mardi 27 février 2018

La laïcité n'empêchera pas des sauvages de frapper un enfant dont le seul tort est, semble-t-il, d’être juif


Laurence David, enseignante et ex-directrice d'école:
"Mais la laïcité empêchera-t-elle des sauvages de frapper un enfant de huit ans dont le seul tort était, semble-t-il, d’être juif ? Permettra-t-elle aux filles qui le souhaitent de sortir librement dans leur quartier? Est-elle une réponse à la violence qui règne au lycée Galliéni de Toulouse, comme dans bien d’autres moins médiatisés?

Sur l’école, il fut pourtant un temps où certains osèrent pousser plus loin l’analyse. En 2004, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Education nationale, remettait à François Fillon, ministre de l’Education nationale son rapport sur «les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires». Il écrivait : «Un grand nombre d’élèves d’origine maghrébine, Français voire de parents français, la majorité sans doute dans certains établissements, se vivent comme étrangers à la communauté nationale, opposant à tout propos deux catégories: «les Français» et «nous». […] L’identité collective, qui se référait souvent hier chez les élèves à une communauté d’origine, réelle ou imaginaire, et qui avait fait parler à certains sociologues de «l’ethnicisation» des rapports entre les jeunes, semble se transformer de nos jours en un sentiment d’appartenance assez partagé à une «nation musulmane», universelle, distincte et opposée à la nation française. Ses héros sont à la fois les adolescents palestiniens qui affrontent à mains nues les blindés israéliens, et dont les images des corps ensanglantés passent en boucle sur les chaînes satellitaires des pays arabes, et les chefs djihadistes responsables des attentats de New York et de Madrid».

Le rapport évoquait aussi la question d’influences extérieures: «Le projet de ces groupes ouvertement ségrégationnistes et qui dénoncent l’intégration comme une apostasie ou une oppression, va encore plus loin. Il est aussi de rassembler ces populations sur le plan politique en les dissociant de la nation française et en les agrégeant à une vaste ‘nation musulmane’»."
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lundi 26 février 2018

Philippe Conrad: Louis XVI et les Juifs

Philippe Conrad, essayiste, historien et journaliste:
Louis XVI
Dès avant 1789, Louis XVI avait entamé le processus qui devait conduire à l’émancipation des Juifs du royaume, alors que le peuple maintenait contre cette communauté d’anciennes préventions. (...)

Les magistrats strasbourgeois proposent de ne pas inquiéter Cerf Beer, locataire de trois maisons dans la ville, mais exigent qu’il les quitte une fois accomplies les missions qu’il remplit au service du roi. Le principal intéressé réclame, pour sa part, l’application pure et simple des lettres patentes de 1775. Il insiste sur l’intérêt public de son négoce et stigmatise habilement l’opposition que manifeste Strasbourg à l’autorité royale.

Il sait d’autre part qu’il peut compter à la Cour sur de nombreux appuis, ceux notamment du marquis d’Argenson, du maréchal de Contades et du comte de Ségur. Se jugeant en position suffisamment forte, Cerf Beer va même revendiquer davantage, en suggérant à Louis XVI d’étendre à ses coreligionnaires méritants la mesure dont il a bénéficié. Strasbourg réplique en refusant d’admettre en ses murs les «sangsues» qui vont ruiner ses habitants.

Le gouvernement royal décide alors d’envoyer en Alsace un commissaire chargé d’enquêter sur place. Les rapports que celui-ci adresse au maréchal de Ségur et au comte de Brienne font état des efforts infructueux qu’il a déployés pour convaincre les autorités municipales. Il rend compte également de l’extrême inquiétude de la bourgeoisie locale qui redoute une décision favorable à Cerf Beer comme «le fléau le plus destructeur qu’il y ait à appréhender».

La situation apparaissait ainsi comme passablement bloquée. Louis XVI peut difficilement se déjuger en ce qui concerne ses lettres patentes de 1775, mais il lui est également impossible d’imposer une mesure aussi impopulaire, d’autant que, le 22 janvier 1788, une commission de l’Assemblée provinciale d’Alsace est intervenue à Versailles en faveur de Strasbourg.

LA MISSION CONFIÉE À MALESHERBES 
Malesherbes
Placé devant ce délicat problème, le roi institue une commission dont la présidence est confiée à Malesherbes. Attaché aux idées philosophiques de l’époque, membre du ministère réformateur de Turgot, cet ancien président de la Cour des Aides est revenu aux affaires en 1787 pour contribuer à la préparation de l’édit accordant l’état civil aux protestants. Il est donc tout désigné pour se pencher sur le problème de la situation des Juifs et la tradition veut que le souverain lui aurait confié cette mission en ces termes : «Monsieur de Malesherbes, vous vous êtes fait protestant et moi je vous fais juif».

Les membres de la commission sont choisis parmi les intendants qui ont eu en charge des provinces où vivaient des Juifs et parmi les représentants les plus distingués de la communauté juive elle-même (Furtado et Gradis pour Bordeaux, Cerf Beer pour Strasbourg, Lazard et Trenel pour Paris).

La tâche de la commission est d’autant plus délicate que les Juifs de Bordeaux, déjà très assimilés, refusent absolument d’être confondus avec ceux de l’Est. À l’issue des travaux, le mémoire transmis par Malesherbes à Louis XVI prévoit une émancipation graduelle, les lettres de naturalisation étant accordées progressivement, en fonction des services rendus. On n’envisage pas encore l’émancipation générale des Juifs d’Alsace et certaines des limitations prévues en 1784 auraient sans doute été maintenues, notamment l’exclusion des Juifs de la magistrature.

Le déclenchement de la Révolution fait que les décisions en préparation échappent au pouvoir royal pour passer à l’Assemblée constituante. Une véritable unanimité anti-juive se manifeste dans les cahiers de doléances alsaciens et lorrains, seuls les nobles apparaissent plus libéraux. Les troubles de l’été 1789 obligent même plusieurs milliers de Juifs alsaciens à se réfugier en Suisse mais, le 31 août 1789, leurs représentants, conduits par Cerf Beer, viennent présenter leurs doléances à l’Assemblée où ils sont soutenus par Mirabeau, l’abbé Grégoire, Rabaut Saint-Étienne — qui avait obtenu deux ans plus tôt l’octroi de l’état civil aux protestants — Clermont-Tonnerre, Barnave et Robespierre. 
À la fin du mois de décembre, l’Assemblée accepte de donner l’égalité totale aux protestants, aux comédiens et au bourreau mais la refuse aux Juifs, par 408 voix contre 403. Un mois plus tard, les Juifs du Sud-Ouest et d’Avignon deviennent des citoyens à part entière. Ce n’est pas le cas des Juifs d’Alsace. La province s’agite et ses représentants emmenés par l’Alsacien Jean-François Reubell, s’opposent vigoureusement à toute émancipation. Ce n’est que le 27 septembre 1791, au moment où elle est sur le point de se séparer, que l’Assemblée révoque, à la demande de Duport, «tous les ajournements, réserves et exceptions insérés dans les précédents décrets relativement aux individus juifs.»

L’émancipation est donc péniblement acquise et c’est Louis XVI qui, en sa qualité de chef de l’exécutif, ratifie, le 13 novembre 1791, sans user de son droit de veto, la loi ainsi votée par les constituants.
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dimanche 25 février 2018

Selon Amnesty, Israël 'tue' et 'torture' des enfants palestiniens en toute impunité

Traduction (à l'aide de Google) d'un article paru dans le Jerusalem Post intitulé "Amnesty report claims Israel ‘kills,’ ‘tortures’ Palestinian children":

Selon le récent rapport d'Amnesty International sur l'état des droits de l'homme dans 159 pays et territoires au cours de l'année 2017, Israël «tue» et «torture» des enfants palestiniens en toute impunité.

Sa critique d'Israël est plus importante et sévère que celles des pays connus pour être des 'bastions' en matière de violations des droits de l'homme, y compris la Syrie, l'Irak et le Yémen. (...)

Daniel Laufer, responsable des relations avec les médias étrangers pour NGO Monitor, a déclaré que les rapports annuels d'Amnesty véhiculent depuis longtemps des préjugés anti-israéliens flagrants.

"Le rapport 2017 d'Amnesty contient beaucoup de distorsions et propager des préjugés anti-israéliens entretenus depuis longtemps par le groupe", a-t-il déclaré jeudi. "Que la section consacrée à Israël soit plus longue que celles concernant la Syrie, l'Irak et l'Yémen, suggère que les problèmes liés aux droits de l'homme sont plus graves en Israël que dans ces pays".

Lire l'article complet @ The Jerusalem Post


samedi 24 février 2018

Les terroristes du Bataclan disaient "Tiens espèce de sale juif’!" avant d'assassiner


Véronique Chemla, journaliste:
"Le 13 novembre 2017, lors de l'émission Les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris, a déclaré: "Nous avons un enregistrement complet de ce qui s'est passé au Bataclan... Les terroristes du Bataclan disaient, avant d'assassiner, de tirer au coup par coup : "Tiens espèce de sale juif’ !" Chez ces gens venus de Molenbeek ou passés par le circuit Grèce, on a un antisémitisme latent aussi dans l'affaire du Bataclan. Il n'y a pas que l'Hypercacher"."
Lire l'article complet @ Véronique Chemla

Gilles-William Goldnadel, avocat, écrivait en 2016:
"Je ne sais si Alain Marsaud, député républicain et ancien responsable du parquet antiterroriste, a raison de pointer l'inefficacité et la lenteur de la police belge et de ses services de renseignements dans l'arrestation d'un terroriste qui planquait sa barbe sous leur nez. Ce que je sais, c'est que le gros poisson a vécu longtemps paisiblement dans l'eau de Molenbeek. Ce que je sais c'est que la Belgique, qui a brutalement fermé ses frontières il y a quelques semaines, c'était encore hier la France xénophile, en pire. Je conseille à celui qui s'agace devant certains éditoriaux de notre vespéral parisien de lire le Soir de Bruxelles. Je conseille également à celui qui s'énerve devant le monolithisme latéral de l'audiovisuel de service public français de regarder la RTBF. La dernière fois que j'ai tenté douloureusement cette expérience masochiste, un islamiste expliquait gentiment à son intervieweuse qu'il espérait voir prochainement la charia appliquée en Belgique. À aucun moment la dame ne l'a interrompu ni ne s'est étonnée. Le propos semblait relever de la banalité. Ce que je sais encore, c'est que pendant la capture de ce poisson, dont on ne sait encore si il est pilote ou poltron, les policiers belges ont été insultés ou caillassés. Mais dès le lendemain, l'air de la stigmatisation était redevenu un refrain à la mode et un article de Libé titrait joyeusement, contre l'évidence aveuglante, qu'à en croire une élue écolo du cru: «Salah Abdeslam n'a pas de soutien à Molenbeek». Vous ne sentez pas l'odeur de poisson de la capitulation des esprits?"
Lire l'article complet @ Figaro Vox

Lire également:
Les commerçants juifs de Molenbeek à Bruxelles ont été chassés

L'ancien maire de Molenbeek, Philippe Moureau, a accusé les Juifs de vouloir nuire aux Musulmans (2008)



vendredi 23 février 2018

Jean-Claude Milner: "Le programme hitlérien concernait les ashkénazes, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem"


Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe et essayiste:
"Le programme hitlérien concernait les ashkénazes. Pour autant que je puisse voir, les séfarades étaient confiés au grand mufti de Jérusalem; c’est à lui ou à ses semblables qu’il serait revenu de régler le problème s’il y avait eu victoire. Comment cela se serait passé, personne ne peut le savoir, mais en tout cas le souci immédiat de purification de l’Europe, ça concernait les ashkénazes.  
Et ça les concernait (comme Freud le dit quelque part) non pas en tant qu’ils étaient très différents des Européens, mais en tant qu’ils n’étaient pas très différents. Le point crucial, si j’ose dire, c’était justement qu’ils étaient si peu distinguables. Et cela, grâce aux Lumières. En fait, le programme nazi n’a rien à faire du shtetl. Son ennemi principal, c’est en vérité le juif des Lumières, parce qu’on ne le reconnaît pas, parce qu’on pourrait ne pas le reconnaître. C’est justement en ce point du peu de différence, du trop peu de différence, qu’intervient le racial. La race permet de faire passer le tranchant d’une séparation essentielle entre des êtres qui se ressemblent absolument. Plus les Lumières accomplissaient leur programme, plus on eut recours à l’en-deçà des Lumières, au plus obscur du somatique. Le discours racial est l’ombre noire que projette l’assimilation et qui la suit, d’autant plus nettement dessinée que la lumière est plus vive."
Passages, 1er trimestre 2004, par Cyril Veken, Marc Darmon et Jean-Jacques Tyszler - L’Europe est-elle antisémite?

Lire également:
Jean-Claude Milner: "La question juive se rouvre à l’échelle de l’Europe entière"

jeudi 22 février 2018

Réaction de Simon Leys à l'assassinat d'Ilan Halimi

Alexandre Devecchio, journaliste pour Le Figaro:
Ils sont tous soudés par l'obsession morbide du tout, tout de suite », écrivait Morgan Sportès à propos du « gang des barbares » dans son livre consacré à l'affaire Ilan Halimi
Après la lecture de cette oeuvre, Simon Leys, qui fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la Révolution culturelle chinoise, «Existe-t-il encore une civilisation européenne?»  
Bendaoud est le visage de la désintégration de certaines banlieues. Le pantin déculturé de l'ère du vide."
Lire l'article complet @ Le Figaro

Lire également:
L'exode des juifs de banlieue qui "craignent désormais pour leur vie" (Alexandre Devecchio)

mercredi 21 février 2018

Alain Destexhe: "Modérés" ou "conservateurs", seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem

Alain Destexhe, sénateur et député bruxellois:
Après des années de tensions, jamais Israël et l’Iran n’ont été si proches d’une confrontation directe. Le régime iranien constitue désormais la principale menace pour Israël, avec lequel il n’a pourtant pas de frontières, mais dont il a juré la destruction. Outre la perspective que les ayatollahs se dotent un jour de l’arme nucléaire, des missiles balistiques classiques peuvent peut-être déjà atteindre l’Etat hébreu. La quasi-victoire de Bachar el-Assad donne la possibilité à ses alliés du Hezbollah et aux milices chiites, sous tutelle iranienne, de se concentrer sur l’ennemi de toujours, le «serpent» israélien. Sur le versant syrien du Golan, une confrontation directe n’est pas exclue. Pour la première fois dans l’histoire tumultueuse d’Israël, un pays hostile a non seulement l’intention affichée de le détruire, mais est en train d’en acquérir la capacité.

Récemment, j’étais dans le nord d’Israël à la frontière libanaise. Sur place, la géographie permet de mieux comprendre les craintes de l’Etat juif. Sur la route qui longe en partie la frontière, on peut encore voir les fortins de la ligne Sykes Picot qui détermine toujours aujourd’hui la limite entre Israël et le Liban. Le contraste est grand entre les deux pays. Côté israélien, l’habitat est clairsemé, la région a été boisée et une agriculture intensive est pratiquée par endroits. Le côté libanais est beaucoup plus peuplé et dépourvu de végétation. Ce sont des maisons et de petits immeubles qui s’étendent à perte de vue, un peu partout, sans aucun plan d’aménagement. Nombre de ces édifices, dont certains sont tout proches de la zone de séparation, semblent inhabités ou en construction. Selon l’armée israélienne, beaucoup abriteraient des armes, des lance-roquettes et des missiles. Du petit kibboutz de Misgav Am situé en hauteur, on voit flotter en face au moins trois drapeaux du Hezbollah, le parti d’Allah. Des soldats observent à la jumelle et au téléobjectif le côté libanais. Un grand camp des Nations-unies, les «UN, United Nothing» comme les appelle notre guide, est aussi tout proche. Cette frontière est calme depuis 2006, mais tous nos interlocuteurs craignent un conflit cette année auquel ils se préparent. (...)

Les conflits impliquant Israël durent depuis tellement longtemps que l’Union européenne a tendance à penser que la sécurité du pays, qui bénéficie toujours d’une écrasante supériorité militaire, est garantie. Il n’en est rien. De Gaza et du Liban, le Hamas et le Hezbollah peuvent d’une heure à l’autre déclencher une pluie de missiles sur Israël, obligeant ce dernier à une forte riposte, des centaines de milliers de civils à se terrer dans des caves et déclenchant une grave crise internationale. Dans ces conditions, Israël ne peut tolérer que l’Iran, qui livre déjà des milliers de missiles au Hezbollah, construise une usine pour les fabriquer au Liban ou en Syrie, comme l’affirment les services de renseignements israéliens et, surtout, que l’ex-Perse soit capable d’ouvrir un troisième front à partir de la Syrie.

L’Europe doit cesser d’aborder l’Iran sous le seul prisme du maintien de l’accord nucléaire, que Trump menace d’ailleurs de ne plus respecter. (...)

«Modérés» ou «conservateurs», seule la rhétorique change dans la politique iranienne vis-à-vis de Jérusalem. Damas, Sanaa et Beyrouth sont déjà sous la coupe de Téhéran. L’expansionnisme perse est une réalité que le président Macron et l’Union européenne doivent reconnaître. Depuis quand un Etat qui appelle ouvertement à la disparition d’un autre et qui s’y prépare est-il traité comme un acteur normal des relations internationales? Depuis les printemps arabes et la création de l’Etat islamique, pas un pays n’a été épargné par des changements majeurs. Une nouvelle recomposition politique est en cours dans la région. Et l’Orient n’a jamais été aussi compliqué.
Lire l'article complet @ Causeur