«J’ai longtemps attendu, pendant ces années épouvantables, qu’une grande voix s’élevât à Rome. Moi, incroyant? Justement. Car je savais que l’esprit se perdrait s’il ne poussait pas devant la force, le cri de la condamnation. Il paraît que la voix s’est élevée. Mais je vous jure que des millions d’hommes avec moi ne l’avons pas entendue et qu’il y avait alors dans tous les cœurs, croyants ou incroyants, une solitude qui n’a pas cessé de s’étendre à mesure que les jours passaient et que les bourreaux se multipliaient. […] Ce que le monde attend des chrétiens est que les chrétiens parlent, à haute et claire voix, et qu’ils portent leur condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un seul doute, ne puisse se lever dans le cœur de l’homme le plus simple.» (Albert Camus)
Source: La Règle du Jeu (Quand l’Eglise se taisait, par Michaël de Saint-Cheron)
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| Panneau consacré à Pie XII à Yad Vashem |
Sous le titre L’apologie qui nuit à l’Église. Révisions hagiographiques de l’attitude de Pie XII envers les Juifs[1] de Menahem Macina, suivi de deux contributions signées Michaël R. Marrus et Martin Rhonheimer, l’historien juif spécialiste des doctrines messianiques autant que des rapports entre les religions juive et chrétiennes, revient sur la question qui n’a cessé de diviser juifs et catholiques depuis la sortie du livre de Rolf Hochhuth, Le Vicaire (1963).
Passionnante étude scripturaire, historique, historiographique aussi mais également talmudique (au sens propre) sur la révision hagiographique de
Pie XII pendant la guerre. On connaissait les principales critiques émanant d’historiens ou de personnalités juives depuis cinquante ans, comme on connaissait les thèses très favorables au pape de l’écrivain juif israélien
Pinchas Lapide, qui fut l’un des rares parmi les juifs à avoir défendu jusqu’à sa mort la mémoire de Pie XII.