshua, partisan de la création d’un Etat palestinien.

3) Inversement un Etat qui ne prendrait pas la défense de ses citoyens ciblés plusieurs années durant par des tirs d’obus, de roquettes et de missiles, non seulement faillirait à sa mission de protection de ses ressortissants, qui fonde sa légitimité, mais plus encore encouragerait ses ennemis à tirer plus, plus loin et plus fort. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit depuis quelques mois, le Hamas profitant de la trêve pour améliorer la quantité, la qualité et la portée de ses armes.

4) L’exemple historique qui vient immédiatement à l’esprit est celui de l’Angleterre dont les villes comme Coventry furent bombardées par la Luftwaffe au cours de la Seconde Guerre Mondiale, puis par les tirs de missiles V1 et V2. La riposte britannique consista entre autres dans la mise en pratique des bombardements stratégiques qui rasèrent nombre de villes allemandes. Le bombardement de Dresde entre autres fit plusieurs dizaines de milliers de morts. Ces bombardements de représailles n’avaient pas d’objectifs militaires précis, les civils en furent les principales victimes. Il est évident à contrario que la riposte israélienne ne cible pas les civils en particuliers.

5) A ce propos la référence à la Seconde Guerre mondiale a évidemment tout son sens. La propagande du Hamas, d’une certaine gauche et aussi d’une certaine droite n’a de cesse d’insinuer, selon une antienne connue et malodorante, qu’Israël ne fait que reproduire contre les victimes palestiniennes, les crimes commis par les Nazis contre Juifs. Ainsi lit-on de ridicules comparaison entre Gaza City et le ghetto de Varsovie. Comme si les combattants du Hashomer Hatzaïr, du Bund, du Dror ou du Betar avaient bombardé les villes allemandes ou même polonaises, comme si la population de Gaza se révoltait contre des déportations et des camps de la mort. Il y a toujours quelque chose de répugnant à devoir se défendre de telles falsifications historiques. En politique et en Histoire plus les mensonges sont gros, plus ils semblent, au moins un temps, fonctionner.

6) Plus direct encore, un cardinal du Vatican a vu en Gaza un camp de concentration. Le Pen à qui aucun détail n’échappe a fait de même. Et Mahmoud Abbas qui dénonce une politique d’annihilation du peuple palestinien est amplement repris par les journaux qui bien sûr font semblant de ne pas voir la référence à la Shoah. Personne n’a dit que ce "désir" de Shoah qui habite certains Palestiniens et leurs partisans témoigne d’un goût et d’un désir de mort douteux et dangereux. Ahmadinedjad a de quoi se réjouir, le but réel de ces comparaisons n'est que de délégitimer l'existence d'Israël.

7) Quelques pseudo analystes, filant aussi la comparaison avec la Deuxième guerre, prévoyaient que Gaza serait un nouveau Stalingrad. La comparaison insensée à la base oubliait que Stalingrad fut d’abord une manœuvre d’encerclement isolant l’armée nazie de ses arrières. Surtout elle impliquait que la population de Gaza mobilisée par le Hamas se batte pour chaque pâté de maison. A Stalingrad la population ressentait que la barbarie nazie était le mal absolu et c’est pour cela qu’elle ressouda les rangs malgré la dictature communiste. A Gaza, il n’en a rien été précisément parce que l’analogie entre Israël et les Nazis est aussi honteuse que stupide et que ce sont les fanatiques du Hamas qui s’approchent le plus de la bestialité du IIIe Reich.

8) Bien au contraire, les crimes du Hamas n’ont fait que redoubler au cours des derniers mois. Imposition de la loi islamique, interdiction des fêtes mixtes, violence contre les opposants, les chrétiens. Quels journalistes ont rapporté la réintroduction récente par le Hamas de la crucifixion comme peine capitale, quelques jours avant l’assaut israélien ? Pendant les trois semaines de conflit la pratique des boucliers humains a été généralisée, ainsi que celle consistant à trouver refuge dans les mosquées, les hôpitaux et les écoles. Dans les médias ces vérités ne trouvent guère d’expression. Seul un courageux reporter du Corriere della Sera a publié ces faits que de nombreux Palestiniens s’efforcent pourtant de faire connaître.

9) Un autre mensonge abondamment répété concerne la prétendue légitimité démocratique du Hamas. Partout les commentateurs répètent à l’envi que le Hamas a gagné les élections de 2005 démocratiquement. Un des scrutins les plus démocratiques du monde arabe, assure t-on ! Aucun de ces porte-étendards de la démocratie ne semble se préoccuper du fait que depuis le Hamas a, par un coup d’état, chassé de Gaza le président Mahmoud Abbas lui aussi élu, que nombre des partisans du Président ont été tués, battus, torturés et certains défenestrés des tours de Gaza City.

10) Quant au scrutin lui-même, suffit-il à assurer une légitimité au Hamas ? Une élection où les deux principaux partis paradent dans les rues leurs milices armées, mène-t-elle à un scrutin libre ? Les journalistes et les diplomates sont-ils sûrs que dans ce contexte la libre expression de tous les courants de la société palestinienne puisse se réaliser ?

Comment se fait-il qu’aucun parti renonçant aux milices et à la lutte armée, mais ne renonçant pas aux ambitions nationales des Palestiniens, qu’aucun parti se proposant d’atteindre ses objectifs par des voies pacifiques et par la négociation n’ait vu le jour ? Il est pourtant évident que de telles opinions existent parmi les Palestiniens et que les conditions de libre expression et donc d’élections authentiquement libres n’étaient pourtant pas réunies en 2005, et ne le seront pas tant que des miliciens fanatiques du Hamas, du Djihad Islamique ou des Brigades Al-Aqsa feront régner la terreur, non seulement contre Israël, mais aussi dans les rues palestiniennes.

11) Nouvel exemple historique, les élections allemandes de 1933. Alors aussi les Nazis emportèrent le scrutin, ne gagnant comme le Hamas qu’avec une majorité relative, après un processus électoral ou Sections d’Assaut nazis et milices communistes du Front Rouge rivalisèrent de terreur et d’intimidations, marginalisant les modérés. Quelques mois plus tard, au prétexte de l’incendie du Reichstag, un coup d’état là aussi assurait le pouvoir aux Nazis. Les élections de 1933, rendaient elles légitimes le pouvoir Nazi de 1934 ?

12) A la décharge de certains, il faut reconnaître que la confusion entre démocratie et Liberté, élections Libres et scrutin à bulletin secret, bat son plein. Les Palestiniens méritent mieux que des ersatz ! Une démocratie n’est réelle que si elle est l’expression d’une société civile Libre, où la liberté d’expression soit garantie dans les textes comme dans les faits. Une élection à son tour n’est Libre que si toute la société peut s’exprimer dans sa diversité. Le bulletin secret est une condition nécessaire mais non suffisante. Les régimes communistes s’affublaient du qualificatif de "démocratie populaire", on sait ce qu’il en était. Loin de n’être qu’une question théorique ou historique, il s’agit en Palestine d’une question décisive. Que seront, que peuvent être les élections palestiniennes de 2009 ?

13) Le test de la Liberté, qui permettra de jauger les futures élections palestiniennes est le suivant : un Palestinien en faveur de négociations pacifiques avec Israël, convaincu qu’il s’agit de la meilleure voie stratégique pour son peuple, pourra t-il tenir meeting à Gaza City et sans crainte, rentrer librement chez lui ? Ce test conçu en son temps par les dissidents soviétiques, confrontés au leurre des élections pseudo démocratiques, prend tout son sens à Gaza.

14) Les futures élections palestiniennes ont d’autant plus d’importance que les deux partis Fatah et Hamas sont passablement discrédités. La popularité apparente du Hamas pourrait en effet ne pas survivre à l’épreuve du bilan de sa stratégie. Pour les Palestiniens il faut le souhaiter. Les flots pro palestiniens qui ont déferlé, dans le confort des démocraties européennes, et qui assimilent les Israéliens aux Nazis, le Hamas à la résistance ou Hanyeh à Che Guevara ne veulent surtout pas se poser la seule question qui vaille. Quelle est la meilleure option pour les Palestiniens, les roquettes ou la négociation ? Mais pour les Palestiniens de Gaza à Ramallah, c’est une alternative décisive.

15) Mais cette alternative ne peut exister sans une perspective économique et politique sérieuse et crédible. L’offensive militaire à Gaza se solde par une incontestable victoire sur le terrain et peut-être l’arrêt pour un temps des tirs de roquettes, mais il laisse en place le Hamas. Ce n’est pas une victoire décisive, ni une Libération pour les Palestiniens qui sont les premières victimes du Hamas.

De leur point de vue, le carnage de la guerre n’apporte aucun changement dans l’immédiat. Le Hamas peut aussi consolider son pouvoir par la répression, comme Saddam Hussein le fit après la première guerre du Golfe. Souvenons-nous, après la première guerre du Golfe en 1991, Saddam défait est laissé en place au grand désespoir de ses opposants. Or aucune perspective pacifique ne peut se dessiner avec un califat islamique aux portes de Tel-Aviv.

16) Or le Hamas se moque de la Palestine. Parti de fanatiques religieux, il n’a pas pour objectif l’établissement d’un état palestinien. Il n’a pas de différend territorial avec Israël, mais un conflit existentiel. C’est pourquoi il ne peut renoncer ni aux attentats, ni aux tirs de roquettes sur les populations civiles. Il n’a pas saisi la possibilité que lui offrait sa victoire électorale pour bâtir un état palestinien à Gaza, mais pour stocker des armes en vue d’une dérisoire confrontation où ses militants n’ont été que les jouets de leur fantasme de martyr et surtout les pions de leurs bailleurs iraniens.

Que des centaines de milliers de Palestiniens aient servi de boucliers humains et que des centaines d’innocents aient péri leur est indifférent.

17) Le Hamas comme l’expliquait Amir Taheri, n’est pas qu’une force brute. L’appareil de terreur complète, et en cela il ne diffère pas des autres systèmes totalitaires, une hydre qui vampirise l’économie, la détruit et la rackette. Or Gaza ayant ses frontières fermées avec Israël et l’Egypte dépend pour partie de l’approvisionnement par les tunnels qui franchissent la frontière avec l’Egypte. Les mêmes tunnels qui amènent les missiles approvisionnent aussi en nourriture et produits de base. Israël ne peut détruire ces tunnels sans offrir une alternative. Lorsque les marchandises ne franchissent plus les frontières, les armes et les soldats le font. C’est exactement ce qui s’est passé et se reproduira si le désespoir économique persiste.

18) Depuis le cessez-le feu, le Hamas s’efforce de restaurer sa dictature, secouée, défaite mais non abattue par l’armée israélienne. La sinistre Force Exécutive, police politique du Hamas, a refait son apparition. Les opposants du Fatah et leurs sympathisants sont systématiquement arrêtés, torturés.

Des dizaines, peut-être des centaines de militants du Fatah sont mitraillés dans les jambes. Signature sanglante du Hamas envers ses adversaires. Ceci se produit dans le plus grand silence médiatique. Il est sidérant de constater comment les dizaines de journalistes qui au fil des années n’ont cesser de marquer leur sympathie au Fatah, semblent avoir oublié les nationalistes faces aux islamistes, comme s’ils étaient magnétisés par un extrémisme anti-israélien et antisémite plus fort.

19) Les grands desseins diplomatiques du Quartet, les vieilles soupes froides telles celles que le sénateur Mitchell se prépare à réchauffer ne font qu’alimenter la bassine des illusions. Seuls l’essor économique et les initiatives locales peuvent esquisser des solutions pacifiques autour d’un état de droit. Celui-ci résulte de l’essor économique et le permet. A ce propos toute aide internationale qui serait préemptée et détournée par le Hamas, par la force ou au nom de son réseau d’aide sociale se retournerait immanquablement en son contraire en livrant les populations de Gaza à la merci des charités fanatiques.

20) Dans le même ordre d’idée, la recherche d’un gouvernement palestinien d’union regroupant Hamas et Fatah sera sans doute réclamée par les diplomaties européennes et arabes s’employant à faire fleurir un nouveau bouquet d’illusions. Comme s’il était possible de concilier la sharia et l’Etat de droit, la coexistence avec Israël et la poursuite des attentats et des tirs de roquettes, une authentique aspiration nationale palestinienne et son détournement par l’islamisme radical et surtout son instrumentalisation par Téhéran.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit un gouvernement Hamas/Fatah aurait tôt fait de devenir la marionnette de Téhéran. Dans tout système où la Liberté est niée, l’extrémisme totalitaire l’emporte. Ces pseudo gouvernements de coalition ont été essayé, en d’autres temps, notamment après guerre en Europe de l’Est avec des démocrates plus convaincus que ceux du Fatah. On connaît le résultat.

21) La responsabilité des Occidentaux et des médias en particulier est immense. A couvrir sans cesse les échecs et les impasses palestiniennes, ils les suscitent à nouveau. Les médias et les diplomaties se satisfont de la victimisation des Palestiniens, sorte de racisme feutré et infantilisant qui permet d’éviter à chaque fois le test de la réalité et de l’efficacité. Privés de Liberté politique, les Palestiniens ne peuvent trouver dans l’opinion occidentale que commisération condescendante et presque jamais le dur langage de la vérité.

22) Or la perspective politique d’un état palestinien vivant à côté d’Israël, n’est nullement inscrite avec certitude dans l’avenir. Nombreux sont les peuples qui n’ont pu accéder à la communauté des Etats. De l’existence des peuples à la construction d’un état différentes voies sont possibles mais elles sont étroites. La décolonisation a toujours été le schéma favorisé par l’O.L.P. et le Fatah, parce qu’il correspondait à leur propagande idéologique et parce que cette voie impliquait naturellement que le mouvement "anticolonial" soit investi sans élections à la tête du nouvel état et directement reconnu par la communauté internationale.

Les accords d’Oslo consacrant l’O.L.P. comme "seul représentant du Peuple Palestinien", s’engageait à fond dans cette illusion liberticide. Jamais les Palestiniens n’étant librement consultés.

23) Un modèle proche consiste à proclamer un état par le haut en organisant des élections dont l’estampille démocratique est donnée par une nuée d’observateurs de l’O.N.U. En un sens c’est le mécanisme des dernières élections palestiniennes. Or les élections ne sont pas la démocratie et celles-ci n’est pas en soi la Liberté. La voie la meilleure pour les Palestiniens passe par la constitution d’une Nation, c’est-à-dire d’une société civile et économique florissante qui favorise la Liberté.

Dans cette situation, le conflit avec Israël ramené à un différend territorial trouverait probablement une solution. Mais cette voie passe par l’éviction du Hamas, l’incomplète victoire israélienne laisse aux Palestiniens la difficile tâche de rejeter les fanatiques. Inversement à défaut de se constituer en nation pacifique et démocratique, les Palestiniens peuvent aussi végéter des décennies dans leur marasme actuel.

- Dures Vérités à Gaza
- Dures Vérités à Gaza (II)