jeudi 10 juillet 2008

L'UE doit agir dès maintenant pour sauver Durban II, Alfred H. Moses

Repris du site UN Watch (extraits):

"Que s'est-il passé à la conférence de Durban I pour que l'on cherche à tout prix à éviter sa répétition? Bien que cette conférence ait été investie, officiellement, d'une mission universelle, ses sponsors africains ont tenté de la transformer en "temps de la revanche". De plus, de nombreux compromis ont été concédés pour satisfaire le groupe des non-alignés, composé de 118 Etats dominés par les nations islamiques. (...)

Le programme de Durban I a été détourné par une campagne anti-israélienne virulente, menée par l'Iran et Yasser Arafat, qui s'est présenté en personne à la conférence. (...)

Mais les pires scénarios anti-israéliens se sont produits pendant le forum organisé en parallèle par les organisations non gouvernementales (ONG). Des caricatures de Juifs rappelant l'époque de Goebbels ont circulé librement. Les militants juifs ont été harcelés. La déclaration finale des ONG a qualifié Israël d'"Etat apartheid raciste" coupable de "génocide". Le texte a été tellement ignoble que Mary Robinson, la haut-commissaire aux Droits de l'homme, a refusé de reconnaître cette déclaration.

Le représentant californien démocrate, Tom Lantos - qui nous a quittés récemment - et membre de la délégation américaine à la conférence, a indiqué qu'"ayant lui-même vécu les horreurs de l'Holocauste, cette conférence a été, pour les Juifs, la plus flagrante et la plus écoeurante manifestation de haine à laquelle il ait assistée depuis la période nazie".

Durban II subira-t-elle le même sort? Certains pensent que c'est inévitable. Le Canada a décidé de ne pas participer. Les Etats-Unis et Israël suivront cet exemple, à moins d'être assurés que la conférence ne servira pas, à nouveau, de tribune antisémite et anti-Israël.

Reste l'UE. Sa position a été très claire lorsqu'elle a résisté aux tentatives de l'Algérie, du Pakistan et d'autres Etats islamiques de modifier le mandat de Durban II pour condamner la "diffamation des religions" - c'est-à-dire la condamnation des formes de liberté d'expression perçues comme incompatibles avec les sensibilités islamiques.

La position de l'UE est cependant apparue beaucoup plus ambiguë lorsqu'elle a dû faire face aux efforts entrepris par certains Etats pour assimiler Israël au racisme.

D'un côté, la France et d'autres Etats européens influents ont déclaré que les attaques à l'encontre d'Israël étaient perçues comme une ligne rouge à ne pas franchir. "La conférence de Durban en 2001 a donné lieu à des débordements intolérables de la part de certains Etats et de nombreuses ONG qui ont fait de cette conférence une tribune contre l'Etat d'Israël", a déclaré le président français Nicolas Sarkozy en février dernier. "La France n'acceptera pas que les dérives et les outrances de 2001 se répètent. Les partenaires européens partagent les inquiétudes de la France."

La position du président français fut sans équivoque: "Nous saurons nous désengager du processus si nos exigences légitimes ne sont pas prises en compte." Des avertissements similaires ont été exprimés récemment par Jim Murphy, ministre des Affaires européennes du Royaume-Uni, ainsi que par Maxime Verhagen, ministre de l'Intérieur des Pays-Bas.

D'un autre côté cependant, depuis que les Nations unies ont fait circuler, le 27 mai dernier, une proposition concernant le format et le contenu du document final de Durban II qui, déjà, isole et diabolise Israël, aucun Etat membre de l'UE n'a réagi.

Le "non-paper" répertoriant les sujets qui seront inclus dans la déclaration finale d'avril 2009 confirme que les organisateurs de Durban II menés par la Libye, ont de nouveau l'Etat juif dans leur ligne de mire. Tout d'abord, le projet de texte fait référence au "sort des Palestiniens" dans la section consacrée aux "victimes du racisme", assimilant ainsi Israël à un Etat raciste. De plus, en se basant sur le rapport de l'Iran, le projet fait référence à Israël dans sa section résumant les "manifestations contemporaines de racisme rapportées par les différents pays."

En d'autres termes, le train à destination de Durban a d'ores et déjà démarré. A moins que l'UE ne fasse pression pour contrer cet acharnement odieux, la conférence risque, à nouveau, de devenir "une tribune contre l'Etat d'Israël", comme l'a indiqué à juste titre le président Sarkozy.
Pourquoi l'UE ne parvient-elle pas à défendre les lignes rouges définies par la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, des lignes rouges qui sont désormais clairement franchies?

Ceux qui souhaitent que la Conférence de suivi de Durban s'attaque efficacement aux nombreux problèmes relatifs à l'intolérance dans le monde ont besoin d'être assurés qu'elle ne reproduira pas la débâcle de Durban I. Nous avons besoin d'être sûrs que l'Iran, la Libye et ses alliés n'écartent pas délibérément les victimes du racisme dans le monde dans le seul but de délégitimer Israël.

Le sort de Durban II est désormais entre les mains de l'UE."

Traduit de l'anglais par Ophelie Namiech, Legacy Heritage Fellow à UN Watch.
Copyright 2008, Le Temps

Photo: des manifestants à Durban brandissent une pancarte portant l'inscription: "Pour la libération d'al-Quds (Jérusalem), au nom de la FOI et de l'ISLAM, il faut utiliser des mitrailleuses"

A Bruxelles : Prélude à Durban II ?
ONU: Le Canada ne participera pas à Durban II
ONU: Malgré l'opposition des Etats-Unis "Durban II" aura lieu - le budget a été approuvé
Durban II: Just Say "Non", Judeosphere

mercredi 9 juillet 2008

Pour Bachar el-Assad le rôle des États-Unis est essentiel

Dans un entretien accordé au Figaro, le Président Bachar el-Assad a envisagé la possibilité de négociation directes entre Israël et la Syrie, actuellement engagées par l'intermédiaire de la Turquie.

Le Président syrien a souligné que les États-Unis jouaient un rôle essentiel, alors que celui de l'Europe, bien qu'important, demeure secondaire.

"Il faut maintenant trouver une base commune pour entamer des négociations directes ; dès que cette base sera prête, nous pourrons engager ces négociations directes avec Israël. Le plus important dans des négociations directes, c'est leur parrainage. Bien sûr, le rôle des États-Unis est essentiel, mais celui de l'Europe est complémentaire. Et quand nous parlons du rôle politique de l'Europe, la France en est à l'avant-garde."

mardi 8 juillet 2008

Gilad Shalit, cause indéfendable?, Yvan Rioufol

A l'inverse de ce qui s'est passé pour Ingrid Betancourt, des milliers de comités de citoyens ne se sont pas constitués pour la libération du franco-israélien Gilad Shalit, prisonnier du groupe terroriste Hamas. Il n'a été fait citoyen d'honneur d'aucune ville européenne. Combien de vedettes s'intéressent à lui? Les professionnels de l'indignation ont décidément une mémoire bien sélective.

Gilad Shalit, cause indéfendable?

"Existerait-il une hiérarchie entre les otages binationaux de mouvements terroristes ? Si l’opinion s’est passionnée jusqu’à l’excès pour la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue durant plus de six ans par les Farc, elle ne porte aucun intérêt au sort du jeune soldat franco-israélien, Gilad Shalit. Ce dernier a été enlevé en juin 2006 par le Hamas et il est détenu depuis à Gaza. Il y a un an, deux élus UMP de Paris (Martine Weill-Raynal et Jacques Bohbot) avaient demandé, en vain, au maire de Paris, Bertrand Delanoë, de placer le portrait de Shalit à côté de celui de Betancourt (accroché en 2004 et enlevé vendredi soir), sur la façade de l’Hôtel de Ville. Ne serait-il pas temps de réparer cette injustice ?

"Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat Shalit et pour ses parents. Nous ne l’oublions pas", avait déclaré Nicolas Sarkozy, dès l’annonce, mercredi soir, de la libération d’Ingrid Betancourt par l’armée. Mais la gauche pacifiste, qui n’a jamais caché ses indulgences pour la "guérilla" des Farc et leur idéal guévariste, a de semblables compréhensions pour "l’activisme" du Hamas face à Israël. Le comité de soutien à Ingrid Betancourt, le chanteur Renaud en tête, avait toujours prôné la négociation avec les terroristes, en faisant passer le président Alvaro Uribe pour le responsable du sort des otages. Cette stratégie a été spectaculairement démentie. Néanmoins elle fait du soldat Shalit une cause indéfendable pour les professionnels de l’indignation."

Sarkozy: La France noubliera pas Gilad Shalit

lundi 7 juillet 2008

Retour de Jérusalem, Gilles William Goldnadel

Texte paru dans Libération (via l'UPJF):

"Je reviens de Jérusalem où Nicolas Sarkozy m’avait fait l’amitié de m’inviter à l’accompagner. Je crois inutile de revenir sur le bilan d’une visite qui me paraît avoir fait l’objet d’une large approbation, l’exercice présidentiel ayant davantage relevé de l’équilibre que de l’équilibrisme. Preuve est ainsi faite que l’on peut tenir aux Israéliens le discours que l’on souhaite, dès lors où l’on renonce, au rebours de l’ancienne politique, à la pratique de l’humiliation systématique pour le plaisir extatique de la partie adverse.

On peut, sans fâcher quiconque, à la fois rendre un hommage inspiré au peuple juif, pas seulement, de manière convenue et doloriste à ses souffrances, mais encore, et plus courageusement, à ses réalisations actuelles et à ses succès au sein de son Etat.
On peut lui demander, sans le heurter, de prendre des risques pour la paix, de tendre la main au peuple arabe de Palestine, tout en demandant à ce dernier, sans le froisser, de renoncer définitivement aux fantasmes criminels du Hamas pour adopter définitivement l’option politique empruntée par leur président.

Mais il me semble que le plus important et, en tout état de cause, le plus urgent était ailleurs. Il était dans l’injonction présidentielle, telle qu’elle a été exprimée avec une rare fermeté dans son discours à la Knesset, de ne pas tolérer un Iran islamiste et atomique à la fois.

Il m’apparaît que l’opinion publique française, et notamment sa jeunesse, au-delà de son évidente réprobation réflexe du régime des mollahs, n’a pas encore suffisamment et profondément pris conscience du danger que tous les pays, et pas seulement et évidemment Israël, courent le jour où la bombe tombera entre les mains des fanatiques révisionnistes, misogynes et homophobes de Téhéran.

Par principe, j’évite de comparer l’actualité avec l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, mais, s’agissant d’Ahmadinejad, toute fausse pudeur est à exclure. Tous les historiens sérieux s’accordent aujourd’hui à dire qu’il était déjà trop tard pour les démocraties, non pas à Munich en 1938, mais dès la remilitarisation illégale de la Rhénanie par Hitler en 1936, que tolérèrent pourtant Anglais et Français pour "sauver la paix".

Le pacifisme n’est pas la paix. Il est le fossoyeur en chef des grands cimetières sous la lune."

Voir également:
European Coalition for Israel: French EU presidency says “non” to a nuclear Iran and to talks with Hamas

Sarkozy: La France noubliera pas Gilad Shalit

Source: TJP

"S'exprimant mercredi soir après l'annonce de la libération de la Franco-Colombienne, Ingrid Bétancourt, le président français Nicolas Sarkozy a mentionné le nom du soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Après avoir félicité l'armée colombienne d'avoir remis en liberté la célèbre otage aux mains de ses ravissseurs depuis six ans, le chef d'Etat français a tenu à délivrer un message aux parents de Gilad Shalit.

"Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat (Gilad) Shalit et pour ses parents. Nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu'un est injustement retenu", a-t-il affirmé."

Des Israéliens ont participé en coulisse à la libération d'Ingrid Bentancourt
Ingrid Betancourt libérée rend hommage à l'armée israélienne

samedi 5 juillet 2008

Jean Bricmont dénonce "les idiots utiles du sionisme et de l'impérialisme américain"

Jean Bricmont, professeur de physique théorique à l'Université Catholique de Louvain, vient de terminer un cycle de conférences "Palestine" données avec un certain Martial Demunter en Belgique francophone sur le thème "Les USA, le sionisme et Israël" pour Bricmont et "Culpabilité et manipulation de la Shoah" pour Demunter. Bricmont est connu pour ses accusations grotesques contre les Sionistes, les Américains, Berlusconi, Sarkozy (Pourquoi est-il important d'arrêter Nagy Bocsa, alias Sarkozy) et autres.

Dans un livre* qui vient de paraître, cet impénitent donneur de leçons dénonce avec son arrogance habituelle les "idiots utiles du sionisme et de l'impérialisme américain", sans toutefois les nommer - question de ne froisser personne et de continuer à jouer au courageux anti-impérialiste de salon en toute quiétude:

"Il est absolument tragique de voir que tant de soi-disant défenseurs de ce qui a de meilleur en Occident, la tradition issue des Lumières et la laïcité, se transforment en idiots utiles du sionisme et de l'impérialisme américain, et adoptent une posture d'intolérance et de mépris, qui, dans le passé, a heureusement été l'apanage des Églises et qui a tant fait pour les discréditer." (p. 47)
Et si les laïques ne veulent de la présence de Tarik Ramadan dans leurs universités c'est qu'ils sont des sionistes enragés (l'hypothèse de leur soumission au "Lobby" n'étant pas à exclure) qui veulent empêcher à tout prix le prédicateur musulman de dénoncer Israël:

"Que lui reproche-t-on? De proposer un moratoire en matière de lapidation. (...) on se moque éperdument de la situation des femmes lapidées et (...) on veut simplement sauter sur la première excuse venue pour empêcher Ramadan énoncer des vérités déplaisantes sur Israël." (p. 45)
Jean-Yves Camus a bien cerné le personnage dans un article paru dans Libération La vraie histoire du site Tout sauf Sarkozy:
"La présence sur le site Tout sauf Sarkozy de textes antisionistes radicaux, voire à connotation antijuive, repris (de manière autorisée ou non, c'est encore une autre question) d'autres sites Internet d'extrême gauche ou islamistes ne prouve rien d'autre qu'une évidence connue : il existe, à droite du FN, une mouvance groupusculaire glauque qui peut se reconnaître à la fois dans les écrits de son propre camp, dans ceux d'un disciple de Noam Chomsky comme Jean Bricmont et de nationalistes arabes comme René Naba. Cela peut s'appeler la nébuleuse "rouge-verte-brune" et cela existe depuis plus de trente ans. Cela n'est nullement la gauche."
* Sous la direction de Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso, Du bon usage de la laïcité, Ed. Aden, Bruxelles, 2008.

vendredi 4 juillet 2008

Coexistence: 77% des Arabes veulent rester Israéliens

"Selon une étude réalisée par l’Université Harvard avec l’aide de l’Université de Haïfa à l’occasion du 60ème anniversaire de l’Etat d’Israël sur un échantillon représentatif de 1721 Israéliens, il s’avère que la très grande majorité des Arabes d’Israël (77%) désire rester israélienne.

De plus, 73% des Juifs et 94% des Arabes voudraient une société égalitaire pour tous les citoyens du pays. Selon cette même étude, 68% des Juifs interrogés souhaitent que l’arabe parlé soit enseigné dans les écoles et par ce moyen, qu’une meilleure compréhension soit possible entre les populations.

Enfin, 66% des Juifs et 84% des Arabes d’Israël voudraient que le gouvernement investisse plus dans des projets intercommunautaires."

Source: Un Echo d'Israël
Lire également:
Coexistence: 77% of Arabs say won't replace Israel