lundi 31 mars 2008

Anne Frank: "je vois comment le monde se transforme lentement en un désert"


"Il m’est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion, je vois comment le monde se transforme lentement en un désert, j’entends plus fort, toujours plus fort, le grondement du tonnerre qui approche et nous tuera, nous aussi, je ressens la souffrance de millions de personnes et pourtant, quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s’arranger, que cette brutalité aura une fin, que le calme et la paix reviendront régner sur le monde.", Journal d’Anne Frank, 15 juillet 1944

"Anne Frank est morte peu avant la fin de la guerre, au printemps 1945, dans un camp de concentration à Bergen-Belsen, en Allemagne. Elle n’avait pas seize ans. Elle fut l’une des victimes d’une des périodes les plus noires qu’ait connue l’humanité, une victime parmi un million et demi d’enfants assassinés durant la Shoah au seul motif qu’ils étaient nés juifs. Anne nous a laissé son témoignage dans son Journal. Il constitue un message bouleversant aux générations futures. Le Journal d’Anne Frank "figure désormais au patrimoine de la littérature universelle" (Simone Veil, Strasbourg 2002)."

Anne Frank, une histoire d'aujourd'hui (CIDEM)

samedi 29 mars 2008

Bruno Guigue, oumma.com et ses défenseurs

Malgré ses nombreux articles et livres, l'audience de Bruno Guigue était, à juste titre, limitée aux visiteurs du site islamiste oumma.com; mais la donne a changé quand l'ancien Rédacteur en chef du Monde, Luc Rosenzweig, est tombé sur "Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU".

En quelques phrases BHL nous donne une description du personnage et de ses soutiens. "Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy - Sur un certain antisarkozysme..." (extraits):

"Dimanche. Brève annonce sur LCI. Un sous-préfet de Charente-Maritime vient d'être démis de ses fonctions sur instruction de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Motif ? Manquement au devoir de réserve qui est de règle pour les serviteurs de l'Etat. Et ce à cause d'un "point de vue" donné au journal en ligne Oumma.com et où il est question d'Israël comme du seul Etat au monde où les snipers abattent les fillettes à la sortie des écoles et où les centres de torture font, pour cause de shabbat, relâche le samedi. Air connu. Rien de nouveau sous le soleil de l'insondable bêtise politique. Sauf que ce passage à l'acte vient, et c'est une première, d'un haut fonctionnaire de la République. Et sauf que le haut fonctionnaire a choisi, pour briser son devoir de réserve, non pas un grand quotidien, un magazine, une radio, mais l'organe officieux des Frères musulmans en France et, en particulier, de Tariq Ramadan.

La nuit passe. L'affaire me trotte dans la tête. Car il n'y a pas qu'Oumma. Il y a le nom de l'homme qui, lui aussi, me dit quelque chose. Guigue... Sous-préfet Bruno Guigue... Je cherche dans mes souvenirs. Je sollicite l'ami Google. Et, très vite, cela me revient: mais oui, bien sûr! le même Guigue qui, à mon retour du Darfour, avait donné au même Oumma un article particulièrement infect sur moi (ce qui n'est pas bien grave) et sur la tragédie des Darfouris (ce qui est, évidemment, plus sérieux). La coïncidence est presque trop belle. Car confirmation, au laboratoire, de ma vieille thèse sur l'effet d'aveuglement que produit, immanquablement, la monomanie antisioniste. Pourquoi n'entend-on jamais les adversaires d'Israël sur le Tibet? les guerres oubliées d'Afrique? la Bosnie, il y a quinze ans? pourquoi s'acharnent-ils, aujourd'hui, à nier le martyre du Darfour? Eh bien voilà. La preuve par Guigue. Un martyre n'intéresse ces gens que lorsqu'il est le fait d'Israël ou, je cite, de son larbin américain. Un massacre où ni Israël ni les Etats-Unis n'ont trempé ne jouit, dans la galerie de clichés qui leur tient lieu de vision du monde, que d'une existence de second genre.

Sur ma lancée, naviguant de site en site, je tombe sur toute une nébuleuse d'autres sites venant en défense du "courageux" fonctionnaire sanctionné. Je ne les nommerai pas, ces sites. Je ne veux pas leur faire de publicité et ne les nomme donc pas. Mais ce que je découvre c'est -nouvelle surprise- qu'ils sont, en effet, très nombreux ; que, du rouge (altermondialiste) au brun (Front national et apparentés) ou au vert (islamiste radical), ils couvrent l'essentiel du spectre du pire; et qu'ils s'accordent tous, en fait, sur une représentation articulée en trois propositions aussi délirantes que simples. Israël est un Etat nazi. Le monde est organisé pour dissimuler cette vérité. Et le cerveau de ce complot, son chef d'orchestre clandestin, le véritable agent des noirs desseins de l'éternelle "Internationale juive", se trouve être ici, à Paris, juste au-dessus de chez Alliot-Marie qui n'est, avec Kouchner, Attali et autres nouveaux "Juifs Süss" (je cite toujours la même plaisante littérature), qu'un instrument docile entre ses mains-il n'est autre, ce juif honteux, caché, chanoinisé, mais démasqué, que... Nicolas Sarkozy lui-même!"
Source: © Le Point

vendredi 28 mars 2008

De la haine médiatisée

Editorial: "de la haine médiatisée de Jean-Marie Allafort
(repris du site "Un Echo d'Israël")

"Le peuple palestinien souffre. Nous qui vivons en Israël nous ne pouvons sans doute pas mesurer la profondeur de cette souffrance ni ses implications. Il nous est interdit de la minimiser et, à plus forte raison, de la mépriser.

La cause palestinienne gagne-t-elle en noblesse lorsque après un attentat comme celui contre des adolescents de l’Institut talmudique à Jérusalem, les foules en liesse sortent dans la rue, distribuent des sucreries et se réjouissent de la mort d’innocents ? Ces scènes sont révoltantes. Elles se répètent souvent, trop souvent. Sont-elles comme inscrites dans une culture qui devient celle de la haine ? Déjà, lors de la première guerre du Golfe, des jeunes religieux catholiques palestiniens de Bethléem étaient montés sur les toits avec des cris de joie en entendant que des scuds étaient tombés sur Tel Aviv. Comment peut-on en arriver à un tel degré de haine ? Cette haine contre Israël est contagieuse. Elle prolifère dans des contrées lointaines sans aucune raison objective apparente.

La haine n’est le monopole d’aucun peuple. Elle existe aussi en Israël contre les Arabes dans certains milieux. Nous en avons souvent de tristes exemples. Cependant, je n’ai jamais vu en Israël des manifestations de joie quand des enfants palestiniens - et même des terroristes - étaient tués par Tsahal. Lorsqu’il y a mort d’enfants, on a honte. Le judaïsme interdit de se réjouir de la défaite de l’ennemi et de sa mort. Un texte de la tradition raconte même que lorsque les fils d’Israël ont traversé le Mer Rouge, les anges ont commencé à chanter mais Dieu les a fait taire à cause de la mort des Egyptiens. Israël en a tiré une leçon.

En lisant les quelques 600 pages du rapport de la commission Vinograd sur le deuxième guerre du Liban - texte indigeste s’il en est - j’ai été frappé par les termes respectueux que les doctes enquêteurs utilisaient pour parler du Hezbollah, l’ennemi. Toute bassesse, même dans le vocabulaire, ne peut qu’entraîner un profond mépris qui évolue bien souvent en haine irraisonnée.

Durant l’opération « Hiver chaud » , j’ai zappé longuement sur les chaînes de télévision arabe. Il n’est nul besoin de comprendre la langue pour se laisser emporter par la déferlante vague des images de sang et de mort. Dans nos télévisions occidentales nous prenons soin de cacher le visage des enfants tués ou de rendre floues des scènes trop violentes. Les télévisions arabes donnent dans une pornographie morbide sans la moindre retenue. Tout est montré dans les détails, les corps calcinés, les morceaux de bras ou de jambes récupérés au milieu des décombres. En regardant de telles images, vous ne pouvez qu’être révolté par tant de barbarie. Il n’y a rien d’étonnant que des Palestiniens se soulèvent à Hébron ou à Jérusalem, ou qu’un autre prenne un fusil pour venger la mort des innocents. La télévision est la plus grande école de haine dans le monde arabe."

jeudi 27 mars 2008

Boycott du Salon du Livre de Paris: la faute

Boycott du Salon du Livre: la faute, Ivan Rioufol (12 mars 2008)

"Les pays arabo-musulmans boycotteront le Salon du Livre de Paris, qui honore cette année le 60e anniversaire de l’Etat hébreu. La manifestation littéraire sera inaugurée, jeudi, en présence du président israélien, Shimon Pérès. Trente neuf auteurs israéliens y participeront, dont Amos Oz et David Grossman, connus pour leurs engagements à en faveur de la paix. Interrogé ce mercredi matin par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, Pérès a dénoncé dans ce boycott "le choix le plus stupide". Je partage cette opinion et m’étonne de la torpeur des intellectuels français face à ce qui s'apparente à de l'intolérance.

Quand l’islamologue Tariq Ramadan (...) explique dans Le Monde que "le boycottage ne signifie pas nier l’existence d’Israël", pour fustiger quelques paragraphes plus loin "les soixante années de colonisation", c’est bien la présence de l’Etat juif qu’il conteste. L’Iran ne se gêne d’ailleurs pas pour dire clairement qu’Israël doit disparaître de la carte. Si la critique de la politique de l’Etat hébreu est normale (personne ne s’en prive), le refus de rencontrer ses écrivains revient à dénier leur existence et leur légitimité d’israélien.

Interrogé récemment par Le Figaro, Pérès remarquait: "L’un des problèmes des arabes est qu’alors que l’Occident étudie l’Orient et ses livres, l’inverse n’est pas vrai. La connaissance occidentale de l’Orient est beaucoup plus riche (…)". Le monde arabe traduit un peu plus de 300 livres par an, soit un cinquième du nombre d’ouvrages traduits par la Grèce. C’est cet enfermement intellectuel, cautionné par les pays arabo-musulmans quand ils boycottent le Salon du Livre ayant Israël comme invité d’honneur, qu’il faut tenter de briser, avec l’aide des nombreux musulmans éclairés. Ils ne se font pas assez entendre dans cette affaire."
Source: blog d'Ivan Rioufol

dimanche 23 mars 2008

84% des Palestiniens approuvent le massacre de la yeshiva Mercaz Harav

Le New York Times fait état d'un sondage effectué auprès de 1.270 habitants de Cisjordanie qui révèle que 84% approuvent l'attentat terroriste du 6 mars qui a provoqué la mort de huit étudiants juifs de la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem.

Le sondage indique également que 64% des personnes interrogées soutiennent les tirs de roquettes contre des civils israéliens et que, si des élections avaien lieu maintenant, ils seraient 47% à accorder leur suffrage au chef du Hamas Ismail Haniyeh contre 46% au Président Mahmoud Abbas.

En outre, 75% des Palestiniens sont contre les négociations de paix entre le Président Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.
Photo: Avi Ohayon, GPO

vendredi 21 mars 2008

Baudouin Loos, Pascal Boniface, la guerre en Irak et le "lobby" israélien

Les lecteurs du journal belge Le Soir connaissent très bien le journaliste Baudouin Loos. Cela fait des années que sans se lasser il décline de toutes les manières possibles et imaginable les méfaits, les turpitudes et les crimes supposés de l’Etat d’Israël. Le journaliste mériterait une médaille pour sa capacité à déployer de trésors d’imagination journalistique, de patience et de ténacité à ressasser le même thème dont l’efficacité reste, bien entendu, à démontrer.

Ainsi, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’intervention américaine en Irak, Baudouin Loos s’en est allé interroger Pascal Boniface, directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) à Paris (Le Soir, 19.3.2008). Qui d’autre en effet ? Ce dernier ayant déclaré que le but de la guerre était "géopolitique, c’était le contrôle du Proche-Orient, en partie pour des raisons pétrolières mais pas seulement", Baudouin Loos, qui avait bien entendu sa petite idée sur le sujet et brûlait d’impatience d’incriminer Israël, l’a mis sur la bonne voie. Voici la question sans équivoque qu’il a donc posée au politologue français:

"Un facteur qui a fait l'objet d'un livre aux Etats-Unis, c'est le poids du lobby pro-israélien dans la décision d'envahir l'Irak...".

La réponse habile et dévastatrice de Pascal Boniface n'a certainement pas déçu notre éminent journaliste:

"Effectivement, il y a, parmi les néoconservateurs, des gens qui demandaient bien avant les attentats du 11 septembre 2001 le renversement de Saddam Hussein et parmi eux des juifs américains et des non-juifs. Le paradoxe c'est que le livre de Walt et Mearsheimer auquel vous faites allusion rappelle que deux tiers des juifs américains étaient hostiles à la guerre! Mais les institutions juives dites représentatives étaient favorables à la guerre. Quoi qu'il en soit, on peut penser que le poids des amis d'Israël a compté, ça a été une des composantes de la motivation mais loin d'être la seule ou la principale."

Le tour est donc joué. Les juifs, ou le "lobby" si l’on préfère, sont les seuls nommés, même si on parle de responsabilité partagée, de la guère en Irak. Pas un mot sur les collaborateurs du Président Bush : Cheney, Rumsfeld, Powell, Rice ... ou sur d'autres lobbies.

Et comme il est difficile de taper sur Israël sans résister à la tentation de taper sur les Etats-Unis, Pascal Boniface s'est prononcé dans ce sens: "... on peut dire que la haine des Etats-Unis a été augmentée dans le monde par l'intervention militaire". Donc la guerre n'a fait qu'aggraver une haine qui lui préexistait!