lundi 30 octobre 2017

Francis Huster: "C’est une honte qu’Israël ne fasse pas partie de la francophonie"


Francis Huster, acteur, metteur en scène, réalisateur et scénariste: 
"C’est une honte qu’Israël ne fasse pas partie de la francophonie, un pays qui compte des centaines de millers de francophones. Cette honte, cette lâcheté dont la France est responsable, nous allons y remédier avec la culture."
Source: Tel-Avivre

dimanche 29 octobre 2017

Ulrich Beck: "Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau" (2003)

Ulrich Beck (1944-2015) était un sociologue allemand:

"Une forme de vision sélective se manifeste chez les Allemands et les autres Européens. On proteste contre la pugnacité des Israéliens en ignorant avec désinvolture la terreur des attentats-suicides par laquelle des Palestiniens tyrannisent la société civile israélienne. Quand une Palestinienne se fait sauter dans un café où se trouvent également des Israéliennes et leurs enfants, on entend dire parfois qu’il faudrait aussi considérer - non pour excuser mais pour comprendre - qu’on a affaire à des victimes dont les actes ne font que refléter l’oppression subie et qu’on ne saurait sans autre forme de procès attendre de Palestiniens si profondément atteints dans leur dignité qu’ils reconnaissent que faire sauter des enfants est, au sens strict du terme, inadmissible. [...]

Le visage hideux de l’antisémitisme n’est pas nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’enchevêtrement du global et du local au sein des conflits, c’est la globalisation du conflit israélo-palestinien. Et c’est ce paradoxe qui fait que c’est précisément la sensibilité aux droits de l’homme - et la critique d’Israël qui en découle - qui vient menacer les digues édifiées contre l’antisémitisme."
Source

Lire également:
François Bluche, historien, compare Israël à la Prusse de 1740

samedi 28 octobre 2017

Walter Hollstein: "Avec les Juifs, les Arabes expient les crimes du fascisme allemand"

"On a aussi de quoi s'étonner en lisant tel ouvrage [de Walter Hollstein, 1972] sous-titré Zur Sozialgeschichte des Palästina-Konflikts ("L'Histoire sociale du conflit palestinien"), qui a été très remarqué et beaucoup lu en Allemagne et qui commence par cette phrase tout à fait pernicieuse: "Les Juifs, qui ont souffert comme aucun autre peuple durant les millénaires de leur histoire, en font maintenant souffrir d'autres au Proche-Orient."  Reprenant librement la fréquente allégation selon laquelle Israël mènerait une politique dont le seul objectif serait de profiter de la Shoah, l'auteur ajoute que les crimes des Allemands auraient donné "'carte blanche' aux Juifs du Proche-Orient".  Il réussit également à écrire non sans virtuosité sur les "protestations", "émeutes" et "grèves" arabes des années 1921, 1929 et 1937, sans jamais évoquer le terrorisme arabe et ses victimes.  En exposant les faits de cette manière on ne peut considérer la création de l'État juif que comme une "injustice": "Lorsque le national-socialisme eut amorcé son déclin politique, il trouva  indirectement une autre victime: avec les Juifs, les Arabes expient les crimes du fascisme allemand.""
Walter Hollstein, Kein Frieden um Israel. Zur Sozialgeschichte des Palästina-Konflikts, S. Fischer, 1972

vendredi 27 octobre 2017

Accusation: les étudiants israéliens en Belgique sont des agents du Mossad

A l'occasion du Festival du Film Solidaire, le centre culturel de Nivelles, près de Bruxelles, a projeté le film, This is my Land, de Tamara Erde, une réalisatrice de gauche franco-israélienne. Le projection a été suivie d'un débat avec Marianne Blume.  Ca fait des années que Marianne Blume est invitée à de nombreux événements organisés en Belgique francophone dont l'objectif est de littéralement "démolir" Israël.  

Elle est membre de l'Association Belgo-Palestinienne Wallonie-Bruxelles (ABP).  Celle-ci existe et prospère depuis plus de 40 ans, sous la houtette de Pierre Galand, pour lequel Israël est un état voyou.  Cette association belge francophone est vraisemblablement la plus ancienne au monde dont le seul but est d'inculquer la haine, le dégoût et la peur d'Israël, en lançant des appels au boycott, en créant des tribunaux pour juger Israël, en organisant des voyages, des cours, des conférences etc.  L'ABP se flatte d'avoir "aussi des comités locaux qui travaillent dans vos régions vers les citoyens et décideurs  des quatre coins de la Belgique francophone: Bruxelles – Liège –  Wallonie Picarde – Mons – Namur".

Le magazine flamand Joods Actueel rapporte que, lors du débat qui a suivi la projection du film, Marianne Blume a déclaré que presque tous les jeunes israéliens qui étudient en Belgique sont des agents du Mossad. "Tout ce qui vient d'Israël devrait être boycotté", a-t-elle ajouté.

Elle a également insinué qu'Israël est un corps étranger au Moyen-Orient.


Marianne Blume a dénoncé le fait que la Belgique coopère avec Israël dans la lutte contre le terrorisme.
Elle a soutenu qu'une telle coopération est une "menace pour la démocratie belge". 


L'événement était organisé par une femme politique de centre-droit (CDH), Evelyne Vanpée, conseillère à la ville - le bourgmestre de Nivelles est également de droite (MR). Contactée au sujet des déclarations et accusations de Marianne Blume, Mme Vanpée a précisé qu'elle n'y était pas et n'a exprimé aucun regret.  


En 2008, Evelyne Vanpée a participé, avec l'ancien ministre socialiste André Flahaut, à un événement de rue également à Nivelles où les Israéliens furent comparés aux nazis. A l'époque, le Centre Simon Wiesenthal avait exprimé sa révulsion face à la manipulation répugnante de l'opinion publique mise en scène à Nivelles.

Il est donc inexact de prétendre que seules la gauche et l'extrême gauche font de l'Israël-bashing.  

On peut supposer que Marianne Blume, dont le fonds de commerce très apprécié est la propagation de la haine d'Israël et même de ses enfants, et qui est une conférencière très sollicitée dans ce domaine, colporte régulièrement ce genre d'accusations anti-israéliennes et de théories de complot devant un public réceptif à ce type de discours.


Ses attaques contre de jeunes étudiants israéliens sont particulièrement inquiétantes. En prétendant que c'est un secret de Polichinelle qu'ils sont des espions, elle et ses nombreux partisans mettent leur sécurité en danger. Non seulement ça, mais le sous-entendu que ces jeunes portent un grave préjudice aux valeurs et à la sécurité de la Belgique (et par extension à d'autres pays européens?) sont le reflet d'une réelle peur.  Il n'y a aucun que ces gens sont absolument convaincus de ce qu'ils disent et qu'ils ont peur d'Israël. 

De telles accusations ont été proférées dans un centre culturel géré par les autorités de la ville sans qu'il y ait eu la moindre contradiction de la part des organisateurs et du public. 

Il convient de saluer Joods Actueel d'avoir dénoncé la teneur d'un tel événement.  L'affaire a été relayée sur Internet. 

At film screening, "expert" says that all Israeli students in Belgium are Mossad agents
Belgium: Israeli students in Belgium accused of being Mossad agents
’Almost all young Israelis who study in Belgium are Mossad agents'

jeudi 26 octobre 2017

Philippe Val: Pascal Boniface a "semé une petite graine scandaleuse qui a fini par germer"


Philippe Val est chroniqueur et essayiste:
"Pour avoir la paix aujourd'hui, on laisse germer la graine d'une discorde qui adviendra demain.

Ce qui s'est passé au Parti socialiste avec Pascal Boniface en 2001 en est éclairant.  Chargé de remettre au bureau politique une étude sur la politique étrangère, il propose un changement de cap.  Il s'agissait de rompre avec la politique "trop équitable" du PS, dans le conflit israélo-palestinien, et d'afficher un antisionisme qui ne manquerait pas de séduire les quelques millions d'électeurs français issus du monde musulman.  La France ne comptant plus que quelques centaines de milliers de Juifs, le bénéfice électoral était vite calculé.  Si le PS voulait revenir au pouvoir, il fallait qu'il lâche Israël.

A l'époque, le rapport de Boniface a fait scandale, et il a été exclu du bureau politique du Parti socialiste.  S'il a perdu sur le moment, il a gagné à moyen terme.  Car, au fond, il avait semé une petite graine scandaleuse qui a fini par germer, et qui, en l'espace de quinze ans, a envahi une bonne partie du jardin socialiste, à l'exception d'un courant désormais extrêmement minoritaire. Disons, pour faire vite, que seuls les rocardo-doloristes, d'où sont issus Delanoë, Valls et quelques autres, sont restés irréprochables.  Ils sont largement détestés par la "vraie gauche"."
Malaise dans l'inculture, Grasset (pp. 192-193), 2015

Note: "Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS, s’est vu attribuer les insignes d’officier de la Légion d’honneur par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, jeudi 17 octobre 2013 au Quai d’Orsay."

Lire également:
Philippe Val: "le conflit israélo-palestinien, véritable trou noir journalistique"

mercredi 25 octobre 2017

Alain Besançon: "Il y a une matrice de compréhension commune au christianisme et au judaïsme"


Alain Besançon est historien, membre de l'Institut et directeur d'études à l'EHESS:
"Les liens entre la religion juive et la religion chrétienne sont différents des liens avec l'islam. Pour les chrétiens, il y a une continuité entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Le christianisme naît d'une annonce juive (le messie) et les titres de créances de la religion catholique sont tous dans l'Ancien Testament. En outre, il y a une matrice de compréhension commune au christianisme et au judaïsme. Cette matrice est la notion d'alliance entre Dieu et son peuple. Cette notion d'alliance n'existe pas dans l'islam. Il n'y a pas l'équivalent dans cette religion de l'alliance passée avec Abraham, Moïse et le Christ. Enfin la prière du christianisme est fondamentalement celle des juifs, c'est-à-dire les psaumes. Il faut rappeler que les écritures juives et chrétiennes sont considérées, dans l'islam, comme des écritures falsifiées. Dans le monde musulman, la Bible n'est pas éditée. Elle est interdite parce qu'elle est considérée comme fausse. Ce qui reste valable dans la Bible se trouve dans le Coran, pas dans la Bible."
Le Figaro

mardi 24 octobre 2017

Isaiah Berlin: "Les Israéliens n'ont pas de problème existentiel"

Isaiah Berlin (1909-1997) était un philosophe politique et historien des idées sociales et politiques en Occident. Ramin Jahanbegloo est un philosophe politique iranien et un professeur d'université.
Pensez-vous que la fondation de l'État d'Israël a résolu le problème juif?

Pour les Juifs pris en tant qu'individus, non.  Pas le problème personnel mais le problème politique, oui.  Les Israéliens n'ont pas de problème existentiel. Il existe à coup sûr d'autres problèmes auxquels ils sont confrontés, et des problèmes sérieux, mais ils se sentent tout à fait bien dans leur peau. C'est cela que je veux dire.  Ils ont payé le prix, mais le résultat semble en valoir la peine.  Même les Juifs américains qui ont soutenu Israël se sentent moins étrangers aux Etats-Unis que dans les années trente. 
De la même manière que les Grecs ont la Grèce, les Allemands l'Allemagne, les Juifs ont une patrie en Palestine, à Jérusalem.  Sur un plan psychologique, c'est une patrie de substitution. Les Juifs d'origine polonaise ne sentent pas leurs racines en Pologne.  Si les Juifs ne possèdent pas de racines géographiques réelles, en imaginer d'autres les a rendus heureux, grâce à un prodigieux acte de restitution psychologique: le fait d'être décolonisé.

 En toutes libertés, Entretiens avec Ramin Jahanbegloo, Editions du Félin, (p. 111), 1990

Voir également:
Alexandre Kojève, penseur hégélien: "Les Juifs ont l'histoire la plus intéressante de tous les peuples"