L’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ne bénéficie qu’à l’Iran par Yossi Lempkowicz, conseiller à Media Europe Israel Press Association (
EIPA) paru dans
Le Soir.
L’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, salué comme «historique» par les dirigeants européens dès lors qu’il ouvre un «nouveau chapitre» des relations avec le régime iranien, mais décrit à Jérusalem comme «plus mauvais qu’on aurait imaginé» pour la sécurité de l’État d’Israël, laisse plus de questions ouvertes que de réponses.
Comme après toutes négociations – celles-ci auront duré bien au-delà de la date butoir du 30 juin – il faut un accord, qu’il soit bon ou mauvais. On a vu cela également avec l’accord sur la crise de la dette grecque. Il fallait un accord – bon ou mauvais- à tout prix pour éviter la sortie de la Grèce de la zone euro.
À Vienne, entre les pays membres du P5+1 et l’Iran il fallait un accord à tout prix car on ne souhaitait pas prolonger les négociations ad vitam aeternam.
Quelles conséquences à long terme?
Mais a-t-on pensé aux conséquences de cet accord non pas à court terme mais à plus long terme? Dans dix ans, l’Iran, qui aura retrouvé une virginité internationale et aura encaissé des milliards de dollars après la levée des sanctions et de l’embargo sur les ventes d’armes, sera à nouveau en mesure de remettre l’ouvrage sur son programme nucléaire militaire tout en développant son hégémonie agressive dans la région.
L’accord va sans nul doute provoquer une course aux armes conventionnelles et nucléaires dans la région. Des pays comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte et la Turquie ont déjà fait savoir qu’ils poursuivront des capacités nucléaires similaires à l’Iran. La région la plus dangereuse au monde va devenir encore plus dangereuse contrairement à ce que pensent les dirigeants européens qui s’imaginent naïvement que l’accord va pousser l’Iran à coopérer avec l’Occident pour résoudre les conflits en Syrie, au Yémen, en Irak et venir à bout de Daesh…
Ce qui surprend le plus, au-delà de la discussion sur le fond de l’accord, est le fait que ceux qui l’ont négocié, les Européens et les Américains, ont tout simplement occulté l’aspect principal, le nœud du problème : l’Iran est aujourd’hui le sponsor numéro un du terrorisme dans le monde. Faut-il encore rappeler son soutien financier et militaire au régime syrien de Bashar el-Assad, au Hezbollah, à Hamas et autres rebelles Houthis au Yémen?
Et que dire de l’appel lancé régulièrement par les dirigeants iraniens à la destruction d’Israël qualifié de «cancer sioniste». Ce sujet a-t-il été «négocié» à Vienne? En a-t-on même discuté? Quatre jours avant la conclusion de l’accord, des milliers d’Iraniens paradaient dans Téhéran en criant «Mort à Israël», «Mort aux États-Unis» et aussi «Mort à l’Arabie Saoudite».