lundi 24 juin 2019

La Shoah, juste "un massacre"? (Portugal)


Contexte:
Une caricature antisémite portugaise fait scandale aux États-Unis (mais pas au Portugal)

Le caricaturiste portugais António Antunes Moreira a été interrogé par Libération et fait cette déclaration qui est absolument banale au Portugal:
"En 1983, une grosse pression avait été mise, sans succès, pour que je ne reçoive pas un grand prix de presse à Montréal pour un pastiche d’une photo célèbre du ghetto de Varsovie. J’avais remplacé sur mon dessin les Allemands par des militaires israéliens et les enfants juifs par des petits Palestiniens. Le Jerusalem Post a ressorti ce dessin pour dire que je suis antisémite depuis longtemps. Mais ce cartoon avait été publié pour parler du massacre de Sabra et Chatila. Je n’aime pas les massacres, c’est mon problème."
Précision, le massacre de Sabra et Chatila n'a pas été perpétré par des Juifs. "Du 16 au 18 septembre 1982 des réfugiés palestiniens étaient massacrés par des milices chrétiennes dans la banlieue de Beyrouth." (Le Figaro)
"Tout commence par un assassinat. Le 14 septembre 1982 le président nouvellement élu, Bachir Gemayel -chef des Forces libanaises, milices chrétiennes-, est tué dans un attentat. Deux jours après, par vengeance, débute le massacre de civils palestiniens dans deux camps de réfugiés -Sabra et Chatila- dans la banlieue de Beyrouth. Il est perpétré par des miliciens chrétiens (les Phalangistes) et se poursuit jusqu'au 18 septembre au matin. Mais ce n'est que le 19 septembre que le monde apprend l'affreuse tuerie -méthodique, qui n'a épargné personne: hommes, femmes, enfants, animaux."

dimanche 23 juin 2019

Carl Schmitt and Martin Heidegger - Sedentary Revolutionaries: Two Academics Who Joined the Nazi Party


Jaspreet Singh Boparai


Carl Schmitt (1888–1985) and Martin Heidegger (1889–1976), two of the most prominent German thinkers of the twentieth century, became members of the Nazi Party in 1933, and briefly held positions of some prominence after Adolf Hitler became Chancellor of Germany. Heidegger spent just over a year as Rector of the University of Freiburg (1933–1934); Schmitt spent the years 1933 to 1936 as the “Crown Jurist of the Third Reich” whilst teaching law in Berlin. After the end of the Second World War, neither man publicly explained or apologised for his earlier political activities.

In spite of his close association with Nazism, Heidegger’s reputation as one of the twentieth century’s preeminent thinkers has never faded: he ranks with Ludwig Wittgenstein (1889–1951) as one of the most influential philosophers since Nietzsche, and he has enjoyed particularly widespread admiration in France; prominent thinkers including Jean-Paul Sartre (1905–1980), Maurice Merleau-Ponty (1908–1961), and Jacques Derrida (1930–2004) have all learnt from (and struggled with) Heidegger’s notoriously difficult oeuvre.

Schmitt’s work, on the other hand, fell into relative eclipse after the war. But his essays on legal and political theory have grown steadily in popularity over the past half-century. Almost all of his important work is now available in English, and has enjoyed renewed attention with the rise of populist political movements in America and across Europe. In the Anglosphere, Schmitt’s most important current champion is probably Adrian Vermeule, a law professor at Harvard who converted to Catholicism in 2016 and has recently become an unlikely Twitter celebrity with his sardonic attacks on liberalism. […]  
Schmitt’s and Heidegger’s activities in the 1930s are often excused on the grounds that these unworldly professors joined the Nazi Party out of naivety, academic careerism, or complete miscalculation. They grew up in a world where suspicion of Jews was commonplace, it is said, and never found occasion to reflect seriously on their own prejudices or paranoia. Such explanations are unsatisfactory. Still, Nazism was only one of several contemporary movements informed by (or based on) overtly antisemitic doctrines. It does not fully explain Schmitt’s or Heidegger’s ideas or political choices. 
Antisemitism attributes to Jews extraordinary power, influence, and wickedness. Over the centuries, its tropes have been adapted to scapegoat Jews for a wide variety of problems, from localised outbreaks of illness to economic depressions and international wars. The politicised variant that flourished in Europe during the late nineteenth and early twentieth centuries began in the wake of the revolutions of 1848, and intensified with the French defeat in the Franco-Prussian War (1870–1871). The central preoccupation at this time was Jews’ perceived predominance in banking, commerce, and industry.

The most influential antisemitic political theorist during this period was Charles Maurras (1868–1952), a French poet and literary journalist best known in the English-speaking world for his influence on T.S. Eliot. 
Lire l'article complet @ Quillette

jeudi 20 juin 2019

Antisémitisme: citation de Voltaire inventée... son auteur est un néonazi américain


"Comme les mafieux lavent leur argent sale pour s'offrir une belle image en société, les antisémites et autres racistes utilisent le même procédé pour leurs citations nauséabondes en les lavant de leurs origines trop révélatrices de leur réel contenu, et leur apportant le cautionnement d'un grand philosophe. Que peut-on faire pour laver à son tour la mémoire de Voltaire de ces fausses citations mal intentionnellement attribuées?" (Ludwig B. @ Hoax Buster)

 LPH Info:
La parole antisémite se libère également aux Etats-Unis, y compris dans le monde hollywoodien. Le célèbre acteur américain John Cusack en est le dernier exemple.
Le héros de High Fidelity, des Ailes de l’Enfer, de Dans la Peau de John Malkovich, du Maître du Jeu et de tant d’autres films à succès a publié un twitt ouvertement antisémite, titré "Follow the money".  ("Suivez l’argent"): on y voit une main sur laquelle figure une étoile de David bleue, écrasant une groupe de personnes, et accompagnée de la légende: "Pour savoir qui vous domine, cherchez qui vous n’avez pas le droit de critiquer! " 
Cette phrase faussement attribuée à Voltaire a en fait pour auteur Kevin Alfred Strom, un néonazi et négationniste américain. 
Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir par milliers et John Cusack a retiré son twitt, mais trop tard pour endiguer la polémique. Pour s’en sortir, de manière très maladroite, l’acteur a d’abord évoqué  "une erreur technique de son ordinateur qui aurait introduit ce twitt" (sic), puis il a dit qu’il pensait qu’il s’agissait d’un message pro-palestinien et non antisémite! Il s’est encore fourvoyé et enfoncé en indiquant avoir rapidement retiré ce twitt "qui offense à la fois les Juifs et les Palestiniens"!!! la suite

John Cusack a fini par représenter des excuses et reconnaître que c'est bien lui qui avait twitté la phrase antisémite.


Repris du site Hoax Buster:

Sur son site, Kevin Alfred Strom revendique la paternité de la citation et précise qu'elle est souvent déformée
http://www.kevinalfredstrom.com/2009/01/im-often-misquoted/
Wikipedia: Misattributed and misquoted quotation

Ce n'est pas étonnant que l'académicien belge Jean Bricmont cite cette phrase du néo-Nazi américain, la prenant pour une vraie phrase de Voltaire…

Ludwig B:
"Le 10 Janvier 2014, dans l’émission "Ce soir ou jamais" présentée par Frédéric Taddeï sur France 2 s’est tenu un débat sur l’humoriste controversé Dieudonné.

Dans le dernier tiers de l’émission il y a eu un échange au sujet de la phrase suivante de Voltaire: "Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer". 
Ambiance : 
Jean Bricmont : Il y a une phrase de Voltaire que de plus en plus de gens répètent et si j’étais vous, je ferais attention à ça, ils disent "si vous voulez savoir qui a réellement le pouvoir, demandez-vous de qui on ne peut pas parler"
(silence)… sans commentaire!
Brouhaha général
Jean-François Kahn: Cela dit ça, c’est une phrase antisémite!
Rihan-Cypel : Oui!
Jean Bricmont : Pourquoi elle est antisémite?
Jean-François Kahn : Bah vous savez pourquoi… (rire de fond) … alors là faut pas quand même faire un dessin …ha ha ha.
Jean Bricmont : Mais je dis simplement qu’elle n’était pas antisémite chez Voltaire." 
A la lumière de ce qui est écrit on comprend mieux et réellement ce qui se cache derrière cette citation.

mercredi 19 juin 2019

Plongée dans le rap européen gangréné par l’antisémitisme


Cnaan Liphshiz @ JTA & Times of Israel
Entre négationnisme de la Shoah, théories du complot et menaces contre les 'Sionistes', le rap européen fait sauter les tabous de l'antisémite

JTA — Lors d’une chaude journée d’été à Oslo l’année dernière, Kaveh Kholardi a chaleureusement accueilli le public d’un concert organisé par la ville pour célébrer la diversité.

Kholardi, un rappeur norvégien d’origine iranienne populaire, a souhaité aux Musulmans «Eid Mubarak», un mot d’accueil en arabe pour la fête d’Ei al-Fitr qui marque la fin du Ramadan.

Il a demandé s’il y avait des chrétiens présents, souriant en entendant les applaudissements. Et ensuite il a demandé s’il y avait des Juifs.

«Pu***n des Juifs», a-t-il dit après un petit silence, avant d’ajouter «je plaisantais».

En Norvège, l’incident a créé un tollé à l’époque et aussi le mois dernier, quand le procureur général du pays scandinave a blanchi le musicien de 24 ans de tout propos raciste, expliquant que son injure aurait pu être dirigée contre Israël.

C’était une interprétation très peu convaincante si l’on considère que Kholardi n’a jamais mentionné l’Etat hébreu sur scène et quelques jours auparavant, il avait tweeté les «Pu*** de Juifs sont si corrompus».

Dans une perspective européenne plus large, l’incident démontre à quel point la scène rap du continent est devenu un paradis et un espace majeur pour tous les discours racistes que les gouvernements cherchent de plus en plus à restreindre en ligne et dans la rue.
C’est un problème parce que le «rap est un vecteur catastrophique de propagation de l’antisémitisme vers la population la plus enclin à l’être», a déclaré Philipp Schmidt, vice-président en charge des affaires internationales de la Licra, au JTA.

En France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et ailleurs, des rappeurs se sont essayés au négationnisme de la Shoah, aux théories conspirationnistes antisémites, aux analogies grotesques avec la Shoah et aux menaces contre les «Sionistes».

«En tant que sous-culture avec des éléments distinctifs contre l’ordre établi, la scène européenne du rap a aidé à faire sauter des tabous sur la rhétorique antisémite tout en évitant la critique imposée aux discours racistes dans les principaux médias», a déclaré Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, ou LBCA.
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lundi 17 juin 2019

Edgar Hilsenrath: "les choses n'ont pas beaucoup changé: les Juifs restent des boucs émissaires" (Bruno Corty)


Bruno Corty, rédacteur en chef du Figaro Littéraire:  

Terminus Berlin d’Edgar Hilsenrath: revoir Berlin et mourir
"Traduction de l’ultime roman - très sombre et poignant - de l’écrivain juif allemand décédé en décembre dernier.
C’est l’histoire d’un vieux grigou habillé comme un clochard qui débarque à Berlin peu de temps avant la chute du Mur. Joseph Leschinsky, dit Lesche, est un écrivain en quête de succès, d’argent, de femme et d’un toit pour dormir. Il a vécu longtemps à New York mais a fini par se lasser d’une société qui glorifie les gagnants et enfonce les losers. […]

Avec Terminus Berlin, Hilsenrath se raconte une fois encore. Des forêts de Bucovine à l'après-guerre passé à Lyon, des États-Unis à son retour en Allemagne, il déroule une vie d'exil et d'écriture pour dire l'indicible et constater, finalement, que les choses n'ont pas beaucoup changé: les Juifs restent des boucs émissaires. Ce constat amer rend ce roman plus poignant que les autres, plus désespéré.  Si Lesche, double bukowskien de l'auteur, fait par moments sourire avec ses mauvaises manières et ses pensées crues, on voit bien que ce petit homme qui a survécu à tout n'a plus ni la force ni l'envie de poursuivre le combat."
Lire l'article complet @ Le Figaro Littéraire


Terminus Berlin
Roman
Traduit de l'allemand par Chantal Philippe
230 pages
9782370551580
Prix: 19,00 €

samedi 15 juin 2019

Le désarroi des Juifs de France, sondage de l’AJC


Shmuel Trigano (à partir d’une chronique sur Radio J, le vendredi 7 juin 2019):
"[…] Les questions sur l’environnement social et politique sont aussi riches d'enseignement. Si 58% (question 16: 33+25) ont expérimenté concrètement l’antisémitisme, 42 % jamais. Il aurait fallu avoir des données socio-économiques pour vérifier si ceux qui ne l’ont jamais expérimenté habitent les beaux quartiers ou pas. Logiquement, ils sont 65% (question 15: 56+9) à penser que la France ne combat pas l’antisémitisme contre 35 % à penser le contraire. On retrouve ce partage à propos de l’appréciation de la politique israélienne de la France. 54% l’approuvent -une politique pro-palestinienne- contre 46%. De même sur la politique de l’ONU: ils sont 49% à l’apprécier contre 51% à la critiquer (on se souvient des scandales répétés de l’UNESCO concernant le patrimoine du judaïsme en Eretz Israel ou de l’hystérie anti-israélienne du Conseil des droits de l’homme). 56% ont confiance en l’UE, où le débat sur la circoncision et la cacherout n’est pas encore clos, concernant donc les Juifs français. Ces chiffres sont accablants. Ils montrent que ce large public est sous informé, ne comprend rien à la situation, a échappé à l’effort fait en France depuis 20 ans pour analyser ce qui se trame dans l’actualité. On peut supposer que ce public regarde la TV. Elle suffit à cet océan de sous-information. Mais on ne peut pas dire que les institutions juives éclairent la conscience de cette population… 
Cependant le résultat le plus bombastique concerne la vision du futur de cette population. Si 71% (soit: 60% +11 % sans opinion) estiment que les Juifs ont un futur en France, contre 29% qui veulent partir, si 55% ont réfléchi à l’émigration ces 12 dernières années contre 41% pour l’autre pôle, seuls 21% ont pensé partir en Israël alors que 29% choisissent les USA, 23% le Canada et 14% le Royaume Uni. Il y a fort à parier que ces 21% sont plus ou moins identifiables aux 25% qui lient leur judéïté à la religion (déduction faite des haredim). 
On a de quoi être plutôt inquiet à lire ces résultats. Tout d’abord le fait que 70% estiment avoir un avenir juif en France alors que 58% estiment que l’antisémitisme augmente et 65 % que le gouvernement ne lutte pas contre ses effets… témoigne d’une schizophrénie inquiétante. Y-a-t-il là un avenir? Quel avenir? Il y a une grave inconséquence dans ce jugement.

Le choix des pays où partir montre un égarement certain. Que fuient-ils en France? Si c’est l’islam, c’est raté s’ils choisissent le Canada et Londres où le même cas de figure que la France se retrouve. La définition de la situation n’est donc pas très claire pour une majorité. Pour l’observateur qui analyse les faits depuis 20 ans, dire, comme la moitié de la population sondée, que le gouvernement combat sérieusement l’antisémitisme, est assez cocasse. […] 
L’impression globale qu’on retire de ce sondage est celle d’une communauté désorientée, mal consciente et mal informée de sa situation et de celle du pays, peu au fait des enjeux spécifiques au peuple juif. Il n’y a pas de grandes attentes à concevoir du côté du judaïsme français qui semble être aspiré dans une spirale de délitement… Quelle tristesse! 
On peut s’essayer à un pronostic. Le tiers de la population (30% de juifs attachés au judaïsme) est le socle de la continuité, soit ils persévèreront en France, soit ils partiront en Israël, les deux tiers restants risquent, eux, de se perdre dans la nature, en d’autres termes de s’assimiler. Une communauté vouée à l’effacement progressif si elle ne se ressaisit pas. Mais quel travail!
https://www.ajc.org/news/israeli-american-and-french-jews-on-the-issues-insights-from-ajc-surveys

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vendredi 14 juin 2019

Belgique: Un Irakien avec une kippa et des couteaux arrêté devant une synagogue d’Anvers


The Times of Israel:
Un homme arabe non juif portant une kippa et plusieurs couteaux cachés a été intercepté par des gardes alors qu’il tentait d’entrer dans une synagogue d’Anvers.

Le citoyen irakien de 34 ans a été interrogé par des gardes alors qu’il essayait d’entrer dans la Synagogue Rami Goldmuntz dans la ville belge lundi, lors de la fête de Shavouot, a annoncé mardi le journal Joods Actueel. L’homme a dit qu’il ne parlait ni hébreu ni yiddish mais il a soutenu qu’il était un membre de la communauté juive de la ville, précisait le rapport, citant des sources de la police.

Les gardes – des membres du service de sécurité communautaire Shmira – se sont approchés de l’homme avec des soupçons parce qu’ils l’ont vu arriver sur une bicyclette, un moyen de transport que peu de Juifs pratiquants utilisent pendant des fêtes juives. 
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