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jeudi 10 septembre 2020

1945: Une jeune Juive battue à mort par cinq enfants et adolescents allemands


Qui était la jeune Juive de vingt ans, battue à mort par cinq enfants et adolescents allemands?

Lundi, 19 février 1945.

Dans la soirée, un groupe d'enfants et de très jeunes gens du bourg d'Herzogswalde, en Saxe, découvrent dans une ferme une jeune Juive de vingt ans, squelette en tenue rayée échappé d'une marche de la mort passée l'avant-veille.  Le fermier demande au jeune K., dix-sept ans, d'accompagner la déportée au domicile du bourgmestre.  K. commence par frapper la jeune fille avec un nerf de boeuf.  Puis il la charge, évanouie, sur une brouette et quitte la ferme, accompagné de ses camarades.  L'on se propose bientôt de la pendre, mais il n'y a pas de corde à proximité.  K. juge alors que le mieux est de la battre à mort.  À la lumière de leurs lampes de poche, cinq enfants et adolescents martyrisent longuement la jeune fille à coups de nerf de boeuf et de gourdin avant de jeter son cadavre dans un ruisseau.  À son procès, tenu en 1949, le jeune K. racontera avoir été incité au crime par les déclarations de villageois venus observer le passage des déportés.  Selon la foule, ces femmes étaient les mêmes "qui, à l'est, avaient crevé les yeux de soldats allemands".

Jean Lopez, Les cent derniers jours d'Hitler, Tempus, pp. 91-92

mardi 2 juin 2020

Histoire d’un Allemand, de Sebastian Haffner (blog 'Un Idiot Attentif')


Repris du blog Un Idiot Attentif:
[…] Le livre dont il s’agit est Histoire d’un Allemand, de Sebastian Haffner(1). A mesure que je progresse dans sa lecture, je suis stupéfait par la lucidité et l’intelligence de son analyse. Il y évoque, à partir de sa propre expérience et d’une attention fine aux événements ordinaires de la vie, le lent processus de décomposition politique, culturelle et sociale qui a abouti à la prise du pouvoir par les nazis. L’auteur, Raimund Pretzel (Haffner est un pseudonyme, sans doute inspiré par le nom d’une symphonie de Mozart) est né en 1907. Cet ouvrage, écrit en 1939, un an après que Pretzel ait quitté l’Allemagne pour l’Angleterre, lui avait été commandé par un éditeur allemand exilé. Le déclenchement de la guerre en empêcha la publication et ce n’est qu’à sa mort, en 1999, longtemps après qu’il soit revenu en Allemagne, que son manuscrit fut retrouvé dans ses archives par son fils, et publié. […]

Lorsqu’il en vient à évoquer les événements de 1933, Haffner, toujours attentif aux «signaux faibles», redouble de clairvoyance. Dans une digression sur l’histoire, il écrit: «… on est tenté de croire que l’histoire se joue entre quelques douzaines de personnes qui ‘’gouvernent les destins des peuples’’, et dont les décisions et les actes produisent ce que l’on appelle par la suite ‘’l’Histoire’’ (…) Un fait indubitable, même s’il semble paradoxal, c’est que les événements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entres les anonymes, dans le cœur de chaque individu placé là par le hasard, et qu’en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échappent même souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés.» De quoi faire réfléchir à notre responsabilité individuelle face aux événements sociaux et politiques. Appliquant son raisonnement à la guerre de 14-18, il ajoute: «Pourquoi les Allemands ont-ils perdu la guerre en 1918, tandis que les Alliés la gagnaient ? Un progrès dans la stratégie de Foch et de Haig, un relâchement dans celle de Ludendorff ? Nullement, mais dans le fait que ‘’le soldat allemand’’, celui qui composait la majorité d’une masse anonyme de dix millions d’hommes, a cessé soudain d’être disposé, comme il l’était jusqu’alors, à risquer sa vie à chaque attaque et à tenir ses positions jusqu’au dernier homme. Où s'est joué ce changement décisif ? Nullement dans des rassemblement massifs de soldats mutinés, mais, de façon incontrôlée et incontrôlable, dans le cœur de chaque soldat allemand».

mardi 21 avril 2020

Shoah: La pendaison de 20 enfants juifs à l'école de Bullenhuser Damm il y a 75 ans


Les vingt enfants pendus dans l'ancienne école de Bullenhuser Damm, à Hambourg, en Allemagne, pendant la nuit du 20-21 avril 1945, par les Nazis, pour effacer toute trace des expériences médicales par le médecin SS Kurt Heißmeyer au camp de concentration de Neuengamme:
Alexander Hornemann, 8 ans, Pays-Bas
Eduard Hornemann, 12 ans, Pays-Bas
Marek Steinbaum, 10 ans, Pologne
Marek James, 6 ans, Pologne
Walter-Jacob Jungleib, 12 ans, ex-Yougoslavie
Roman Witonski, 7 ans, Pologne
Roman Zeller, 12 ans, Pologne
Sergio de Simone, 7 ans, Italie
Georges André Kohn, 12 ans, France
Eduard Reichenbaum, 10 ans, Pologne
Jacqueline Morgenstern, 12, France
Surcis Goldinger, 11 ans, Pologne
Lelka Birnbaum, 12 ans, Pologne
Eleonora Witonska, 5 ans, Pologne
Ruchla Zylberberg, 10 ans, Pologne
H. Wasserman, 8 ans, Pologne
Lea Klygerman, 8 ans, Pologne
Rywka Herszberg, 7 ans, Pologne
Blumel Mekler, 11 ans, Pologne
Mania Altman, 5 ans, Pologne


@ L'Association des Enfants de Bullenhuser Damm
En avril 1945, les armées alliées ont déjà pénétré loin dans l’Allemagne nazie. L'issue de la guerre ne fait plus aucun doute, même s'il va falloir attendre le 8 mai pour que la capitulation inconditionnelle soit signée. À ce stade, ceux qui se savent coupables de crimes sont occupés à éliminer autant de preuves que possible.

À ce moment là, 20 enfants juifs entre cinq et douze ans se trouvent encore dans le camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg. Il y a dix filles et dix garçons, dont deux paires de jumeaux. Durant des mois, le médecin SS Kurt Heißmeyer a abusé d'eux comme cobayes pour ses expériences médicales: il a injecté aux enfants vivants des bacilles tuberculeux sous la peau et dans les poumons à l'aide de sondes. Il leur a ensuite chirurgicalement enlevé les ganglions lymphatiques. Au cours d'une interrogation en 1964, Heißmeyer déclarera qu'il n'y avait eu pour lui, "aucune différence fondamentale entre les juifs et les animaux de laboratoire."

Le 20 avril 1945, les enfants, ainsi que quatre des prisonniers adultes qui s'occupaient d'eux au camp, sont amenés dans un grand bâtiment à Hambourg, une ancienne école. C'est l'école de Bullenhuser Damm, qui sert d'avant-poste au camp de Neuengamme. Il est presque minuit quand ils arrivent. Parmi les adultes, deux docteurs français, Gabriel Florence et René Quenouille, ainsi que les hollandais Dirk Deutekom et Anton Hölzel. Le groupe est amené à la cave. Les adultes sont pendus à un tuyau au plafond dans la chaufferie. On injecte de la morphine aux enfants, puis, une fois endormis, on les pend aux crochets sur le mur. Le SS Johann Frahm doit peser avec le poids de son corps sur les enfants qui sont si maigres que le nœud ne peut pas se refermer autour de leurs cous. Dans un interrogatoire en 1946, Frahm dira qu'il a "accroché les enfants au mur comme des tableaux". Aucun d'entre eux n'a pleuré.

Le groupe suivant est ensuite pendu, 24 prisonniers de guerre soviétiques. Jusqu'aujourd'hui, on ignore leurs noms.

La vie suivit son cours à Hambourg, comme si le meurtre des enfants n'était jamais arrivé. L'école redevint une école, où les élèves n'apprirent jamais ce qui s'était passé dans la cave du bâtiment. On ne rechercha jamais les parents ou les familles des victimes, et les criminels furent vite oubliés. Seuls quelques ex-détenus du camp de concentration de Neuengamme vinrent chaque année apporter des fleurs à Bullenhuser Damm.
Lire l'article complet

Lire également
l'article de Wikipedia:
Enfants de Bullenhuser Damm
l'article de Tom Gross:
THE CHILDREN OF BULLENHUSER DAMM
l'article:
Joachim Hirsch, 7 ans, exterminé à Auschwitz il y a 75 ans. Souvenons-nous. Et le témoignage de Tadeusz Borowsky


vendredi 27 décembre 2019

Kafka chez les Nazis (Ulrich Alexander Boschwitz, Juif, 23 ans)


Ulrich Boschwitz. Le Voyageur. Ed Grasset. Trad de l'allemand par Daniel Mirsky. 340 p. 19 €.

François-Guillaume Lorrain @ Le Point (via CICAD):
Ulrich Alexander Boschwitz
Comment fuir l'Allemagne de 1938 quand on est juif? Réponse dans ce récit inédit de Boschwitz. Un chef-d'œuvre écrit dès 1939 par un auteur de 23 ans.

Joseph K prend désormais des trains au lieu du chemin du tribunal. Ici, le personnage s'appelle Otto Silbermann. Difficile avec un tel nom, en Allemagne, au lendemain de la Nuit de Cristal (novembre 1938), de passer inaperçu. Alors qu'il négociait en toute hâte la vente de sa maison, on vient l'arrêter. S'échappant par une porte dérobée, Silbermann entame une odyssée ferroviaire. Berlin-Hambourg-Dortmund-Aix-la-Chapelle-la frontière belge-Berlin-Dresde-Berlin: le Reich, qui a fermé ses frontières pour les Juifs, n'est plus qu'un vaste piège. L'araignée nazie a tissé sa toile silencieuse.

Toutes les voies mènent à une impasse et le nœud coulant se resserre autour d'un paria qui se débat avec, pour tout viatique, 40 000 marks dans une serviette. Nouveau juif errant, il échoue dans un café, un restaurant, un hôtel, d'où il repart bientôt, fantôme qui fuit les aryens, dénonciateurs potentiels, comme les siens, pestiférés à éviter. Tout ce qui était simple se complique, la moindre certitude vacille, la vie facile devient impossible. Dans les couloirs de train ou les bureaux, Silbermann croise d'autres silhouettes, des juifs plus pauvres que lui également en cavale, son associé, aryen, qui en profite pour le voler, des citoyens dont il ne sait que penser et qui ne soupçonnent pas son drame.

Il faut dire qu'il ne fait pas juif. Mais au fait, c'est quoi, avoir l'air juif? «Avoir l'air anxieux, alarmé.» Or, le voilà de plus en plus angoissé. «Les Juifs déclarent la guerre à l'Allemagne», lit-il en gros titres sur un journal. «Que ce soit la guerre, j'en suis bien conscient, se dit-il, mais que ce soit moi qui l'ait déclarée, ça, je l'ignorais.» Lui, il a fait la Première Guerre mondiale. «Mais nous étions nombreux dans les deux camps. Aujourd'hui, il n'y a que moi et je dois mener ma guerre tout seul.» Il se bat donc, plein d'humour grinçant – «au moins, je découvre l'Allemagne», «j'aurais dû prendre un abonnement» – ou de désespoir – «quoi qu'on fasse, on attire toujours les soupçons». Il y a bien des sursauts, des parenthèses réconfortantes, mais au fil des échecs, au gré des trahisons d'amis qui soudain l'ignorent, cet Ulysse en déroute en vient à perdre courage et humanité. Une haine grinçante de ses coreligionnaires finit même par le gagner. «Parce que tout ça, c'est à cause d'eux. Qu'ai-je de commun avec eux?» Le suicide le tente. La folie le menace, celle de l'animal qui tourne dans sa cage. Un boléro tragique mené de main de maître.

Chef-d'œuvre oublié

[..] À qui doit-on ce chef-d'œuvre oublié? À un jeune homme de 23 ans, juif, Ulrich Boschwitz, qui les rédigea dans l'urgence à Paris, en un mois, après la Nuit de Cristal et avoir fui l'Allemagne dès 1935. Cette urgence contamine un texte très littéraire, à la fois drôle et désespéré, qui tient aussi, paradoxalement, du reportage: on a l'impression d'y être, sentiment si rare, si précieux, en littérature. Sidérante précocité d'un auteur, capable dès 1938 de restituer ainsi, de l'étranger, la décomposition progressive d'un individu pris dans les rouages d'une machine infernale. […] Parti à Londres avant 1940, Boschwitz eut le triste privilège d'être interné comme Allemand par les Anglais dans un camp australien. L'Histoire, qui n'en avait pas fini avec lui, n'allait pas lâcher cet espoir de la littérature mondiale. Alors qu'il venait d'être libéré en 1942, contre la promesse de s'engager avec les Alliés, son navire, anglais, fut torpillé par un sous-marin allemand près des Açores. Comme son héros, il n'avait pas échappé aux tentacules de la pieuvre nazie.
Lire l'article complet: Kafka chez les Nazis

Lire également par Clara Weiss «La vie nous est interdite... voulez-vous vous conformer à cette réalité?»: La redécouverte en Allemagne du «Fugitif» d'Ulrich Alexander Boschwitz. Extrait:
Enfin, Silbermann tente de franchir la frontière belge, mais il est capturé par des gardes-frontières belges qui veulent le renvoyer. Silbermann proteste:
«Mais je suis un réfugié – je suis juif. Ils voulaient m'arrêter. Ils vont m'incarcérer dans un camp de concentration.»
«Nous ne pouvons pas vous laisser passer. Allez !» …
«Je reste ici ! Vous n'avez pas le droit, vous ne pouvez pas faire ça ! Je suis dans un pays libre, après tout !»
«Vous avez franchi la frontière illégalement.»
«Mais je devais le faire. J'ai été persécuté.»
«Tout le monde ne peut pas venir en Belgique !»
«Mais j'ai des papiers. J'ai de l'argent... Ce n'est pas ma faute si j'ai dû traverser la frontière illégalement. Je suis persécuté.»
«Ce n'est pas la faute de la Belgique. Nous sommes désolés...»
«Je ne peux pas y retourner. C'est impossible.»
«Mais oui, mon ami, c'est très possible.» Italique en français dans le texte
Silbermann est renvoyé et reprend train après train en Allemagne.

samedi 23 novembre 2019

Munich: deux attaques antisémites en une semaine


Deux incidents antisémites ont eu lieu à Munich au début de la semaine.

Des inconnus ont lancé des pierres contre un restaurant israélien à Munich (Haidhausen) causant des dégâts évalués à plusieurs milliers d'euros. Dans le district de Schwabing-West, une stèle érigée à la mémoire des Juifs victimes du régime nazi a été également été vandalisée.

Pour plus de renseignements (en allemand) et des photos, cliquer ICI.

vendredi 22 novembre 2019

Berlin: Nouvelle agression antisémite contre un homme de 76 ans


The Times of Israel:
Berlin : un homme âgé non-Juif victime d’une agression antisémite par un ado. 
Dans cette deuxième agression de ce type à survenir ces dernières semaines, une victime de 76 ans, que les assaillants pensaient juive, a été blessée au front et au nez

(…) L’incident fait suite à une attaque similaire dans ce même district de Berlin le 28 octobre, lorsqu’un homme juif âgé de 70 ans a été victime de propos antisémites et été blessé physiquement par des assaillants inconnus. L’homme ne portait pourtant apparemment rien qui pouvait l’identifier comme Juif.

Dans cette même affaire, lorsque la victime avait tenté de répondre verbalement aux insultes antisémites, elle avait été attaquée et battue, blessée à la tête et au menton. Un piéton était également intervenu, provoquant la fuite des assaillants.
Lire l'article complet

jeudi 21 novembre 2019

Berlin: Un septuagénaire juif victime d’une agression


Times of Israel:
Après une série d'agressions, le maire de la capitale a expliqué que de tels incidents "ne doivent jamais se normaliser"

Un Juif de 70 ans a physiquement été agressé dans une rue de Berlin, mardi, lors d’une attaque apparemment antisémite. Le maire de la ville a promptement réagi, disant que de tels incidents « ne doivent jamais se normaliser ».

La police a expliqué mardi que la victime avait tout d’abord été insultée par un inconnu alors qu’il déambulait dans le quartier Karow, dans la capitale allemande.

L’homme juif s’est défendu verbalement, amenant l’agresseur à le frapper à de multiples reprises, en particulier à la tête et au menton.

Lire l'article complet

lundi 18 novembre 2019

Berlin: Messages anti-israéliens lors des célébrations de l'anniversaire de la chute du mur


Des messages en hébreu hostiles à Israël ont été diffusés à l'occasion des commémorations du 30e anniversaire de la chute du Mur qui eurent lieu le 9 novembre à Berlin: "Mettre fin à l'occupation" et "Des terres sans murs". Ces messages étaient évidemment destinés à ceux qui comprennent l'hébreu.  Or fruit du hasard, le 9 novembre 1938, eut lieu la Nuit de Cristal.  Les nazis, y compris de nombreux civils, assassinèrent 400 juifs, incendièrent des synagogues dans toute l'Allemagne et détruisirent d'innombrables entreprises appartenant à des juifs. Cette nuit marqua le début du meurtre massif de Juifs perpétré par les nazis en Allemagne et dans toute l’Europe.

The Berlin Spectator:
The conflict triggered by anti-Israel statements displayed on stage at the 30th anniversary of the fall of the Berlin Wall celebration on Saturday is continuing. While Berlin’s Culture Senator Klaus Lederer has apologized, the conservative opposition wants to discuss the matter at the House of Representatives. 
During the fall of the Wall anniversary, tens of thousands experienced the big celebration at Brandenburg Gate on site. Many more watched it on ZDF television, which broadcast the big event live. Mainly Israeli spectators, German Jews and the very few others who speak Hebrew understood the political messages in Hebrew which were displayed on a big balloon on stage during a musical performance
Directed at those who Understood 
They said “End the occupation” and “Land without walls”. These messages were obviously directed at those who understood them, and they were shown on the anniversary of the Night of Broken Glass, which coincided with that of the fall of the Berlin Wall. On November 9th, 1938, the Nazis, including many civilians, murdered 400 Jews, burned synagogues in all of Germany and destroyed countless Jewish-owned businesses. That night was the beginning of the Nazis’ mass murder of Jews in Germany and all over Europe.
Lire l'excellent article d'Imanuel Marcus @ The Berlin Spectator

vendredi 8 novembre 2019

Agression antisémite dans une salle de sport en Allemagne devant des témoins qui n’ont pas réagi


Dernières Nouvelles d'Alsace:
Un jeune homme qui portait la kippa a été agressé dans le vestiaire d’une salle de sport de Fribourg, dans le Bade-Wurtemberg. L’agression antisémite s’est déroulée devant des témoins qui n’ont pas réagi.

Un jeune homme qui portait la kippa a été agressé, ce mardi soir, dans une salle de fitness de la ville de Fribourg-en-Brisgau, parce qu’il portait la kippa. L’homme, Samuel Kantorovych, s’est dirigé vers les vestiaires, après son entraînement sportif, pour se changer. C’est alors, expliquent nos confrères de la Badische Zeitung, qu’un homme a attrapé sa tête par-derrière et lui a violemment arraché sa kippa, qui était maintenue avec des pinces. L’agresseur l’a menacé physiquement, lui a lancé des injures antisémites tout en prononçant des paroles pro-palestiniennes. Il a craché dans la kippa de sa victime et l’a jetée dans une poubelle, selon le témoignage de M. Kantorovych.

C’est lorsqu’un autre usager de la salle de sport, plus âgé, est entré dans le vestiaire, que l’agresseur a laissé tranquille sa victime. Il est reparti en lançant aux salariés de la salle de fitness que rien ne s’était passé et que, s’il s’était passé quelque chose, ce serait difficile de le prouver… La police s’est rendue sur place et a mené son enquête, qui a confirmé les faits décrits par Samuel Kantorovych, lequel est «très choqué». «Il y avait dix autres hommes dans ce vestiaire, pas un seul n’a réagi», a confié ce jeune Juif, dénonçant «l’idée naïve» du « courage citoyen». 
Lire l'article complet

Samuel Kantorovych raconte l'agression antisémite sur sa page Facebook

lundi 14 octobre 2019

Allemagne: Un manifestant pour le climat fait un jeu de mots sur l'attaque de la synagogue de Halle


Un manifestant pour le climat à Nuremberg brandit une pancarte avec l'inscription suivante: "Si le climat était une synagogue… qu'est ce qu'on gueulerait fort!!!".  Il s'agit bien entendu d'un jeu de mots déplacé faisant référence à l'attaque antisémite contre la synagogue de Halle.  Une fois de plus on banalise l'antisémitisme.

"Wäre das Klima eine Synagoge .... was für ein Aufschrei!!!"

Source: BILD

jeudi 10 octobre 2019

Trois attaques antisémites en une semaine en Allemagne...


Benjamin Weinthal:

La dernière semaine en Allemagne:

- Halle: un néo-nazi assassine deux personnes près d'une synagogue.
- Berlin: un Syrien avec un couteau tente d'entrer dans une synagogue, et crie "Allahu Akbar" et "Fuck Israel!"
- Massing: Un homme parlant arabe lance une pierre sur la tête d'un Israélien.

Par ailleurs:

La déclaration de Merkel "Nous nous opposons à toute forme d'antisémitisme" contraste avec son refus de qualifier d'antisémite l'appel de l'Iran à "effacer Israël de la carte" et son refus d'interdire l'entité terroriste antisémite Hezbollah en Allemagne.

Et:

Voici comment Merkel "combat" l'antisémitisme:
1) Refuse d'interdire la totalité du Hezbollah, un groupe terroriste et mortellement antisémite.
2) Permet à son envoyé d’assimiler Israël à une entité terroriste, le Hamas.
3) Refuse d'interdire une entité terroriste FPLP.
4) Refuse de qualifier le régime iranien d'antisémite.

Lire également:

Berlin – Capitale de l’Antisémitisme Européen

mardi 8 octobre 2019

Joachim Hirsch, 7 ans, exterminé à Auschwitz il y a 75 ans. Souvenons-nous.


Joachim Hirsch (un petit garçon juif né le 13 mai 1937 à Breslau, Allemagne) fut exterminé dans une chambre à gas dans le camp de Auschwitz II-Birkenau le 6 octobre 1944.

Il y a exactement 75 years. Il avait 7 ans.  Que dire d'une telle barbarie?

Source: Auschwitz Memorial

Ayons également une pensée pour cette petite fille juive dont on connaît les conditions d'extermination grâce à Tadeusz Borowsky:
"D'autres portent une fillette qui a perdu une jambe. Ils la tiennent par les bras et par la jambe qui lui reste. Des larmes lui coulent sur le visage, elle murmure plaintivement: "Messieurs, ça fait mal, ça fait mal..." Ils la jettent sur le camion, parmi les cadavres. Elle brûlera vive avec eux."
Tadeusz Borowski, né le 12 novembre 1922 à Jytomyr en Ukraine et mort le 3 juillet 1951 (à 28 ans) à Varsovie, est un écrivain et journaliste polonais, survivant des camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau, "Mesdames, Messieurs, au gaz, s'il vous plaît", Le Monde de Pierre (écrit en 1946 à 24 ans).

jeudi 3 octobre 2019

Les Allemands arrivaient à l'heure le matin pour tuer et repartaient à l'heure, indépendamment du nombre de Juifs à exécuter


Père Patrick Desbois, professeur à l’université de Georgetown (Washington DC), le père Desbois est investi dans de nombreux travaux de recherche sur la Shoah par balles depuis de nombreuses années:
"[…] Quand j'ai commencé cette enquête, je me suis posé une question: pourquoi les Allemands arrivaient-ils toujours à l'heure le matin pour tuer et repartaient-ils à l'heure, indépendamment du nombre de Juifs à exécuter? Je me suis demandé quel était le protocole dans leur tête. C'est pour ça que j'ai structuré le livre comme une journée. La maîtrise du timing et de la topographie étaient les deux clés de l'équipe génocidaire. Ils voulaient rentrer chez eux après la journée, ils voulaient rentrer pile à l'heure à midi. J'ai découvert que la lenteur était punie de la peine de mort: cela les retardait. Enfin, pour ces tueurs, la journée, c'est comme une barrière. Là-bas, il n'y avait pas la structure des barbelés des camps: l'organisation de la journée, ce timing, c'est le cadre qu'ils avaient. Le chronomètre est la clé d'un massacre: les gens arrivent à tel moment et repartent quand c'est fini. Autrement, ce n'est pas un massacre, mais une fusillade. [..] 
Même s'ils ne sont pas progénocidaires, un génocide se fait toujours avec les voisins et ne manque jamais de travailleurs. Il y a aussi le simple intérêt criminel de prendre les biens de l'autre... Ce que j'ai découvert, c'est que quand on autorise cette activité criminelle tout en la déclarant innocente selon la loi du moment, on ne manque jamais de main-d’œuvre."
Lire l'article complet @ La Vie

À lire
La Shoah par balles: La mort en plein jour, Plon, 2019

lundi 30 septembre 2019

Les Allemands reprochaient en permance aux Juifs leur "impertinence" (Norbert Elias)


Norbert Elias (1897-1990), écrivain et sociologue allemand:

Notes sur les juifs en tant que participant à une relation établis-marginaux (extraits):
"C'est une expérience singulière que d'appartenir à un groupe minoritaire stigmatisé et, en même temps, de se sentir complètement inséré dans le courant culturel et le destin politique et social de la majorité qui le stigmatise. […]

Culturellement très lié à la tradition allemande, j'appartenais de par la structure de ma personnalité à un groupe minoritaire méprisé. Bien que je me fusse libéré de son signe distinctif le plus manifeste, à savoir la religion, le destin singulier de cette minorité - persécutée et méprisée en outre depuis des siècles -, c'est-à-dire le destin social du groupe, s'exprima de façon évidente dans mon comportement comme dans la conscience que j'avais de moi-même et dans ma pensée. […]

Quand j'étais enfant, je savais l'aversion et la haine que l'on éprouvait à l'égard des membres du groupe auquel j'appartenais, mais je n'avais aucune idée de leur ampleur. Mes parents et leurs amis ne m'en donnaient d'ailleurs aucune explication.  Ils se sentaient allemands et cherchaient un peu à ne pas voir la réalité en face. L'antisémitisme apparaissait comme le fait d'une minorité de gens, pour la plupart sans éducation ou peu cultivés, que l'on pouvait considérer avec une certaine condescendance, une sorte de contre-stigmatisation [...]

Dans des villes comme Breslau, les juifs allemands constituaient une société bourgeoise de second ordre; mais comme je l'ai déjà dit, ils ne se considéraient absolument pas eux-mêmes comme des hommes de second ordre.  Le fait que beaucoup de juifs ne reconnussent manifestement pas l'infériorité qu'on leur attribuait, le fait qu'ils se fussent comportés souvent comme s'ils étaient des êtres égaux en droits provoquait par ailleurs l'irritation d'une part importante des membres de la majorité allemande.  Ainsi s'explique en partie le reproche permanent de l'"impertinence juive", qui renforça certainement les sentiments d'animosité à l'égard des juifs."
Norbert Elias par lui-même, 1990

dimanche 15 septembre 2019

Kafka: ce que la situation des Juifs avait d'intenable, harcelés et sans défense (Max Brod)

Max Brod:
"L'aspect négatif de la question, ce que la situation des Juifs a d'intenable, apparaît clairement dans la dernière oeuvre que Kafka ait achevée - et qu'il destinait à l'impression -, le récit: Josefine, die Sängerin, oder das Volk der Mäuse.  Il n'est pas besoin de désigner expressément le peuple auquel se rapporte la description des bandes de souris harcelées et sans défense.  Voyez par exemple comme la vanité de la vedette, du littérateur, de la "personnalité" dirigeante s'affirme même au cœur des soucis les plus pressants que puisse connaître le peuple: ce tableau du protagoniste persuadé que le monde n'a attendu que lui, sa venue libératrice, sa parole irremplaçable, s'applique malheureusement aussi à une situation très commune dans les milieux politiques et littéraires du judaïsme, celle de l'homme qui se croit seul élu et ne prend pas la peine de considérer ce que font et disent les autres, rejetant leurs conseils avec une suffisance sarcastique et dédaigneuse."
Franz Kafka, Souvenirs et Documents, traduit de l'allemand par Hélène Zylberberg, NRF Gallimard, 1945

Lire également sur Kafka

lundi 9 septembre 2019

"La fabrique des salauds": Petit-fils de S.S, avec Chris Kraus


Akadem - conférence:

http://www.akadem.org/magazine/2019-2020/petit-fils-de-s-s-avec-chris-kraus-28-06-2019-112619_4852.php


PLAN DE LA CONFÉRENCE:
Elevé dans le nazisme
"Mon grand-père S.S était vu comme un héros" (5 min)
Un monstre sympathique
Un déni familial (4 min)
Venu du monde de la mort
Tuer les gens qu'on aime (4 min)

jeudi 5 septembre 2019

Scènes d'horreur à Auschwitz (Tadeusz Borowski)


Tadeusz Borowski, né le 12 novembre 1922 à Jytomyr en Ukraine et mort le 3 juillet 1951 (à 28 ans) à Varsovie, est un écrivain et journaliste polonais, survivant des camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau.

"Mesdames, Messieurs, au gaz, s'il vous plaît", Le Monde de Pierre (écrit en 1946 à 24 ans).
"Dispersés dans les coins, parmi les excréments et les montres perdues, il y a des bébés étouffés, piétinés, des petits monstres nus aux têtes énormes et aux ventres gonflés. On les attrape comme des poulets, plusieurs à la fois."
"On traîne un vieillard en frac, avec un brassard. Le vieillard heurte le gravier, les cailloux, de la tête; il gémit et répète sans relâche, comme une litanie: "Ich will mit dem Herrn Kommandanten sprechen, je veux parler avec le commandant." Il répète cette phrase tout au long du chemin, avec un entêtement sénile. Lancé sur un camion, piétiné, étouffé, il geint encore: "Ich will mit dem…" 
- Calme-toi, bonhomme, ah mais! lui crie un jeune SS qui part d'un rire sonore. Dans une demi-heure tu causeras avec le commandant suprême! Et n'oublie pas de lui dire "Heil Hitler!"

D'autres portent une fillette qui a perdu une jambe. Ils la tiennent par les bras et par la jambe qui lui reste. Des larmes lui coulent sur le visage, elle murmure plaintivement: "Messieurs, ça fait mal, ça fait mal..." Ils la jettent sur le camion, parmi les cadavres. Elle brûlera vive avec eux."
"Et il fit siffler sa cravache sur nos dos. J'attrapai un cadavre: une main s'enroula convulsivement autour de la mienne. Je me dégageai en poussant un cri et m'enfuis. Je fus pris tout à coup de nausées. Je vomis, accroupi sous le wagon. Titubant, je me glissai près des rails."

dimanche 1 septembre 2019

Max Liebermann, peintre impressionniste, réaliste et victime du nazisme

Papageienallee (1902)
Max Liebermann, impressioniste et réaliste (vidéo d'Arte)
"Max Liebermann, à quatre-vingt-six ans et probablement le peintre allemand le plus connu à l'époque, était trop âgé pour émigrer lorsque Hitler arriva au pouvoir.  Ancien président de l'Académie prussienne des arts et, en 1933, son président d'honneur, il avait reçu la plus haute décoration allemande, Pour le Mérite. Le 7 mai, Liebermann démissionna de l'académie. Comme le peintre Oskar Kokoschka écrivit de Paris dans une lettre adressée au rédacteur en chef du Frankfurter Zeitung, aucun des collègues de Liebermann n’avait jugé nécessaire de prononcer un mot de reconnaissance ou de sympathie. Isolé et ostracisé, Liebermann décéda en 1935; seuls trois artistes 'aryens' assistèrent à ses funérailles. Sa veuve lui survécut. Quand, en mars 1943, alitée et âgée de quatre-vingt-cinq ans, la police arriva chez elle  avec une civière pour la déporter vers l'Est, elle se suicida en avalant une overdose du barbiturique Véronal." (traduction Google)

"Max Liebermann, at eighty-six possibly the best-known German painter of the time, was too old to emigrate when Hitler came to power. Formerly president of the Prussian Academy of Arts, and in 1933 its honorary president, he held the highest German decoration, the Pour le Mérite. On May 7 Liebermann resigned from the academy. As the painter Oskar Kokoschka wrote from Paris in a published letter to the editor of the Frankfurter Zeitung, none of Liebermann’s colleagues deemed it necessary to express a word of recognition or sympathy. Isolated and ostracised, Liebermann died in 1935; only three “Aryan” artists attended his funeral. His widow survived him. When, in March 1943, the police arrived, with a stretcher, for the bedridden eighty-five-year-old woman to begin her deportation to the East, she committed suicide by swallowing an overdose of the barbiturate Veronal.”
Saul Friedländer, In Nazi Germany & the Jews, the Years of Persecution 1933-39, Weidenfeld & Nicolson (1997)

lundi 26 août 2019

Pour un théologien protestant allemand Israël fait partie de l'Holocauste


Lire également (en allemand): Theologen gegen Israel @ Judische Algemeiner

Gerd Buurmann: German theologian says Israel is part of the Holocaust (via Watch: Antisemitism in Europe)
""Western Christianity’s guilt-ridden anti-Judaism and Western anti-Semitism resulted in two catastrophes," explains Protestant theologian, Ulrich Duchrow [professeur à l'Université de Heidelberg]. One catastrophe is the murder of six million Jews. So, what was the other catastrophe? The theologian is very specific: "The silence of the West concerning Israel’s efforts, made possible through the United Nations (UN), to divide up Palestine".

It seems only an Protestant theologian can perform this magical trick: Ulrich Duchrow says that the mass murder of Jews in Europe and the present State of Israel are the two sides of a coin in regard to the Holocaust.

That’s how the German theologian legitimizes violence against Jews which he calls "resistance": "Indeed, over the decades, Palestinians have resisted the illegal occupation, which is contrary to international law." Ulrich Duchrow lists "stone throwing", as well as "stabbings and a few rockets fired against Israel" as types of resistance against repression. […]

Ulrich Duchrow romanticizes the anti-Semitic campaign BDS as a "non-violent initiative to end the occupation" and blurts out sentences like this: "A now a once more innocent Germany and an Israel that is inherently innocent because of its role as a victim in the Holocaust support each other in their thirst for power". 
The conclusions are mind-boggling: Israel is eternally innocent because of the Holocaust. Remembering a crime like the Holocaust is not just compelling logic, but reflects evil intentions on the part of the Jews. Israelis don’t have feelings, fears, and traumas. Jews remember the Holocaust not because they can’t forget it, but because they don’t want to forget it. They use the Holocaust like a cold weapon, calculating and emotionless. They must be a truly "desperate, thoroughly evil poisonous, and devilish" lot."
Lire l'article complet @ Tapfer im Nirgendwo blog

jeudi 15 août 2019

Deux rabbins attaqués à Berlin en deux semaines


Daily Mail:
Rabbi is assaulted in Berlin in second such attack in the German capital in two weeks 
- A German publication said the victim's name is Rabbi Jan Aaron Hammel
- Comes just two weeks after another rabbi was sworn at and insulted in Berlin
- Reports said the attacker spoke in Arabic before assaulting the Rabbi
- Other hate crimes have been reported in Potsdam and Munich
- Report found that anti-semitism among immigrant Muslims is pervasive
- Victim Rabbi Teichtal called for 'tolerance, dialogue and training' in statement

Berlin police say two unidentified suspects pushed a Rabbi to the ground in Charlottenburg, Berlin making this the second anti-semitic attack in the capital in two weeks.

Police said Thursday the victim was identifiable as Jewish by his attire and was treated in hospital for pains in his legs and hands.  Though police did not name the victim, the daily German Bild newspaper identified him as Jan Aaron Hammel. 

According to the publication, the men spoke Arabic before pushing him.

Two weeks ago, another rabbi, Rabbi Yehuda Teichtal, said he was insulted and sworn at by two Arabic-speaking men in Wilmersdorf, a district of Berlin.  
After the incident, he called for 'tolerance, dialogue and training' in a statement.  
An attack in Munich saw a man verbally abused and one of his 19-year-old sons spat on and a Potsdam man wearing a kippa had anti-semitic slurs shouted at him as he alighted a tram. 
Police said most of the attacks have been on men who appeared Jewish from their attire. 

A recent study by the American Jewish Committee’s Ramer Institute for German-Jewish Relations in Berlin found that anti-semitism is pervasive among the million immigrant Muslims in Germany.  
Lire l'article complet

Contexte:
Though police did not name the victim, the daily German Bild newspaper identified him as Jan Aaron Hammel.