Et les médias arabes trouvent que c'est le devoir de l'Occident d'intervenir... "
Arab media push for US intervention in Syria, Gulf backed pan-Arab media leads media blitz; articles focus on shaming Obama into action using moral arguments."
Et comme si ce n'était pas assez: "
Arab media forlornly blames West for Syria massacre - It is one thing to criticise Obama's muddled Syria policy. it's another for those who routinely slam American "meddling" to blame him for the massacre."
Benoît Rayski @
Atlantico
En Syrie, l’horreur est permanente depuis des mois. Maintenant, elle est chimique, ce qui heurte les consciences les plus cyniques. De toutes parts on entend donc monter cette douloureuse interrogation: «Mais que fait la communauté internationale?» Le terme de «communauté internationale » est une de ces expressions vides de sens dont l’unique utilité est de servir aux discours des chefs d’État et aux «Unes» gémissantes des journaux. Car c’est quoi, la «communauté internationale»? [...] Le ronflant vocable de «communauté internationale» désigne en réalité, une fois enlevé son déguisement langagier, les puissances occidentales, États-Unis en tête. C’est à elles, et à elles seules, que l’on demande d’agir militairement pour faire cesser le massacre en Syrie. Peut-être le nouveau «fardeau de l’homme blanc», pour reprendre l’expression de
Kipling…
Mais la Syrie n’a-t-elle pas des voisins tout proches de la scène où se déroulent les tueries? Mais la Syrie n’est-elle pas un pays arabe? Mais la Syrie ne faisait-elle pas, jusqu’à il y a peu, partie de la Ligue arabe, habituée certes aux massacres régionaux, et qui a trouvé que
Bachar al-Assad en faisait un peu trop? Pourquoi eux, qui ont mis le régime syrien au ban du monde arabe, n’interviennent-ils pas? L’Arabie saoudite a la plus puissante aviation de la région: ses avions sont à une heure de vol de Damas. L’Égypte dispose elle aussi d’une force aérienne redoutable, formée et entraînée par les Américains: pour elle aussi, Damas c’est trop loin. La Jordanie, plus petite, dispose d’une des meilleures armées de terre de la région: juste une frontière tenue par ses alliés de l’Armée syrienne libre (ASL) à franchir. Le Qatar, côté militaire, n’est pas non plus à plaindre: mais il préfère utiliser ses milliards pour entraîner les hommes de l’ASL. Envoyer des soldats qataris, jordaniens, égyptiens ou saoudiens en Syrie? Mais – comme on dit à la récré – ça s’fait pas! C’est aux Occidentaux d’y aller, avec la bénédiction plus ou moins gênée et hypocrite de la Ligue arabe. [...]
Par principe, les armées arabes ne tuent pas d’autres Arabes. Sauf les leurs. L’armée syrienne prouve tous les jours son excellence dans ce domaine. L’armée irakienne, du temps de
Saddam Hussein, a été très efficace pour exterminer les Kurdes et les chiites. L’armée libyenne a -
Kadhafi régnant - démontré son savoir-faire sanglant jusqu’à ce que l’aviation occidentale (pas arabe!) eut raison d’elle. L’armée jordanienne a su, il y a longtemps certes, massacrer les Palestiniens révoltés. Et l’armée égyptienne, de façon certes modeste comparée aux autres, a, au Caire et ailleurs, montré que son doigt sur la gâchette ne tremblait pas.